Ministère de l?Economie, des Finances et de l?Industrie

Jean-Michel YOLIN

Sommaire


Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie

Secrétariat d'Etat à l'Industrie



Conseil Général des

Conseil Général des

Mines

Technologies de l'Information

Internet et Entreprise

mirage ou opportunité ?

Pour un plan d'action

Contribution à l'analyse de l'économie de l'Internet

Rapport de la Mission conduite par

Jean-Michel YOLIN, Ingénieur Général des Mines

avec

Jean-Claude Merlin, Ingénieur Général des Télécommunications

Grégoire Postel-Vinay Ingénieur en Chef des Mines

Christian Scherer Ingénieur en Chef des Mines

Mise à jour 2001

Préambule.

En 1997 à la demande du Ministre une première version de ce rapport était lancée afin

Depuis lors, dans notre pays, beaucoup de chemin a été parcouru sous l'impulsion d'initiatives tant publiques (dans le cadre du PAGSI) que privées.

De nombreuses missions aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens (notamment dans l'Europe du Nord) et de très fréquentes visites d'entreprises françaises et européennes nous ont cependant montré que si depuis 1998 notre pays a amorcé son décollage, outre atlantique comme chez nos voisins d'Europe du Nord ces dernières années ont vu une accélération des utilisation des technologies de l'Internet par les entreprises traditionnelles.

Notons que, plus encore que les pays latins, le Japon, sans doute pour des raisons culturelles analogues de "gestion du pouvoir" éprouve les plus grandes difficultés à s'adapter à ce bouleversement de l'économie (difficulté aggravées par l'absence création de start-up) mais que néanmoins de nombreux Français réussissent remarquablement dans la silicon valley

En ce qui concerne les créations d'entreprises le second semestre1999 aura vu dans notre pays l'explosion des " jeunes pousses " et l'émergence des " Business Angels ".

Comme tout phénomène brutal une telle croissance ne pouvait se produire sans quelques "à-coups": Pour beaucoup cette année aura été celle du " mini Krach " du printemps; en fait, avec le recul celui-ci apparaît comme un simple ajustement et la croissance de la valeur des entreprises internet sur moyenne période reste impressionnante.

Gageons que dans le futur d'autres ajustements auront lieu et gardons à l'esprit que les aventures risquées ne peuvent toutes déboucher sur des succès...

Si nous ne sommes pas conduits à apporter des changements majeurs dans nos analyses quant aux enjeux et aux opportunités qu'offrent Internet à nos entreprises, il n'en reste pas moins que cette année encore un certain nombre de concepts nouveaux ont émergé, que les idées se sont affinées et que le "gisement d'idées" que nous avons essayé de constituer pour ceux qui veulent aller de l'avant s'est substantiellement enrichi avec 4 faits marquants

Aussi un grand nombre de personnes (entreprises, sociétés de conseil, organismes de formation,...) nous ont suggéré d'assurer la mise à jour d'un rapport qu'ils utilisent comme document de référence (support de cours, source d'exemples d'application pour la sensibilisation et le conseil, guide méthodologique, ...).

La présente version essaye de répondre à cette demande

Comme la précédente, celle-ci est consultable à l'adresse www.ensmp.fr/industrie/jmycs (depuis sa première publication ce rapport a reçu 780.000 requêtes provenant de 61 pays), où il est possible de la télécharger ou de l'utiliser en format html comme plate-forme de navigation pour accéder à toutes les sources citées (le sommaire très détaillé essaie de faciliter un accès direct et rapide à la préoccupation du lecteur).

En outre une page de News - www.yolin.net - permettra de continuer à l'enrichir progressivement par des développements spécifiques (intelligence économique, création d'entreprises dans les NTIC, infrastructures et aménagement du territoire, Internet et collectivités locales, ...) et de rester à votre écoute pour continuer à capitaliser notre expérience collective.

Merci à tous

1 L'Internet en deux mots 14

1.1 Le fruit étrange de la liaison entre la rigueur des militaires et la créativité libertaire des chercheurs sur fond de guerre froide 14

1.1.1 Dans les années 70, une initiative pour limiter la vulnérabilité des réseaux informatiques en cas d'attaque nucléaire : 14

1.1.2 Un apport décisif des chercheurs en terme d'ergonomie et de convivialité : 14

1.1.3 Qui paye ? Qui contrôle ? : 15

1.1.3.1 Aujourd'hui un financement à 90% privé et une régulation par consensus 15

1.1.3.2 ...sauf pour préparer la génération suivante : une action forte de l'Etat américain 16

1.1.3.3 Qui le contrôle ? : une régulation par consensus 16

1.1.4 Une technologie peu onéreuse, et accessible aux PME 16

1.1.5 Invulnérable aux attaques atomiques... mais pas aux pirates : l'e-crime 17

1.1.6 Une distinction à opérer entre réseau de transport et règles de circulation: "la tuyauterie"(le réseau Internet) et les "protocoles" (les "technologies" Internet) 18

1.2 Au-delà du mail et de la navigation, les multiples fonctions d'internet: 18

1.2.1.1 De nouveaux moyens de communiquer rapides, bon marché, efficaces ouvrant de nouvelles possibilités 18

1.2.1.1.1 Le courrier électronique l'e-mail 18

1.2.1.1.2 La téléphonie "IP": "l'international pour le prix du local" avec d'importantes fonctionnalités en sus 18

1.2.1.1.3 La visiophonie, la téléconférence, pour une communication plus riche 19

1.2.1.1.4 voir à distance en trois dimensions : un atout pour le tourisme, l'immobilier ou les catalogues 19

1.2.1.1.5 Des Forums, des espaces pour bavarder, 19

1.2.1.1.6 Un outil aussi de communication entre les machines: à l'usine comme à la maison (domotique) 19

1.2.1.1.7 La Radio et la télévision sur internet 20

1.2.1.1.8 Et de nouveaux outils se préparent à sortir des laboratoires: goût, odorat, toucher, vision 3D 20

1.2.1.1.9 Trouver des informations parmi des centaines de millions de documents 21

1.2.1.1.10 Les annuaires et moteurs de recherche 21

1.2.1.1.11 La recherche à travers les newsgroup 22

1.2.1.1.12 La recherche dans les banques de données 22

1.2.1.1.13 La reconnaissance vocale 22

1.2.1.1.14 La traduction automatique 22

1.2.1.1.15 La reconnaissance de l'écriture manuscrite 23

1.2.1.1.16 L'exploitation des flux d'information 23

1.2.1.2 Se procurer des produits et services sur le web 23

1.2.1.2.1 Le téléchargement de programmes informatiques, de données, d'images, de sons, de vidéo... : 23

1.2.1.2.2 Faire ses courses sur internet, des magasins ouverts 24/7 23

1.2.1.2.3 Accomplir les formalités administratives 23

1.2.1.3 Publier de l'information accessible du monde entier 23

1.2.1.4 Travailler ensemble malgré les distances 24

1.2.1.4.1 Partager des documents 24

1.2.1.4.2 Mettre en commun et partager des moyens de calcul, les réseaux de PC, le Peer to Peer (P to P) 24

1.2.1.4.3 Partager des moyens de stockage de données 24

1.2.1.5 Surveiller et agir à distance: télésurveiller et téléopérer 24

1.2.1.6 L'arrivée du haut débit et de l'accès internet nomade 25

1.3 Un développement explosif: une "Hot-Technologie" 25

1.3.1.1 Dans tous les pays développés une croissance exponentielle: les "dog years" 25

1.3.1.2 Les statistiques cachent plus de choses qu'elles n'en montrent: les "achats Online" ne sont que le sommet de l'iceberg 28

1.3.1.3 Erreur que de croire qu'il y a d'un côté la net-économie et d'un autre l'ancienne: les Click & Mortar 29

1.3.1.4 La France est en retard : les dernières années du siècle auront vu le décollage ... mais pas le rattrapage. 29

1.3.1.4.1 Le Minitel : notre langue d'Esope 37

1.3.1.4.1.1 Un atout : 37

1.3.1.4.1.1.1 Un fonds de commerce déjà établi pour le commerce électronique (transport, banque, VPC,...) 37

1.3.1.4.1.1.2 Une profession d'éditeurs nombreuse et prospère grâce en particulier à la formule kiosque qui permet une facturation simple et bien acceptée. 37

1.3.1.4.1.1.3 Des cyber-commerçants avant la lettre 37

1.3.1.4.1.1.4 Une profession de "télématiciens" performante 37

1.3.1.4.1.1.5 Des bases de données et des fonds documentaires très importants 37

1.3.1.4.1.1.6 Des ressources financières confortables qui permettent le financement du web 37

1.3.1.4.1.2 Un handicap : 38

1.3.1.4.1.2.1 le Minitel a renforcé notre tendance à raisonner au niveau Franco-Français 38

1.3.1.4.1.2.2 il nous a plus habitué à payer le temps que l'information 38

1.3.1.4.1.2.3 la confortable facilité de gestion d'un outil qui permet de facturer bien des choses... 38

1.3.1.4.1.2.4 apportant une réponse partielle mais rapide aux besoins principaux il limite l'appétence pour le web 38

1.4 Internet et les technologies traditionnelles de transfert de données électroniques 39

1.4.1 Internet : quoi de plus que le Minitel ? 39

1.4.1.1 beaucoup d'avantages : 39

1.4.1.1.1 Il est mondial : 39

1.4.1.1.2 Peu onéreux ... et en baisse rapide 39

1.4.1.1.3 Il offre quantité de fonctionnalités nouvelles 40

1.4.1.1.4 Il conduit à la "convergence" entre Téléphone, TV et information 40

1.4.1.2 Mais encore quelques problèmes à régler : 40

1.4.1.2.1 Des problèmes de sécurité 40

1.4.1.2.1.1 Sentiment d'un manque de confidentialité, crainte de vol d'informations commerciales ou de numéro de carte de crédit, 40

1.4.1.2.1.2 Difficultés d'identification des sites et des correspondants : sont-ils ce qu'ils prétendent être? 40

1.4.1.2.2 Le cryptage: confidentialité du message, garantie de son intégrité, authentification de l'identité de l'émetteur, protection des archives. 40

1.4.1.2.2.1 Transactions financières non totalement sécurisées mais des solutions sont en vue pour y remédier: 42

1.4.1.2.2.1.1 La carte à puce et e-card 42

1.4.1.2.2.1.2 Le porte-monnaie électronique (PME) 42

1.4.1.2.2.2 Risques d'intrusion dans les systèmes informatiques : 43

1.4.1.2.2.3 C'est un Far-West aussi en matière de droit et de police 43

1.4.1.2.3 Facturation complexe par absence d'une fonction kiosque 43

1.4.1.2.4 Une lenteur parfois désespérante, plantages et déconnexions nécessitent patience et nerfs solides 44

1.4.1.2.5 Des règles issues du monde anglo-saxon: il sera difficile de réussir sans accepter d'en tenir compte 44

1.4.2 Quoi de plus que les RÉSEAUX d'échange de données professionnels existants ? 44

1.4.2.1 Moins onéreux et plus évolutif : 44

1.4.2.2 Mais une moindre qualité de service (garantie de sécurité et de débit) 44

1.4.3 Les TECHNOLOGIES Internet : quoi de plus que les systèmes propriétaires ? 44

1.4.3.1 Des avantages majeurs :des logiciels plus abondants d'une qualité supérieure et moins cher 44

1.4.3.2 Le paradoxe des Logiciels Libres 45

1.4.3.3 Aucun inconvénient identifié 46

1.5 jamais une nouvelle technologie ne s'était imposée aussi rapidement 47

2 Un degré d'implication des entreprises dans Internet qui dépend aujourd'hui fortement du poids relatif du coût informationnel dans leur valeur ajoutée 48

2.1 L'information une part majeure et toujours croissante de la valeur ajoutée 48

2.2 Internet: une mutation majeure dans les processus économiques, il écrase le temps en lançant l'ensemble des phases simultanément et non l'une après l'autre 48

2.2.1 aujourd'hui des stades de production effectués les uns après les autres 48

2.2.2 vers un processus continu: délais écrasés, stocks supprimés, une personnalisation de masse 48

2.3 L'Internet au service tant de la compétitivité que de l'expansion 50

2.3.1.1 Les technologies de l'Internet et la compétitivité 50

2.3.1.2 Les technologies de l'Internet et le développement 50

2.3.1.3 Internet et la création d'entreprises : 50

2.3.1.4 Faire une distinction entre PME et PMI n'apparaît pas pertinent 51

2.4 Les entreprises directement concernées par le fonctionnement d'Internet: nous n'avons sans doute rien à leur apporter mais beaucoup à apprendre d'elles 51

2.5 Les industries dont le métier consiste à produire ou à traiter de l'information : des clients naturels...mais qui vont devoir repenser leur métier 51

2.5.1.1 Les producteurs de logiciels 52

2.5.1.2 Les éditeurs de journaux et magazines (papier, radio ou TV) 52

2.5.1.3 La formation : un marché qui explose, le "e-learning" 55

2.5.1.4 Les professions financières: banques, assurance, courtiers, ... 56

2.5.1.5 Les producteurs de services de loisir : hôtel, tour operator, opérateurs de billetterie 59

2.6 les professions où l'information est au coeur de la valeur ajoutée, mais qui, néanmoins, nécessitent un contact physique ou la livraison d'un objet : 59

2.6.1.1 Parmi les métiers à réinventer : ceux de la chaîne éditoriale ( 60

2.6.1.1.1.1 Les livres 60

2.6.1.1.1.2 La musique 61

2.6.1.1.1.3 De nouveaux modes de rémunération : la valeur attachée à la connaissance du client, les liens marchands 61

2.6.1.2 Les intermédiaires du marché immobilier 61

2.6.1.3 Les entreprises et professions concernées par la e-santé 62

2.7 Enfin les PME "ordinaires" (celles pour lesquelles le contenu "immatériel" dans la valeur ajoutée n'est pas considéré comme l'élément essentiel du métier) 63

3 Quelles opportunités pour les PME "ordinaires" ? 64

3.1 Emission d'information : se faire connaître pour vendre ou trouver des partenaires 64

3.1.1 NIVEAU 0 : l'option "zombie" mettre sur le Web une "carte de visite" (autrement appelé site "plaquette"): 64

3.1.1.1 Le site zombie modeste. Un seul avantage, l'achat de votre nom 64

3.1.1.2 Mais de graves inconvénients 65

3.1.1.3 Une variante dans les grandes entreprises ou les institutions : le site "zombie trilingue de luxe " 65

3.1.1.4 De tout cela nous tirons une règle d'ergonomie majeure : la règle d'or des "20 kilo, 3 clic et 0 mépris" 66

3.1.2 NIVEAU 1 : le catalogue des produits, des services ou du savoir-faire. Des outils permettant de mettre l'entreprise à l'écoute et au service du client, de détecter de nouveaux partenaires ou d'informer ses actionnaires. 67

3.1.2.1 Mise à jour permanente, richesse de l'information, économies par rapport au papier 67

3.1.2.2 Une visibilité internationale 68

3.1.2.3 Beaucoup d'information mais avec une stricte gestion des accès : le principe de la minijupe 69

3.1.2.4 Le site catalogue un moyen pour trouver de nouveaux partenaires. 69

3.1.2.5 Un moyen également pour trouver de nouveaux collaborateurs 69

3.1.2.6 Analyser la fréquentation de votre site pour en améliorer l'efficacité : 69

3.1.2.6.1 Qui vient vous voir ? 70

3.1.2.6.2 Comment les visiteurs circulent-ils entre vos pages ? 70

3.1.2.7 Un site spécifique pour les partenaires financiers 70

3.1.2.8 La communication en cas de crise : un site " fantôme " prêt à être mis en oeuvre ? 70

3.1.3 NIVEAU 2 : vendre grâce à Internet: Le site transactionnel 71

3.1.3.1 Le paiement on line : un problème la plupart du temps secondaire et pourtant mis en tête des préoccupations par 43 % des PME françaises interrogées 71

3.1.3.1.1 Le paiement proprement dit, ne représente que 1% (ou moins) du prix final, sa valeur ajoutée est donc faible (sauf pour les micro-paiements) 71

3.1.3.1.2 Réinventer une fonction kiosque au profit des éditeurs et des marchands: Telco, Portails ou Banques? 72

3.1.3.1.2.1 Les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d'accès Internet 72

3.1.3.1.2.2 sites portails, principales portes d'entrée sur le web (AOL, Yahoo !, Netscape, Lycos...) 73

3.1.3.1.3 "we need banking but not bankers" (Bill Gates) la création de monnaie virtuelle? 74

3.1.3.1.4 La sécurité : Le risque réel n'est pas toujours où l'on croit 74

3.1.3.2 Le vrai enjeux : la valeur ajoutée de toute la partie commerciale représente généralement 20 à 30 % du prix d'un produit ou d'un service vendu. 76

3.1.3.3 Une écoute attentive des clients, une "production sur mesure de masse" 76

3.1.3.3.1 Entreprises s'adressant à des clients individuels. le coeur de métier: bien connaître ses clients, le marketing "one to one" ou "1.2.1" 76

3.1.3.3.2 Le véritable fonds de commerce: la connaissance du client. Le problème des fichiers. Le cas Amazon 77

3.1.3.3.3 L'émergence des communautés d'acheteur : une cible privilégiée pour les PME : 78

3.1.3.4 Le développement de la marque et du produit, le référencement, la publicité, l'e-pub, l'e-mailing 79

3.1.3.4.1 Le référencement: une étape essentielle 79

3.1.3.4.2 la publicité, l'e-pub pourquoi 80

3.1.3.4.2.1 Le développement de la notoriété de la marque et des produits: un enjeu souvent majeur 80

3.1.3.4.2.2 Une stratégie qui explique les "pertes comptables" des leaders de la cote 80

3.1.3.4.2.3 Des techniques publicitaires en pleine évolution: de la pollution vers le service 81

3.1.3.4.2.4 un domaine promis à un brillant développement: mesure d'audience, base de facturation 81

3.1.3.4.2.5 des outils pour un pilotage des campagnes en temps réel 81

3.1.3.4.2.6 mais encore bien des problèmes techniques et surtout déonthologiques 82

3.1.3.4.3 l'e-pub, oui mais comment ?: 13 stratégies se dégagent pour la publicité sur le Web 82

3.1.3.4.3.1 La chasse à l'affût : s'afficher sur un portail, le bandeau, le sponsoring 82

3.1.3.4.3.2 La souricière : offrir un accès gratuit à ses clients 82

3.1.3.4.3.3 la technique du coucou: graver directement votre publicité sur le disque dur de votre prospect 83

3.1.3.4.3.4 l'appeau: payer l'internaute pour regarder votre publicité et attirer des congénères : la "cashbar" 83

3.1.3.4.3.5 le miroir aux alouettes: loteries gratuites cadeaux, clic humanitaire et jeux concours 83

3.1.3.4.3.6 La pêche au chalut: une présence sur une multitude de petits sites 83

3.1.3.4.3.7 La "chasse à courre": ne faire apparaître sa publicité qu'en fonction de l'internaute. 84

3.1.3.4.3.8 Le braconnage: acheter le nom de son concurrent comme mot clé sur les moteurs 84

3.1.3.4.3.9 La chasse à l'appât: le "couponing" 84

3.1.3.4.3.10 Le marketing viral 85

3.1.3.4.3.11 La chasse en meute: les partenariats, les échanges de bons procédés (Web Ring) 85

3.1.3.4.3.12 La chasse en battue à l'aide de rabatteurs: les "liens marchands et les contrats avec les shopbots 85

3.1.3.4.3.13 La chasse à la mitraille: l'e-mailing, simple, rapide, peu onéreux mais éviter le SPAM 86

3.1.3.4.4 L'e-pub : un marché qui double chaque année 87

3.1.3.4.5 Ne pas confondre publicité sur le Web et publicité pour votre Web 87

3.1.3.4.6 La fausse bonne idée : la galerie marchande 87

3.1.3.5 Quid des intermédiaires ? La création de la relation de confiance avec le client 88

3.1.3.5.1 un contact direct avec le client "d'économisant" tous les intermédiaires? 88

3.1.3.5.2 vers une disparition des intermédiaires qui n'apportent que surcouts et délais 88

3.1.3.5.3 ...mais besoin de CONseil CONfiance: dans un univers de plus en plus complexe, la règle "des 2 CON" 88

3.1.3.5.3.1 Davantage d'opportunités dans une monde plus complexe et en évolution rapide : un besoin de conseil 88

3.1.3.5.3.2 L'éloignement du client et du fournisseur et la nature virtuelle de leur contact pose à l'un comme à l'autre un problème de CONfiance. 89

3.1.3.5.4 "De nouvelles chaînes de valeur vont se créer éliminant au fur et à mesure les anciennes": les infomédiaires 91

3.1.3.5.4.1 faire gagner du temps et de l'argent aux clients 91

3.1.3.5.4.2 l'émergence brutale début 2000 des "market places dans tous les secteurs professionnels 91

3.1.3.5.4.3 les mandataires de communautés : les "infomédiaires" 95

3.1.3.6 Des formes de vente plus sophistiquées : le softselling, la vente et les achats aux enchères, la brocante, les bourses, les "meta-marchands", le we-commerce 95

3.1.3.6.1 Le "softselling": des sites pour se distraire ou trouver une information de référence 95

3.1.3.6.1.1 Des sites qui attirent, mais surtout qui retiennent: une qualité nécessaire sur le web, être "collant" 95

3.1.3.6.1.2 "labourez moins large mais plus profond", préférez "la part de client" à la "part de marché" 95

3.1.3.6.1.3 Les sites visant l'achat "coup de coeur" 96

3.1.3.6.1.4 Les sites qui s'adressent à des acheteurs recherchant le meilleur rapport qualité - prix 96

3.1.3.6.1.5 Des sites qui ne vendent un produit mais qui apportent une réponse globale au problème du client 98

3.1.3.6.1.6 Un nouveau marché de gros: celui de l'information, la "syndication de contenu" 98

3.1.3.6.2 Les Meta-Marchands 99

3.1.3.6.3 La vente et les achats aux enchères sur le Web, les brocantes, le we-commerce 99

3.1.3.6.3.1 La vente aux enchères: depuis "e-soldes" jusqu'à un marché majeur 99

3.1.3.6.3.2 les ventes aux enchères descendantes 101

3.1.3.6.3.3 Les achats aux enchères: les enchères descendantes 101

3.1.3.6.3.4 Les enchères inversées 101

3.1.3.6.3.5 Les enchères hollandaises 101

3.1.3.6.3.6 La brocante, la vente de "particulier à particulier": le "C to C" 102

3.1.3.6.3.7 Le troc : l'exemple de Napster 102

3.1.3.6.3.8 Les achats groupés: le we-commerce: les prix baissent en fonction du nombre de clients 103

3.1.3.6.4 Les sites d'appel d'offres : 103

3.1.3.6.5 Un outil pour toutes les bourses 103

3.1.3.6.5.1 A tout seigneur tout honneur : les bourses des valeurs 103

3.1.3.6.5.2 Mais aussi toutes les autres bourses:emploi, fret, déchets, technologies, partenariats, échanges, matériel d'occasion 104

3.1.3.7 L'écoute du client, la négociation commerciale et le back office 105

3.1.3.7.1 Première forme de dialogue: les FAQ et les systèmes experts 105

3.1.3.7.2 Seconde étape : l'échange par e-mail 105

3.1.3.7.3 Troisième étape : dialogue avec un opérateur, le click & talk et le click & see 106

3.1.3.8 Mise à disposition du produit, la logistique: coûts et respect des délais, facteurs déterminants du succès 106

3.1.3.8.1 Dématérialiser totalement quand c'est possible 106

3.1.3.8.2 Un élément majeur pour la compétitivité "prix" 106

3.1.3.8.3 La vitesse de livraison et le respect des délais 107

3.1.3.8.4 Une profession et de multipless métiers promis à une évolution profonde 107

3.1.3.9 La facturation, l'encaissement, la gestion: elle se trouve très simplifiée 108

3.1.3.10 Le service après vente: ne pas l'oublier sous peine de voir fuir les clients 108

3.2 Réception d'information : recevoir, se faire livrer ou aller chercher l'information 110

3.2.1 Passive : exploiter ce qui arrive, le data mining 110

3.2.2 Semi-active : définir ses centres d'intérêt afin de recevoir automatiquement l'information pertinente ainsi que les mises à jour des logiciels utilisés (PUSH et Agents Intelligents) 110

3.2.2.1 La veille économique, technique ou commerciale : 110

3.2.2.2 Des informations personnalisées : le "narrow casting" 110

3.2.2.3 Une mise à jour automatique de vos logiciels 111

3.2.2.4 Une fonction d'alerte qui vous permet de réagir plus vite pour parer un danger ou saisir une opportunité 111

3.2.2.5 Des agents intelligents qui cherchent à votre place et apprennent à mieux connaître vos besoins 112

3.2.2.6 Téléalerte et téléaction 112

3.2.2.7 Ce sujet est de ceux qui soulèvent les passions 112

3.2.3 Une utilisation active des ressources du web 113

3.2.3.1 Recherche de compétences, recrutement 113

3.2.3.2 Une nouvelle voie pour la formation des membres du personnel de l'entreprises 113

3.2.3.3 Recherche de partenaires technologiques ou commerciaux 114

3.2.3.4 L'utilisation de services évolués en ligne: les ASP (Application Services Providers) 114

3.2.3.5 L'Intelligence Economique: Recherche d'informations techniques et économiques (brevets, publications, banques de données, normalisation, marques,....) 114

3.2.3.6 Recherche d'information sur l'offre des concurrents 115

3.2.3.7 Renseignements commerciaux ou financiers sur les clients ou les partenaires 115

3.2.3.8 Recherche d'appels d'offre 115

3.2.3.9 La recherche de nouveaux fournisseurs : Les robots d'achat ("shopbots"), les market-places 115

3.2.4 En guise de conclusion... 116

3.3 travail coopératif 117

3.3.1 A l'intérieur de l'entreprise : Internet ou Intranet 117

3.3.1.1 premier pas: donner à chaque salarié de l'entreprise une adresse électronique 117

3.3.1.2 Développer un Intranet, les VPN 117

3.3.1.3 L'Intranet depuis la simple mise en commun d'information jusqu'au système nerveux de l'entreprise 118

3.3.1.4 L'Intranet zombie : le e-journal d'entreprise 118

3.3.1.5 Les Intranets de première génération : la communication interne 118

3.3.1.6 Le véritable Intranet: le système nerveux de l'entreprise 119

3.3.1.6.1 L'Intranet devient l'outil qui permet à la fois de réduire les coûts et d'accroître la réactivité de l'entreprise 119

3.3.1.6.2 L'intranet permet la conduite de la production 119

3.3.1.6.3 L'Intranet permet l'intégration des systèmes de gestion (ERP). 120

3.3.1.6.4 L'Intranet un outil pour les achats le e-procurement, la " supply chain management" 120

3.3.1.6.5 L'Intranet l'outil de la conduite de développements menés par des équipes éclatées 120

3.3.1.6.6 Il est particulièrement bien adapté pour les organisations par centres de responsabilités ou par chantiers 120

3.3.1.6.7 Il est un outil précieux dans le domaine de la qualité : 121

3.3.1.6.8 L'Intranet devient le siège de l'intelligence économique et de la veille technologique 121

3.3.1.6.9 Il facilite la mise à disposition d'outils d'expertise permettant en particulier des simulations 121

3.3.1.6.10 Par la mise en réseau des ordinateurs il offre un nouvel espace de travail virtuel et des moyens de calcul extrêmement puissants (technologie Peer to peer ou P to P) 121

3.3.1.6.11 Un outil pour le knowledge management 122

3.3.1.6.12 La formation interne du personnel 122

3.3.1.6.13 Démultiplier l'efficacité des commerciaux en les connectant aux services du siège 122

3.3.1.6.14 Un outil au service des techniciens de maintenance 123

3.3.1.6.15 La Télémaintenance 123

3.3.1.6.16 L'Intranet un outil de décentralisation dans l'entreprise 124

3.3.1.6.17 l'élaboration de la stratégie de l'entreprise. 124

3.3.1.6.18 Touchant tous les aspects de la vie de l'entreprise il concerne également les syndicats 124

3.3.1.6.19 Moins de bureaucratie, plus de contacts humains avec les collègues et les clients 124

3.3.1.6.20 Le stade ultime, l'Intranet de l'entreprise étendue: les extranets 124

3.3.1.7 Les pathologies des Intranet 125

3.3.1.8 Des possibilités nouvelles pour le télétravail 126

3.3.1.8.1 De nombreux avantages pour les salariés, l'environnement et l'aménagement du territoire 126

3.3.1.8.2 Le gain est par contre bien moins évident pour l'entreprise et pour les syndicats de salariés : 127

3.3.1.8.3 Des résultats décevants 127

3.3.1.8.4 Télétravail et téléservices 127

3.3.2 L'entreprise avec ses partenaires : Internet ou Extranet 128

3.3.2.1 Relations client/fournisseur, donneur d'ordre et sous-traitants, banques et entreprises : le web-EDI 128

3.3.2.1.1 Un abaissement drastique des coûts de transmission en utilisant le réseau internet (l'EDI sur IP) 128

3.3.2.1.2 Plus simple, moins cher, EDI dans IP: le Web EDI 128

3.3.2.2 Un extranet: l'Intranet de l'entreprise étendue 129

3.3.2.3 L'internet "classe affaire" et "classe tourisme" 130

3.3.2.4 Echange de données techniques "coingienering" 130

3.3.2.5 Suivi d'exécution des commandes, maintenance dépannage et service après - vente 130

3.3.2.6 L'animation des réseaux de prescripteurs, distributeurs, importateurs,... 131

3.3.2.7 Sous traitance de l'immatériel, 131

3.3.2.8 Les centres d'appel 131

3.3.2.9 Des partenaires incontournables: les administrations : 132

3.3.2.9.1 Le poids des formalités administratives représente une charge non négligeable 132

3.3.2.9.2 Une opportunité pour faire des économies et gagner en transparence: les marchés publics 132

3.3.2.10 Les pathologies des extranets: le syndrome du "territoire" 132

3.3.3 Les réseaux d'entreprises : un champ d'application privilégié ? 133

3.3.3.1 La Mondialisation de l'économie entraîne tout à la fois la concentration des grands groupes et le développement d'une multitude de PME travaillant en réseau : le principe de subsidiarité 133

3.3.3.2 Quels types de réseaux de PME ? 135

3.3.3.2.1 Entreprises géographiquement proches 135

3.3.3.2.2 A l'inverse, réseaux d'entreprises quadrillant le territoire 135

3.3.3.2.3 Des réseaux temporaires 135

3.3.3.2.4 entreprises sous-traitantes d'un même type de donneur d'ordre 136

3.3.3.2.5 entreprises appartenant à un club actif d'utilisateurs 136

3.3.3.2.6 entreprises appartenant à un même secteur professionnel géographiquement concentré 136

3.3.3.2.7 entreprises appartenant à une même communauté professionnelle géographiquement dispersée sur tout le territoire 136

3.3.3.2.8 entreprises situées dans un même Technoparc 136

3.3.3.2.9 Entreprises ayant entre elles des liens capitalistiques 137

3.3.3.2.10 Entreprises participant à des partenariats internationaux 137

3.3.3.3 Les communautés virtuelles : travailler ensemble plus efficacement et développer une force de frappe vis à vis de l'extérieur 137

3.3.3.3.1 Un travail en réseau plus efficace avec mise en commun de compétences et de services 137

3.3.3.3.2 Une capacité de négociation accrue pour les achats 137

3.3.3.3.3 Une meilleure visibilité internationale pour la promotion et les ventes : 137

3.3.3.3.3.1 Un site Web riche en information sur le domaine de compétence de la communauté 137

3.3.3.3.3.2 Une plus grande richesse dans le catalogue proposé au client 138

3.3.3.3.3.3 Une politique active de marketing : représentants régionaux, mailing, achats d'espaces 138

3.3.3.3.4 Comment se construisent de telles communautés ? les "community brokers" et les "infomediaires" 138

3.3.3.3.4.1 Sous l'impulsion d'un leader de la profession 138

3.3.3.3.4.2 Sous l'influence d'un fournisseur commun à la plupart des membres de la communauté 138

3.3.3.3.4.3 A l'initiative d'un donneur d'ordre dont la compétitivité dépend de celle de ses fournisseurs 139

3.3.3.3.4.4 Sous l'influence d'une structure professionnelle 139

3.3.3.3.4.5 A l'initiative d'une entreprise qui fait profession de mettre en place de telles organisations 139

3.3.3.3.4.6 De nombreux magazines professionnels tentent également de jouer ce rôle auprès de leurs lecteurs. 139

3.3.3.3.4.7 Bientôt aussi les grands sites "portail" comme Amazon.com , Yahoo!, geocities,...? 139

3.3.3.3.4.8 Sous la direction d'une entreprise qui se crée spécifiquement pour fédérer l'offre de service ou de produit de cette communauté vis à vis de l'extérieur 139

3.3.3.3.4.9 Soit sous l'impulsion des pouvoirs publics 139

3.3.3.3.5 Quelques autres exemples 139

3.3.3.4 Des communautés de métier au niveau des ouvriers "professionnels" et non plus à celui des entreprises 141

4 Comment s'approprier les technologies de l'Internet? 142

4.1 Les freins et les moteurs 142

4.1.1 Les arguments évoqués par les entreprises qui hésitent à se lancer 142

4.1.1.1 "Ce n'est pas un outil pour travailler sérieusement": gadget, mode et perte de temps 142

4.1.1.2 "ce n'est pas adapté à notre type d'activité, nous manquons de temps et de compétences et de toute façon les technologies ne sont pas stabilisées" 142

4.1.1.3 "c'est trop cher" ! ou à l'inverse "cette gratuité ne m'inspire pas confiance" 143

4.1.1.3.1 "C'est une technologie trop onéreuse pour ma PME" 143

4.1.1.3.2 À l'inverse la "gratuité" nous a plusieurs fois été présentée comme un facteur de blocage : 143

4.1.1.3.3 Le réel problème des coûts? 143

4.1.1.3.3.1 Le prix des communications locales pour se raccorder au fournisseur d'accès internet: le forfait? 144

4.1.1.3.3.2 Un coût prohibitif des lignes louées nécessaires pour héberger un serveur ou raccorder une entreprise 144

4.1.1.3.3.3 Une substantielle baisse des prix amorcée depuis 1998 145

4.1.1.4 "C'est un réseau au bord de l'apoplexie : on ne peut pas bâtir une stratégie sur lui" 145

4.1.1.4.1 Les autoroutes de l'information: de la réserve de puissance 145

4.1.1.4.1.1 Les réseaux de fibre optique: effondrement des prix explosion des débits, des hierarchies bousculées 146

4.1.1.4.1.2 Réseaux sans fil à très haut débit: la technologie laser multiplexée 147

4.1.1.4.1.3 Les constellations de satellites: une technologie de niche 147

4.1.1.4.1.4 Le développement de Drones et de dirigeables: une idée intéressante 148

4.1.1.4.1.5 Les technologies ATM (voix, vidéo ou données): une technologie intermédiaire?, 148

4.1.1.4.1.6 Les réseaux conçus directement autour de la norme IP semblent être la voie d'avenir 148

4.1.1.4.2 Les noeuds d'interconnexion: en Europe un grave goulot d'étranglement 149

4.1.1.4.3 Les "bretelles d'accès à l'autoroute: l'actuel goulot d'étranglement, mais les techniques sont prêtes 150

4.1.1.4.3.1 L'utilisation des réseaux câblés: un développement rapide 150

4.1.1.4.3.2 L'XDSL et l'ADSL un débit multiplié par 100 sur le fil du téléphone classique 150

4.1.1.4.3.3 La boucle locale radio pour les zones à faible densité...et une alternative à l'opérateur historique 152

4.1.1.4.3.4 Pour les mobiles les normes GSM, GPRS et UMTS, nouvelles boucles locales...délocalisées 153

4.1.1.4.3.5 Les révolutions en gestation dans le "portable" pour le piéton et l'automobiliste, le "m-commerce" 153

4.1.1.4.3.6 La réception directe par satellite: une place sans doute plus modeste que prévu il y a quelques années 155

4.1.1.4.3.7 La technologie utilisant les fils de la distribution électrique basse tension: une voie d'avenir? 155

4.1.1.4.4 Enfin se développent des techniques permettant de limiter les volumes d'information à transmettre 156

4.1.1.4.4.1 Le développement des techniques de compression notamment d'images vidéo (MPEG) et de sons (MP3) 156

4.1.1.4.4.2 La multiplication des serveurs de proximité (Proxy) 156

4.1.1.4.5 Pourquoi, quelle que soit la largeur de bande disponible, la saturation semble-t-elle constante? 156

4.1.1.5 "C'est trop dangereux": des précautions nécessaires mais le danger est aussi de surestimer les risques 157

4.1.1.5.1 les risques d'agression 157

4.1.1.5.2 Le risque d'engagements juridiques mal contrôlés 157

4.1.1.6 Mais aussi des blocages liés à la remise en cause des pouvoirs qui transparaissent dans les réactions 157

4.1.2 Les arguments qui poussent les entreprises à tenter l'aventure 157

4.1.2.1 "on ne peut pas ne pas faire" 157

4.1.2.2 "on risque d'être obligé de faire" 158

4.1.2.3 La compréhension du fait que les outils de l'Internet sont une source d'économies 158

4.1.2.4 une source de compétitivité en apportant souplesse efficacité et réactivité 158

4.1.2.5 La perception qu'Internet ouvre des horizons, certes aléatoires, mais prometteurs 159

4.2 Les outils de l'Internet concernent les entreprises de toute taille, de tous secteurs, et dans celles-ci tous les métiers sont profondément modifiés 159

4.3 Quelles PME peuvent espérer le plus de bénéfice d'un "investissement Internet"? 160

4.3.1.1 En fonction du produit ou du service 160

4.3.1.1.1 Pour le B to C 160

4.3.1.1.1.1 Produits nécessitant beaucoup d'informations et de conseil voire des simulations avant l'achat 160

4.3.1.1.1.2 produits ayant potentiellement un créneau étroit mais mondial 161

4.3.1.1.1.3 produits s'adressant à un public de haut niveau culturel 161

4.3.1.1.1.4 produits s'adressant à une clientèle de passionnés 161

4.3.1.1.1.5 produits s'adressant à une clientèle "branchée" 161

4.3.1.1.1.6 produits cadeaux : une "hotte technologie" 162

4.3.1.1.1.7 Services visant au rapprochement de l'offre et de la demande quand celui-ci est complexe et onéreux: 162

4.3.1.1.1.8 produits à durée de vie courte 162

4.3.1.1.1.9 produits saisonniers qu'un marché mondial permet de désaisonnaliser 162

4.3.1.1.1.10 produits définis sur mesure avec le client (marketing "one to one") 162

4.3.1.1.1.11 produits dont le coût de transport est faible par rapport à la valeur 163

4.3.1.1.1.12 produits qui peuvent se définir facilement par des caractéristiques objectives 163

4.3.1.1.1.13 produits nécessitant un service après vente important (gros électroménager, véhicule,....) 163

4.3.1.1.1.14 produits nécessitant pour leur élaboration des échanges techniques et administratifs nombreux 163

4.3.1.1.1.15 service rapide et personnalisé nécessitant beaucoup d'informations pour le client et lui économisant du temps: 163

4.3.1.1.1.16 les produits susceptibles d'être vendus aux enchères ou dans le cadre de bourses 163

4.3.1.1.1.17 entreprises jouant le rapport qualité/prix et cherchant à être repérées par les agents intelligents spécialisés 163

4.3.1.1.1.18 entreprises disposant d'une marque forte et qui ne peuvent s'offrir d'être absentes sur le Web 163

4.3.1.1.1.19 entreprises désireuses de fédérer autour d'elles des offres correspondant à des profils d'acheteurs 163

4.3.1.1.2 et pour mémoire, cela va de soi, les produits ou services dématérialisables 163

4.3.1.1.3 Bien entendu, produits destinés à d'autres entreprises : le B to B (business to business) 164

4.3.1.2 En fonction de la stratégie de l'entreprise 164

4.3.1.2.1 Pour renforcer la compétitivité en augmentant productivité, réactivité et flexibilité 164

4.3.1.2.2 Pour faciliter l'expansion de l'entreprise 165

4.3.1.3 En fonction de l'organisation de l'entreprise : 165

4.3.1.4 En fonction de l'appartenance active à un réseau : ce sont à l'évidence les premières concernées: 165

4.3.1.5 En fonction de la culture de l'entreprise 165

4.4 Ni un problème financier Ni un problème technique : Internet est au premier chef un défi stratégique 165

4.4.1.1 Peu onéreux pour le matériel et les logiciels, et facile techniquement à mettre en oeuvre 165

4.4.1.2 Mais le véritable problème est celui de la stratégie de l'entreprise, redéfini à partir des opportunités offertes par le Net ... et celui de la capacité à mettre celle-ci en ordre de bataille. 166

4.4.1.3 Quelques questions clé avant de se lancer 167

4.4.1.3.1 L'entreprise et ses partenaires sont-ils techniquement capables d'accomplir une telle mutation? 167

4.4.1.3.2 La structure humaine de l'entreprise est-elle capable de tenir le choc? 167

4.4.1.3.2.1 les commerciaux, dans bien des cas, vont devoir davantage devenir des conseillers que des vendeurs 167

4.4.1.3.2.2 de même pour les services achat 168

4.4.1.3.2.3 enfin pour la hierarchie intermédiaire 168

4.4.1.4 Ne pas confondre Stratégie et planification 169

4.5 Par où commencer ?. 169

4.5.1.1 Start Simple ! Grow Fast ! Do It Now ! 169

4.5.1.2 Une première étape dans tous les cas : l'e-mail 170

4.5.1.3 Une première stratégie: prudence et d'amélioration de la compétitivité, l'Intranet puis l'extranet 170

4.5.1.4 Une logique d'expansion et de conquête de marchés nouveaux : le site Web et les techniques de promotion 170

4.5.1.5 Au bout du processus une intégration de toute la chaîne: internet, extranet et Intranet 170

4.6 Comment conduire cette évolution : quelques pistes 171

4.6.1.1 Un nécessaire engagement du patron 171

4.6.1.2 Détecter, reconnaître et s'appuyer sur les compétences latentes 171

4.6.1.3 Un autre moyen puissant d'aller de l'avant : les stages longs d'élèves ingénieurs, le win.win.win 171

4.6.1.4 Savoir utiliser des compétences extérieures 172

4.6.1.5 Développer les compétences et les moyens internes 172

4.6.1.6 Enfin ne pas négliger la sécurité 173

4.6.1.6.1 Les risques de fuite d'information sensible 173

4.6.1.6.2 Les risques dus aux brigands de toute espèce 173

5 Les opportunités offertes par Internet : une chance à saisir pour développer la création d'entreprises et l'emploi 175

5.1 La création d'entreprises dans les NTIC: un enjeu majeur, un problème spécifique 175

5.1.1 Un enjeu majeur 175

5.1.1.1 Pour le développement économique, l'emploi et la balance commerciale 175

5.1.1.2 Les innovations radicales proviennent quasiment toujours d'entreprises nouvelles, qui seront les leaders de demain 176

5.1.1.3 Une économie de Standards: les premiers arrivés prennent les places et sont ensuite indélogeables 178

5.1.1.4 Quid de la stratégie du "me too" (les "suiveurs")? 179

5.1.1.5 Des évolutions très rapides en hausse comme en baisse (Start-up et "Start-Down"), mais néanmoins une importance fortement croissante dans notre économie 180

5.1.2 La création d'entreprise dans les NTIC présente de fortes spécificités par rapport aux autres secteurs 181

5.1.2.1 Dans beaucoup de projets peu d'expérience professionnelle requise pour démarrer 181

5.1.2.2 On peut distinguer trois catégories de petites entreprises: les enfants les nains et les pygmées 182

5.1.2.3 Pour démarrer peu de capitaux sont nécessaires 183

5.1.2.4 Un jeune diplômé est naturellement bien en phase avec ces nouveaux marchés 183

5.1.2.5 Les artistes aussi 184

5.1.2.6 Un domaine où la croissance de l'entreprise et la maîtrise d'un marché l'emporte sur une vision patrimoniale de contrôle et de transmission familiale 184

5.1.2.7 L'apparent paradoxe d'une économie de standards: la valeur d'une start-up est un multiple de ses pertes des premières années 184

5.1.2.8 C'est l'âge ou l'on peut se permettre de prendre des risques 185

5.1.2.9 1999: la rupture du contrat moral entre ingénieurs et Grandes Entreprises 185

5.1.2.10 N'oublions pas cependant une autre source de création : l'essaimage à partir des grandes entreprises 186

5.2 Typologie des entreprises dont on peut considérer la création comme directement liée au développement de l'Internet 186

5.2.1.1 Les "Chercheurs d'or" : Entreprises exploitant l'internet pour développer leurs activités 186

5.2.1.2 Les "fabricants de pelles et de pioches" : Entreprises créant les outils permettant l'exploitation des potentialités de l'Internet 186

5.2.1.3 Les "Maréchaux-Ferrants" : Entreprises de service Internet 186

5.2.1.4 "Shérifs, Saloon et banquiers" : Entreprises n'utilisant par nécessairement Internet mais créées à partir des nouveaux besoins qu'il génère 186

5.3 les domaines les plus prometteurs pour les investisseurs? 187

5.4 Les difficultés à surmonter 187

5.4.1.1 Aujourd'hui les mieux formés sont les moins créateurs 187

5.4.1.2 Le contexte culturel est très important 187

5.4.1.3 Il dépend entre autres d'articles de presse, d'émissions de télévision, pour la sensibilisation des jeunes à la création d'entreprises 187

5.4.1.4 Il dépend également de la reconnaissance sociale du créateur qui est aujourd'hui tenté de s'expatrier 187

5.4.1.5 Outre-Atlantique il est valorisant d'avoir créé une entreprise, même si l'aventure s'est terminée par un échec et ce n'est malheureusement pas encore le cas chez nous 188

5.4.2 Dispositif d'appui : incubateurs et kiosques d'informations 188

5.4.2.1 Le créateur d'entreprise a besoin d'économiser son temps 188

5.4.2.2 Il a surtout besoin d'être connecté à des réseaux : les incubateurs publics et privés 188

5.4.3 Le financement de la création d'entreprises et du développement des jeunes entreprises: manque d'argent ou manque de projets? 189

5.4.3.1 Paradoxalement les deux sont vrais 189

5.4.3.2 Soyons clairs : le banquier stricto sensu, celui qui prête l'argent des autres, ne peut et ne doit prendre de risques que très limités 189

5.4.3.3 Les investisseurs : Ceux dont le métier est le commerce du "risque" 189

5.4.3.4 Mais cette profession elle-même se subdivise en de nombreux métiers 189

5.4.3.4.1 Le capital risque : le plancher du million de dollars 189

5.4.3.4.2 Les marchés des capitaux : un élément déterminant pour le capital-risque 191

5.4.3.4.3 Le capital de proximité : une capacité de démultiplication 191

5.4.3.4.4 La "love money" : essentiel pour le démarrage 191

5.4.3.4.5 Les "fonds d'amorçage" (Seed Money) : une bonne solution pour les entreprises technologiques 192

5.4.3.4.6 Les aides publiques (Drire, Anvar, Crédits d'impot,...): problèmes d'adaptation et de vitesse 192

5.4.3.4.7 Les Business Angels et les stock options : les éléments clé du dispositif 193

5.4.3.4.7.1 Les Business Angels : de l'argent, mais surtout une expertise et un réseau 193

5.4.3.4.7.2 Financer et fidéliser des cadres expérimentés, payer avocats, conseil et fournisseurs sans sortir de cash: les stock-options 195

5.4.4 Manque de projet ou manque d'entrepreneur? la solution de l'atelier de l'innovation 196

5.5 Une piètre connaissance de la création d'entreprises en France 196

5.6 Autres problèmes méritant d'être signalés 197

5.6.1.1 Alléger les formalités : le cri du coeur! 197

5.6.1.2 Un problème important et urgent : le danger d'adopter une réglementation à l'américaine en matière de brevets sur les logiciels 197

5.6.1.2.1 le risque de pousser au secret quand le brevet devrait entrainer la connaissance publique des inventions 197

5.6.1.2.2 une durée de 20 ans inadaptée à l'innovation logicielle 197

5.6.1.2.3 paradoxalement, un outil au main des gros éditeurs pour s'approprier les innovations des petits 197

5.6.1.2.4 une arme contre les logiciels libres 198

5.6.1.2.5 Une opportunité pour l'Europe: créer une réglementation sui generis performante 198

5.6.1.3 Aujourd'hui les règles des marchés publics éliminent les entreprises qui n'ont pas de références suffisantes et donc les créateurs 198

6 Propositions pour un plan d'action 199

6.1 Les pouvoirs publics ne peuvent pas ne pas agir 199

6.1.1 L'Etat responsable de fixer les règles de droit 199

6.1.2 Les administrations génèrent des contraintes, facteurs de coûts de gestion 199

6.1.3 Les pouvoirs publics sont un acteur économique majeur 199

6.1.4 Les pouvoirs publics responsables d'un développement harmonieux des territoires 199

6.1.5 Les pouvoirs publics ont une mission "d'éclairage public" 199

6.1.5.1 Diffuser l'information qu'ils détiennent 199

6.1.5.2 Mettre en place un observatoire pour que chacun puisse se situer par rapport aux évolutions en cours 200

6.1.5.3 Assurer une formation adaptée aux évolutions 200

6.1.5.4 Orienter les efforts de la recherche publique aux fins de donner des armes à nos entreprises pour forger leur avenir 200

6.1.5.5 Créer les conditions de la confiance : signature électronique, registre du commerce, certification,... 200

6.1.5.6 Un rôle d'éclairage public vis à vis du tissu des PME 200

6.1.5.7 Les pouvoirs publics se doivent enfin d'être exemplaires 200

6.2 Améliorer l'environnement global pour créer les conditions du décollage 201

6.2.1 Faire évoluer l'environnement juridique 201

6.2.1.1 Faire évoluer les règles de droit pour qu'elles apportent des réponses claires et stables aux nouvelles questions posées par l'internet 201

6.2.1.2 Créer les conditions de la confiance ; signature électronique, nommage, registre du commerce, contrats type, certification,... 201

6.2.1.3 Réunir les conditions permettant un véritable développement du paiement électronique 202

6.2.1.4 Autoriser un niveau raisonnable dans le domaine du cryptage 203

6.2.1.5 Adapter le droit de la concurrence et le faire respecter notamment dans le domaine des Télécom 203

6.2.1.6 Devenir des acteurs encore plus actifs de la construction d'un droit nécessairement international: le problème du ressort 204

6.2.1.6.1.1 Quid de la propriété intellectuelle (droit d'auteur, copyright, droit du brevet sur les logiciels, droit de suite pour les oeuvres d'art, site "warez",...)? 204

6.2.1.6.1.2 Quid de la protection du droit des marques? des problèmes posés par les procédure de nommage sur Internet? 205

6.2.1.6.1.3 Quid des règles de la concurrence (publicité comparative, dénigrement, appel à boycott, publicité mensongère, parasitisme commercial, paracommercialisme,...) ? 205

6.2.1.6.1.4 Quid des règles régissant les situations de monopole et d'abus de position dominante? 206

6.2.1.6.1.5 Quid des Market places : plusieurs milliers de milliards de dollars pourraient y transiter sous peu 206

6.2.1.6.1.6 Quid du droit de la preuve en cas de contrats électroniques? 206

6.2.1.6.1.7 Quid de la signification de l'exclusivité territoriale d'une concession? Quelle est la période légale des soldes sur la toile? 207

6.2.1.6.1.8 Quid des organes de régulation dans le domaine des NTIC? 207

6.2.1.6.1.9 Quid de la protection des données sensibles des entreprises 207

6.2.1.6.1.10 Quid de la protection de certains privilèges (monopole des commissaires-priseurs, loi bancaire, quotas, régime des pharmacies d'officine, prix unique du livre,...) 207

6.2.1.6.1.11 Quid du droit d'émettre de la monnaie? 208

6.2.1.6.1.12 Quid des législations fiscales et douanières sur les produits dématérialisés ou vendus sur internet 208

6.2.1.6.1.13 Quid de la protection du consommateur? 208

6.2.1.6.1.14 Quid de la protection de l'épargnant?: 208

6.2.1.6.1.15 Quid de la protection contre la calomnie, les injures, la diffamation, l'atteinte à la vie privée (loi sur la presse, censure,...)? 209

6.2.1.6.1.16 Quid à l'inverse de la liberté d'expression 209

6.2.1.6.1.17 Quid de la responsabilité pénale et civile pour un site accessible depuis tous les pays du monde, 209

6.2.1.6.1.18 Quid de la protection des travailleurs 209

6.2.1.6.1.19 Quid des lois réglementant les publications? et Quid de l'égalité des citoyens 210

6.2.1.6.1.20 Quid de la protection des mineurs (âge de la majorité?,...) 210

6.2.1.6.1.21 Quid de la protection de l'adulte contre des tentations préjudiciables à sa santé (drogue, alcool,...) ou à ses finances (jeux, loteries, casino, paris sur les match de foot,...) ou à sa moralité (censure,...)? 210

6.2.1.6.1.22 Quid de la protection assurée aux malades (consultations médicales en ligne, délivrance de médicaments à travers Internet, publicité pour les médicaments auprès des malades...)? 210

6.2.1.6.1.23 Quid de la capacité des Etats à se protéger (censure, interdiction de la cryptographie,...)? 210

6.2.1.6.1.24 Quid de la protection de la vie privée (réglementation concernant l'élaboration et la commercialisation des fichiers, droit de crypter les messages,...)? 211

6.2.1.6.1.25 Quid de la protection de la société contre la violence 211

6.2.1.6.1.26 Quid de la protection des individus contre de nouvelles formes de pollution comme le SPAM?. 211

6.2.1.6.1.27 Quid de la protection contre les pirates, les producteurs de virus, de bombes logiques, de Worms, de Hoax, de Chevaux de Troie,...: 211

6.2.1.6.1.28 Comment lutter contre les nouvelles formes de cybercriminalité (cyber-escrocs, blanchiment d'argent, chaînes pyramidales, abus de confiance, désinformation, détournement de moyens de calcul,...) 211

6.2.1.6.1.29 Quid du rôle à donner à l'autorégulation (codes de bonne conduite) par rapport au pouvoir normatif des Etats? La "corégulation"? 212

6.2.1.7 Assurer une participation active de spécialistes français aux instances informelles qui élaborent les règles de droit sur le net 213

6.2.2 Alléger le poids des contraintes administratives - moderniser l'Etat 213

6.2.3 Les pouvoirs publics, acteurs économiques efficaces et facteurs de progrès 214

6.2.3.1 Gérer les achats publics sur l'Internet 214

6.2.3.2 Encourager la migration sur Internet des services Minitel 215

6.2.4 Favoriser toute initiative permettant d'améliorer la vitesse de transmission et de diminuer les coûts pour le client 215

6.2.5 Une mission d'éclairage public 216

6.2.5.1 Avoir au niveau des pouvoirs publics un discours fort clair et crédible sur Internet 216

6.2.5.2 Diffuser l'information publique 216

6.2.5.3 Faciliter les accès "grand public", favoriser l'usage d'Internet à toutes les étapes du processus éducatif et former les spécialistes nécessaires. 217

6.2.5.4 Conduire une politique de recherche ambitieuse 217

6.2.5.4.1 Bien entendu dans le domaine des technologies dures 217

6.2.5.4.2 Mettre au point les outils adaptés aux PME 218

6.2.5.4.3 Quelques sujets de recherche qui paraissent essentiels pour nous permettre d'utiliser les potentialités d'Internet plus intelligemment 218

6.2.5.4.3.1 Quelles mutations Internet génère-t-il dans les structures industrielles ? 219

6.2.5.4.3.2 Quelles mutations dans l'organisation des entreprises ?: 219

6.2.5.4.3.3 l'Internet une économie de standards et non de High Tech: NTIC ou plutôt NST? 219

6.2.5.4.3.4 Quelles évolution dans les modèles économétriques: les coûts? La rentabilité des investissements immatériels? Les mécanismes de financement? 220

6.2.5.4.3.5 Quelles conséquence sur la formation? 220

6.2.5.4.3.6 l'urbanisme 220

6.2.5.4.3.7 l'aménagement du territoire 220

6.2.5.4.3.8 dans le domaine juridique 220

6.2.5.4.3.9 dans le domaine social et politique 221

6.2.5.4.3.10 dans le domaine artistique 221

6.2.5.4.3.11 Dans le domaine militaire 221

6.2.5.4.3.12 Dans le domaine de la formation: NTE et e-learning 221

6.2.5.4.3.13 Dans le domaine médical 222

6.2.5.4.3.14 dans le domaine de la politique de la recherche et de l'évaluation des chercheurs 222

6.2.5.4.4 Mobiliser tout particulièrement les écoles relevant de notre Ministère 222

6.2.5.5 Favoriser la création de labels pour éclairer le client 223

6.2.5.6 Les pouvoirs publics promoteurs du développement économique 223

6.2.5.7 Aider les PME à se saisir des opportunités offertes par Internet et favoriser la création d'entreprises 223

6.3 Des mesures spécifiques pour les PME 224

6.3.1 Une nécessité pour l'administration : travailler en équipe de projet interministérielle 224

6.3.2 Informer les PME et les sensibiliser aux enjeux d'Internet 224

6.3.2.1 Les grandes réunions de sensibilisation: en général un coup d'épée dans l'eau 224

6.3.2.2 Permettre au chef d'entreprise de voir concrètement ce qu'Internet peut lui apporter 225

6.3.2.3 Une sensibilisation individuelle des entreprises conduite en s'appuyant sur leurs réseaux de conseillers habituels 226

6.3.2.4 Proposer des prédiagnostics courts 226

6.3.2.5 Veiller à ce que dans chaque prestation de conseil aidé (FRAC) il y ait un minimum de réflexion sur l'utilisation d'Internet dans le domaine considéré 227

6.3.2.6 Sensibiliser les patrons de PME par l'intermédiaire de certains réseaux de professionnels ayant un rôle de conseil, souvent très écoutés, comme les experts-comptables 227

6.3.2.7 Aider les chefs d'entreprise engagés dans une démarche internet à s'entraider et à se former mutuellement 227

6.3.2.8 Une sensibilisation à travers des groupes d'entreprises déjà constitués autour d'un centre d'intérêt ou d'un projet commun. 227

6.3.2.9 Une sensibilisation par une politique de communication au niveau régional ou local 228

6.3.3 Une claire priorité : le montage d'actions collectives 228

6.3.3.1 Six arguments forts pour cette priorité 228

6.3.3.2 Pistes à creuser pour les actions collectives : 228

6.3.3.3 Quelques idées de thèmes qui pourraient intéresser les entreprises participant à ces réseaux 229

6.3.3.4 N'oublions pas l'intendance : la logistique, un facteur clé 231

6.3.3.5 Des opérations qui nécessitent la mobilisation de tous les partenaires 231

6.3.3.6 Un objectif prioritaire pour les Centres Techniques Industriels (CTI) 231

6.3.3.6.1 Tout d'abord bien entendu utiliser cet outil de communication pour mieux travailler avec les "ressortissants" : 231

6.3.3.6.2 utiliser Internet comme une entreprise ayant réussi sa mutation vers la nouvelle économie doit le faire 231

6.3.3.6.3 Enfin et surtout, rôle du CTI est d'aider les entreprises de la profession être plus performantes 232

6.3.4 Accompagner les développements les plus ambitieux 232

6.3.4.1 Savoir résister à la tentation d'opérations spectaculaires, peu onéreuses, touchant un grand nombre d'entreprises et permettant un fort effet d'annonce...mais contreproductives 232

6.3.4.2 Par contre savoir intervenir au stade coûteux, risqué, mais à fort enjeu : celui du véritable engagement sur les technologies Internet 233

6.3.4.3 Ne pas inventer des procédures nouvelles. Le portail des concours publics 234

6.3.5 Utiliser Internet comme un outil d'une politique de développement local 236

6.3.5.1 Infrastructures de Telecom : quand les pouvoirs publics retrouvent leur responsabilité en matière d'aménagement du territoire 236

6.3.5.1.1 Progressivement les infrastructures de télécommunications, tant au niveau de leur qualité que de leur coût sont devenues un élément déterminant dans la compétitivité d'un territoire. 236

6.3.5.1.2 La fin du monopole entraîne une féroce concurrence qui conduit à un effondrement des prix ... dans les zones où cette concurrence se manifeste : le risque est de voir apparaître un accroissement des écarts entre ces zones et les autres 237

6.3.5.1.3 Les Télécoms : une infrastructure qui pose les mêmes problèmes aux responsables de l'aménagement que les dessertes aériennes, les voies ferrées ou les routes 238

6.3.5.1.3.1 Les deux notions de rentabilité d'un investissement: pour l'opérateur et pour la collectivité concernée 238

6.3.5.1.3.2 Les conséquences à en tirer en matière de financement de ces infrastructures 238

6.3.5.2 Quelques pistes de réflexion sur les actions à conduire au niveau des pouvoirs publics 239

6.3.5.2.1 Une solution de facilité désormais impossible : faire pression sur l'opérateur historique 239

6.3.5.2.2 Alors quels moyens d'action ? Pour quels pouvoirs publics ? 239

6.3.5.2.2.1 Cohésion et solidarité : deux préoccupations au niveau européen: 240

6.3.5.2.2.1.1 une préoccupation de cohésion : 240

6.3.5.2.2.1.2 une préoccupation de solidarité : 240

6.3.5.2.2.2 Au niveau national comme au niveau régional ou local à l'appui de la stratégie de développement ou de reconversion définie pour le territoire 240

6.3.5.2.2.2.1 Réaliser des infrastructures préalable permettant de baisser coûts et délais pour un nouvel entrant 240

6.3.5.2.2.2.2 Gérer la "rente minière" liée à la concession de l'espace electromagnétique 240

6.3.5.2.2.2.3 Traiter ce type d'investissement comme une liaison aérienne 240

6.3.5.2.3 La nécessité pour les pouvoirs publics de se doter à chaque niveau des compétences nécessaires 241

6.3.5.3 Il est clair cependant qu'une telle politique ne peut se limiter aux infrastructures, ni même au développement économique au sens étroit du terme 241

6.3.5.4 Le projet de Parthenay illustre bien l'extrême imbrication de l'économique et de tous les autres aspects de la vie locale. 242

6.3.5.5 De nombreuses autres initiatives qui méritent d'être encouragées 243

6.3.6 Donner aux acteurs et aux intervenants chargés de les conseiller, la formation minimale leur permettant de conduire un développement efficace 243

6.3.6.1 Une priorité : former le patron 243

6.3.6.2 Former également les conseillers de l'entreprise sans oublier les experts comptables 244

6.3.6.3 De nouveaux métiers? Ou plutot un profond changement dans les métiers actuels? 244

6.3.6.4 Nécessité parfois de certaines formations plus pointues 245

6.3.6.5 ...et à l'inverse de formations touchant un public très large 245

6.3.6.6 Des initiatives pour aider les régions à mettre en place de telles formations 245

6.3.7 Les services de l'Etat chargés de favoriser le développement des PMI se doivent de pleinement maîtriser et utiliser Internet 246

6.3.7.1 Les 10 points clef pour un Intranet-extranet-web de l'administration 246

6.3.7.1.1.1 Une messagerie: chaque membre du personnel de la DRIRE doit être doté d'une adresse e-mail, 246

6.3.7.1.1.2 Un Intranet pour le fonctionnement interne (intégrant l'ERP) 246

6.3.7.1.1.3 Cet Intranet devra prendre en compte le nomadisme de la plupart des ingénieurs subdivisionnaires 246

6.3.7.1.1.4 Un site WEB transactionnel véritable Portail d'accès à tous les services offerts 246

6.3.7.1.1.4.1.1 Il doit également permettre au grand public et aux associations 247

6.3.7.1.1.5 Un accès Internet à partir de chaque poste de travail 247

6.3.7.1.1.6 Une application-serveur PUSH pour diffuser l'information 247

6.3.7.1.1.7 Une application-client PUSH et d'agents intelligents 247

6.3.7.1.1.8 Des forums avec les usagers concernés et des listes de discussion 247

6.3.7.1.1.9 Les DRIRE devront dans le même temps développer des extranets entre elles et avec les administrations centrales qui les concernent: économie, environnement, recherche, transports... 247

6.3.7.1.1.10 D'autres extranets devront être constitué avec les administrations régionales et les autres partenaires 247

6.3.7.2 Une démarche originale de la DARPMI: d'abord favoriser les initiatives puis les harmoniser 247

6.3.7.3 Un outil indispensable pour l'avenir : le KIT extranet 248

6.4 Des mesures pour favoriser la création d'entreprises 248

6.4.1.1 Faire évoluer l'enseignement notamment dans les écoles d'ingénieur 248

6.4.1.2 Favoriser les créations par des chercheurs 249

6.4.1.3 Créer un contexte culturel favorable à la création d'entreprise 249

6.4.1.4 Ne plus pénaliser l'échec 250

6.4.1.5 Mettre en place des incubateurs bien branchés sur les réseaux gestion, finance, technologie et industrie 250

6.4.1.6 Favoriser l'émergence d'un tissu dense de petites sociétés de services 250

6.4.1.7 Pour les entreprises à fort potentiel de développement favoriser le développement des Business Angels 250

6.4.1.8 Eviter que l'évolution sur la réglementation sur les brevets ne donne des armes aux grosses structures pour verrouiller l'innovation 251

6.4.1.9 Se donner les moyens d'observer la dynamique de la création d'entreprise pour agir de façon plus pertinente 251

6.4.1.10 Ouvrir l'accès des marchés publics aux créateurs 251

6.4.1.11 Rétablir les Stock Options pour permettre aux Pme à forte capacité de croissance de recruter les cadres de haut niveau dont elles ont besoin 251

7 CONCLUSION 253

Jean-Michel Yolin mise à jour 2001

"Ce qui est marginal mais croît de façon exponentielle peut devenir majeur"

Jean-Claude Pelissolo

Internet : Mirage ou opportunité pour les PME ?

Quelles initiatives prendre ?

1 L'Internet en deux mots

1.1 Le fruit étrange de la liaison entre la rigueur des militaires et la créativité libertaire des chercheurs sur fond de guerre froide

Aujourd'hui celui que l'on appelle le "réseau des réseaux" est devenu incontournable. Il a ses fans, fascinés par ses possibilités immenses. Il a aussi encore quelques détracteurs de plus en plus rares, qui ne manquent pas une occasion de mettre en évidence ses défauts de jeunesse ou les points faibles liés à sa conception et l'absence de contrôle qui en fait sa force aux yeux des uns et sa faiblesse aux yeux des autres.

1.1.1 Dans les années 70, une initiative pour limiter la vulnérabilité des réseaux informatiques en cas d'attaque nucléaire :

1964 : le Ministère américain de la Défense a l'idée d'un réseau de communication sans véritable direction centralisée, conçu de façon à demeurer opérationnel même si des portions entières du réseau tombent en panne ou sont détruites

Paul Baran de la Rand Corporation en invente l'architecture avec la numérisation du réseau et le découpage de l'information en petits blocs : L'originalité du système mis en place, qui assure son invulnérabilité, est l'absence de point central : Le réseau fonctionne sur un mode purement coopératif avec une multitude d'ordinateurs et de réseaux locaux ayant tous les mêmes prérogatives.

Chaque ordinateur "serveur" qui se connecte pour émettre et recevoir sur l'Internet, participe en outre au routage des messages qui circulent à travers le monde selon des cheminements quelque peu aléatoires : il reçoit des serveurs voisins des "paquets d'information" (les messages trop longs doivent en effet être tronçonnés en petits "paquets") et en fonction de l'adresse de destination, le transmet à son tour à un autre ordinateur qui se trouve "à peu près" dans la bonne direction et dont la ligne est disponible (les paquets composant un même message empruntent éventuellement des chemins différents et n'arrivent pas obligatoirement dans l'ordre initial)

Réaction [1] d'AT&T: "c'est aussi stupide que de mettre le pétrole dans des tasses à café pour le transporter dans un pipeline".

A cette même époque Engelbart invente la souris www.engr.orst.edu/old_news/121098/engelbart.htm

En 1969, Larry Roberts de l'Agence américaine de l'armement (Arpa) demande à quatre universités américaines de mettre ces idées en pratique dans un réseau expérimental. Quatre supercalculateurs sont interconnectés en 1971 : c'est le réseau Arpanet:

Dès cette époque se met en place ce que certains ont appelé une "adhocratie" avec une coordination d'étudiants qui développent les idées de "protocoles" et de "RFC" (Request For Comment) permettant de lancer les idées nouvelles et de les tester auprès de la communauté

Les chercheurs américains utilisent très vite ce réseau qui leur permet de se partager des capacités de calcul, très onéreuses à l'époque.

1.1.2 Un apport décisif des chercheurs en terme d'ergonomie et de convivialité :

Mais rapidement, comme c'est souvent le cas pour des innovations radicales [2] ce n'est pas l'usage pour lequel il avait été conçu au départ qui prédomine : le réseau est de plus en plus utilisé pour consulter des bases de données, échanger des articles scientifiques puis des messages.

Quelques étapes :

1971 Louis Pouzin, chercheur à l'INRIA, épaulé par Michel Montpetit invente le "datagramme", pièce essentielle de la transmission par paquet qui ne nécessite plus l'immobilisation d'une voie de communication comme le protocole américain de l'époque (Host-Host) : c'est le début du réseau Cyclades.

1972: André Truong, créateur de la Société R2E, et François Gernelle, son directeur général, pour répondre aux besoins de l'INRA (Institut de Recherche Agronomique) invente le premier micro-ordinateur : le Micral, autre pièce essentielle du futur réseau Internet, (réaction d'alors d'un haut responsable de Bull rappelée par le Monde "vous n'avez jamais rien compris à l'informatique"),

1972 sur l'initiative des chercheurs américains, invention du courrier électronique et du "@"3(*) et création d'un groupe de travail en vue de définir un standard d'interconnexion.

1974 : Vinton Cerf met en oeuvre le concept de datagramme, développé avec "Cyclades", dans le réseau Arpanet pour créer un des protocoles de base de l'Internet : TCP (protocole de contrôle de transmission). Les multiples "paquets" émis ne parviennent pas tous à destination (jusqu'à 15% sont perdus) : en cas d'engorgement momentané, certains routeurs peuvent en effet être amenés à détruire ceux qui sont en attente: c'est le protocole TCP qui détecte ces échecs de transmission et provoque une nouvelle émission du paquet considéré

Dès cette période, la participation de pays autres que les Etats-Unis à des travaux de spécifications et de tests est tout à fait notable: En France, l'Inria et le Cnet www.cnet.fr sont particulièrement actifs.

C'est aussi l'époque où le CNET "invente" l'ATM www.atmforum.com qui a été jusqu'à aujourd'hui une technologie importante pour accroître de façon substantielle les capacités de transports des réseaux de télécommunications pour la transmission de données.

1977 : , le protocole d'adressage IP (Internet Protocol) voit le jour : il vient compléter le protocole TCP. Dès lors, pour reprendre la définition de l'AFTEL :

"Un internet est alors défini comme un ensemble de réseaux interconnectés et l'Internet, comme l'ensemble des réseaux Internet interconnectés à l'aide du protocole TCP/IP"

76-78 : le projet Cyclades beaucoup trop "déstabilisant", moins "contrôlable" pour les modèles établis dans notre pays, se heurte à une très violente hostilité de l'administration des PTT4(*) : celle-ci développe la norme X25 issue du protocole "Host-Host" américain, crée Transpac et obtient l'arrêt du projet Cyclades (qui n'aura coûté au total que 20 MF) : le protocole TCP IP devient "hors la loi" (alors qu'à ce moment il permettait déjà des débits 30 fois plus élevés : 2.000 kbit/s contre 64 kbit/s pour Transpac).

Dany Vandrome, Directeur de Renater, www.renater.fr rappelle qu'en 1984 nos chercheurs devaient se déplacer à Londres pour se connecter à ARPANET ...

Sur cette base est lancé le Minitel à l'abri des perturbateurs. "A cette époque déjà les tarifs dans notre pays plus du triple de ceux pratiqués aux Etats-Unis pour les entreprises" (Robert Mahl, Annales des mines - nov 96).

1981: la NSF (National Science Foundation) décide de financer un réseau "Computer and Science Network" qui deviendra plus tard le NSFNet afin d'offrir aux universités des services tels que la messagerie.

1982 l'Administration et les grandes entreprises américaines (IBM, Digital, HP,..)essaient d'imposer un standard "vraiment professionnel": l'OSI: le consensus des internautes sur TCP/IP conduit à l'échec de cette offensive

1990: Tim Berners-Lee chercheur au CERN www.cern.ch (centre d'étude et de recherche nucléaire de Genève) invente avec ses collègues le World Wide Web (WWW) et le langage hypertexte (HTML) www.w3.org/History.html :

Derrière les images ou les mots clefs choisis par les auteurs de pages publiées sur le réseau, se cachent les adresses (hyperliens) d'autres pages d'information, situées éventuellement à l'autre bout du monde.

L'Hypertexte contient aussi bien des images, des sons ou des séquences vidéo que du texte proprement dit.

1993 :Grâce aux navigateurs dont l'ancêtre fut MOSAIC inventé par Marc Andreesen de l'université de l'Illinois, d'un simple "clic de souris", l'internaute peut naviguer vers cette nouvelle adresse sans avoir besoin de savoir ni où il va, ni par quel chemin.

L'augmentation de puissance des PC à prix constant, (voire décroissant) leur facilité d'emploi, permettent à cette même époque une explosion du nombre d'internautes.

2000 Lancement par le gouvernement américain du projet NGI (internet de nouvelle génération) l'objectif des USA n'est plus militaire stricto-sensu mais l'Internet n'en est pas moins considéré comme un enjeu stratégique majeur dont il convient de conserver le leadership

1.1.3 Qui paye ? Qui contrôle ? :

1.1.3.1 Aujourd'hui un financement à 90% privé et une régulation par consensus

Depuis 1995, la National Science Foundation (NSF) ne finance plus le réseau des universités américaines, qui constituait l'ossature d'Internet (arrêt des subventions au NSFNet).

Depuis avril 1995, Internet fonctionne en réseau coopératif. Aujourd'hui chacun (les opérateurs principaux, les prestataires grand public, les entreprises, les particuliers) paie un tronçon de réseau.

Les fonds publics avaient assuré au début la croissance du réseau, mais les entreprises ne dépendant pas des organismes payeurs ne pouvaient pas y accéder. Depuis, des réseaux (au départ indépendants), à vocation commerciale se sont mis en place et connectés au réseau des réseaux.

A l'heure actuelle, la majorité du trafic est d'origine commerciale et plus de 90% du financement proviendraient de fonds privés.

1.1.3.2 ...sauf pour préparer la génération suivante : une action forte de l'Etat américain

L'arrêt des financements publics de l'Internet ne signifie nullement que les pouvoirs publics américains se désintéressent de cet enjeu, toujours considéré comme vital sur le plan géopolitique comme l'a montré la dernière campagne présidentielle. Bien au contraire ils ont lancé deux grands projets très ambitieux :

NGI : Next Generation Internet ( www.ngi.gov) visant à créer une infrastructure "Terabit" mille fois plus puissante que l'actuelle : VBNS (Very High Performance Backbone Network Service www.vbns.net) et mobilisant les moyens du pentagone (DASA, NSA) de la NASA et du département de l'énergie (DOE).

Internet 2 www.internet2.edu avec les universités, centres de Recherche et Industriels pilotes qui ont l'objectif de développer de nouvelles applications tirant parti de cette puissance nouvelle (travail coopératif, médecine, éducation, commerce, ...)

Un projet analogue est en cours de développement au Canada : Canarie ( www.canarie.ca)

www.canet.upc.es/ngi.world.html présente une vue globale des projets "NGI" dans le monde.

Certains regrettent vivement que l'Europe ne se donne pas les moyens de rester dans la course pour cette prochaine étape qui se prépare outre atlantique tant au niveau des infrastructures que des nouvelles applications permises par celles-ci, alors que les moyens financiers sont relativement modestes (100 millions de dollars par an pour le projet NGI: ce n'est guère que 1/350e de la capitalisation d'une entreprise qui a émergé de la génération actuelle comme Yahoo!)

La FING (Fondation pour l'Internet de Nouvelle Génération) s'est créée dans cet objectif: elle regroupe des associations (comme l'Isoc ou l'Acsel), des grandes entreprises et des établissements d'enseignement supérieur www.fing.org

1.1.3.3 Qui le contrôle ? : une régulation par consensus

La philosophie d'Internet est assez bien résumée dans cette phrase de Dave CLARK, prononcée pour l'IETF (Internet Engineering Task Force www.ietf.org) :

"Nous rejetons les rois, les présidents et le vote.

Nous croyons dans le consensus et les règles évolutives".

Dans cet esprit la notion même de contrôle de l'Internet est très largement rejetée,

L'association étroite entre les phases de développement et de déploiement "rough consensus and running code" favorise plus l'innovation que les positions acquises.

Le fonctionnement de l'Internet est assuré par un certain nombre de commissions et groupes de travail

En 1992 l'Internet Society est chargée d'assister l'IETF et l'IAB (Internet Architecture Board), avec pour mission de diffuser l'information au public, de promouvoir la coopération mondiale et la coordination d'Internet, de ses technologies interréseaux et de ses applications.

L'IETF suit l'évolution des protocoles TCP/IP, de leur standard et de leur intégration avec d'autres protocoles.

Existe aussi, en matière de recherche, l'Internet Research Task Force (IRTF) qui explore les techniques avancées en matière de communications/réseaux, et, pour le développement d'un droit adapté à Internet, l'ILPF (Internet Law&policy Forum)

ISTF (Internet Societal Task Force, présidé par Vint Cerf se penche sur l'impact sociétal de l'Internet et plus concrètement WAI (Web Accessibility Initiative) met au point des standards afin de rendre accessible le web aux handicapés notamment les aveugles.

Enfin, il faut citer le WWW Consortium (ou W3C) pour développer et promulguer des normes (comme http en partenariat avec l'IETF, HTML, XML,...), ainsi que ICANN www.icann.org (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) qui a récemment remplacé l'IANA après d'intenses débats au sein d'un forum international et qui est chargé des questions de noms de domaines et des adresses.

L'INRIA joue dans ce domaine un rôle majeur puisqu'il est l'un des trois piliers mondiaux du WWW Consortium aux côtés du MIT aux USA et de l'université Keio au Japon et qu'elle en assure aujourd'hui la présidence.

Malgré cela Jean-François Abramatic, Président du consortium ne peut que regretter "un déficit de compétences françaises particulièrement apparent dans les organisations de standardisation de l'Internet": le droit nouveau s'élabore pour l'essentiel dans ces instances informelles par des consensus mondiaux, il est donc essentiel que nous y soyons actifs

1.1.4 Une technologie peu onéreuse, et accessible aux PME

La recherche d'informations économiques ou techniques ne nécessite en première étape que l'achat d'un micro-ordinateur (moins 5.000 F) et l'abonnement à un fournisseur d'accès internet (FAI - Provider: entre 0 et 100 F par mois).

Créer un simple site Web coûte de 5 à 100 kF d'investissement initial et entre quelques centaines et quelques milliers de F par mois pour les mises à jour et l'hébergement (il nous a même plusieurs fois été indiqué que les sites les plus réussis avaient été réalisés par de jeunes ingénieurs en stage).

"C'est 20 fois moins cher qu'un serveur vidéotex" (Henri de Maublanc président de l'AFTEL)

La taille de l'entreprise ne paraît pas un facteur déterminant du succès :

Bern KRETSCHMER spécialiste allemand d'Internet écrit :

Sur le réseau, ce qui compte est l'image qui s'affiche à l'écran : elle se fait remarquer grâce à la créativité et à la richesse des idées.

Les grosses entreprises sont plutôt sous-représentées sur Internet parce que des marchés rapidement mouvants réclament des collaborateurs particulièrement dynamiques et des décisions extrêmement souples...

Pour se présenter elles-mêmes sur le Web, de petites sociétés n'hésitent pas à employer de jeunes diplômés, pleins d'allant, et souvent habiles. Alors que les grosses sociétés confient souvent leur présence sur le Web aux Agences de publicité. Celles-ci n'apprennent que lentement les lois du Web qui sont différentes de celles qui appartiennent à l'univers de l'imprimé.

A Autrans'99 Christian Huitema déclarait : " quand j'étais jeune, pour gagner mon argent de poche, je tondais la pelouse du voisin, aujourd'hui mes enfants font le site web du commerçant du coin "

Nous avons pu de nombreuses fois vérifier la justesse de cette analyse.

Pour le client, ce qui est important, c'est de trouver une forte capacité d'écoute auprès de son fournisseur et, là encore, c'est souvent la PME qui sera la plus réactive.

Christophe Lambrecht, fils du patron d'une petite entreprise artisanale "l'écrin du meuble", fabricant des meubles de style à Corbeil-Essonnes, disposait entre sa sortie et l'école et son départ au service militaire en février 98 d'une courte période qu'il mit à profit pour créer un site catalogue www.chez.com/ecrin : quelques semaines après un acheteur américain distributeur de literie française prenait contact avec lui pour venir voir la production

C'est aussi le fils de Christian Hébert qui a développé le site www.mangastore.com , librairie Teshima spécialisée dans les bandes dessinées japonaises

Les Américains ont coutume de dire : "with the internet you can be small and look big"

L'Internet est même à la portée des entreprises "SOHO" (small office, home office), éventuellement même en utilisant internet par l'intermédiaire de cybercafés

comme par exemple la chaîne Kinko's aux USA qui offre un environnement professionnel aux très petites entreprises, avec facturation à l'heure : accès internet, imprimantes haut de gamme, fournitures spéciales, gestion comptable,...ou plus modestement mais avec de grandes ambitions, NewWorks dans le IXème arrondissement à Paris www.newworks.net

Nous avons même pu noter que la plupart du temps dans les grandes structures privées ou publiques les développements réussis étaient le fait de " francs-tireurs" agissant en marge (voire à l'opposé) des hiérarchies

L'existence d'un service informatique puissant est généralement considérée comme un lourd handicap au départ car celui-ci a naturellement tendance à brider des développements qui lui échappent.

Bernard Siouffi, délégué général de la VPC, souligne que, heureusement, avec le décollage du commerce électronique les projets internet commencent à quitter les directions informatiques pour aller dans celles chargées du Marketing

Cette évolution ne se fait pas sans crises comme nous avons pu le noter à plusieurs reprises

De même une direction de la communication richement dotée risque d'émasculer la dimension stratégique de la mutation vers l'internet en la confinant dans le monde du paraître

Netsurf signale par exemple qu' en 1997 lorsqu'on a voulu féliciter LCI (filiale tout info de TF1)de sa remarquable initiative on s'est rendu compte que les dirigeants de la chaîne ignoraient même qui en était à l'origine.

Dans un registre voisin Jean-Noël Tronc (Annales des Mines de nov96) rappelle qu'un des sites les plus visités - le WebLouvre - est issu de l'initiative privée d'un étudiant parisien (Nicolas Pioch) et que la première initiative significative dans l'administration - ADMINET - a été le fait d'une initiative personnelle d'un fonctionnaire (qui a pu heureusement s'appuyer sur l'Ecole des Mines de Paris) mais qui n'a pas toujours bénéficié d'encouragements particuliers de sa hiérarchie

Les PME ayant su occuper de petites niches de produits ou services à vocation internationale, sont sans doute parmi les mieux placées pour une utilisation efficace d'Internet

De même grâce à Internet l'échange de données informatisées EDI entre entreprises a vu ses coûts s'effondrer d'un facteur supérieur à 20 (et ce coût va sans doute encore baisser dans l'avenir avec le développement de XML)

Ce qui était réservé aux grands groupes au temps d'X400 est maintenant à la portée des PME

Internet ou Extranet Voir page 128

1.1.5 Invulnérable aux attaques atomiques... mais pas aux pirates : l'e-crime

Le protocole TCP/IP, système de "panneaux de signalisation", qui régule le trafic, peut en effet être assez facilement truqué par des internautes malveillants : en l'absence de mesure de protection, les messages peuvent être lus ou détournés, le site informatique envahi ou asphyxié, des virus introduits (petits programmes altérant ou détruisant des données, capables de se reproduire et de contaminer d'autres ordinateurs), de même que des chevaux de Troie (programme caché activable de l'extérieur), des "portes de services" (qui permettent à ceux qui ont les clés de pénétrer à l'insu du propriétaire) (backdoors) ou bombes logiques, des adresses usurpées (Spoofing): là comme ailleurs, au-delà des précautions élémentaires (tous les rapports entre ordinateurs doivent être "protégés"), un choix difficile est à faire entre l'épaisseur de la cuirasse dont on se dote et la mobilité que l'on recherche

L'année 2000 a connu sur ce plan quelques spectaculaires attaques, notamment celle ayant paralysé pendant plusieurs heures les principaux sites de commerce électronique grâce au détournement de ces "panneaux de circulation" entrainant de monstrueux embouteillages et causant un "déni de service". La police soupçonne de cet acte un jeune canadien de 15 ans. Notons aussi le virus I Love You, qui, avec ses dérivés a causé des dégats que certains chiffrenr à 10 milliards de $

Par ailleurs la copie numérique est d'une extrême facilité et la gestion des droits d'auteurs prend une dimension nouvelle

1.1.6 Une distinction à opérer entre réseau de transport et règles de circulation: "la tuyauterie"(le réseau Internet) et les "protocoles" (les "technologies" Internet)

Il convient de ne pas confondre dans Internet ses 2 composantes

TCP/IP pour le transfert des paquets, HTTP pour le transfert de pages en hypertexte (HTML, XML), HTTPS pour les transferts sécurisés par cryptage, SMTP ( Avec grâce au metaformat MIME la possibilité de transmettre dans un même message des données hétérogènes : texte, images,...) et POP3 pour le courrier électronique, NNTP pour les News, IRC pour le "bavardage", VXML www.vxml.org pour la voix, GOPHER pour les banques de données

C'est ce que nous appellerons dans la suite de ce rapport les technologies Internet bien qu'il s'agisse davantage de "standards" que de "technologies" proprement dites.

1.2 Au-delà du mail et de la navigation, les multiples fonctions d'internet:

Les plus significatives nous paraissent être:

1.2.1.1 De nouveaux moyens de communiquer rapides, bon marché, efficaces ouvrant de nouvelles possibilités

1.2.1.1.1 Le courrier électronique l'e-mail

Outre votre message, il offre la possibilité de transmettre des "documents attachés", texte, images, sons, vidéo,...qui peuvent d'un clic être envoyés à une liste de correspondants aussi longue que souhaitée ;

Un autre clic chez le destinataire sur le bouton "répondre" et le corps du message est prêt, avec la bonne adresse pour répondre à l'émetteur (avec ou sans copie aux autres destinataires).

L'e-mail permet tout à la fois des échanges en temps quasi-réel tout en étant beaucoup moins " invasif " que le téléphone : il permet une meilleure organisation de son temps, une possibilité simple d'archiver vos messages et de les retrouver à partir de n'importe quel mot ou morceau de mot qu'il contient (expéditeur, objet, texte,...) sans avoir même besoin de les classer:

AOL indique que ses seuls abonnés ont dépassé le milliard d'e-mail dès 98, en juin 2000 on comptait 569 millions de boites aux lettres...

De nombreux nouveaux terminaux apparaissent qui permettent de communiquer sans ordinateur : téléphones portables, pagers, webphones, webTV,...

La reconnaissance vocale qui a fait des progrès considérables permet de dicter directement le courrier (ceci est particulièrement précieux pour les cadres qui n'ont pas toujours une bonne maîtrise du clavier) voir page 22

1.2.1.1.2 La téléphonie "IP": "l'international pour le prix du local" avec d'importantes fonctionnalités en sus

Elle permet de converser à l'autre bout du monde, bientôt en visiophonie, pour le prix d'une communication locale (celles-ci ayant pu jusqu'à présent maintenir un niveau de prix très élevé grâce à une absence de concurrence)

Net2phone, gratuit, assure la communication de PC à PC ( www.net2phone.net) tout en gardant la possibilité, en même temps, sur la même ligne de transmettre schémas, dessins, photos ou fichiers, de même Dialpad www.dialpad.com. avec 325 000 abonnés en avril 2000 l'entreprise revendique40% du marché. Signe de reconnaissance, ATT et BT y ont investi 1,4 Milliards de $

Olitec www.olitec.com lance le Speak'Net V90 qui permet d'appeler n'importe quel type de téléphones

L'opérateur suédois Telia www.telia.fr ouvre ses services en France à partir de fin 2000

www.von.com/teleph.html présente informations et références dans ce domaine

L'adoption du standard H323 apporte une réponse aux problèmes de compatibilité existant encore actuellement

Aujourd'hui 30% des Californiens utilisent l'IP pour leurs appels internationaux et IDC www.idcresearch.com estime que 24 % des internautes sont prêts d'utiliser le Net comme opérateur longue distance: de 310 millions de minutes en 1998 la consommation bondit à 2,7 Milliards en 1999 (étude IDC www.idc.com), 15 Millions d'américains l'utilisent à l'été 2000

Au Japon qui dispose d'un opérateur historique particulièrement cher, la téléphonie IP, autorisée depuis 1997, connaît un large développement avec une projection de 33% de part de marché en 2002 (par exemple avec les cartes ATT@phone. Les appels se font via une passerelle locale et donc à partir de n'importe quel combiné fixe ou mobile. La qualité est jugée excellente. La carte Kcom est non seulement utilisable depuis le Japon mais aussi depuis 22 pays ... dont la France alors que ce service n'est pas proposé par France Télécom dans l'hexagone ... qui ne propose lui sa carte"Invox" au Japon!

Bertelsman a ouvert son service Aventi à Hambourg et Munich , et MCI-Worldcom prévoit d' assurer 50% de son trafic téléphonique par internet

Patrick Sarrazin de Logical a vu ainsi le coût de ses communications vers son bureau de Shangaï divisé par 10!

Grâce à l'Appliophone il n'est dès aujourd'hui même plus nécessaire de disposer d'un micro ordinateur pour profiter de la technologie IP et Netcentrex, www.netcentrex.net jeune start-up caennaise propose des centraux téléphoniques (PABX) totalement IP offrant les mêmes fonctionnalités qu'un central traditionnel

InterNext www.internext.fr propose son service de téléphonie IP depuis début 2000 à Paris

De nombreux prestataires permettent ainsi un appel de téléphone traditionnel (POT "plain old telephone") à téléphone traditionnel, en passant par une "passerelle IP":

On appelle un central par une liaison téléphonique locale normale, celui-ci établit la communication avec un autre central localisé près de votre correspondant qui appelle à son tour le N° demandé

C'est ce que propose Poptel www.poptel.fr avec sa carte prépayée qui offre jusqu'à 70% de rabais ou Global Media Concept, qui, grâce à son réseau de voix sur IP, annonce une réduction de 80% des factures à qualité identique

Pour les entreprises disposant de lignes spécialisées entre leurs implantations le basculement de la voix sur IP ne nécessite que des investissements très minimes et génère des économies très substantielles

Pour les particuliers disposant du câble la VoIP (Voice on IP) permet aussi, là ou elle est disponible un abaissement drastique des coûts: Flat25 offre un forfait Amérique du Nord pour 25$/mois. Dialpad www.dialpad.com offre la gratuité si l'appel part d'un PC

Mais l'avantage de la téléphonie IP va bien au delà du prix (on peut penser qu'avec le développement de la concurrence le prix des communications "normales", artificiellement élevés, devraient se rapprocher de la téléphonie IP): Elle permet des services beaucoup plus "riches" que la téléphonie traditionnelle:

AT&T affirme déjà ne plus acheter d'équipements classiques à commutation de circuit

1.2.1.1.3 La visiophonie, la téléconférence, pour une communication plus riche

Des logiciels comme CuSeeMe www.wpine.com sont déjà disponibles pour des vidéoconférences.

Pour des Téléconférences plus professionnelles un des leaders est la société israelienne V Con http://www.vcon.com, en France notons WebMeeting de Cegetel www.cegetel-entreprises.fr/solutions/webmeeting

Avec la reprise de l'Américain Vialog de l'australien Telcen et de l'allemand Eureka, Genesys www.genesys.com de Montpellier dirigée par François Legros, devient le leader mondial des téléconférences sur internet

Vous pouvez dès aujourd'hui visualiser en direct le Kremlin http:kremlincam.com, le chantier de la Potsdamer Platz http://cityscope.icf.de/cityscope_eng/current.html ou du Grand Lyon (depuis le sommetde la tour du Crédit Lyonnais www.grand-lyon.com l'état du trafic dans de nombreuses localités (30 caméras couvrent les points névralgiques de virginie : www.erols.com/tvn/tvn3.html ) ou ce qui se passe dans les cuisines du restaurant japonais de San Francisco où vous avez réservé pour la semaine prochaine ( www.kpix.com/xtra/live/html )

Vous pouvez également suivre l'avancement de votre propre chantier à l'autre bout du monde : ces applications devraient se développer avec le "haut débit", tant pour le fixe que pour le téléphone mobile (norme UMTS)

1.2.1.1.4 voir à distance en trois dimensions : un atout pour le tourisme, l'immobilier ou les catalogues

La technologie Ipix www.ipix.com (démonstration disponible en ligne)ou Quick Time http://www.apple.com/quicktime vous offre la possibilité de faire visiter à distance votre maison à vendre (voir immo by tel http://www.immo-by-tel.com ), le lieu de villégiature que vous proposez, ou la voiture dont vous rêvez... où le porte avion Charles de Gaulle

Plus puissant encore BeHere www.behere.com propose la vidéo en 360° : tout en regardant la vidéo il devient possible pour l'internaute de faire pivoter la caméra afin de la pointer dans n'importe quelle direction et de zoomer sur les détails qui l'intéresse (pendant une descente de ski il est possible de retourner la caméra pour regarder les concurrents derrière...)

Il est également possible de créer des univers virtuels en 3D utilisable tant pour les jeux en ligne que pour les catalogues de produits comme l'ameublement (Cryo Networks www.cryonetworks.com avec la technologie Scol par exemple). ils permettent également de créer des univers virtuels vous offrant des magasins adaptés à vos gouts. Ce sont en outre des technologie parfaitement adaptés pour la création de maquettes architecturales visitables

L'utilisation des univers virtuels et des "avatars" (le personnage virtuel dans lequel l'internaute se projette) créés au départ pour les jeux avec le commerce et avec l'enseignement offre de nouveaux horizons à la créativité

Parmi la cinquantaine de sociétés présentes sur ce créneau voir en particulier Metacreation www.metacreations.com avec Canona, Cybelius www.cybelius.com , Avatarme www.avatarme.com , Merlin 3d de Digital Immersion www.digital-immersion.com , Houdini de Side Effects www.sidefx.com , ...

1.2.1.1.5 Des Forums, des espaces pour bavarder,

Les forums de discussions (Newsgroup) les listes de diffusion (mailing list) et les espaces de bavardage (chatrooms), permettent des échanges de toutes nature entre les internautes, des plus frivoles au plus professionnels): ils se comptent aujourd'hui par dizaine de milliers

Les " chatrooms " peuvent servir de " salle de réunion virtuelle " les échanges par le protocole IRC se faisant en temps réel (mirc : www.mirc.com) le "chatter" d'America OnLine comptait 61 millions d'utilisateurs en aout 2000.

1.2.1.1.6 Un outil aussi de communication entre les machines: à l'usine comme à la maison (domotique)

De nombreux appareils, équipés de microprocesseurs deviennent grâce au protocole de l'Internet (IP) capables de communiquer entre eux: IP est en quelque sorte l'espéranto des machines intelligentes

Michael Dell pense qu'en 2001 il y aura 2 milliards d'objets connectés dont seulement le tiers d'ordinateurs et les américains parlent de "l'Evernet" pour "Internet Everywhere", ce que l'on pourrait traduire par le "tout internet"

Machines outils à commande numérique: aux USA de plus en plus d'industriels connectent leurs machines à l'Internet: cela leur permet de programmer, d'exécuter et de contrôler les travaux, de réparer à distance ou de faire appel pour ce faire à des prestataires extérieurs

Distributeur de boisson qui peut demander en fonction de ses stocks, de l'heure et de la température à être réapprovisionné... : Coca Cola annoncé en mai 2000 sa décision d'investir 100M$dans 500.000 distributeurs reliés à Internet

JC Decaux a connecté ses panneaux afin d'en améliorer la maintenance et d'optimiser l'affichage des publicités. "grace à notre système de pilotage à distance, nous pouvons afficher le texte d'une annonce en japonais pour les panneaux qui se trouvent dans une salle ou embarquent des passager pour Japan Airline"

mais aussi dans la domotique

le réfrigérateur, d'après les enquêtes un des lieux centraux du logis, il lit les étiquettes des produits, gère les stocks, passe les commandes au magasin et vous propose des menus optimisés en fonction des dates de péremption

il vous alerte en cas de dysfonctionnement.

Commandé à la voix ou par le doigt ("pas de souris à la cuisine"...) il va chercher les recettes (avec démo) dont vous avez besoin (avec sa connexion à large bande, temps d'affichage 100 millisecondes).

Son écran remplace le "petit calepin de la cuisine"(avec caméra et micro les messages peuvent être en vidéo).

Il peut bien évidemment être consulté à distance (screenfridge Electrolux)

la machine à laver Marguerite 2000 (1200$) qui signale ses pannes au service après-vente, le four qui va sur Internet chercher le cycle optimal pour la cuisson (Merloni-Ariston http://www.merloni.com/ita/digitale.htm: objectif, 30% des ventes à 5 ans)

et les WC qui vous pèsent et procèdent aux analyses permettant d'établir votre bilan de santé en temps quasi réel grâce à une connexion avec l'hôpital et vous propose les menus les plus appropriés (Matsushita Tokyo), prenant ainsi en défaut Microsoft qui avait fait afficher dans les toilettes de l'entreprise "le seul endroit ou Internet ne vous servira à rien"

certains font même remarquer qu'avec le téléphone lecteur de code-barre, la boite de conserve devient un objet communiquant

C'est l'ensemble des appareils électroménager qui pourront ainsi être mis en réseau, assurant ainsi des fonctions de sécurité, d'alerte, de télémaintenance, de régulation, d'optimisation de consommation énergétique, de gestion

En Suède Electrolux et Ericsson se sont associés dans e-to Home www.e2-home.com pour développer les normes de communication entre ces appareils dont l'interconnexion sera assurée par les fils électriques. En juillet 2000 Nokia et Whirpool annonçaient de leur côté leur alliance

14 entreprises américaines viennent de signer un accord de partenariat stratégique pour développer le rôle d'Internet dans la vie quotidienne. On trouve, parmi ces entreprises, aussi bien des poids-lourds des nouvelles technologies (3Com, Cisco, Motorola, Sun...) que des spécialistes de la grande distribution. Le but de cette Internet Home Alliance est de créer et d'imposer un nouveau standard de communication entre tous les appareils domestiques

La domotique qui avait soulevé beaucoup d'espoirs avant de retomber dans l'oubli va-t-elle maintenant décoller? Si oui quelles conséquences sur le "modèle économique" (vente de machines ou vente de services: le "kg de linge lavé"?). Quelles conséquences pour l'ensemble du circuit de distribution/maintenance composé de nombreuses PME?

1.2.1.1.7 La Radio et la télévision sur internet

L'augmentation des débits disponibles et l'amélioration des technologies de compression permet à de nombreuses radios d'émettre sur l'Internet et l'on entrevoit l'arrivée de télévisions à la demande

"avec Internet vous pouvez écouter la radio tout en payant le téléphone"

Déjà aujourd'hui, avec une résolution certes modeste on peut accéder avec Realvideo à certaines émissions (Canal Atelier de Bnp-Paribas www.canal-atelier.com , Cyperus www.cyperus.com , CanalWeb www.canalweb.net ,...) ou téléparticiper à des congrès (Il vous était loisible de suivre en direct la Conférence de Kyoto sur l'effet de serre, et poser vos questions aux orateurs www.cop3.or.jp)

EUnet Multimedia Network Service en s'appuyant sur 8 serveurs relais qui lui permettent de contrôler la qualité de bout en bout offre déjà le multimédia en direct. C'est le moment de prendre les places pour être prêt pour l'arrivée de la large bande (ATT www.att.com, @home www.athome.net ,...)

1.2.1.1.8 Et de nouveaux outils se préparent à sortir des laboratoires: goût, odorat, toucher, vision 3D

Avec gants et casque la communication (virtual technologie : www.virtex.com, alioscopie www.micronet.fr/~emuller/FRAMES/Alioframe.html) peut également concerner le toucher ainsi que la vision et l'audition tridimensionnelle (Qsound : www.qsound.ca) .

Alpha Mos http://www.alpha-mos.com de Jean-Christophe Mifsud, vient de lever 43 MF sur le Nouveau Marché à Paris pour numériser l'odorat et le goût : en mars 2000 elle a présenté la langue électronique.

En Californie Digiscent http://www.digiscent.com et http://www.stanford.edu/~demian23/captology/DOPE développe un procédé permettant de créer des odeur par ordinateur, de les diffuser via Internet et de les synthétiser chez le destinateur avec un petit boitier, iSmell équipé de cartouches d'odeurs de base

Cambridge Display Technology, E-Ink http://www.eink.com , IBM, Kodak travaillent sur les écran souples en plastique permettant par exemple une plus large diffusion du "livre électronique" (e-book) et l'intégration dans l'habillement

IBM de son côté développe dans ses laboratoires un écran intégré dans le verre d'une lunette

Signalons enfin FEELit espèce de souris tactile produite par la société "Immersion" www.immersion.com ou iFeel de Logitech www.logitech.com y rajoute la capacité de sentir la texture de l'objet affichée sur l'écran (on imagine les applications pour le commerce électronique, notamment là où le toucher est important, comme pour les textiles)

La réalité virtuelle permet aux grandes entreprises comme Renault ou les concepteurs d'installations complexes (CEA,Valmet, Bechtel,...) de faire l'économie des maquettes et ainsi de pouvoir étudier davantage de variantes et de raccourcir le délai nécessaire pour concevoir une voiture. Ces "reality centers" avec salle de projection "immersives" sont relativement onéreuses (7MF pour Renault) mais vite amorties (une maquette coute 1MF). Mais ces technologies ne sont pas l'apanage des grands groupes:l

Opiocolor www.opiocolor.com PME installée à Opio près de Nice, fabricant des mosaïques en pâtes de verre pour fonds de piscines, salles de bain ou façades, reproduit dessins peinture ou photos que souhaite son client:

Depuis 1997, grâce à virtual Mosaïc, un logiciel relié à un casque de réalité virtuelle il permet au client de visualiser immédiatement le résultat final et d'apporter les retouches souhaitées.

Le fichier numérique est alors transmis à l'usine via internet, processus qui a conduit à ramener le délai de conception-fabrication de 3 mois à 10 jours.

L'entreprise dont on pouvait craindre la disparition face à la concurrence italienne espagnole et chinoise compte maintenant 40 personnes et a ouvert des filiales à Hong Kong et Dubaï

Enfin de nombreux laboratoires travaillent à la convergence de tous les "portables" vers un outil intégré combinant les fonctionnalités de chacun (téléphone, organiseur, pager, balladeur, microordinateur, e-book, localisation GPS, terminal de paiement électronique,... voir page 153)

Ce type de services, gourmands en capacité de transmission, et de ce fait encore peu répandus devraient connaître un très fort développement avec les gigantesques investissements dans les fibres optiques, la mise en place de constellations de satellites en orbite basse l'utilisation par Internet des réseaux câblés, l'utilisation des transmissions par voie hertzienne, les nouvelles normes permettant le haut débit pour les mobiles (UMTS), l'utilisation des réseaux électriques permettant de hauts débits5(*), le développement d'algorithmes de compression et l'arrivée à maturité d'une nouvelle technologie (ADSL www.adsl.com puis le VDSL) permettant une multiplication par plus de 100 puis par plus de 1000 de la capacité des paires de cuivre des lignes téléphoniques traditionnelles voir page 145

1.2.1.1.9 Trouver des informations parmi des centaines de millions de documents

Internet est en passe de devenir le premier réflexe dans un processus de recherche d'information

1.2.1.1.10 Les annuaires et moteurs de recherche

On estime actuellement le nombre de documents publiées par les entreprises, les chercheurs, les institutions ou les particuliers à 2,1 milliard (étude Cyveillance du 19/7/2000) dont 1,5 Milliards accessibles par le Web et s'accroissent de 7 millions par jour dont 85% par des Américains!:

S'il est aisé de trouver un document dont vous connaissez l'adresse et, en suivant les "liens", de naviguer d'un document à l'autre à la recherche d'information, ce type de "navigation" au hasard sur le Web trouve rapidement ses limites:

une des innovations majeures qui ont concouru au développement du Web sont les "Moteur de Recherche" et les annuaires

Ces outils informatiques puissants et conviviaux, permettent de trier parmi cette masse d'information considérable et il n'est pas exclu de trouver une aiguille dans une botte de foin parmi le millard de documents qu'ils analysent et indexent

Les recherches se font

Des "métamoteurs" font travailler en parallèle plusieurs moteurs et font une synthèse des résultats

Des "portails" (comme Yahoo!) associent annuaire, moteur de recherche (ils sous-traitent souvent le moteur à des entreprises comme Inktomi) et offre de nombreux services

Par ailleurs les logiciels de traduction automatique, quoique encore perfectibles (on devrait plutôt parler d'outils de compréhension voir page 22), permettent de ne pas limiter sa recherche aux sites dont on comprend la langue

Ces moteurs sont utilisés plusieurs centaines de millions de fois par jour (RelevantKnowledge, oct 98)

Les plus visités sont de la catégorie "portail" ont pour nom Yahoo! www.yahoo.com, Excite www.excite.com, Infoseek www.infoseek.com, Lycos www.lycos.com, HotBot www.hotbot.com ou Alta Vista www.altavista.com,

Dans la catégorie "métamoteurs Parmi les plus connus : MetaCrawler www.metacrawler.com Mega Francité http://mega.francite.com, SavvySearch www.savvysearch.com, Fast Search www.alltheweb.com et surtout Google http://google.com qui référence plus d'un milliard de pages

Pour les moteurs francophones citons, outre les déclinaisons spécialisées des moteurs américains, Voilà www.voilà.fr ou Lokace www.lokace.fr,),

d'autres moteurs plus spécialisés, prenant acte du fait que les moteurs généralistes ont du mal à suivre l'explosion du nombre de sites et n'en référencent plus qu'une partie, permettent de meilleurs résultats dans certains domaines

La recherche d'adresses avec Voilà www.adressemail.voilà.fr Yahoo! Annuaires http://fr.people.yahoo.com Lycos WhoWhere http://french.whowhere.lycos.com,

La recherche d'emploi Keljob.com www.keljob.com

La recherche de logiciels avec Filez.com www.filez.com,

La gastronomie avec Gourmetsecker www.gourmetsecker.com  , EatinParis www.eatinparis.com

Le monde agricole Web-agri http://www.Web-agri.com

Ou une région Click'in! Auvergne http://clickin.gdebussac.fr , Nantes www.cybernantes.com ,la façade atlantique www.alouest.net , Breizhoo www.breizhoo.com pour la Bretagne

Certains moteurs permettent également de rechercher de la musique http://mp3search.lycos.com , voire même des image ou vidéo avec Media Finder http://image.altavista.com ou www.compaq.com/speechbot

L'Inria a développé Surfimage qui permet de retrouver les images qui " ressemblent " le plus au modèle proposé www-rocq.inria.fr/cgi-bin/imedia/surfimage.cgi qui sera développé par la start-up Elucid Technologie

Ya-Hooka www.yahooka.com est spécialisé dans le cannabis (le Monde 16/5/00)

pour un panorama complet et à jour sur les moteurs, avec banc d'essai, classement par catégorie,... voir www.abondance.com, www.searchengines.net, www.beaucoup.com, www.search.com, http://searchenginewatch.com

de logiciels spécialisés dans l' intelligence économique compétitive permettent, comme nous le verrons plus loin, des recherches beaucoup plus élaborées voir page 114

1.2.1.1.11 La recherche à travers les newsgroup

Par ailleurs il ne faut pas oublier que les newsgroup sont une source de compétences immense pour vous aider dans votre quête :

Deja News www.dejanews.com vous permet de repérer les newsgroup traitant du sujet qui vous intéresse et les internautes qui se sont exprimé dessus

Reference www.reference.com cherche également dans les listes de diffusion

Citons également Voilà News www.news.voilà.fr et AltaVista www.altavista.com (section usenet)

Une fois un internaute identifié vous pouvez connaître la totalité des ses contributions dans les forums (fonction "author posting history" de Deja News et fonctions équivalentes pour les autres)

1.2.1.1.12 La recherche dans les banques de données

L'exploitation des banques de données est maintenant également techniquement possible: des passerelles logicielles permettent d'utiliser l'existant sans surcoûts importants (ce qui ne signifie pas bien entendu que les propriétaires de banques de données permettront pour autant un accès gratuit...)

Lexis-Nexis (filiale de Reed-Elsevier) dispose sur son site de 1,8 Milliards de documents, est le dernier grand site à basculer l'ensemble de ses bases sur le web, depuis trois ans tous ont suivi cette voie afin d'être en mesure de délivrer automatiquement l'information pertinente en fonction des profils d'intérêt des clients (rapport annuel de l'Aftel)

Avec le nouveau standard XML les messages intégreront une description de la structure de la base, permettant ainsi un accès direct aux informations

1.2.1.1.13 La reconnaissance vocale

La reconnaissance vocale qui a fait des progrès considérables permet de dicter directement les e-mails ou des rapports (c'est le cas d'ailleurs du présent rapport)

Elle s'impose pour des raisons d'ergonomie pour les usages nomades et pour des raisons de sécurité pour les utilisations par un conducteur

Un nouveau standard est en cours d'élaboration VoiceXML pour la navigation vocale

Les leaders sont Via Voice www.software.ibm.com/speech et Lernout&Hauspie www.lhs.com qui vient de prendre le contrôle de Dragon Dictate, www.dragonsys.com (capitalisation: 6,2 Milliards de dollars) et de Elan Informatique, www.elan.fr l'entreprise Toulousaine qui détenait le leadership de la synthèse vocale. L&H va par ailleurs lancer un moteur de recherche vocal

Nuances www.nuance.com , système multilocuteur de reconnaissance permet de prendre les ordres de bourse par téléphone www.voxml.com

Pour un panorama général de ces technologies: www.speachcentral.com et www.voicerecognition.com

Vous pouvez même envoyer un e-mail à un téléphone mobile par numéro@sms.itineris.tm.fr

"de deux choses l'une, ou bien la banalisation des téléphones cellulaires génère un immense marché pour les cure-dents, ou ce sont les technologies vocales qui vont s'imposer" Jo Lernout

1.2.1.1.14 La traduction automatique

Signalons également le développement de logiciels de traduction automatique : même si l'on ne peut, dans l'état de l'art actuel, attendre d'eux des traductions de qualité (il n'est que de se souvenir des gorges chaudes qu'avait provoquée la traduction du rapport Star), par contre on obtient des traductions acceptables de textes techniques simples et l'on dispose d'assez d'éléments sur les autres pour en avoir une compréhension grossière et ne faire traduire que les textes qui en valent véritablement la peine (économie de 70 à 90 % des traductions)

C'est un domaine où la France est bien placée avec un des leaders du secteur Systran www.systransoft.com qui est utilisable gratuitement à travers la fonction babelfish du moteur Alta Vista www.altavista.com .(1 million de traductions par jour) notons également le québécois www.alis.com

NEC lance un nouveau système de traduction en 8 langues dont le Japonais, le coréen et le chinois

1.2.1.1.15 La reconnaissance de l'écriture manuscrite

Déjà le palm permet une première forme de reconnaissance lettre par lettre avec sa tablette mais des logiciels comme REMUS permet à la fois d'identifier celui qui écrit et de reconnaitre les mots. Il peut être utilisé également pour aider les enfants à apprendre à écrire http://www-eph.int-evry.fr

1.2.1.1.16 L'exploitation des flux d'information

D'autres informations peuvent être exploitées: connexions à votre serveur, analyse des "cookies"

Les cookies sont des Informations rassemblées à l'insu du client sur son identité et, à travers ses requêtes, sur ses centres d'intérêt. ceux-ci sont enregistrés sur son disque dur par le serveur qu'il consulte : les navigateurs comme Netscape permettent de créer jusqu'à 300 cookies de 4 Ko (20 cookies maximum par serveur).

Les Brownies, plus intrusifs envoie en permanence à un serveur des informations sur toutes les activités de l'internaute : ils sont souvent chargés avec un petit utilitaire téléchargeable qui rend des services (Comet ° avec ses Curseurs, Alexa avec ses aides à la navigation,...

Spécifications disponibles à : http://developer.netscape.com:80/viewsource/archive/goodman_cookies.html

Des scanners ou sniffers permettent en outre par l'analyse des requêtes émises sur le réseau, de suivre l'activité d'autres acteurs du net: c'est un puissant outil d'intelligence économique dont l'usage est à la limite de la déontologie mais qu'il vaut mieux connaître pour savoir en tenir compte

1.2.1.2 Se procurer des produits et services sur le web

1.2.1.2.1 Le téléchargement de programmes informatiques, de données, d'images, de sons, de vidéo... :

C'est une des pratiques les plus courantes: d'innombrables logiciels, jeux ou morceaux de musique, gratuits ou payants peuvent être directement téléchargés du web vers votre ordinateur

Le 1er octobre 1997 1 million de personnes ont téléchargé le nouveau navigateur Explorer 4 de Microsoft et en 3 jours les internautes ont téléchargé 2,7 milliards de pages du rapport Starr

En ce qui concerne la musique, grâce au format MP3 offrant une qualité "CD" pour un volume très limité, des entreprises comme Napster qui offre la possibilité d'échanges entre particuliers comptait déjà plus de 20 millions d'utilisateur après un an d'activité avec 200.000 téléchargements journaliers

1.2.1.2.2 Faire ses courses sur internet, des magasins ouverts 24/7

Voyage, Voiture, locomotive, actions, contrat d'assurance, centrales nucléaires, chaussure d'occasion vendue aux enchères: on peut tout acheter sur internet: nous verrons cela plus en détail dans les chapitres suivants

Un gros avantage: une disponibilité 24h sur 24, et 7 jours sur 7, ce que les anglosaxons dans leur style compact appellent le 24/7

1.2.1.2.3 Accomplir les formalités administratives

De plus en plus d'administrations nationales ou locales offrent la possibilité non seulement d'accéder à l'information mais aussi de payer ses impots et d'accomplir les innombrables formalités administratives qui nous incombent(cela devrait être particulièrement précieux pour notre Pays que l'OCDE a classé début 2000 en tête des 20 pays membres sur ce plan)

Pour l'anecdote mentionnons en Angleterre le "Pack Divorce", mis en place fin 99, en liaison avec la Chancellerie par le cabinet d'avocat en ligne Desktop Lawyer www.desktop-lawyer.co.uk et qui permet en cas de consentement mutuel de divorcer pour 59 £. Par contre le tribunal du Caire a jugé irrecevable une notification de répudiation envoyée par Internet (le Monde du 6/6/2000)

1.2.1.3 Publier de l'information accessible du monde entier

L'Internet permet à des associations, des PME ou même des individus avec des moyens (financiers) limités, d'avoir une présence significative au niveau mondial. Pour le meilleur comme pour le pire

La guerre du Kosovo outre les attaques des sites de l'OTAN par les Serbes , l'inscription de graffitis vengeurs par les Chinois sur le site de la Maison blanche ou les attaques par la CIA sur les comptes bancaires des dirigeants serbes, montre la puissance qu'a acquise ce moyen de communication. Celui-ci a permis en outre à de simples citoyens de diffuser au monde entier des informations qui ne sont pas sans importance géopolitique, il s'est révélé en outre un outil extrêmement précieux pour le regroupement des familles dispersées par le conflit et la collecte de fonds par la Croix Rouge (170.000F).

Rappelons également que l'affaire Lewinsky a été révélée par le journaliste indépendant Matt Drudge et son Webzine d'information Drudge Report www.drudgereport.com (qui diffuse de l'information "vraie à 80%) avec les conséquences que l'on sait, alors que la presse sérieuse avait décidé de ne pas traiter l'affaire

Inversement Salon un magazine exclusivement diffusé sur le web www.salonmagazine.com a fait fortune (6M$ de revenus publicitaires en 1997) en prenant la défense du président...en livrant des révélations croustillantes sur ses adversaires

Dans le domaine du commerce électronique, il offre à l'entreprise la possibilité de publier de l'informations sur l'entreprise et ses produits, de pratiquer la vente en ligne et le paiement en ligne et à l'inverse la recherche de fournisseurs ou de partenaires nouveaux.

L'amélioration considérable de la performance des logiciels de reconnaissance optique (OCR) permet de reprendre les documents d'archives pour les rendre disponibles sur Internet.

Il est également possible de publier les d'appels d'offres, d'expédier les bons de commande, les factures, et les règlements,...d'interconnecter les systèmes informatiques des partenaires commerciaux et de faciliter ainsi les échanges inter-entreprises (Business to Business ou B to B ou B2B par opposition à la vente au grand public : B to C ou B2C (Business to consumer) ou le " commerce " avec les administrations : B to A. ou B2A).

Notons également la possibilité "d'affichage publicitaire" sur des sites web

1.2.1.4 Travailler ensemble malgré les distances

1.2.1.4.1 Partager des documents

Cela est particulièrement important quand les équipes sont géographiquement: (transmission de documents, plans, documents techniques, fichiers CAO), mais aussi tout simplement quand il est nécessaire aux membres de l'équipe de travailler sur les mêmes documents.

C'est notamment le cas de la conduite de projet inter ou intra-entreprises (groupware): n'oublions pas qu'en économie les distances se mesurent en secondes et en euros plus qu'en Km.

1.2.1.4.2 Mettre en commun et partager des moyens de calcul, les réseaux de PC, le Peer to Peer (P to P)

Internet permet de faire travailler des ordinateurs en réseau, permettant, par exemple en mobilisant un très grand nombre de micro-ordinateurs pendant des périodes où ils sont inutilisés de disposer de gigantesques moyens de calcul

Cette technique, est par exemple utilisée par les chercheurs pour les mathématiques (distributed.net avec 200.000 PC), la physique des particules, la recherche sur le génome ou la climatologie, mais aussi pour "casser" des clés de cryptage

Elle est née au départ du projet SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence, mai 1999) nécessitant l'analyse des ondes radio reçues par l'antenne géante d'Arecibo afin d'y détecter d'éventuelles émissions radioélectriques provenant d'une intelligence extraterrestre: aujourd'hui 3 millions de PC y sont connectés représentant une puissance supérieure au plus gros ordinateur actuel,

Guy Wormser CNRS, coordinateur du programme européen de mise en réseau Datagrid http://grid-france.in2p3.fr considère que l'on peut mettre en réseau sans difficulté 10.000 ordinateurs: la limitation actuelle est celle des débits de nos réseaux de transmission mais ce handicap devrait être progressivement levé : voir page 145

Groove créé par Ray Ozzie, concepteur de Notes, permet ainsi de créer des espaces de travail virtuels permettant de partager applications, images, voix, données et fichiers de tous types sans serveur central

Les PME pourront également tirer partie de cette technologie en disposant ainsi (pour des calculs de pièce par éléments finis par exemple) de moyens de calcul autrement inaccessibles. L'achat de capacité de calcul pouvant se faire comme aujourd'hui pour l'électricité.

Les Centres techniques pourraient jouer un rôle de catalyseurs dans ce domaine voir page 231

Ces techniques de mise en réseau permettent également de définir des architectures revenant aux sources de l'Internet ou chaque PC est également un serveur: c'est le Peer to Peer (P to P), ou les applications sont totalement distribuées et ou les recherches d'information se font directement sur les disques durs des PC connectés (moteur InfraSearch)

Gnutella, première technologie totalement P to P diffusée à grande échelle, est née en mars 2000. Elle est issue des équipes de Nullsoft et elle s'est immédiatement diffusée à des centaines de milliers d'internautes échappant à tout contrôle d'AOL qui avait entre-temps racheté l'entreprise (et qui négociait sa fusion avec Time Warner...)

Depuis d'autres programmes ont vu le jour sur ce modèle: Freenet , Gnotella, Napigator, Mojo Nation, OpenNap,...

Cette nouvelle génération technologique qui fait son apparition en 2000 n'est pas sans poser de nouvelles questions auxquelles peu de personnes peuvent aujourd'hui répondre:

quelques "visionnaires" de la Silicon Valley, comme Kevin Kelly (cofondateur de Wired) considère que cette technologie porte en germe une nouvelle mutation économique et, en Août 2000, une centaine d'entreprises, dont IBM et Hewlet Packard, ont fondé de "P to P working group" pour exploiter les potentialités de ces nouvelles architectures distribuées

1.2.1.4.3 Partager des moyens de stockage de données

Le nombre considérable de données qu'il est nécessaire de conserver (avec le niveau de sécurité voulue) conduit également au partage de moyens de stockage dans des "entrepôts de données" (Data Warehouses)

Des entreprises se sont lancées sur ce créneau particulièrement porteur et bien que peu connues du grand public atteingnent des tailles gigantesques : EMC http://www.emc.com (74milliards de dollars de capitalisation, soit plus que Boeing ou Motorola) ou Network Appliance (30 milliards de dollars de capitalisation)

1.2.1.5 Surveiller et agir à distance: télésurveiller et téléopérer

Télésurveillance, télémaintenance, télédiagnostics, télémédecine, téléopérations, télétravail...ouvrent de nouveaux horizons à l'organisation du travail.

Le protocole TELNET ouvre la possibilité de prendre les commandes à distance d'un autre ordinateur (via internet) et de pouvoir disposer ainsi de ses moyens de calcul, de ses programmes, et de sa mémoire.

La station astronomique de Nassau http://astrwww.astr.cwru.edu/nassau/nassau.html connecte son téléscope à Internet permettant aux internautes du monde entier, à certaines heures, de commander à distance l'instrument et de télécharger les images (mise en service prévue cette année)

Lors de la manifestation Inet2000 à Yokohama le professeur Mark Ellisman pilotait son microscope électronique de son laboratoire de San Diego. L'objectif dans ce cas est de permettre l'accès à des équipes de recherche de matériels très onéreux et sous-utilisés

1.2.1.6 L'arrivée du haut débit et de l'accès internet nomade

2000 est l'année qui voit un début de concrétisation des mutations vers les hauts débits, grace à de multiples technologies ( voir page 145) et vers les acces nomades ( voir page 153) qui vont entrainer en 2 ou 3 ans une mutation aussi importante que celles que nous avons connu en passant de la radio crachottante à la TV couleur de haute définition.

Bien entendu cela aura une influence forte sur les usages (type de sites, type de logiciels, usage de la vidéo, interactivité, télétravail, interconnection des bureaux d'étude, ...) et les pays qui sauront disposer avant les autres d'infrastructures à haut débit offriront à leurs entreprises un avantage compétitif déterminant

1.3 Un développement explosif: une "Hot-Technologie"

1.3.1.1 Dans tous les pays développés une croissance exponentielle: les "dog years"

Il est bien entendu difficile de donner des chiffres sûrs pour les données caractérisant Internet, principalement pour les raisons suivantes :

A tel point que certains parlent de "dog years", année de chien : une année réelle en contient sept

Ce mouvement a connu une nouvelle accélération avec la baisse des prix des télécommunications (suite au développement de la concurrence) et l'internet gratuit :

L'accès gratuit ne concerne pas que les internautes: dès juillet 1999, 28% des PME Anglaises l'utilisaient (17% en France)

Le provider Freeserve www.freeserve.com , filiale de Dixons, www.dixons.com à lui seul, annonce avoir atteint en 2 mois le nombre d'internautes (100.000) que Wanadoo www.wanadoo.com avait conquis dans ses 2 premières années d'activité, (en août 1999 il atteignait 1,75 millions de client et son introduction en bourse le valorisait à 3,5 milliards de dollars)j

En Grande Bretagne, selon les analystes déjà 40% des internautes profitent aujourd'hui de la gratuité proposée par plus de 250 fournisseurs d'accès (début 2000), et X-Stream, www.x-stream.com qui a déjà 250.000 clients suivi par Tempo avec screaming.net www.screaming.net offrent même la gratuité des communications téléphoniques en heure creuse . la plupart offrent également adresses e-mail et hébergement de site web personnel

En France au mois de juin 1999, quelques mois seulement après la première initiative on comptait déjà en France près d'une dizaine de fournisseurs d'accès gratuits (Liberty Surf, www.libertysurf.com partenaire de Darty affiche 130 000 clients, Free www.free.com 100 000, World Online www.worldonline.com 70 000, Freesurf www2.ida.net/freesurf 60 000, Fnac.net www.fnac.net 40 000, VNU.net webserv.vnunet.com 20 000, Lokace www.lokace.com 20 000 : même s'il serait déraisonnable d'additionner tous ces chiffres l'ampleur du mouvement est impressionnant ...

En juin 2000, d'après MédiaMetrix, Free recevait plus de visites queAOL, Microsoft, MSN, Voilà ou Club-Internet!

De nouveaux apparaissent chaque jour :

Freesbee www.freesbee.fr de None Networks (qui a démarré avec un premier tour de table de 163MF), a acheté des minutes en gros et facture les communications au prix de détail de France Télécom empochant ainsi une marge substantielles (le montant en est évidemment secret mais Netsurf rappelle qu'aux USA elles sont de l'ordre de 25%): ce modèle n'est pas sans rappeler celui du kiosque...

Mieux que gratuit le groupe Serveur www.accesinternet.com rémunère 1F de l'heure l'internaute dépassant les 35h par mois de connexion car ses revenus proviennent de la publicité et sont conditionnés par le nombre de pages vues

En plaçant la barre toujours plus haut Free4u.fr www.free4u.fr offre la moitié de son capital à ses premiers abonnés et revendique pour son lancement en Allemagne 40.000 utilisateurs au bout de 3 semaines)

Toutes ces surenchères conduisent évidemment parfois les provider, dépassés par les réponses des internautes à ces produits d'appel à ne pouvoir faire face au "succès" (Alta Vista et Ezesurf en Grande Bretagne, World OnLine, OneTelNet, Free ADSL,... http://adim.asso.fr/articles/296.html

Offrir un accès gratuit à ses clients, permet de se mettre en position de mieux les connaître et de pouvoir leur faire des propositions commerciales susceptibles de retenir leur attention : c'est le cas de Dell et de Gateway

Ce nouveau créneau conduit certaines entreprises à vendre de "l'internet gratuit clef en main": c'est le cas de Internet Telecom (maintenant Eircom.net www.eircom.net/ voir page 82

Ceci a obligé les fournisseurs traditionnels à revoir en profondeur leur politique tarifaire (forfaits tout compris) en y incluant les couts de télécommunication

Pour une vue d'ensemble à jour: www.journaldunet.com , www.internetgratuit.com ou www.benchmark.fr

La qualité des services fournis pourra d'ailleurs être comparée aux sites payant grâce au benchmarking permanent effectué par le club des webmestres francophones www.ovh.net/fa/0.html

Aujourd'hui par exemple dans les pays avancés il est fréquent que chaque membre de la famille dispose de son ordinateur et on commence à voir apparaître une mise en réseaux locaux par une boucle Ethernet (en utilisant par exemple comme support le cablage électrique du logement)

BVRP Software www.bvrp.com lance "Internet Family" qui permet pour moins de 1000F d'installer en quelques minutes un réseau (intranet) permettant de n'avoir qu'un seul accès internet (et donner aux parents la possibilité de superviser les accès) de jouer en réseau et d'avoir des banques de données ou de logiciels accessibles à partir de chacun des ordinateurs de la famille

L'écart est encore plus frappant dans le commerce électronique selon que l'on compte les paiements électroniques ou les décisions d'achat conclues à travers le Web et que l'on intègre ou non l'EDI : il est alors de plusieurs ordres de grandeur! (aux USA il ne s'achète en 2000 que 3% de voitures en ligne mais d'après le cabinet JD Power 40% des clients ont utilisé internet dans le processus d'achat. il en va de même dans le domaine de la santé voir page 62)

Le rapport annuel de l'AFTEL ( www.aftel.fr) "internet : Les enjeux pour la France" offre une analyse très fouillée sur ce sujet

Les chiffres ci-après sont donc donnés à titre d'ordre de grandeur et l'on gardera présent à l'esprit que d'autres sources peuvent fournir des chiffres sensiblement différents, "78,3% de statistiques sont fausses" assurait un économiste, gageons que pour l'Internet, le chiffre est encore supérieur

Mais tous concordent quant à la rapidité de l'évolution et au classement des pays relatif à leur niveau d'usage de ces technologies.

Principales sources utilisées pour ce rapport qui vous permettront, si ce document n'est entre vos main qu'au delà de 2001 de mettre à jour les données ci-après

Mediamétrie www.mediametrie.fr, Médiangle www.mediangle.fr, Net Value www.netvalue.com Afa (association française des fournisseurs d'accès) www.afa.fr , e-business Forum www.ebusinessforum.com NUA : http://nua.ie/survey ou www.nua.ie/Surveys, GFK www.gfk.cube.net, FIND/SVP www.findsvp.com, Intelliquest: www..intelliquest.com ), Netcraft, www.netcraft.com/survey, source Network wizards www.nw.com/zone/WWW/top.html , datamonitor - www.datamonitor.com , Strategie Internet www.strategie-internet.com , Matrix Information Service www.mids.org Forrester www.forrester.com, ZDNet www.zdnet.fr ,idc Research www.idcresearch.com www.idc.fr et www.idc.com, www.3.nikeibp.co.jp, NOP : www.nop.co.uk, Ripe www.ripe.net/statistics et Nic France www.nic.fr/Statistiques,

Comme ce rapport n'a pas été écrit en un jour, il est même vraisemblable que pour des données en évolution rapides, comme la capitalisation des start-up, il y ait des incohérences entre plusieurs chiffres que nous citons : pour ne donner qu' un exemple, Yahoo ! était coté 8 Milliard de dollars quand nous avons commencé cette mise à jour, il en vallait 100 au début de l'année et 40 au moment où ces lignes sont écrites depuis début 2000 son CA a été multiplié par 2, son bénéfice par 4 et sa valeur divisée par 4: combien vaudra-t-il quand vous lirez ces lignes?

Notons que ces mouvements ultrarapides (il n'est pas rare qu'une entreprise cotée plusieurs dizaines de Milliards de Francs perde la moitié de sa valeur en 24h sans raison majeure) ne sont pas propre aux start-up (Apple a ainsi perdu 8 milliards de $ soit la moitié de son capital le 29 sept 2000 et SUN 37 Milliards de dollars dans la matinée du mardi 4 avril,...avant de les regagner l'après midi et le 14 Avril c'est 30% du PIB américain qui s'est "évaporé" sur le Nyse à cause d'une statistique médiocre sur l'inflation):

il faut davantage en rechercher la cause profonde dans le fait que les outils de l'internet ont considérablement accéléré tant la circulation de l'information que la vitesse de prise de décision et d'exécution des ordres ce qui accroit le panurgisme (je décide en fonction de ce que je pense que les autres pensent que je pense...) et les effets de panique associé

"la réalité est que le marché monte, pour la seule raison qu'il monte" Henry Kaufman, pionnier de la prévision financière chez Salomon Brothers

"les excès, à la hausse comme à la baisse s'inscrivent dans la démesurede la rupture technologique en cours" Fabrice Moullé-Berteaux, JP Morgan

...et si de nombreuses entreprises se créent d'autres disparaissent dans ce torrent tumultueux qui déferle sur l'économie mondiale où il n'existe pas de recette pour une vie à l'abri du risque!

La durée de vie moyenne d'une entreprise est tombée aux USA de 13 ans il y a quelques années à 4 ans en 1999 par suite de fusions, rachats, démantèlement, fermeture (William Daley, Secrétaire américain au commerce)

Une statistique de Broadvision montre qu'en 1999 ce n'est pas moins de 6008 entreprise qui ont été rachetées dans ce secteur pour un montant de 1200 Milliards de $

...et Mark Walsh, créateur de Verticalnet www.verticalnet.com entreprise précurseur dans l'organisation des communautés virtuelles de conclure son exposé de présentation par cette citation d'Albert Einstein "il n'y a que 4 ou 5 personnes au monde qui comprennent véritablement ma théorie. Je n'en fais pas partie"

Ces chiffres ne prennent pas en compte les pages personnelles des internautes (home pages un site comme xoom ( www.xoom.com) en héberge à lui seul 4,5 millions, geocities ( www.geocities.com) 2,5 millions et leur équivalent français Multimania ( www.multimania.fr) 40.000

1.3.1.2 Les statistiques cachent plus de choses qu'elles n'en montrent: les "achats Online" ne sont que le sommet de l'iceberg

Ces estimations qui ne prend en compte que les ventes en ligne stricto sensu nous paraîssent très fortement sous estimer l'importance des évolutions en cours puisque Cisco à lui seul déclare avoir réalisé un CA supérieur à 7,9 milliards de dollars sur le WEB en 1999 (65% de son CA), que le courtage en ligne aura représenté 145 Milliards de dollars et que selon Forrester Research 8 % du montant des commandes des grandes entreprises américaines passe par Internet et 7 % par les réseaux "à valeur ajoutée" (soit 300 milliard de dollars).

International Data Corporation - www.idcresearch.com - prévoit de voir passer ce montant à 220 milliards de dollars en 2001, dont 26 en Europe.

Forrester research dont les prévisions sont jusqu'alors chaque année dépassées par la réalité annonce en octobre 1999 un montant de 1.660 Milliards de dollars pour 2003 (108 pour les ventes aux particuliers, 1330 pour les échanges de produits interentreprises et 220 pour les services), sans prendre en compte les 3.000 Milliards de dollars correspondant au courtage en ligne, ni les 200 Milliards de dollars de transactions qui devraient être réalisées sur le seul réseau ANX de l'industrie automobile

En 2000 au niveau mondial nous ne sommes qu'au tout démarrage du commerce électronique (source Forrester)

Pour la France il était évalué à 400MF en 1998 et, avec un taux de croissance de 170% par an, la barre du milliard a été dépassée en 1999 (1,3Milliard) pour une prévision de 60 Milliards de F en 2003 (estimations citées par François Pinault)

(datamonitor - www.datamonitor.com - fournit des chiffres pour l'Europe et www.strategie-internet.com pour la France)

Mais il faut néanmoins se méfier de ces chiffres qui sous-estiment fortement le poids réel que prend internet dans le commerce :

Auto By Tel par exemple, dans la mesure où la voiture n'est pas achetée en ligne, n'est pas pris en compte dans ces chiffres alors qu'il représente à lui seul 3 milliards de$ en 96, 6 milliards en 97, et en prévoyait 8 en 98

Cisco, 7,9 Milliards de dollars de vente sur internet en 1999 (dont 2,1 de bénéfice net) ne vend pratiquement que les pin's et les casquettes avec paiement "en ligne"(Bill Finkelstein séminaire Aftel NY nov 98)

De même pour le commerce interentreprises ces chiffres n'intègrent pas l'EDI qui pourtant bascule rapidement sur le protocole Internet

Le projet ANX www.anxo.com voir page 140 de l'industrie automobile americaine, en cours d'implémentation devrait pourtant représenter à lui seul 100 milliards de dollars de commandes et facturations et la gestion des achats publics, notamment américains, davantage encore (le PEE de Washington estime le montant des transactions par EDI à 850 milliards de Francs en 1998).

"regarder l'influence économique d'internet à travers les statistiques d'achat en ligne, c'est comme vouloir réduire la TV au téléachat" (Hugues Séverac)

On se rend compte en effet que progressivement Internet devient aux USA, dans de nombreux domaines, le véritable marché directeur, le marché de référence : même si l'achat se réalise dans une boutique, le client aura préalablement rassemblé des documents, comparé des offres, jusqu'à dans certains cas finaliser son choix, en consultant l'internet :

Forrester Research prévoit que dans trois ans la moitié des acheteurs d'automobiles auront au moins recherché des informations sur le véhicule sur le web avant de l'acheter

L'étude Starch AOL (août 98) montre que dès aujourd'hui les ¾ des internautes américains vont chercher des informations sur les produits qu'ils envisagent d'acquérir

Cyberdialogue de juillet 98 indique que 1/3 des internautes avaient fait des achats en pharmacie après une recherche d'information sur internet (15.000 sites sont consacrés à la santé...)

Metifax www.mfg-net.com estime que 42% des industriels prennent leur décision d'achat de machines outils sur internet (étude Atelier BNP-Paribas sur la machine outil, juillet 1999

1.3.1.3 Erreur que de croire qu'il y a d'un côté la net-économie et d'un autre l'ancienne: les Click & Mortar

Ce serait une grave erreur de considérer que Internet et vente dans les boutiques traditionnelles sont deux mondes indépendants qui peuvent se borner à s'ignorer ou à se combattre.

Dans de nombreux cas la recherche d'une symbiose peut se révéler mutuellement très profitable : le site prépare la vente et la prolonge

Autre synergie possible, particulièrement développée au Japon, l'utilisation de la boutique pour la livraison, règlant ainsi le difficile problème de la logistique "capillaire" jusqu'au domicile du client. Le problème du paiement est alors de ce fait automatiquement résolu

Au Japon il y a 30.000 "Combini" (seven-eleven, lawson,) . Tout japonnais vivant en milieu urbanisé est à moins de 10 minutes d'un tel magasin ouverts quasi jour et nuit. Il peut passer commande depuis chez lui, depuis son téléphone portable (de plus en plus: 40% visé) ou depuis la boutique

La livraison se fait dans le combini 13% (qui peut lui-même livrer à domicile). Le client prend alors possession de la marchandise et paie au Combini, tant et si bien que les paiements en liquide (9%) dépassent de très loin les paiement par carte (6%)!! (Gilles Etienne, PEE de Tokyo)

Pour stigmatiser ce concept majeur d'une stratégie de symbiose entre commerce électronique (virtuel) et boutiques "en dur" ("Brick & Mortar" en anglais), les américains nomment ces nouveaux commerçants "Click & Mortar" (ou aussi, clin d'oeil aux entreprises créées autour d'une stratégie "tout internet" appelées les "dot.com", car elles ont souvent choisi leur nom de domaine comme marque (amazon.com = amazon-dot-com), ces Click & Mortar sont surnommées les "dot.bam" (bam= Brick & Mortar....)

L'entreprise Grange, http://www.grange.fr créée en 1905 à Saint Symphorien sur Coise fabricant de meubles haut de gamme de style, 80% d'export (dont Bill Gates et la reine d'Angleterre), dote ses 250 distributeurs dans 20 pays (avec boutiques et commerciaux itinérants) du logiciel Caméléon qui permet à ceux-ci de concevoir le meuble, en temps réel, à partir d'éléments modulaires ou paramétrables, de calculer le prix en temps réel et de lancer ainsi sans surcoût et sans délai, la prise de commande, la mise en fabrication et la facturation (que ce soit depuis la boutique ou depuis le micrordinateur portable du vendeur)

Objectif, outre les économies administratives et de stockage: une augmentation de 50% en 3 ans du chiffre d'affaire, car jusqu'à présent seuls 35 distributeurs étaient capables de vendre du meuble sur mesure

Des entreprises "virtuelles" comme Homeportfolio www.homeportfolio.com ou NamesUKnow www.namesuknow.com s'attachent à fédérer autour de leurs enseignes des boutiques de meubles réelles en présentant leurs catalogues sur le web

De même il n'y a jamais eu autant de salons professionnels, justifiés par le besoin de se rencontrer, que depuis que l'Internet se développe ... et ses salons utilisent largement Internet pour leur organisation, les inscriptions et "l'après salon"

Il serait donc stupide de s'enfermer pour des commodités statistiques dans une opposition entre "commerce en ligne" et "commerce traditionnel": on peut penser qu'à terme un très grand nombre de transactions seront mixtes avec une partie sur internet et une partie dans les boutiques traditionnelles car l'acte de commerce est complexe et ne saurait se réduire à la vente stricto-sensu (études de marché, marketing, informations techniques, informations commerciale, publicité, vente, paiement, SAV, club d'utilisateur, mailings,...)

1.3.1.4 La France est en retard : les dernières années du siècle auront vu le décollage ... mais pas le rattrapage.

Si la part des autres pays croissait de façon régulière ce n'était pas jusqu'alors le cas de la France dont le taux de croissance restait alors très inférieur à celui des Etats-Unis ainsi qu'à la moyenne des autres pays de l'Union Européenne.

Cette évolution très inquiétante ne s'est pas poursuivie depuis 98 où les taux de croissance français ont rejoint la tendance mondiale : celle du quasi doublement en 18 mois

Mais pour autant en 2000,notre retard, s'il ne s'est pas aggravé en valeur relative, s'est accru en valeur absolue: D'autant plus que, au fur et à mesure que tout le monde est connecté, cet "instrument de mesure" perd sa signification. Le Challenge se porte sur les usages nouveaux (ce n'est pas aujourd'hui le taux d'équipement en téléphone fixe qui peut servir d'indicateur pertinent pour comparer le niveau de développement de deux pays)

Dans cette optique Jupiter qui a fusionné fin 2000 avec Media Metrix (Jupiter MMXI), développe un "global sophistication index" (USA, puis Suède, Danemark, Norvège,... qui ne laisse pas apparaître notre pays dans le top ten

"la France a une vision trop gadget de la "Nouvelle Economie", il s'agit en fait d'une vraie révolution qui permet d'abord d'abaisser les coûts" Alex Gontier fondateur de Ipin

En 98 avec 6 % de la population connectée (2,87 millions de personnes, NOP Research Group), nous étions loin du Royaume Uni (9 %), des Etats-Unis (27 %) et plus encore de la Finlande (35 %).

"le développement technique de l'Internet en France a pris du retard par rapport aux Etats Unis mais aussi à la Grande Bretagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Scandinavie, l'Australie ou Hong Kong...Par de nombreux aspects ce retard se creuse..." Jean- François Abramatic Président du World Wide Web http://mission-dti.inria.fr/index.html

1999 a démarré de façon beaucoup plus soutenue : notre pays comptait 4,8 millions d'ordinateurs (ou autres plateformes nomades: téléphone WAP, PDA,..) connectés et 6,5 millions d'internautes (IDC www.idc.fr et Forrester www.forrester.com),

En 2000, 30% des foyers possèdaient au moins un ordinateur dont 31% étaient connectés rattrappant ainsi le parc installé dans les entreprises. fin 2000 idc estime à 10,9 millions le nombre d'utilisateurs (à titre privé et/ou professionnel) pour 7 millions d'ordinateurs connectés

Le nombre de sites marchands est passéde 625 en janvier 1999 à 1530 en janvier 2000 (annuaire "le web marchand") mais 2% seulement des foyers ont acheté en ligne (17% aux US et 10% en Grande Bretagne) pour une moyenne de 450$ (1200 aux US), soit en cumul un facteur 23 de décalage si les chiffres de Ernst&Young sont exacts

La part des femmes est passée en un an de 29 à 37% des internautes, ce qui est un signe de plus grande maturité du marché car comme le fait remarquer le Cétélem (aux USA elles étaient déjà 39% en 1998 pour une prévision de 53% en 2002)"ce sont principalement elles qui font leurs achats sur catalogue. Or elles ne réalisent que 25% des achats sur internet, alors qu'elles sont à l'origine de 70% des achats du commerce traditionnel et de 80% des décisions en matière de santé".

Les sites consultés par les femmes (1- astrologie, 2- art&culture, 3- femme, 4- mode-beauté, 5- nourriture) sont très différents de ceux consultés par les hommes (1- "personnals", 2- adulte, 3- science&techno, 4- sport, 5- news) étude netvalue www.netvalue.com sur les USA. Ils diffèrent également fortement suivant les pays en France les sites les plus fréquentés par les femmes sont 1- "femmes", 2- logement, 3- art&culture, 4- cartes électroniques, 5-emploi. En Allemagne après les cartes électroniques arrivent"chat, santé, films et recherche de personnes

Pour des sites comme Marcopoly www.marcopoly.com (France Télécom) premier marchand français d'électroménager à ne vendre que sur internet, l'enjeu est important

Surtout il semble que des groupes comme Pinaut et Arnault, Vivendi et Lagardère se soient maintenant clairement jetées dans la bataille :

pour le groupe Arnault (40 marques, 1000 boutiques, 400.000 collaborateurs 20 millions de clients): Europ@web www.europatweb.com (dirigé par Chahram Bechara et doté de 3,3 milliards de Francs), a un portefeuille d'une cinquantaine de participations évaluées en juin 2000 à 20 Milliards de Francs. Parmi les plus significatives on notera Libertysurf, Nomade, Aucland, sephora.com, eluxury.com, Zebank http://www.zebank.com, E-loan, un développement des ventes online avec Christie's, Proxchange, Flutter.com, Artprice.com, eQuesto, QXL, Metamarkets.com, Adonsale.com, immostreet.com, lokau.com, peoplesound.com, Mp3.com, compilo.com, respublica.fr, homevillage.com, camdens.com, Netflix, @Home, PlanetRX, Webvan, WineandCo, Zurban, Quios, Alafolie.com, Netvalue, Moonfruit, Leisureplanet, Planet Qx, Sportal, Oxygen, Imediation, 1-800-Flowers, Compilo, feu Boo.com, I-collector.com, E-bay, Datek Online www.datek.com, Firstmark (qui a obtenu une des 2 licences nationales pour la boucle locale radio)AXS Telecom

pour Pinault Développement du commerce électronique avec La Redoute et la FNAC www.fnac.com (rachat d'Alibabook www.alibabook.com malgré l'offre concurrente du célèbre cyberlibraire Amazon.com) et lancement du fournisseur d'accès gratuit Fnac.net rebaptisé Mageos et transformé en un ambitieux portail en association avec TF1, développement du commerce online chez sa filiale Sotheby's, il exploite 45 sites marchands dans le monde et détient 40% du marché du livre sur internet et 25% du textile mais joue beaucoup plus la stratégie du "click& mortar ( voir page 29) associant commerce online et commerce traditionnel, et une participation significative dans trade-match.com, site de gestion d'appels d'offre interentreprises, Mobile Planet aux USA, Hortussoft, Robopost, .

pour Lagardère Grolier interactive, EuropInfo, Matranet, Interdéco Multimédia, Club-internet

pour Vivendi:, Bonjour, World Media Live, Nathan Entrainement, Internet Ecole,... le virage a véritablement été amorcé en 2000 avec Vizavi

Il est malheureusement beaucoup plus difficile de trouver des statistiques significatives de la partie immergée de l'icebergue, c'est à dire les utilisations véritablement performantes du protocole internet dansle fonctionnement même de l'entreprise, même si l'on peut supposer qu'il y a une certaine corrélation entre les usages professionnels et personnel de ces outils

Tout en restant prudent dans les comparaisons face à l'hétérogénéité des sources on peut citer quelques chiffres rassemblés par NUA ( www.nua.ie/Surveys)

Ce pays avec 5,2% du secteur Internet en Europe, s'il est derrière le Royaume Uni (27%) et l'Allemagne (24%) dépasse la France (4,4%)

D'après Forbès les efforts faits par ces pays en matière d'infrastructures de télécom les place loin en tête des pays européens, bien avant les "Grands Pays" (la France arrive en 10ème position juste après l'Angleterre et l'Allemagne): la Suède a supprimé le monopole de son opérateur historique, Telia, en 1993 (et la Finlande n'en a jamais eu), elle en compte 40 aujourd'hui

Mieux encore, dans la vague technologique montante, celle de l'Internet nomade ils ont pris clairement la tête de la course. Aujourd'hui tous les grands acteurs ont un laboratoire dans la Wireless Valley. : ces pays comptent 2 poids lourds dans ce domaine : Nokia (la plus grosse capitalisation européenne (250 Milliards de $ en mai 2000) avant la fusion Vodaphone-Manesmann) et Ericsson

Ces deux constructeurs se positionnent sur ce qu'ils pensent être les 3 centres nerveux de l'Internet avec objectif d'y définir les standards:

Début 2000, 78% avaient un micro-ordinateur, 62% des suédois étaient connectés à domicile et 70% utilisaient régulièrement Internet (4,2 Millions de personnes).

20% d'entre eux travaillaient avec leur banque par l'Internet (40% prévu fin 2000) :

d'après une étude conduite par IBM, après la City Bank les 3 banques mondiales les plus efficaces sur Internet sont suédoises :, la Merita NordBanken, la Handelsbanken et surtout la SEB (groupe Wallenberg)

avec 25% de clients "branchés", la SEB a décidé de fermer 80% de ses agences d'ici 2004, de conquérir l'Europe via Internet (la rentabilité d'un client Internet étant 2,5 fois supérieur à la moyenne) et de porter le nombre de ses e-clients de 570 000 à 5 Millions dans ce délai. Après le rachat de la Bfg (5ème banque allemande) en 1999, elle lance sa Banque directe en Grande Bretagne en 2001

Hans Dalborg président de Meritanordbanken (banque qui avait déjà 250.000 clients sur Internet en 1996) prévoit également d'attaquer les marchés britanniques, allemands français et espagnols par Internet: pour cela il est à la recherche de partenaires lui apportant une forte image de marque et une large base de clientèle pour la banque directe, pas nécessairement des banquiers (compagnie d'électricité, opérateur télécom, entreprise gazière,...)

Le montant des achats sur internet par habitants est 10 fois supérieur au notre

La priorité est accordée maintenant à la connection de tous les foyer en haut débit (de 2 à 10 Mbps): 20% en 2001, 100% en 2005 pour un cout de 200F/mois. Bredbandsbolaget www.bredbandsbolaget.se fondée en 1998 propose dans les résidences qu'elle câble des accès 10Mbps dans les 2 sens pour 200KR (180F) par mois (qui devrait évoluer vers le 100Mbps). Cela peut être couplé avec un forfait de 149Kr par mois pour un accès illimité au téléphone IP

Plus de la moitié des municipalités ont construit leur propre réseau optique à large bande.

En 2001, 100.000 élèves devraient avoir accès au réseau Gigabit

Avec 50 sociétés de capital risque, 8 nouvelles start-up par jour et 40% des introductions en bourse dans le secteur NTIC la Suède prépare l'avenir 5Boxman, Letsbuyit, Jobline, Spray,

A la question sur les difficultés rencontrées par les jeunes entreprises la réponse a été

Un indicateur de l'avance conceptuelle de ce pays au niveau européen : les 4 plus grosses entreprises de conseil stratégique Internet (Web Agencies) sont suédoises: Cell Network/Mandator: 1800 consultants, Framfab: 1700 consultants, Icon Medialab 1250 consultants, Info Highway/Connecta 1130. La 5ème est française avec une taille inférieure à la 4ème suédoise: Fi Systems 550 consultants la 6ème , pixelpark est allemande... avant de retomber sur la suédoise Adera

Tout le monde peut imaginer l'avance que donne à ce pays le fait que ce sont ses consultants qui élaborent la stratégie de la plupart des grands groupes européens, même si le récent remous boursier ont rammené leur capitalisation à des niveaux moins himalayens

Un "petit" pays comme la Finlande avec 1,79 millions d'internautes pour une population de 5 millions d'habitants a deux fois plus de serveurs par habitant que les USA...et dix fois plus que la France.

Depuis janvier 1999,grâce à l'alliance de Citibank, Gemplus et MobilOne, il y est possible de faire ses transactions financières à partir de son téléphone mobile (consultation et suivi des comptes, virements, paiement de factures, opérations boursières,...) et de recharger son porte-monnaie électronique. En 1998 15% des contribuables ont fait leur déclaration d'impôt par l'Internet

les petits Singapouriens apprennent à utiliser l'Internet avant même la lecture et l'écriture et la cité-Etat entreprend un programme spécifique pour initier les personnes âgées (il y a déjà dans ce micro-Etat autant d'ordinateurs que d'habitants)

En matière de publicité, qui est un indicateur de l'usage commercial d'internet, la France ne représentait que 0,3% du total mondial en 1997, 1 % en 1998.( www.journaldunet.com) et 1,5% en 1999 (Forrester www.forrester.com)

autre indice qui pourrait nous réjouir s'il n'était la confirmation du point précédent: sur les 900.000 pages pirates ("warez") la France en compte d'après le BSA (Business Software Alliance) 9.800)

Les sites www.ripe.net/statistics et www.nic.fr/Statistiques sont sans doute ceux qui offrent aujourd'hui la collection la plus riche et la plus à jour de statistiques comparatives : deux tableaux qui en sont extraits illustrent bien la situation :

notre pays ne figure pas parmi les "poids lourds" de l'Europe

Le premier site français, selon le classement établi par la London School of economics est Renault qui se situe au 34ème rang mondial (critères : efficacité, ergonomie, service après vente)

Pour Forrester Research nos sites, à force de privilégier l'esthétisme sont beaucoup trop longs en temps de téléchargement, les moteurs de recherche sont peu efficaces, les outils de cross-selling (suggestion d'un autre achat en fonction des commandes actuelles et passés) sous utilisés, les outils de configuration font défaut, le suivi des commande par le client sont perfectibles, le service client laisse à désirer (25% seulement affichent adresse et numéro de téléphone), les délais de réponse aux mail (quand il y en a) dépassent souvent la demi-journée, l'articulation avec le back-office est insuffisante,...: dans son classement seul Château-Online www.château-online.com se situe dans les 10 premiers sites européen (N°10)

L'usage d'internet a, à l'évidence une forte composante culturelle : on ne peut que s'interroger sur la relation quasi linéaire qui semble s'établir entre l'équipement informatique et....la latitude.

Le même décalage entre Europe du Nord et Europe du Sud ayant été constaté pour la diffusion de l'imprimerie, on peut ou formuler l'hypothèse que l'origine en revient aux organisations "tribales" imposées par les contraintes climatiques

Le Sud, avec ses terres riches, a conduit à des organisations très hiérarchisées autour de la possession de la terre et de la direction des armées chargées de la défendre ou d'agrandir les empires (avec la logique de la "villa romaine" : "je te protège, tu me sers") avec un contrôle étroit des communications entre les sujets toujours susceptibles de comploter pour prendre la place du Roi (cabinet noir)

On remarque que, par contre, dans les logiciels d'intelligence économique , de veille stratégique ou de cryptage ces pays sont performants

Le Nord, où la survie des tribus liée à la chasse, à la pêche ou aux expéditions maritimes, a conduit à des organisations de communautés beaucoup plus petites et moins rigides où le chef était bien davantage un primus inter pares, le plus qualifié pour conduire cette expédition beaucoup plus "en ligne" avec la philosophie de l'internet.

Rappelons par ailleurs que la Finlande n'a jamais eu d'opérateur disposant d'un monopole.

Notons également que le World Economic Forum www.weforum.org classe en terme de compétitivité ces pays à peu près dans le même ordre: la Finlande arrive en première position avant même les USA

L'écart ne semble donc pas être entre l'Europe et l'Amérique du Nord mais entre pays Latins et Pays Anglo-Saxons pour des raisons liées à l'organisation des pouvoirs

"Le continent Européen est divisé en deux, le Nord avec les Pays Scandinaves en pointe et le Sud, plutot à la traine. L'Allemagne se trouve dans une position moyenne" HJ Frank, Deutsche Bank Research

La récente enquête de l'AFTEL montre cependant que le déclic semble s'être produit et que nous commençons à rattraper légèrement notre retard en valeur relative avec une augmentation :

de 66% des machines connectées (juil 98/juil 97), soit 50 % de plus que la moyenne mondiale (+ 41 %) et 20 % de mieux que les autres pays européens (53 %) mais moins que les pays du Sud-Est Asiatique (Network Wizard www.nw.xom, de 160 % du nombre des internautes, de 200 % des sites WEB et de 300 % des pages

Le nombre de "noms de domaine" appartenant à des ressortissants français (dont beaucoup sont en ".com" et non en ".fr" pour des raisons que nous verrons plus loin) atteint 1,21% en 1998 contre 1,23 % en 1997 et 1,15 en 96 du total mondial

Une croissance forte, mais que relativise les mises en perspective européennes et mondiales....

Pour les sites transactionnels, acceptant des paiements en ligne sur 222.000 sites (en augmentation de 128 % en un an) 150.000 sont américains, 10.000 canadiens, 830 britanniques, 800 finlandais et 240 français (source Netcraft : août 98) (NDLR : attention de ne pas assimiler paiement en ligne et commerce électronique : en 1998 58.500 entreprises, soit 39% des entreprises de plus de 10 salariés pratiquent peu ou prou le commerce électronique : source OC2E)

L'enquête 1998 de l'AFTEL soulignait que le micro-ordinateur est maintenant devant la télévision au hit-parade du nombre d'heures passées par les Français devant un appareil (cet apparent paradoxe tient au développement des micro-ordinateurs dans les entreprises où ils sont maintenant omniprésents) et en 1998 où, pour la première fois, la barre du million d'ordinateurs achetés a été atteinte `+66% sur 1997 , il s'est vendu davantage d'ordinateurs que de télévisions.

L'étude 2000 d'UFB Locabail www.ufb-locabail.fr qui procéde chaque année à une étude comparative entre les PME Françaises, Allemandes, Italiennes et de Grande Bretagne est extrêmement riche d'enseignement: elle montre que les marges de progrès qui nous restent à faire pour rattrapper nos voisins n'ont pas diminué d'une année sur l'autre

Certes pour l'équipement informatique nous sommes proches de la moyenne puisque 94 % des PME françaises de 6 à 200 salariés sont informatisées, contre 98% en Allemagne et 97% en Italie et 95% pour l'Europe

Mais ce n'est malheureusement pas le cas pour Internet puisque seulement 61 % de nos entreprises étaient connectées en juillet 99 contre 77 % des entreprises Britanniques et 74 % des entreprises Allemandes.

Ce chiffre est cependant en très forte évolution: 7 % en 95, 14 % en 96, 24 % en 97, 40 % en juillet 98 et alors qu'elles étaient 30% à estimer en 98 qu'Internet ne leur servirait à rien elles ne sont plus que 15% à le dire en 1999 (dont 8% disant qu'elles n'ouvriront jamais de site web)... contre 20% en Allemagne (dont 5% déclarent qu'elles se refusent même à avoir un site)!.

La proportion des entreprises françaises qui déclarent qu'elles n'ouvrirons JAMAIS un site baisse de moitié (8% contre 15% l'an dernier) se rapprochant ainsi de la moyenne européenne (7%)

Or les entreprises connectées sont significativement plus performantes: en prenant pour indicateur le solde des opinions positives et négatives en %: CA +33 contre +17, rentabilité +26 contre +5, Investissement +46 contre +34, effectifs +17 contre +5. Il en va de même pour les projections 2000. Elles exportent également davantage (83% contre 55%)

De plus nos dirigeants "connectés" utilisent beaucoup moins Internet que leurs concurrents: ils ne sont que 45% à se connecter tous les jours contre 63% de leurs homologues Britanniques et 55% pour les allemands.

Nos PME sont également les dernières à utiliser l'e-mail (75% contre 95% en Italie) et pour l'utilisation dans le domaine financier (2% en France contre 28% en Allemagne et 16% en Grande Bretagne, ce qui n'est peut-être pas sans rapport avec le retard de nos Banques)

Malgré un doublement depuis l'an dernier, elles sont également en dernière position en ce qui concerne les sites Web: 27% (13% en 98) contre 38% en GB, 31% en Allemagne et 30% en Italie. Seule l'Ile de France se trouve dans la moyenne Européenne (34%)

Notons toutefois en 1999 un réveil du BTP qui bien que restant la lanterne rouge (47% des entreprises connectées, 26% des patrons du secteur pensent encore qu'internet ne leur servira jamais) a en un an plus que triplé le nombre de ses sites et doublé le nombre de ses ordinateurs. Par ailleurs les patrons connectés sont en pourcentages les plus nombreux à utiliser effectivement l'Internet (71% contre 63% dans l'Industrie)

La logistique reste dans le peloton de queue (moins de la moitié des entreprises connectées (48%) contre une moyenne de 70% dans les services, avec de surcroit un faible usage pour les relations client et une croissance d'une année sur l'autre juste au niveau de la moyenne des secteurs) alors qu'elle va être avec la banque le secteur le plus "impacté" par l'accélération de l'économie en se situant sur le chemin critique de la nouvelle économie: si Internet a vocation à devenir son système nerveux, la logistique restera son système sanguin

Beaucoup plus inquiétant encore est peut-être l'objectif poursuivi par l'entreprise :Alors que 53% des entreprises britanniques et 52% des entreprises allemandes ont pour objectif avec les outils de l'Internet de conquérir un avantage concurrentiel, elles sont moins de la moitié (25%) dans ce cas en France,

De même "apporter un meilleur service aux clients et aux fournisseur" est un objectif pour 82% des PME Britanniques alors que ce n'est le cas que pour 57% des françaises 83% de celles-ci mettant en première ligne la Notoriété

La situation est encore pire pour les PME de plus de 100 salariés: les patrons d'entreprises industrielles de plus de 100 salariés utilisent moins l'Internet que ceux des TPE (entre 5 et 10 salariés) du BTP!, ils sont 95% a développer un site pour leur notoriété et 37% seulement pour apporter des services aux clients (82% pour leurs homologues britanniques) et 10% pour commercer (30% pour les britanniques et 25% pour les PME Françaises de moins de 50 salariés)

D'autres chiffres interessants, analysant finement par secteur d'activité quelques indicateurs de la pénétration d'Internet (mais limités aux industries manufacturières) sont produits par le Sessi: ils sont accessibles à partir du site de notre ministère www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/4pages/pdf/4p137.pdf, www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/4pages/pdf/4p135.pdf et www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/4pages/pdf/4p136.pdf

1.3.1.4.1 Le Minitel : notre langue d'Esope

L'interprétation des comparaisons internationales est particulièrement délicate pour notre pays : il est en effet le seul à avoir connu dans le passé un important développement de la télématique avec le Minitel qui est à la fois:

1.3.1.4.1.1 Un atout :
1.3.1.4.1.1.1 Un fonds de commerce déjà établi pour le commerce électronique (transport, banque, VPC,...)

8,5 millions de terminaux (dont 2,5 d'émulateurs sur PC), 14 000 services, 15 millions d'utilisateurs,

Les Français ont depuis 15 ans l'habitude de taper sur un clavier pour trouver une information, en la payant, ou pour acheter un produit. Aujourd'hui les plus gros utilisateurs du minitel sont aussi les plus gros utilisateurs d'internet

Le chiffre d'affaire du commerce en ligne représentait dès 1996 12,6 milliards de F (3,1 pour les éditeurs, 1,5 pour les facturations directes et 8 pour la VPC sans compter les 3,2 pour France Télécom) soit un chiffre nettement supérieur à ce qu'il était sur internet pour le monde entier (depuis ce chiffre est resté relativement stable alors que nous avons vu que sur Internet il croît de façon exponentielle).

Quant au trafic il poursuit sa légère baisse : -3% en 1997, -4,1% en 1998, baisse compensée par une hausse de tarif significative : +11%en 2 ans, politique tarifaire classique pour des produits en fin de vie ou il convient de profiter de l'inertie des habitudes pour obtenir le rendement optimal auprès de clients qui hésitent avant de basculer (c'est dans le domaine du marketing la phase qui suit période dite "vache à lait" : c'est celle où on mange la viande)

Henri de Maublanc président de l'Aftel se scandalisait qu'un accès Télétel soit facturé 100 fois plus cher qu'un nom de domaine internet

1.3.1.4.1.1.2 Une profession d'éditeurs nombreuse et prospère grâce en particulier à la formule kiosque qui permet une facturation simple et bien acceptée.
1.3.1.4.1.1.3 Des cyber-commerçants avant la lettre

La VPC a déjà une certaine habitude de la vente en ligne et de nombreuses entreprises, qui ont aujourd'hui une place honorable sur le plan international ont fait ses premières armes avec le minitel,

C'est le cas de Dégriftour, de i-bazar, Telestore, Planfax www.planfax.com, Cadremploi www.cadremploi.fr, floritel www.floritel.com, minitelorama www.minitelorama.com qui ont démarré avec le service minitel

1.3.1.4.1.1.4 Une profession de "télématiciens" performante

Leurs compétences ne sont pas spécifiques à la technologie Minitel 

Notre pays n'est pas mal placé dans les moteurs de recherche sur Internet : écho/voilà, Nomade, Lokace. Sans compter la forte participation de Français à Alta Vista. Les travaux sur le traitement de requête en langage naturel par exemple sont parfaitement utilisable pour l'Internet

Lexiquest www.lexiquest.com (ex Erli www.erli.fr/) qui avait participé aux programmes de recherche dans les annuaires du minitel travaille pour les moteurs de recherche (Hot Bot, verity,...) et il vient de lever 79MF pour se développer sur internet,

GoTo Software www.goto.fr (à hem près de Lille) qui a créé le plus grand club mondial de backgammon sur l'Internet (netgammon) est né du développement de logiciels minitel comme le TimTel

1.3.1.4.1.1.5 Des bases de données et des fonds documentaires très importants

Il est très facile de les rendre également accessibles par internet

Quelques exemples montrent que dans la plupart des cas une migration sur internet est rapide et peu onéreuse. Elle apporte une masse critique et a un effet d'entraînement certain. Le développement sur Internet de formules offrant les mêmes avantages que le kiosque, sans le handicap d'une facturation uniquement à la durée, devrait permettre de lever bien des réticences.

Le transfert du Minitel à Internet de la base Formatel du conseil régional d'Île-de-France (50 000 stages de formation continue) a été réalisé en moins de 15 jours. Pour sa part JetMultimedia www.jetmultimedia.fr puise dans les mêmes bases de données pour son service Minitel et pour ses pages Web.

L'Aftel estimait qu'en 1999, 95% des sites minitel avaient déjà basculé vers l'Internet: un exemple symbolique minitelorama www.minitelorama.com N°1 des professionnels de l'immobilier sur minitel depuis 1986!

Le projet minitel 2001 devrait permettre une navigation offrant la possibilité d'aller par un hyperlien d'une page web à un écran vidéotexte

Mais bien entendu si les nouvelles possibilités offertes par Internet conduisent, ce qui est en général le cas, à un projet beaucoup plus ambitieux les investissements à consentir peuvent alors être significatifs.

1.3.1.4.1.1.6 Des ressources financières confortables qui permettent le financement du web

C'est souvent le même service qui a en charge Minitel, Audiotel et Internet et les marges des premiers permettent de couvrir l'inévitable déficit du Web pendant les années de développement et de montée en puissance, alors même que le modèle économique est encore incertain (abonnement, publicité, liens commerciaux, portail, commerce électronique, services à valeur ajoutée,...):

C'est le cas par exemple pour les journaux comme Le Monde, le Parisien, libération, Investir ou "Les Echos" (qui indique même que le minitel a profité de la promotion en sa faveur sur le site Web!!!...)

1.3.1.4.1.2 Un handicap :
1.3.1.4.1.2.1 le Minitel a renforcé notre tendance à raisonner au niveau Franco-Français

Il est considéré à l'étranger comme le reflet d'une société hiérarchisée, au centralisme pesant, où le contrôle de l'information est considéré comme un enjeu plus stratégique que sa large diffusion: Hollande et Finlande nous sont proposés comme contre modèles

1.3.1.4.1.2.2 il nous a plus habitué à payer le temps que l'information

La tarification est diaboliquement efficace : grâce au système kiosque elle sait se faire oublier et le niveau pratiqué (de l'ordre de 2 à 3F/minute) correspond au coût social acceptable pour les loisirs (ramené à la minute c'est le prix du théâtre de la voiture ou du restaurant)

France Télécom ne peut espérer une maîtrise d'Internet analogue à celle du Minitel (L'opérateur bénéficierait en outre d'un pouvoir exorbitant du droit commun : celui de couper la ligne téléphonique de celui qui ne s'acquitte pas de sa facture Minitel ) et ne souhaite sans doute pas une mort trop rapide de la poule aux oeufs d'or6(*). On ne peut que constater que son engagement sur internet a été au début tardif et timide

Quand Wanadoo visait un objectif de 100 000 abonnés fin 97 T-online son homologue allemand en revendiquait 1,9 millions.

Aujourd'hui en 2000 France Telecom a "changé de braquet". Wanadoo a repris la tête de la course en France avec 1,2 millions d'abonnés mais les inerties sont grandes, (T-online à dépassé 6,5 millions de clients et Dixons-Freeserve, un des 80 opérateurs britanniques offrant l'Internet gratuit en avait conquis 1,5 millions en 6 mois seulement!)

En terme de fréquentation, d'après l'étude médiamétrie de sept 2000, le site en tête du classement, fin 2000 est le suédois Caramail avec 25,5 millions de visite

1.3.1.4.1.2.3 la confortable facilité de gestion d'un outil qui permet de facturer bien des choses...

C'est une autre source de blocage clairement perceptible : les entreprises, banques, organismes et même certains services administratifs facturent par ce biais, de façon parfois tout à fait discutable, les informations délivrées au public.

Au début du minitel peu de directions générales y croyaient : elles n'ont laissé leurs directions informatiques s'y lancer que dans la mesure où celles-ci autofinançaient l'opération, ce que le kiosque a permis.

L'opération s'étant soldée par un franc succès le minitel est devenu une source de revenu offrant dans bien des cas un appréciable confort de gestion aux services qui avaient su prendre le pari : on comprend leur réticence à abandonner une telle rente de situation

Dans les services publics en particulier, par exception à la non-affectation des recettes, le minitel apportait une ressource exceptionnelle flexible dont la disparition est fortement appréhendée car elle trouvera difficilement une compensation budgétaire

Un exemple la Météo nationale: elle cherche pour maintenir ses ressources avec la décrue prévisible du minitel, à vendre au moins ses prévisions à 5 jours, mais comment faire quand ces informations sont publiées gratuitement par ses homologues américains? Par ailleurs pour vendre des services personnalisés comment conjuguer micropaiements et comptabilité publique?

Il est clair que sur le WEB elles ne pourront pas se permettre de facturer la délivrance d'un billet d'avion, les résultats à un concours d'entré ou un appel d'offre paru au BOAMP Cela privera les services concernés d'une ressource appréciée pour l'indépendance qu'elle leur apportait

Le BOAMP n'est gratuit que depuis le 19 janvier 1999 www.journal-officiel.gouv.fr/boamp/R1.htm

Quand une banque faisait le travail (avec le chèque) c'était gratuit, quand c'était le client qui le faisait (paiement par minitel) c'était payant !

Récemment un banquier nous expliquait que cela était normal puisque le service était amélioré ... cela ne suppose-t-il pas une entente pour éviter la concurrence ? Une telle entente est-elle susceptible de survivre à la concurrence européenne? A la concurrence de non-banquiers?

Le Crédit agricole de Loire Atlantique essaie de transposer cette habitude française sur le web en facturant 3F la connexion alors qu'a l'inverse le Monde rapporte qu'une compagnie aérienne américaine accorde une réduction pour les billets achetés par ce canal. &b

La Société Générale prévoit actuellement de faire plus fort encore puisqu'elle s'économise une opération de guichet qui coûte environ 1$ (et revient d'après les études américaines à 0.01$ sur internet)...et elle envisage de la facturer 6F et de laisser l'abonnement Internet et la communication téléphonique à la charge de son client!!

1.3.1.4.1.2.4 apportant une réponse partielle mais rapide aux besoins principaux il limite l'appétence pour le web

Pour les horaires de train, annuaires, réservation de spectacles, services bancaires, le minitel apporte une réponse rapide et précise. Il réduit ainsi la pression de la demande et beaucoup de décideurs pensent qu'internet ce n'est que du minitel avec des images sans percevoir la mutation radicale qu'il apporte

"Avoir quelque chose qui fonctionne vous rend moins enclin au changement" Esther Dyson présidente de l'EFF

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Un seul chiffre illustre cette différence de nature dans les usages : l'internaute passe 7 fois plus de temps sur le réseau que le minitelliste et cette différence s'accroît puisqu'en un an cette durée a augmenté de 13% pour internet et baissé de 4.1% pour le minitel.

Nous avons constaté aux Etats-Unis que beaucoup de cadres ou de chefs d'entreprises avaient commencé à utiliser internet pour des usages personnels (organisation de voyages, relations avec les banques, recherche d'informations dans le cadre d'un hobby,...). Ne disposant pas d'un minitel, ils ont dû utiliser internet (souvent incités par leurs enfants... ou leurs parents retraités).

La transposition vers l'entreprise s'est ensuite faite tout naturellement.

M. Heckel Pdg de l'entreprise Lemaitre-Sécurité, fabricant de chaussures de sécurité à La Walk en Alsace www.lemaitre-securite.com , a ainsi commencé par utiliser internet pour rechercher des informations dans le cadre de son hobby (l'aviation,...) et y rencontrer d'autres passionnés, avant d'en faire une arme commerciale pour son entreprise.

1.4 Internet et les technologies traditionnelles de transfert de données électroniques

1.4.1 Internet : quoi de plus que le Minitel ?

1.4.1.1 beaucoup d'avantages :

1.4.1.1.1 Il est mondial :

89 % des acheteurs sont des hommes (étude Zdnet France 1998) : c'est aujourd'hui le contre modèle de "la ménagère de 50 ans" qui sert de référence pour le marketing traditionnel, notamment à la télévision.

La filiale luxembourgeoise d'une grande banque française a constaté que les 25 % de sa clientèle passée sur Internet représentait 65 % des transactions totales (AFP)

SEB banque appartenant à la Galaxie Wallenberg constate que les clients qui ont basculé sur internet lui rapportent 2,5 fois plus que la moyenne

1.4.1.1.2 Peu onéreux ... et en baisse rapide

(Encore que ceci soit à relativiser pour la France où, par suite du monopole, les tarifs de télécommunication sont très élevés. Mais des baisses substantielles ont eu lieu en 1998 et d'autres sont prévisibles avec l'accroissement de la concurrence)

En France, Infonie offrait un PC multimédia pour 1990 F avec un abonnement de 199 F par mois sur 2 ans.

Aux Etats-Unis Empire.net www.empire.net offre même gratuitement le PC à condition de souscrire son abonnement à 175 F/mois (rappelons que les communications locales sont généralement gratuites aux US).

Le prix moyen d'un ordinateur vendu en 98 a baissé de 43 % sur 1997 malgré un accroissement sensible des performances

Voir page 25

Le fournisseur d'accès se rémunèrent sur la publicité figurant sur sa page d'accueil et par le reversement d'une fraction du coût des communications téléphoniques (Free.fr www.free.fr, Freesurf www.freesurf.fr, Libertysurf www.libertysurf.com, World Online Liberté www.worldonline.fr, VNUnet Online www.vnunet.fr, Lokace Online www.lokace.fr,) .

Free.fr et libertysurf offrent même l'hébergement de pages personnelles

X-Stream en Grande Bretagne offre la communication téléphonique pendant les heures creuses

On voit même apparaître des offres où l'internaute assidu est payé (1F de l'heure : Accès Internet Gratuit www.accesinternet.com) à condition d'accepter des publicités quelque peu invasives

Comme le soulignent leurs promoteurs le "gratuit" est paradoxalement un gage de qualité car les clients ne sont prisonniers d'aucun contrat et si la qualité faisait défaut, le provider serait immédiatement condamné

Netgem commercialise, depuis 1997, la NETBOX, qui permet d'accéder à internet en utilisant l'écran de la télévision, pour moins de 2000F www.netgem.com et la start-up Walawa va les intégrer dans une nouvelle génération de téléviseurs avec un surcout prévu de 15 à 20%

Alcatel prévoit de lancer le webphone "minitel" de l'internet, plus simple et plus rapide d'utilisation qu'un ordinateur. son challenge: tomber en dessous de 1000 à 1500F pour être compétitif avec des ordinateurs beaucoup plus puissants qui ont crevé le plancher des 3.500F)

1.4.1.1.3 Il offre quantité de fonctionnalités nouvelles

Communiquer , échanger, publier, rechercher de l'information, télécharger des logiciels ou de la musique, acheter, vendre, permettre à une équipe dispersée de travailler efficacement, télésurveiller ou téléagir, voici quelques fonctionnalités inexistantes ou embryonnaires sur le minitel Voir page 18

1.4.1.1.4 Il conduit à la "convergence" entre Téléphone, TV et information

Le protocole TCP/IP permet une "convergence" entre la voix, les données et la TV : il ne s'agira dorénavant que de faire circuler des "paquets" d'informations numérisées qui pourront cohabiter sur les mêmes voies de communication (paire de cuivre, câble, satellite, radio, fil électrique, ...)

Ceci pose aujourd'hui des problèmes

Cela étant convergence sur les moyens de transport ne signifie pas convergence sur les terminaux dont l'ergonomie correspond à des usages très différents :

Certes le téléphone fixe ou portable et la télévision donneront accès à Internet mais on imagine plutôt une diversification et une multiplication des types de terminaux que leur convergence sur un micro-ordinateur à tout faire

De même que le moteur universel dans l'outillage à main a laissé place à des outils électriques spécialisés mieux adaptés à chaque usage, on commence à voir apparaître à l'état de prototype de plus en plus d'appareils connectables à Internet : baladeur RIO (musique), web phone (téléphone), webTV (broadcast), stylo (signature),voiture (cartographie, guidage,...), réfrigérateur (gestion du stock), WC (analyse médicale), machine à laver (télémaintenance),...

1.4.1.2 Mais encore quelques problèmes à régler :

1.4.1.2.1 Des problèmes de sécurité
1.4.1.2.1.1 Sentiment d'un manque de confidentialité, crainte de vol d'informations commerciales ou de numéro de carte de crédit,

Si personne ne rapporte le cas de vols, pendant leur transmission, de numéros de cartes protégées par le cryptage standard (SSL), on ne compte plus le nombre de magasins ou de banques "dévalisées" de leurs précieux fichiers de cartes de crédit, que les achats aient été fait dans un magasin, par téléphone, par fax ou par Internet: le problème de sécurité est beaucoup plus lié à la carte qu'à internet mais il n'en reste pas moins que ce sentiment d'insécurité, même injustifié handicape le paiement en ligne

Un pirate a été jugé aux USA fin 1997 pour le vol de pas moins de 100.000 numéros de cartes de crédit... mais, il faut le souligner, ce vol avait eu lieu dans les fichiers du marchand et non sur Internet,

En janvier 2000 c'est 25 000 numéros de cartes toutes les coordonnées qui sont volées par un pirate Russe de 18 ans dans une firme de CD

le 8 septembre 2000 c'est la Banque Western Union qui se fait voler les coordonnées de 15 700 cartes de crédit, de même que dans le conflit du Kosovo, selon les média, la CIA avait projeté de s'attaquer aux banques dans lesquelles sont les avoirs du dirigeant Serbe et non à ses virements.

1.4.1.2.1.2 Difficultés d'identification des sites et des correspondants : sont-ils ce qu'ils prétendent être?

Existent-ils même?

Les sites en ."fr" apportent de ce côté une certaine sécurité car l'attribution du nom de domaine ne se fait qu'après des vérifications analogues à celles pratiquées jusqu'à présent pour les sites minitel

Pour les sites déclarés auprès de l'Internic, http://ds2.internic.net/ds/webfinder/WebFinder.html vous permet de connaître la liste de tous les noms de domaine déposés par une société

Inversement http://ds2.internic.net/wp/whois.html vous fournit les coordonnées du possesseur d'un site (en particulier les "com", mais ces informations ne font que reprendre les déclarations et ne sont pas vérifiées

Sans oublier www.internic.com qui fournit une information plus riche sur les sites enregistrés

1.4.1.2.2 Le cryptage: confidentialité du message, garantie de son intégrité, authentification de l'identité de l'émetteur, protection des archives.

Une des techniques les plus connues est dite "à clefs asymétriques" RSA (Du nom de ses inventeurs: Rivest, Shamir et Adelman). Chaque partenaire de l'échange dispose d'une clef publique et d'une clef secrète.

Intégrité et identification de l'émetteur

Un message crypté avec la clef secrète de Dupont est déchiffré par n'importe qui avec la clef publique de Dupont. Ce message ne peut provenir que de Dupont et son contenu n'a pu être altéré (on dit aussi qu'il est "signé électroniquement par Dupont") : on a la garantie d'intégrité et d'identité.

Confidentialité

Un message crypté avec la clef publique de Schmidt n'est déchiffrable que par Schmidt avec sa clef secrète : on garantit ainsi la confidentialité de l'échange.

Un message crypté successivement par la clef secrète de Dupont et la clef publique de Schmidt ne peut être lu que par Schmidt et ne peut provenir que de Dupont et n'a pu être altéré en chemin.

Authentification de l'identité

Ce système peut être raffiné : si Dupont ne connaît pas personnellement Schmidt, un "notaire" (Verisign www.verisign.com aux USA par exemple) émet un certificat (codé avec sa clef secrète) qui établit la relation entre l'identité de Schmidt et sa clef publique. Le certificat est joint au message. Son décryptage avec la clef publique du notaire garantit que celui qui déclare s'appeler Dupont est bien Dupont.

Bien entendu la clef secrète peut être calculée à partir de la clef publique par essai de toute les combinaisons possibles

D'autres standards de cryptage et protocoles méritent d'être mentionnées: DES (qui devrait être remplacé par l'algorithme Belge Rijndael à la suite d'une sévère compétition internationale), IDEA pour les clés secrètes, Diffie-Hellman pour l'échange des clés, TLS-SSL pour la sécurisation des sessions (paiements on-line), S-MIME pour l'e-mail, X509 pour la diffusion des certificats, ISAKMP/IKE et IPSec pour protéger les transmissions (VPN voir page 117).

De plus n'oublions pas que la protection des données ne concerne pas que les flux (les messages) mais aussi les stocks (la mémoire de l'entreprise). Se faire voler un micro ordinateur dont le disque dur non crypté serait lisible pourrait se révéler catastrophique. Même chose en cas d'intrusion sur le système informatique central: l'expérience montre que le pirate vise les archives plus que les échanges

Voir www.aui.fr , www.crypto.com

Les clés de 40 bits jusque récemment seule autorisée en France (pour les algorithmes symétriques, ce qui correspond approximativement à 512 bit pour les algorithmes asymétriques comme RSA), ne résistait que quelques secondes à un ordinateur puissant mais il faut un temps quasi infini pour celles qui sont utilisées en Allemagne ou aux Etats-Unis et maintenant en France depuis la décision du Premier Ministre le 19 janvier 1999 et le décret du 17 mars 1999 qui porte la longueur des clefs à 128 bits.

Bruce Schneier ( counterpane.com/mime.html ) a développé un économiseur d'écran qui vient à bout en quelques heures des clefs RC-2 de 40 bits utilisées par Netscape ou Microsoft, en profitant tout simplement des périodes d'inactivité des micro-utilisateurs d'un petit réseau tel qu'on peut le trouver dans une entreprise de taille moyenne (une centaine de machines).

Les clefs de 56 bits ont nécessité la mise au point par John Gilmore, pour 250 M $ d'un ordinateur spécialisé "deep crack" et seuls les USA, à notre connaissance, sont aujourd'hui capables, dans des délais raisonnables, de casser de telles clefs : en 22h15 deep crack, associé à 100.000 ordinateur organisés en réseau a réussi le 18 janvier 1999 à casser le code en testant 250 milliards de clés par seconde

Une clef de 128 bits nécessite théoriquement 40 milliards de milliards de fois plus d'essai : " en mobilisant dans un gigantesque réseau tous les ordinateurs de la planète il faudrait plusieurs siècles pour la casser " (Jean-Noël Tronc, Cabinet du Premier Ministre).

Même si le progrès technique va vite on peut penser que ce type de clé apporte une vrai sécurité pour encore de nombreuses années (à condition bien entendu de s'assurer que le logiciel utilisé ne comporte pas de "trous" de sécurité, ce qui serait probable pour une fourniture provenant d'un des pays participant au système Echelon voir page 207

Jusqu'à aujourd'hui, en France, pour des considérations de sécurité extérieure et intérieure de l'Etat le cryptage des données était réglementé de façon très restrictive.

Il était difficile d'imaginer, dans la mesure où le commerce électronique se développe, que ces règles ne soient pas harmonisées au sein du grand marché unique européen, et donc libéralisées.

La loi encore actuellement en vigueur, même si le récent décret en a neutralisé les éléments les plus pénalisants (longueur des clefs) devra être modifiée prochainement comme l'a annoncé le Premier Ministre.

Cette situation était d'autant plus paradoxale que sous le noble dessein de protéger l'Etat, paradoxalement on créait une vulnérabilité systémique pour notre économie en interdisant à nos entreprises de se protéger et en inhibant le développement de produits de cryptage (qui ne pouvaient espérer trouver une rentabilité sur un marché aussi étroit, et ce d'autant plus que l'absence de consensus sur les règles ne pouvait que rendre dubitatif sur leur pérennité)

D'autant plus que certains pensent que ces règlent ne gênent guère que les entreprises honnêtes : ils doutent en effet que les organisations maffieuses se soumettent aux formalités légales et des logiciels comme Visual Encryption www.fitin.com incluent les messages cryptés au sein d'anodines photos de famille permettant difficilement de détecter qu'un morceau de ciel gris contient un message codé....

Il n'y a aucune restriction chez la plupart de nos partenaires :

Aux Etats Unis le gouvernement fédéral a été contraint par la cour suprême à autoriser les logiciels de cryptage les plus puissants. , l'an dernier un juge Fédéral, Marilyn Hall Patel, déclarait inconstitutionnelles les restrictions à l'exportation des logiciels de cryptage dans un jugement qui pourrait faire date et une décision analogue vient d'être prise le 6 mai 1999 par un tribunal Californien.

Un texte de loi est en cours d'examen au Sénat (PROJECT Promote Reliable On-line Transactions to Encourage Commerce and Trade act) pour assouplir les règles touchant à l'export en portant de 56 à 64 bit la longueur maximale des clés (c'est semble-t-il la longueur optimale en effet vraisemblablement seuls les services américains sont en mesure de les décoder: elles ne nécessitent que 256 fois plus de calcul que les 56 bit)

Les Anglais qui étudiaient l'éventualité d'instaurer une réglementation du cryptage ont annoncé fin mai qu'ils en abandonnaient le projet.

Notons d'ailleurs que d'ores et déjà cette interdiction ne porte que sur la version électronique : pour des raisons constitutionnelles l'exportation de l'algorithme sous forme papier est libre, et un norvégien l'a renumérisé avec un scanner pour le mettre à la disposition de chacun de façon tout à fait légale (plus simplement d'ailleurs, on peut se la procurer dans n'importe quel pays du monde en respectant les règles édictées par l'administration américaine, si on choisit un provider filiale d'une compagnie ayant son siège aux USA...)

Comment imaginer par exemple des appels d'offre européens sur Internet avec des réponses nécessairement cryptées équivalent de l'enveloppe cachetée, auxquels des entreprises françaises ne pourraient pas soumissionner légalement.

1.4.1.2.2.1 Transactions financières non totalement sécurisées mais des solutions sont en vue pour y remédier:

Comme le soulignent la plupart des spécialistes, il s'agit bien davantage d'un problème psychologique que d'une appréciation réaliste des risques ( voir page 74):

Il est sans doute aujourd'hui beaucoup plus risqué de communiquer un numéro de carte bancaire par fax, téléphone ou minitel que par internet avec un simple cryptage SET ou SSL (Secure Socket Layer) à 40 bits, ...sans parler du risque d'indiscrétion lors de paiements dans les magasins ou restaurants (Netsurf de février 99 signale en particulier le risque de vol de numéros de cartes dans les hôtels des pays de l'Est qui est sans commune mesure avec un vol sur Internet).

On ne peut néanmoins que constater les blocages que cette question entraîne et il est impératif de mettre en place des moyens qui permettent de ramener la confiance

1.4.1.2.2.1.1 La carte à puce et e-card

Aujourd'hui le protocole le plus utilisé est SSL (Secure Socket Layer, créé par Netscape) il est installé en standard dans la plupart des navigateurs.

Les banques essayent en réponse au niveau international de faire accepter, sans grand succès jusqu'à présent (150 sites seulement l'acceptent) le protocole SET (qui permet une reconnaissance mutuelle de l'accréditation des acteurs du paiement) mais dont le rapport sécurité/contraintes d'emploi/prix n'a pas convaincu ni les marchands ni les consommateurs:

"SET is close to dead, today it creates no value for merchant and no value for client" avons nous entendu de la bouche de Bill Finkelstein de la Wells Fargo, analyse partagée par Nicole Vanderbilt de Jupiter communication: "SET won't happen" séminaire Aftel NY nov 98

En 97 a démarré en France un projet de système de paiements sécurisés qui vise à renforcer encore la sécurité en couplant au cryptage par logiciel, celui de la carte à puce (Notons que dans ce domaine notre pays ne semble pas en retard puisque d'après Marc Lassus, PDG de Gemplus, la part de l' industrie française dans l'industrie mondiale de la carte à puce est de... 90 %.),

Les projets Cybercard et e-comm lancés en 1997 conformes à la norme C-set regroupant notamment le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel, les Banques Populaires, le CIC, la Poste et les Caisses d'Épargne. En 1998 tous les acteurs de l'univers de la carte bancaire ont décidé de faire converger leurs différents systèmes de sécurisation au sein de cyber-comm: cette technologie nécessite toutefois d'une part que le commerçant soit à la norme SET (qui semble avoir bien du mal à s'imposer) et que le client dispose d'un lecteur de carte à puce (d'une valeur de 400F environ)

Il est impératif à la viabilité de cette entreprise qu'elle soit étendue à la zone euro et qu'elle élargisse son actionnariat en conséquence: le pari n'est aujourd'hui encore pas gagné

Sur le plan international un consortium nommé e-card (Ibm, Microsoft, AOL, Compaq, Visa, American Express, Cybercash, Mastercard, utilisant ECML (Electronic Commerce Modeling Langage) projette de créer une carte virtuelle, prenant la forme d'une simple icône (que vous enverra à votre demande le site du fournisseur de e-card qu'il suffira de mettre par glisser-déposer sur la facture présentée par le commerçant pour l'acquitter (tous les transferts d'information étant évidemment sécurisés)

Soulignons ici l'initiative interessante d'une PME française, shop@ccess, crée en 2000, qui, en accord avec un établissement financier délivre un numéro de carte valable pour une seule transaction et pour un seul montant: ce procédé ne nécessite aucune mesure particulière du côté du marchand et le vol éventuel du numéro ou son utilisation par un commerçant indélicat est sans conséquence puisqu'il n'est plus valide

De même Blue Line, créé par Abdallah Hitti (ex-dg de Kleeline) offre une solution sécurisée ne nécessitant pas de lecteurs et évitant que les numéros de carte ne circulent sur le net

Les lecteurs de carte à puce pourraient être progressivement intégré en standard dans tous les terminaux susceptibles d'être utilisés pour le commerce électronique (claviers, télécommandes de web-TV, webphones, souris, téléphones portables,...) pour moins de 100F: ceci implique à l'évidence un minimum de normalisation internationale

France Télécom a lancé en juillet 2000 le paiement par carte à partir d'un portable et annonce plus d'un millier de services accessibles début 2001

Mais le plus crédible des concurrents de la carte à puce nous paraît être aujourd'hui l'utilisation directe du téléphone portable, qui intègre une "puce" comme Terminal de paiement électronique voir page voir page 153. Evidemment cette evolution technologique inquiète les Banques car on peut tout à fait imaginer que dans ce cas l'opérateur, qui regroupera l'ensemble des facturations sur un relevé mensuel prenne un rôle qui empiète sur le leur

1.4.1.2.2.1.2 Le porte-monnaie électronique (PME)

L'objectif poursuivi est de permettre à partir d'une carte "pré-chargée" de régler de petites dépenses (qui ne justifient pas la lourde procédure de la carte de crédit) en substitution à l'argent liquide.

Beaucoup pensent que pour trouver sa pleine utilité cette carte doit également pouvoir servir de titre de transport (billétique)

3 expériences concurrentes ont été lancées en France

Monéo avec 11 établissements de crédit ( Société Financière du Porte-Monnaie Électronique Interbancaire): ce porte-monnaie fonctionne comme une carte téléphonique mais il permet d'effectuer toute sorte d'achats. Il est en cours d'expérimentation à Tours avec 1500 commerçants et 500 automates (bus, parking, distributeurs,...),Mondex (crédit mutuel) permet le paiement en euros à Strasbourg et Modéus (la poste, ,Sncf, Ratp, caisses d'épargne, banques populaires, société générale) est en phase de tes à Noisy-le-Grand puis à la gare Montparnasse

En mars 2000 Monéo et Modéus ont franchi une première étape vers la normalisation en fusionnant

La généralisation de ce moyen de paiement nécessitera une normalisation de toutes ces initiatives au niveau international:

Elles sont au nombre de 22 rien qu'en Europe !!! (Danmont, le pionnier au Danemark, Geldkarte (le leader avec 40 millions de cartes, mais à vrai dire peu utilisé) en Allemagne, Proton en Belgique, suisse et suède, Multibanco au Portugal, Chipnip et Chipper aux Pays Bas, Quick en Autriche, PME-Visa en Espagne, Minipay en Italie,...)

La viabilité économique de ce type de solution nécessitera sans doute cependant de réussir à mettre en place des cartes multifonctions: PME, billettique, carte de crédit, de débit, gestion des clés et des certificats,...)

Là encore le téléphone portable, dont personne ne prévoyait un tel développement au moment où tous ces projets ont été lancés pourrait mettre tout le monde d'accord voir page 153, d'autant plus qu'il offre maintenant la possibilité d'effectuer des règlements entre particuliers!. Les ventes aux enchères qui nécessitent un paiement de particulier à particulier a entrainé de multiples initiatives

Avec paypal, www.paypal.com il est possible de s'échanger de l'argent de la même façon entre téléphones qu'aujourd'hui des cartes de visite entre palm-pilot (par infrarouge ou demain par radio selon la norme bluetooth : "on se beame de l'argent"). lancé par une start-up (Confinity) début 2000, rachetée en mars 2000 par une banque online X.com www.x.com

Déjà aujourd'hui d'après Jean-Michel Billaut 500.000 produits sont payables par Paypal sur le site de vente aux enchères entre particuliers e-Bay

Par ailleurs, sur le même principe mais avec moins de fonctionnalités Wells Fargo a lancé Billpoint www.billpoint.com, Bank One, eMoneyMail www.emoneymail.com, Amazon.com Accept.com, www.accept.com, Ecommony,avec pay2card, eCount, Ipin,... : voir la revue de l'Atelier www.atelier.fr juillet 2000

1.4.1.2.2.2 Risques d'intrusion dans les systèmes informatiques :

Les programmes téléchargés, les documents en Word, les plug-in et les applets, les pièces jointes des mails peuvent véhiculer virus, "vers", bombes logiques, chevaux de Troie ou tout simplement des erreurs de programmes, volontaires ou non (bogues) susceptibles de créer de graves dommages ou de permettre à des tiers de pénétrer dans votre ordinateur (voir par exemple et symantec http://www.symantec.com) . Nuisants mais non dangereux les Hoax [7].

Des logiciels (antivirus www.hitchhikers.net/av.shtml , pare-feu www.interhack.net/pubs/fwfaq (firewall) ou renifleurs (sniffers www.faqs.org/faqs/computer-security/sniffers) apportent des éléments de réponse qui semblent satisfaisants dans la pratique, même si la protection n'est jamais totale, à condition qu'ils soient convenablement paramétrés et correctement administrés pour pouvoir détecter rapidement les éventuelles anomalies

Voir aussi http://www.greatcircle.com/firewalls-book/ http://reptile.rug.ac.be/~coder/sniffit/sniffit.html

Dans les entreprises visitées nous avons pu constater l'importance attachée, à juste titre, à cette question.

1.4.1.2.2.3 C'est un Far-West aussi en matière de droit et de police

Les risques de piratage, virus, problèmes des cookies, faux sites, fausses adresses, fausses nouvelles, inondation de mails publicitaires (SPAM),. ) sont effectivement bien réels : certes les règles du droit s'appliquent pleinement sur l'Internet, mais encore faut-il une police capable de l'appliquer ...et ceci au niveau international.

Il ne faut cependant pas sous-estimer la force de la Netiquette qui impose des règles de bonne conduite dans le monde des internautes : certes il y a des "outlaws", mais la pression de la communauté est forte (un célèbre cabinet d'avocats new-yorkais en a fait douloureusement l'expérience : 30 000 plaintes ont paralysé leur fournisseur d'accès et leurs droits d'utilisateur ont été révoqués par celui-ci, c'est ce qu'on appelle le "flame".)

Par ailleurs, dans le domaine commercial, se mettent en place des Cybertribunaux qui devraient fonctionner sur le principe de l'arbitrage :

Bien entendu ce mode de règlement des conflits implique qu'il y ait accord des parties à la signature des contrats avec définition du droit applicable (ce qui aujourd'hui est interdit en France pour les acheteurs particuliers).

1.4.1.2.3 Facturation complexe par absence d'une fonction kiosque

Ouvert en 1984 sur le 36 15, le kiosque a joué un rôle essentiel dans le développement et le succès du Minitel : Ce procédé consiste à inclure dans la facture téléphonique du client la facture des services télématiques, cette dernière comportant deux parties, l'une destinée à rémunérer les fournisseurs de services et l'autre à payer l'opérateur.

Tout le monde trouve son compte avec ce système :

Le fournisseur de services reçoit un versement global de l'opérateur. Il n'a pas à établir de facture individuelle (qui pourrait être très petite) pour chacun des utilisateurs de son service. En outre, il est payé par l'opérateur ce qui, pour lui, est une garantie très appréciable.

l'opérateur dispose de rentrées financières, alimentées par l'activité des fournisseurs de services,

Le client a une facture globale, jointe à sa facture téléphonique, système très commode, même si cela peut entraîner parfois des surprises désagréables pour un usager négligent ou distrait.

Par ailleurs, l'anonymat de l'usager est préservé. Celui-ci n'a nul besoin d'être abonné - donc repéré - aux services de son choix.

Nous verrons plus loin que des solutions se mettent progressivement en place pour assurer ces fonctionnalités sur Internet.( voir page 72)

1.4.1.2.4 Une lenteur parfois désespérante, plantages et déconnexions nécessitent patience et nerfs solides

Le transfert de données se fait encore la plupart du temps par la ligne téléphonique, la fameuse "paire de cuivre torsadée", dont l'exploitation analogique traditionnelle actuelle n'exploite que 0,4% des capacités de transmission

Cette situation devrait très rapidement évoluer, les capacités mises en place se développant au rythme de 15% par mois et de nombreuses nouvelles technologie devraient permettre une explosion des débits assortie d'un effondrement des prix voir page 145

1.4.1.2.5 Des règles issues du monde anglo-saxon: il sera difficile de réussir sans accepter d'en tenir compte

96% des sites de commerce électronique sont anglophones et 2% francophones (Malgré une intense activité de nos amis québécois qui à eux seuls, représentaient en 1998 30 % des sites francophones),

Pour l'ensemble des sites, l'anglais ne représente plus que 78% en 1998 et 86,6% en février 2000 mais le français n'est que la sixième langue du web (4,4% en fev 2000, en recul d'une place par rapport à l'an dernier avec le développement du chinois) après le japonais (7,2%), l'allemand(6,7%) le chinois (5,2%) et l'espagnol (5,2%) (source DREE-CFCE)

. pour les nouveaux sites 22% sont en espagnol, 14% en allemand, 12% en japonais et 10% en français d'après le site canadien www.cefrio.qc.ca (Le total est supérieur à 100 car de nombreux sites sont multilingues)

Cependant, comme Jacques Attali le souligne, à l'inverse, Internet offre une chance aux langues rares (car il permet à faible coût l'édition de documents) et ceci est particulièrement intéressant pour les communautés dispersées à travers le monde et qui veulent conserver un lien avec leur culture.

voir aussi www.oecd.org

1.4.2 Quoi de plus que les RÉSEAUX d'échange de données professionnels existants ?

Actuellement, la plupart des applications professionnelles impliquant des transmissions de données entre sites distants utilisent des réseaux de télécommunications spécialisés : TRANSPAC, liaisons spécialisées point à point, réseaux à usage privatif constitués à partir de liaisons spécialisées et d'équipements de réseau (multiplexeurs, etc.), voire réseau téléphonique commuté public avec équipements d'accès incluant des modems.

C'est le cas des applications de type accès à des bases de données professionnelles, d'échanges de données administratives: EDI  Echange de Données Informatisées (commandes, factures,...) d'Echange de Données Techniques EDT (plans, fichiers de description de pièces issues de la CAO), transferts de fichiers, etc., et ceci dans de nombreux domaines d'application : banques, administrations, grandes entreprises de production, commerce, transports, etc.

Par rapport à ces réseaux de données, l'utilisation d'Internet présente un certain nombre d'avantages et d'inconvénients.

1.4.2.1 Moins onéreux et plus évolutif :

Solution beaucoup moins chère notamment pour les échanges de données techniques, administratives ou financières informatisées, parce que basée sur l'accès au "Réseau" pour le coût d'une communication locale (les marges prises par les intermédiaires "à valeur ajoutée"(SVA) de type Allegro, Atlas, Geis, Cegedim, Edilectre,.., bien qu'en forte baisse, sont souvent considérées comme abusives.) 

Le DoD (Department of Defense des USA ) estime que le coût d'expédition de 4 Megabit d'information technique passe de 816$ pour un SVA à 20$ pour EDI sur TCP/IP (l'évolution qui se dessine des traducteurs EDI vers XML-EDI devrait encore accroître cet atout voir page 128) :

c'est la solution retenue par la Société Roll Gom fabricant de roulettes pour poubelles près d'Arras www.mpr.fr pour sa liaison avec sa filiale aux USA.

Possibilité d'accéder d'entrée de jeu à de très nombreux interlocuteurs, sans avoir à se préoccuper de la constitution d'un "réseau" de correspondants, pourvu que ces interlocuteurs aient eux-mêmes accès à Internet.

1.4.2.2 Mais une moindre qualité de service (garantie de sécurité et de débit)

Les réseaux de données professionnels et en particulier les intermédiaires "à valeur ajoutée" apportent une plus grande sécurité et une garantie de qualité professionnelle pour l'acheminement des communications et des échanges  (mais l'évolution de la norme IP de la version 4 à la version 6 (IPv6 www.ipv6.org) devrait répondre à l'essentiel de ces besoins: Le système d'adressage d'IPv6 permet en outre de répondre à l'explosion du nombre d'adresses en permettant d'en créer "une par prise de courant" voir phoebe.urec.fr/G6/ et www.ietf.org) .

De même l'émergence de réseaux internet "classe affaire" devrait répondre à cette préoccupation essentielle pour certaines applications ( voir page 130)

Il n' existait jusqu'à récemment sur Internet peu de logiciels permettant les échanges professionnels correspondant aux différents types d'application, banques, commerce, EDI, etc. (les échanges se faisaient le plus souvent comme pièces attachées d'un e-mail), mais là encore la situation évolue très vite notamment pour l'EDI.

1.4.3 Les TECHNOLOGIES Internet : quoi de plus que les systèmes propriétaires ?

1.4.3.1 Des avantages majeurs :des logiciels plus abondants d'une qualité supérieure et moins cher

Les nouveaux protocoles et logiciels sont basés sur des standards ouverts, ils sont donc compatibles entre eux quel que soit leur éditeur et sont d'une grande simplicité d'emploi

L'immense marché ainsi créé a entraîné une extrême abondance de logiciels de très grande qualité et d'une fiabilité éprouvée puisque les principaux d'entre eux ont été testés par une communauté de dizaines de millions d'utilisateurs sur le plus grand et le plus complexe des réseaux existant

Les changements d'ordre de grandeur du nombre de clients, ont permis un effondrement des prix et dans de nombreux cas les logiciels de base, de qualité professionnelle, peuvent même être obtenus gratuitement.

Par ailleurs ils offrent une robustesse et une sécurité beaucoup plus grande grace au caractère public des sources qui permet d'en détecter et d'en corriger les défauts et dissuade l'éditeur d'installer de "backdoors" permettant de pénétrer sans autorisation chez les clients

1.4.3.2 Le paradoxe des Logiciels Libres

Depuis le milieu des années 90 se sont développé des logiciels de base (système d'exploitation, serveurs, navigateurs, traitements de texte) mais aussi des logiciels d'application, sur une base analogue à celle des normes : élaboration coopérative, documentation (codes source) publics et souvent gratuité totale

Contrairement à ce que certains pourraient croire le développement des logiciels libres ne relève pas de la philanthropie, que personne n'attendrait de firmes comme IBM, Compaq, Dell, HP, AOL ou SUN, mais relève d'une profonde logique économique, un peu sur le même principe que les standards, car ils fournissent les bases d'un marché de développement d'applications et de services concurrentiels et donc très actif et qui bénéficie aux développeur et non à l'éditeur propriétaire de la plate-forme de développement.

De plus le mode même d'élaboration conduit à des logiciels beaucoup plus fiables infiniment moins gourmands en ressources informatiques, totalement conformes aux normes d'interopérabilité et adaptables aux besoins (pour les grandes entreprises la gratuité n'intervient guère dans les critères de choix)

C'est pourquoi maintenant, très souvent ces développements se font dans le cadre de consortium pour mutualiser les coûts

Principaux handicaps : psychologiques

Echo, le moteur de recherche choisi par France Télécom pour sa page d'accueil, son site portail www.voila.fr a opté pour Linux, installé sur de classiques PC: "Echo tourne sur un ensemble de matériel qui nécessite environ 1 MF, quand Altavista réclame 50 MF pour ses serveurs Unix" Michel Bisac, un des 2 patrons de l'entreprise

"en utilisant Linux, nos clients vont pouvoir bénéficier de la robustesse de notre matérielS/390 qui ne connaît que 10 minutes d'arrêt par an" déclarait aux Echos, Daniel Bakouch, Directeur grands systèmes d'IBM

"nous allons pousser pour que Linux devienne le standard pour le développement d'applications" Irrwing Wladawsky-Berger vice-président stratégie et technologie d'IBM

A budget donné les entreprises peuvent consacrer davantage de moyens au conseil, à l'assistance technique et à la formation qui sont des investissements essentiels au succès, parfois trop négligés

Sur le plan de l'économie nationale ceci permet, à dépenses constantes de localiser davantage de valeur ajoutée et d'emploi dans notre pays: des entreprises comme Suse et Red Hat, Caldera qui se sont spécialisées dans les services autour des logiciels libre (élaboration de packages les "distributions", hot line,...) sont très profitables

Andover.net www.Andover.net (racheté depuis lors) avait début 2000 une valeur bousière de 1 Milliard de dollars, VA Linux www.valinux.com de 9 Milliards et Red Hat www.redhat.com de 19 Milliards

En Allemagne le leader est Suze www.suse.de

De même en France se sont crées de nombreuses sociétés capables de concevoir d'implanter des solutions Linux dans les entreprises : Alcove www.alcove.fr, mandrake www.linux-mandrake.com , Atrid,...

Autre avantage pour les développeurs d'application : ils ne se retrouvent plus à la merci d'un gros éditeur qui, détenant le code source est dans un rapport de force léonin avec eux

"les éditeurs peuvent avec leurs logiciels développés pour Linux, gagner le marché pour eux-mêmes et pas pour Microsoft" (Barry Ariko AOL).

et inversement:"now we have to stay on the shouders of Microsoft. not on his feet" Barry J Folson Placeware www.placeware.com séminaire Aftel NY nov98

C'est la raison pour laquelle 28 multinationales (dont Nortel, Daimler Chrysler, Corel et Ericson) se sont regroupées pour faire pression sur les gouvernements européens et canadiens afin de promouvoir l'utilisation de logiciels libres et 4 ténors (IBM, HP, NEC et Intel notamment) ont décidé à l'été 2000 de financer un laboratoire indépendant pour développer des versions de Linux adaptées aux ordinateurs multiprocesseurs de très grande puissance

Citons par exemple

Des PC préinstallés Linux sont attendus très prochainement Cumetrix www.suredeal.com a annoncé une machine de puissance tout à fait convenable à 299$

Voir www.aful.org et www.europe.inside.com .

Un avantage, extrêmement important, de ces logiciels est la possibilité d'accéder au code source, de pouvoir le modifier et d'être en mesure de vérifier qu'il ne comporte ni "bogues" (erreurs de programmation) ni porte d'entrée indiscrète (backdoors) permettant d'accéder au contenu de votre ordinateur

De nombreux produits à codes non publics se sont fait prendre la main dans le sac comme Dansie www.dansie.net (Netsurf): l'entrée d'un mot clef dans un formulaire de commande permettait de prendre à distance le contrôle de la machine, de plus ce mot de passe était mal dissimulé, ce qui fait que n'importe qui pouvait prendre le contrôle des machines utilisant ce produit...

Ces "backdoors" qui ont été mises en évidence, à un rythme quasi mensuel, dans des produits leader du marché comme le mouchard de Windows 98 qui a récemment défrayé la chronique.

Parmi les innombrables exemples rappelons les dernier découverts

le 8 juin 1999 le spécialiste de la sécurité eEye www.eeye.com trouvait un bogue qui mettait gravement en péril les serveurs IIS v4 et, face l'absence de réaction devant ce trou gravissime qui permet à n'importe qui de prendre le contrôle du serveur par Telnet, il publie sur son site le programme IIShack qui exploite le bogue sans laisser aucune trace: c'est alors seulement que Microsoft réagit...en commençant par protester! (Netsurf août 1999)

Plus grave en Août 99 le serveur de messagerie Hotmail montre la faiblesse de sa conception en permettant à n'importe qui, suite à l'intervention d'un pirate suédois assisté de quelques collègues américains, de consulter la messagerie (et les archives) de tout internaute abonné ou d'expédier un message depuis son adresse: "journée portes ouvertes" comme le soulignait malicieusement le journal Les Echos

Selon Netsurf (février 2000) le célèbre assistant d'installation de Windows98 envoie à l'éditeur vos données personnelles ainsi qu'une liste du contenu de votre disque dur

Outlook express, du même éditeur ne cesse de montrer des failles de sécurité : le simple fait de lire un mail peut avec ce logiciel permettre à un virus comme bubble Boy de contaminer votre ordinateur, ou par l'intermédiaire du chargement d'une image invisible à l'oeil nu d'initialiser un cookie qui permettra de vous identifier par votre adresse lors de vos prochaines connections

en Septembre 1999 Andrew Fernandez directeur scientifique de Cryptonym's mettait en évidence une clef secrète qui serait susceptible de donner accès à la NSA (National Security Agency) aux clefs secrètes utilisées par l'internaute

Nov 99 un nouveau type de virus apparaît: Bubbleboy: il s'active à la seule lecture des messages mais uniquement avec les logiciels microsoft (Internet Explorer, Outlook Express)

En Avril 2000 après la découverte par une société de commerce électronique (Clint Logic) d'un curieux "oeuf de Pâques" (un bout de code fonctionnellement inutile où les programmeurs font des "figures de style"), Microsoft est obligé de reconnaitre que ses ingénieurs "absolutely against our policy" se sont en fait réservé la possibilité à travers une "entrée de service" leur permettant d'accéder illicitement aux serveurs de ses clients (sans doute pour accroitre la qualité de la maintenance préventive?). microsoft avait ainsi accès à toutes les données commerciales confidentielles. Le mot de passe pour ouvrir cette porte était "les ingénieurs de Netscape sont des couillons (weenies)"

en septembre 2000 nouvelle alerte La Privacy Foundation révèle en effet qu'un bogue présent dans la suite bureautique de Microsoft permet à des particuliers ou des entreprises de glisser des "web bugs" dans les fichiers Word, Excel ou PowerPoint, téléchargés sur Internet. Ces petits points d'ancrage d'un pixel carré, véritables mouchards du Web, permettent de suivre le document en question et éventuellement de récolter des informations confidentielles.

en 2000 les Virus IloveYou, Joke et Melissa avec leurs milliards de dollars de dégats et RESUME qui permet de voler les codes secrets des ordinateurs infectés ont mis une nouvelle fois en évidence ausi bien les trous de sécurité de Outlook express que les faiblesses de Windows notoirement connus et pour autant non réparés

fin 2000 le site de l'entreprise montre lui-même ses faiblesses structurelles en étant profondément pénétré par des Hackers qui ont pu accéder aux codes source les plus secrets de la compagnie

est-il aujourd'hui raisonnable de mettre des informations sensibles sur un serveur Windows?

Ces logiciels sont ainsi considérés comme plus sûrs : 250.000 personnes bénévoles (et volontaires) assurent les tests, ce qu'un éditeur privé ne peut évidemment pas faire

C'est la raison pour laquelle l'Etat Major de la marine américaine à choisi LINUX pour son système de commandement et la marine pour ses systèmes d'arme embarqués (de même que Schlumberger, la poste américaine, l'Oréal, Ikea, ...). Le Gartner Group recommande cette option à ses clients, même aux PME (Industrie et Techniques novembre 1998)

Enfin ces logiciels qui n'ont pas vocation à pousser à la consommation sont en général beaucoup moins volumineux pour les mêmes fonctionnalités (Roberto di Cosmo www.dmi.ens.fr/~dicosmo parle à propos de Microsoft d' "obésitiels") et ne sont pas atteints d'obsolescence programmée.

Pour en savoir plus voir www.smets.com et www.freepatents.org/liberty

1.4.3.3 Aucun inconvénient identifié

C'est la raison pour laquelle la mutation vers les Intranet et extranet se fait aux USA à une vitesse fulgurante

1.5 jamais une nouvelle technologie ne s'était imposée aussi rapidement

En tout état de cause Internet a déclenché un gigantesque mouvement de fond. Jamais une technologie ne s'était répandue aussi rapidement au niveau mondial : pour atteindre 30 millions de personnes l'automobile a mis 40 ans, Internet 5 ans

Document aimablement fourni par Xavier Dalloz. Animation ppt à www.yolin.net/croissance.ppt

De plus en plus de personnes pensent aujourd'hui que cette technologie, conjuguée à l'accès nomade, touche à la valeur de paramètres aussi essentiels que l'espace et le temps, et qu'elle modifie les relations de pouvoir dans les organisations et réduit les pouvoirs des Etats,

"Malgré les discours rien ne changeait vraiment . le vrai déclic ne s'est produit que tout récemment. Le phénomène internet a pris comme un feu de poudre dans les entreprises américaines. Il embrase aujourd'hui l'Europe. l'Internet devient l'outil d'une révolution culturelle dans l'entreprise (Jean-Marie Messier président de Vivendi )

"j'estime pour ma part ,que la révolution de l'imprimerie, dite de Gutenberg, n'a rien été au regard de celle qui s'annonce, des techniques de l'information ...en sidérurgie comme dans n'importe quel autre secteur" Francis Mer, président d'Usinor

de ce fait elles considèrent qu'elle va déclencher un nouveau cycle économique, social et politique

Qui peut raisonnablement prendre le risque de l'ignorer ?

Encore faut-il voir en quoi précisément chacun est concerné

2 Un degré d'implication des entreprises dans Internet qui dépend aujourd'hui fortement du poids relatif du coût informationnel dans leur valeur ajoutée

2.1 L'information une part majeure et toujours croissante de la valeur ajoutée

De plus en plus fréquemment, le contenu informationnel dans un produit dépasse, en valeur, son contenu en énergie, en matière première et en heures de travail manufacturier.

Nous entendons par coûts informationnels :

de plus la compétitivité d'une entreprise, liée à la pertinence de ses décisions, dépend largement de la qualité des informations dont elle dispose et de sa capacité à les capitaliser et à les traiter.

Elle dépend également de sa réactivité et donc de la performance de son "système nerveux".

Tous ces processus touchant l'information, sa production, sa consommation, son échange, son traitement ou sa capitalisation sont susceptibles d'être concernés par les technologies de l'Internet.

2.2 Internet: une mutation majeure dans les processus économiques, il écrase le temps en lançant l'ensemble des phases simultanément et non l'une après l'autre

C'est là une des principale modification qu'Internet apporte au fonctionnement de l'économie (et donc à terme à sa structuration) et pourtant peu la perçoivent dans toutes ses conséquences

2.2.1 aujourd'hui des stades de production effectués les uns après les autres

Prenons l'exemple d'un fabricant de meubles :

2.2.2 vers un processus continu: délais écrasés, stocks supprimés, une personnalisation de masse

Une des mutations majeures entrainée par l'Internet est la remise en cause radicale de ces process de conception, de production et de vente :

Jusqu'alors, dans l'économie traditionnelle, chacune des opérations (prise de commande, approvisionnement, production, appel à des sous-traitants, livraison,...) était initiée et lancée l'une après l'autre: on était dans un processus économique "séquentiel"

Ce que permet l'Internet, en interconnectant l'ensemble des acteurs de la chaîne, c'est de lancer l'ensemble de ces opérations simultanément. On passe ainsi à un processus "continu" avec comme principale conséquence un écrasement radical des délais

C'est cette mutation qui permet (nous le verrons moins) de produire des objet "sur mesure" pour chaque client, avec des prix d'une production de masse, des délais de livraison inférieure ceux de l'économie traditionnelle tout en évitant d'avoir à financer des stocks

Dans la nouvelle organisation qui se dessine, l'ensemble des opérateurs est interconnecté grâce à l'Internet, véritable système nerveux qui les relie entre eux (on appelle cela un "extranet" voir page 124),

Demain notre client trouvera chez lui ou chez son marchand, un outil de simulation et de visualisation lui permettant de "créer" sa bibliothèque en fonction de ses gouts, de ses contraintes de place et de son budget (mensurations, tiroirs, partie vitrée, accessoires,...): lorsque son choix sera fait son "clic" de commande n'envoie pas une simple "information" mais une "instruction" qui traverse sans délai l'ensemble des maillons de la chaîne de production-livraison-paiement sans aucune resaisie

Lorsque que le client lance sa commande, celle-ci "'irrigue", d'un clic, sans aucun délais, chacun des acteurs avec les instructions qui le concerne : il lance de ensemble des processus de fabrication, de facturation et de paiement: Ce qu'il envoie alors sur l'Internet, ce n'est pas seulement des informations, mais des instructions exécutoires.

Sans aucune resaisie intermédiaire, les mensurations qu'il aura choisies iront directement commander la machine à commande numérique qui usinera les panneaux dans l'usine, initiera les commandes de serrurerie, lancera la production chez les sous-traitants concernés, organisera la logistique pour la livraison, transmettra les ordres de paiement relatifs à chacune de ces opérations, entrainera la passation de l'ensemble des opérations comptables...

La valeur ajoutée des différents opérateurs change alors profondément de nature. Elle se situera en particulier dans la définition préalable de l'ensemble des process: ceux-ci devront faire l'objet d'une programmation afin de pouvoir être déclenchés automatiquement par les choix du client (programmation de la machine-outil, processus comptable, organisation de la logistique,...)

L'action des acteurs se situe dorénavant au niveau du contrôle de ce process (notamment de la gestion des anomalies qui permet d'en améliorer l'efficacité) et non plus de son exécution qui est automatisée

On comprend ainsi comment cette nouvelle organisation, permise par les technologies de l'Internet, peut écraser les délais et éviter d'avoir à constituer les stocks de produits aujourd'hui nécessaires pour être en mesure de répondre dans des délais courts au client (et cela avec des produits qui correspondent seulement "à peu près" à ses besoins) voir l'exemple des meubles Grange page 29 ou de Buronomic (heberge chez Agemob www.agemob-France.com)

On voit également en passant les évolutions que cela peut entrainer en matière d'urbanisme et de compétences des commerciaux : aujourd'hui les magasins sont immenses, plutot en périphérie à cause des impératifs de stocks et de parking. Demain ils pourraient être plus petits, réduits à des boutiques d'exposition en centre ville (il sera encore longtemps demandé par le client la possibilité d'évaluer la qualité du meuble en le touchant) avec des vendeurs-conseillers-décorateurs

Animation ppt accessible à www.yolin.net/process.ppt

Mutatis mutandis, avec une organisation industrielle infiniment plus complexe ( voir page 140) l'industrie automobile bascule dans cette nouvelle organisation avec pour objectif

de fournir aux clients exactement la voiture qu'il désire (et non le modèle en stocks qu'un "bon" garagiste arrivera à lui "fourguer" éventuellement avec une remise) : Renault estime

"Cela va nécessiter une adaptation de l'outil industriel et la formation de 28000 personnespour être capable de produire une voiture avec un préavis de 5 jours ...internet va booster la diversité des modèles ... jusqu'à présent nos voitures neuves attendaient les clients qui devaient se rabattre sur les modèles disponibles" (André Bodis, Renault aux Echos

Bien entendu, tout au long de cette chaîne, le produit et ses composants seront très précisément localisés avec un suivi qualité continu

Derrière cette digression d'apparence très technique se cache une profonde révolution :

2.3 L'Internet au service tant de la compétitivité que de l'expansion

2.3.1.1 Les technologies de l'Internet et la compétitivité

Internet, outil de transactions, permet de réduire les coûts de télécommunications (téléphone, fax, transmissions de données) d'informatique (en échappant aux logiciels "propriétaires" ).

Cisco, une des entreprises les plus engagées dans Internet (CA sur Internet 7,9 milliards de dollars en 1999) considère qu'elle économise chaque année 70 millions de dollars de téléphone.

Mais il permet également de gagner en flexibilité, coûts de gestion, de stocks, de logistique en coût des approvisionnements, de SAV, de financement.

Dell www.Gigabuys.com qui vend 50M$ par jour en 2000, arrive ainsi a faire tourner son stock 61 fois par an!, c'est un atout majeur dans sa compétition avec Compaq. On peut même considérer que son stock est négatif puisqu'il vend son ordinateur avant même que la plupart des pièces pour le fabriquer ne soit approvisionnées de ses sous-traitants

Heineken www.heineken.com a fait passer son délai de livraison aux US de 12 à 6 semaines grâce à son extranet Hops (Heineken Operational Planning System) qui le relie avec ses 400 distributeurs

2.3.1.2 Les technologies de l'Internet et le développement

L'ouverture sur le monde qu'offre le World Wide Web et ses outils de publication et de navigation permettent d'accéder à des nouveaux clients, de nouveaux marchés, à de nouveaux partenaires, à de nouveaux collaborateurs, ou à de nouveaux fournisseurs.

2.3.1.3 Internet et la création d'entreprises :

Pour les nouveaux créneaux de marché, qu'il offre, le développement de nouveaux outils qu'il suscite, Internet est également un gigantesque réservoir de création de nouvelles entreprises voir page 175

Certaines entreprises prisonnières de leurs structures ne sauront pas s'adapter et disparaîtront, d'autres ne prendront conscience de ce défi que trop tard : il faut que de nouvelles entreprises s'apprêtent à prendre la relève

Il peut s'agir

Aol 350 milliards $, Yahoo! 115 milliards $, Cisco 580 milliards $, soit plus quela valorisation cumulée de Ford, General Motors, DaimlerChrysler et Fiat), Dell 109 milliards $, Amazon.com 34 milliards $, e-bay 24 milliards $, E-trade 12 milliards $, sans parler de Microsoft qui a atteint un sommet de 600 milliards de dollars:

Les 10 premières start-up, toutes américaines, toutes (sauf une en 7ème position dans les biotechnologies) sont dans le domaine de l'Internet et ont une capitalisation qui approche 1.000 milliards de dollars.

Rappelons pour fixer les idées quelques capitalisation de grands groupe traditionnels en milliards de $: Bayer 31 Unilever 30, Saint Gobain 12, walt Disney 72, Michelin 5, Fiat 10, Usinor 3, Accor 8, Peugeot-Citrën 10, Air Liquide 12, Carrefour 56

Certes la plupart des gens sérieux prévoient pour bientôt un séisme boursier et ils auront nécessairement raison un jour, mais notons toutefois que cette prévision de catastrophe imminente était déjà faite mi-96 et que depuis cette époque les capitalisations ont été multipliées par plus de 10: la chute des cours de 57% d'amazon.com entre avril et août 1999...limite sa progression à 267% sur 1 an !!

Il faut avoir les nerfs solides pour ce type d'investissement et certains traders embauchent des psychanalystes pour leurs clients: l'actualité montre que ce n'est pas toujours suffisant (13 morts à Atlanta en juin 1999 à la suite de la déprime d'un épargnant déçu)

Un financier aussi avisé que George Soros a perdu au premier semestre 700M$ en pariant sur la baisse des cours depuis longtemps imminente des valeurs internet...

Les Echos citent la prévision d'un magazine spécialisé dans les hautes technologies, le célèbre Red Herring, qui, en septembre 1996, pariant sur l'" éclatement prochain de la bulle spéculative " illustrait son propos par le cas du moteur Excite, indiquant "la société est aujourd'hui valorisée à 177 millions de dollars mais son futur ne semble pas aussi brillant que son présent" : elle vaut aujourd'hui 8 milliards de dollars.

2.3.1.4 Faire une distinction entre PME et PMI n'apparaît pas pertinent

Il ne serait donc sans doute pas judicieux de s'en tenir pour cette réflexion à une définition trop restrictive de la PMI: le champ pertinent ici semble être la PME, avec une attention toute particulière pour celles qui sont directement ou indirectement confrontées à la concurrence internationale (services à l'industrie, plate formes commerciales, tourisme, industries culturelles, agroalimentaire,...)

De même il convient de souligner, comme le rappelle Christophe Lambrecht que les TPE (Très Petites Entreprises) sont particulièrement bien placées pour saisir ces opportunités et bénéficient de mécanismes décisionnels particulièrement bien adaptés à la réactivité nécessaire dans ce domaine (et nous avons pu constater au cours de cette mission, comme de nombreux exemples l'illustreront plus loin de très remarquables réalisations de micro-entreprises)

Il convient néanmoins de distinguer différentes catégories d'entreprises selon leur positionnement dans le champ de l'information

2.4 Les entreprises directement concernées par le fonctionnement d'Internet: nous n'avons sans doute rien à leur apporter mais beaucoup à apprendre d'elles

Quelques exemples :

Certaines d'entre-elles (fabricants de cartes, de terminaux, ... ou de tapis de souris comme NOVA Mouse Pad à Novalaise en Savoie ( www.novasmic.com) sont confrontées à des problèmes sensiblement identiques aux PME travaillant dans des secteurs traditionnels: Il serait sans doute instructif de voir comment elles exploitent l'atout que représente pour elles l'immersion dans le contexte Internet (en particulier pour le fonctionnement en réseau, l' "écoute" du client et l'organisation de communautés virtuelles).

Elles ont une vocation naturelle d'avant-garde et de défricheurs.

2.5 Les industries dont le métier consiste à produire ou à traiter de l'information : des clients naturels...mais qui vont devoir repenser leur métier

Quelques exemples :

Internet leur permet à la fois :

"le développement d'un nouveau produit nécessite la coopération de nos filiales localisées dans 9 pays pour prendre en compte cultures et sensibilités locales" Thierry Huynh d'UBISoft

Les entreprises de cette catégorie devraient donc être rapidement des clients d'Internet (si ce n'est pas déjà le cas) même sans mesures incitatives spécifiques

2.5.1.1 Les producteurs de logiciels

Ils ont bien naturellement été parmi les premiers à développer ce que l'on appelle l'ESD (Electronic Software Distribution) encore handicapé aujourd'hui par la faiblesse de la bande passante qui oblige à pratiquer la distribution mixte (commande on-line et envoi postaux)

Pour les logiciels des grands éditeurs, Beyond www.software.net et BuyDirect www.beyond.com ont été les précurseurs en 1994 aux US. En France Softgallery www.softgallery.fr a ouvert la marche en 1997

Pour les "shareware" produits par des particuliers ou de petites structures qui ne pourraient pas utiliser les circuits de vente traditionnels, une floraison de sites les proposent: Tucows www.tucows.com le plus gros répertoire de shareware a lancé eBarn www.ebarn.com , mais voir aussi Shareware.com www.shareware.com, Download.com www.download.com, ShareIt www.shareit.com, Kagi www.kagi.com , RegSoft www.regsoft.com. Yaskifo www.yaskifo.com fait de même sur le marché français

Une idée intéressante pour pallier la déficience de nos réseaux: est la distribution gratuite dans les magazines informatique de logiciels "verrouillés" et la vente des clés permettant leur décryptage sur internet, permettant d'utiliser la licence: c'est l'ELD Electronic Licence Distribution (que pratique BitSource www.bitsource.com)

2.5.1.2 Les éditeurs de journaux et magazines (papier, radio ou TV)

En 2000 nous n'avons trouvé aucun organe de presse (journal, radio, télévision) qui n'ait une activité Internet (ou tout du moins un projet annoncé) et souvent les développements dans ce domaine sont présentés comme le coeur de la stratégie (Reuter, Pearson, Reed Elsevier, Thomson Corp,...) ....et une floraison de nouveaux titres liés à la Net-économie sont apparus

Reed Elsevier qui ne réalisait que 18M$ de CA sur Internet a annoncé en 2000 sa décision d'y investir 1,2Millards de dollars et le groupe Pearson 400M$. Thomson Corp a mis en vente ses 54 titres de presse pour se recentrer sur le Net

Internet est en même temps un concurrent (en tant que média) et une opportunité de développement pour une industrie de production de rédactionnel. Concernant le premier point l'enquête réalisée en 2000 par l'Association Mondiale des Journaux montre que la Télé a plus souffert que la presse écrite : les premiers au classement mondial du taux de pénétration de la presse écrite (Norvège, Finlande, Suède) sont les mêmes que pour Internet (la France occupe le 28ème rang).

Ces dernières années l'une comme l'autre ont fortement profité de l'explosion des investissements publicitaires de entreprises "Internet"

Le risque est cependant de croire qu'il serait possible d'utiliser Internet sans repenser profondément le métier afin d'être en mesure de répondre aux attentes des clients actuels (ou futurs) et des annonceurs potentiels ainsi que de trouver le modèle économique pertinent.

"Aujourd'hui la rubrique la plus visitée de TF1 est...la caméra qui depuis le toit permet de voir la circulation sur le boulevard périphérique!" déclarait en 1999 Louis Rougier de Médiangle www.mediangles.fr)

Ils devront créer, à partir de leurs compétences (fonds documentaires, capacité de synthèse, branchement sur l'événement,...) des produits totalement nouveaux.

Cela a conduit certains, comme le Monde à filialiser l'activité (Le Monde Interactif dirigé par Alain Giraudo et animé par Michel Colonna d'Istria) pour les protéger des pesanteurs culturelles de la maison mère et permettre d'accueillir des partenaires au capital.

Les DNA, comme la plupart des titres de la PQR (Presse Quotidienne Régionale), avaient déjà franchi le pas depuis longtemps pour le minitel (SdV Plurimédia, ce qui explique peut-être qu'ils furent les premiers de la PQR à se lancer en 1995)

Il serait par exemple tout à fait absurde de mettre simplement le journal papier, tel quel, sur le Web (ce qui serait du "shovelware") en facturant le prix d'un exemplaire sous prétexte que l'on perd peut-être un lecteur

Les journaux américains l'ont bien compris en se regroupant pour créer des concepts totalement nouveaux voir le site de la "newspaper association of America" www.naa.org

le Monde www.lemonde.fr , 4 millions de pages vue par mois et Ouest-France www.France-ouest.com envisagent de suivre cette voie avec le projet ETEL mené par Christian Philibert)

Cette approche permet en outre de constituer des fichiers de clients facilement valorisables car l'éditeur connaît leurs préoccupations (et nous verrons plus loin l'importance de tels fichiers dans l'économie du Net ainsi que les problèmes déonthologiques que pose leur commercialisation)

Net2One www.net2one.fr créé par Jérémie Berrebi fournit gratuitement des revues de presse personnalisées en fonction de mots clés. Riche de 70 000 utilisateurs, elle vend des profils aux annonceurs qui peuvent ainsi mieux "cibler" les internautes

USA Today www.usatoday.com ,après un premier essai non concluant de vente sur abonnement a adopté la gratuité. Il est maintenant N°1 des sites de presse sur Internet avec 135 personnes, en majorité journalistes (seniors issus de l'édition papier et jeunes recrues), 1 million de visiteur par jour et 7 millions de pages consultées et il gagne sa vie. 33% de ses revenus proviennent des commissions sur les ventes (10 à 50%) opérées par les marchands vers qui les lecteurs ont été orientés par la pub du journal

560 journaux américains se sont regroupés pour créer un site www.adquest.com pour essayer de reprendre la main face à des nouveaux venus comme www.themonsterbooard.com qui en ont fait une spécialité et non une annexe "vache à lait" leur permettant d'être beaucoup plus compétitifs pour le client

de même 8 grands groupes de presse (140 journaux) ont fondé www.classifiedventures.com qui a créé www.cars.com, www.apartments.com et www.newhomenetwork.com

en Grande Bretagne 7 groupe de presse (560 titres, deux tiers des PA) ont fondé www.adhunter.co.uk (400.000 véhicules, 60.000 emplois par semaine) : 1 million de pages vue par mois 6 mois après son lancement en 1997

Notons l'initiative de Spir communication spécialisé dans la presse gratuite (132 titres), et qui n'a pas de ce fait à craindre une cannibalisation de son édition papier et qui avec www.petites-annonces.fr regroupe 200.000 petites annonces "la Sentinelle" vous offre la possibilité d'être alerté par mail lorsqu'une annonce concerne un centre d'intérêt que vous lui avez signalé.

Même démarche pour Comareg (le leader avec 165 publications, 15 millions d'exemplaires par semaine, distribués à 80% des foyers français 11 millions de PA) www.bonjour.fr, filiale d'Havas:

L'option de départ de ne pas apporter de valeur ajoutée spécifique et de faire payer les consultations limitait les visites (60.000 utilisateurs par mois). La décision prise mi-98 de passer à la gratuité tout en enrichissant le site (multiplication par 10 du coût du site) par un riche contenu éditorial (conseil techniques, actualité du secteur, informations locales, agendas,...) et des services nouveaux (offres financières, bonnes affaires, voyages, pages jaunes,...) a conduit a une explosion de la fréquentation (+30% par mois dixit Marc Duteil directeur marketing)...sans pour autant entamer l'offre payante du minitel (+15% sur 1 an)

Toutéla de Pierre Saliceti essaie de développer en France le modèle de Classified (racheté par Excite), profitant dit-il de l'absence de PA sur le web français pour produire une base de petites annonces (insertions gratuites mais vérifiées) distribuées par l'intermédiaire de partenaires (portails, médias,...)

En 1999, la CGIP est devenue l'actionnaire de référence du groupe Canadien Hebdo Mag (180 publications dans 14 pays dont La Centrale des Particuliers www.lacentrale.fr) qui a pris le nom de "trader.com" pour s'introduire en bourse début 2000. Avec 17 sites Internet il a vendu plus de 30 millions d'annonces

Pressed www.pressed.com donne accès (payant) à 8,5 millions d'articles de l'AFP et des journaux de référence de la presse française publiés depuis 1983

Libé www.liberation.com (4 millions de pages vue par mois dont 45% depuis l'étranger, précurseur de la presse nationale avec un site ouvert dès mai 1995) fournit ainsi dans l'édition électronique un véritable prolongement du journal papier

Les Echos (Philippe Jannet) www.lesechos.com La Tribune (Frédéric Filloux) www.latribune.fr ou Investir (Elisabeth Chamontin) www.investir.fr ont su créer des bases de données économiques qui deviennent des outils de référence.

Aux Echos l'Intranet a été installé en même temps que le web : il sert à récupérer l'information (Bloomberg, AFP, Reuter,..), mais aussi à la production des articles par les journalistes, à la validation par la rédaction et à la mise en page.

Trois journalistes à temps plein, sur une équipe limitée à 12 personnes grâce à une automatisation poussée, assurent le "retraitement" pour le web en ajoutant des liens vers des dossiers, des biographies ou d'autres sites: la consigne est "d'ajouter de la profondeur

Une grande partie du site est gratuite mais l'accès à l'ensemble des informations est payante, soit à la consultation soit par abonnement (1000 à 2000F/an)

Un service de presse pour Intranet se met en place cette année en association avec les principaux journaux économiques mondiaux (Wall Street, Frankfurter, Financial Times, El païs, Il Sole,..) et elle permet une diffusion personnalisée en fonction du profil d'intérêt de chacun avec une fonction d'alerte

Pourquoi pas à terme une fonction de courtage électronique?

Au niveau de la maison mère (le Groupe Pearson), ce n'est pas moins d'une centaine de journalistes qui travaillent sur le "portail économique global ft.com

La souplesse du web lui permet d'approvisionner l'information en continu (news, cours de bourse,...), - sans aller toutefois, comme Europe 1 www.EuropInfos.com jusqu'à "offrir de l'information à flux tendu disponible même sur le GSM-SFR avec service d'alerte personnalisé" (Edmond Zucchelli) - , et en même temps de pouvoir immédiatement accéder aux archives de l'entreprise ou du dossier concerné permettant ainsi une mise en perspective

Selon l'étude menée par l'école de journalisme de l'Université Columbia 60 % des journaux US possédaient un site web éditorial au début 99.

Pour des journaux locaux ce peut être l'occasion de toucher le public de la "diaspora" (pour la presse quotidienne régionale française voir www.pqr.org)

Le télégramme de Brest a ainsi, sur sa version WEB, 33 % de clients "expatriés" www.Bretagne-online.tm.fr

De même pour les Dernières Nouvelles d'Alsace (Michel Landaret) www.dna.fr.: 24% du trafic provient des USA, aucun abonnement n'a été perdu mais à l'inverse 12% des lecteurs-internautes, des jeunes pour l'essentiel, trouvent la version papier inintéressante. L'horoscope vient largement avant l'international, mais 60% des visiteurs lisent l'édito contre 5% pour la version papier.... Grâce à la pub, la seule ressource, le petit équilibre, 0,6MF,est atteint

Les sites de la télévision nationale France2 www.france2.fr est "consulté à 85% depuis l'étranger (Philippe Dumez) et la télévision régionale : "France3 www.france3.fr permet de voir les actualités en image de sa région sans y résider (Serge Blin)

A l'inverse le Parisien www.leparisien.fr qui couvre une large métropole essaie d'approfondir les déclinaisons plus locales

Internet a permis la naissance d'innombrables newsletter, souvent gratuites dans tous les domaines susceptibles d'interesser les internautes (sport, finances, informations générales, cinéma,...et bien entendu Internet). Ces lettres sont souvent couplées à des sites qui offrent des développements sur les thèmes évoqués ainsi qu'un archivage des nouvelles déjà publiées

FTPresse www.ftpresse.com spin off du CNRS, créée par François Vadrot, a maintenant lancé 8 publications(Internet, santé, collectivités locales, ressources humaines, photo,...), elle a levé 10 MF fin 2000

Des "lettres confidentielles" financées par abonnements et sans publicité commencent à se lancer sur le web

Indigo Publication www.indigo-net.com de Maurice Botbol avec une information personnalisé payée à l'article sélectionné. Les logiciels très spécifiques à ces fonctionnalités a donné naissance à une start-up créée avec 3 jeunes centraliens Aldabra.com

Certains journaux spécialisés ont fait du web leur édition principale

C'est le cas de l'éditeur de magazines informatique ZDNet www.zdnet.com (120salariés édité par Ziff-Davis filiale du japonais SoftBank et leader mondial de l'information sur les NTIC) avec près de 200 millions de pages vue par mois début 1999 et pour autant "le web renforce l'édition papier" dixit Julien Jacob. Ils proposent également

de la formation ZD University

et des jeux GameSpot www.gamespot.com leader de son secteur, 40 journalistes.

Notons chez nous l'Odyssée Interactive www.jeuxvideo.com leader francophone le l'information sur les jeux vidéo, créé en 1995 par des étudiants et installé à Aurillac dans le Cantal : 3,5 million de pages consultée par mois début 1999 (le site est hébergé aux USA pour des problèmes de coût et de bande passante 45 Megaoctet/s), il devrait s'adjoindre une boutique en 1999

Ses challengers: Overgame www.overgame.com et Gamelog www.gamelog.com

Enfin des Webzines (magazines édités uniquement sur le Web) se sont spécialisés dans l'évènementiel

World Media Live, syndication mondiale de 23 journaux créé dans le contexte de la guerre en Yougoslavie, dont la branche française www.worldmedia.fr est extrêmement active et couvre tous les grands évènements avec des sites spécifiques (tour de France, festival de Cannes, défilé d'Yves Saint Laurent,...) pour un public essentiellement américain

N'oublions pas non plus les radios maintenant que les débits et les techniques de compression permettent la diffusion de sons de qualité (Aujourd'hui 2.300 stations de radio émettent sur l'Internet)....et sans doute bientôt la télévision à la demande sur l'Internet, dès que la bande passante le permettra: là encore gageons qu'il faudra "réinventer ce média" pour le rendre plus interactif, le simple "pay per view" n'étant sans doute pas la formule gagnante

Spinner.com www.spinner.com diffuse 120 chaînes différentes...

Imagine Radio www.imagineradio.com offre à ses auditeurs la possibilité de choisir les titres qu'ils veulent écouter et rend ainsi caduque le rôle du directeur des programmes

Reste encore à régler les problèmes juridiques des droits d'auteur des journalistes, problème qui paralyse aujourd'hui bien des initiatives, ainsi que celui des coûts d'hébergement ou de lignes spécialisées

Ils sont dans un rapport de 1 à 10 avec les Etats Unis d'après le rapport 1999 de l'Aftel, et même jusqu'à 20 fois supérieurs d'après Serge Blin de France3 qui diffuse des images nécessitant des bandes passantes conséquentes) qui inhibe bon nombre de développements

Une étude très fouillée de ce secteur a été réalisée par Pierre Lemoine dans l'édition 1999 du rapport de l'Aftel www.aftel.fr

Le problème majeur auquel sont confrontés les journaux est bien entendu celui du modèle économique:

Dans la suite de ce rapport nous serons amenés à revenir sur tous ces points mais d'ores et déjà le GFII (Groupement Français de l'Industrie de l'Information), le marché de l'information électronique atteignait 22 Milliards de Francs en 1999 et la diffusion via Internet devrait dépasser l'ensemble des autres canaux d'ici 2002

Reuter annonce réaliser en 2000 un CA plus important sur Internet qu'avec la presse traditionnelle

2.5.1.3 La formation : un marché qui explose, le "e-learning"

Avec l'émergence de "l'économie du savoir" (knowledge-based Economy), la matière grise est aujourd'hui la principale richesse d'un pays.

C'est aussi l'atout compétitif majeur des entreprises qui ont consacré 61 Milliards de $ en 1998 rien qu'aux USA à la formation continue de leurs employés (émergence du "knowledge management" depuis1998, création de nombreuse "corporate universities")

Enfin pour des parents la formation inculquée à leurs enfants constitue aujourd'hui la meilleure dot "you earn what you learn"

La formation devient un enjeu essentiel: chaque jour les technologies progressent, les métiers évoluent, l'organisation change, les méthodes de management se transforment: les besoins augmentent tant pour la formation initiale que pour la formation continue

Mais... les budgets disponibles et surtout le temps qu'il est possible de dégager ne sont pas extensibles à l'infini. c'est la raison pour laquelle les outils construits sur l'Internet émergent à très grande vitesse (notamment en Amérique du Nord). Ils offrent en effet de nombreux atouts:

Tout ceci conduit tout à la fois

Le e-learning conduit à l'éclatement des structures d'enseignement en 3 métiers profondément distincts

Internet apporte le même bouleversement que le cinéma d'un coté et la télévision d'un autre en a apporté aux théâtres de province

Les représentations "live" données chaque soir par les théatres de boulevards ont été largement remplacées par de prospères chaines de télévision qui assurent une programmation (en fonction du public visé) de films (en provenance pour l'essentiel d'Hollywood, faisant appel à des vedettes mondialement connues, mobilisant souvent d'énormes budgets rentabilisés en quelques mois) à côté de "news", d'interview, de jeux élaborés par la chaine.

Une industrie de support technique (caméras, émetteurs hertziens,...) s'est développée a côté

Il subsiste pour un public "d'élite" quelques grands Opéras et prestigieux théatres ... souvent déficitaires

Le e-learning est ainsi un enjeu pour notre balance commerciale (la Banque Merrill Lynch estime que ce marché, hors système public, pourrait croître de 3,6 Milliards de dollars en 1999 à 25 en 2003). Le Crédit Suisse l'évalue de son côté à 40 Milliards de dollars en 2005

... mais aussi pour notre balance "culturelle": imaginons que des universités comme Stanford ou Harvard offrent des formations reconnues sur le plan international sous le "label" d'un prix Nobel et qui, grâce aux économies de transport et de séjour revient finalement moins cher qu'une formation universitaire (ou continue) en France, que choisiront les étudiants (ou leurs parents) et les employeurs? ne peut-on craindre, tant pour nos étudiants que pour ceux de pays tiers où l'influence française se maintient de douloureuses conséquences?: ne risque-t-on pas d'assister à la même concentration qu'à Hollywood pour le cinéma aujourd'hui?

Ce problème ne concerne évidemment pas seulement l'enseignement supérieur

Cette mutation va entrainer de fortes évolution des métiers d'enseignant: la disparition du "professeur" délivrant son enseignement dans de grands amphithéâtres au profit d'équipes pédagogiques élaborant des cours d'une part et de tuteurs d'autre part

Evidemment une telle évolution met en exergue un certain nombre d'aberrations du système actuel: un seul exemple, des enseignants dans le supérieur payés en fonction du nombre d'heures de cours (quelqu'en soit la qualité) à un tarif horaire ne dépendant que de la qualité de la recherche (qui peut n'avoir aucun rapport avec l'enseignement), le travail de préparation des cours et le tutorat n'étant pas évalué ni rémunéré alors que ce sont les métiers qui subsisteront...

De nombreuses questions restent ouvertes: Quel modèle économique? Logiciels libres? B to B?, ASP?, quelle rémunération pour les auteurs des cours? Droit d'auteur? statut des e-professeurs?

Il est bien clair enfin qu'une telle révolution dans un domaine aussi délicat nécessiterait un accompagnement substantiel en matière de recherche en "ingénierie pédagogique" aujourd'hui quasi inexistante, notamment pour voir comment articuler le présentiel (pour souder les promotions et créer par là des réseaux indispensables dans la vie professionnelle) et le virtuel, comment concevoir des enseignement efficaces (consolider les acquis professionnels, utilisation de l'aspect ludique propres à l'efficacité des apprentissages dans toutes les espèces animales, apprentissage des savoirs faire, adaptation à la forme de l'intelligence de l'apprenant et à ses rythmes, articulation entre travail individuel et travail en équipe, éducation des sens de la curiosité de l'initiative de l'innovation et du risque, ...)

C'est également un domaine qui devrait voir naitre de nombreuses start-up: nos Grandes Ecoles, notamment celles relevant de notre ministère devraient devenir des incubateurs dans ces domaines

Dans le dossier consacré par Les Echos à ce sujet, il est recensé 250 universités virtuelles sur Internet (évaluation de Jacques Perriault de Paris-X) et il s'en ouvre tous les mois.

En raison de son immense territoire, peu peuplé et aux conditions climatiques difficiles le Canada fait partie des précurseur. L'Université d'Athabasca en Alberta a démarré sur Internet dès 1994 (elle avait auparavant une activité classique d'enseignement à distance). Avec 100 professeurs, 200 tuteurs elle compte 20.000 étudiants. Elle offre 450 programmes dans tous les domaines scientifiques et littéraires et 37 MBA

Elle reçoit168MF de financement public et facture ses cours 400$

Une dizaine d'autres Universités Canadiennes, comme Teluc au Québec, proposent de tels enseignements et 200.000 étudiants les suivent (prévisions à 5 ans : un tiers des cours sera suivi sur Internet)

Une innovation pédagogique à noter: d'ici à 2 ans l'obtention d'un diplôme universitaire nécessitera d'avoir obtenu une unité de valeur en ligne, gage du développement du e-learning ... et surtout de l'aptitude des étudiants tout au long de leur vie professionnelle de savoir utiliser Internet pour apprendre

Les intranets de formation des Grandes entreprises comme IBM, Microsoft ou Pricewaterhouse constituent également aujourd'hui de véritables universités

Voir également la téléformation dans les entreprises page 122 et la recherche de formation sur le web page 113

2.5.1.4 Les professions financières: banques, assurance, courtiers, ...

Une remarque de même ordre peut être faite pour les banques et autres institutions financières qui ne sont pas toutes aussi en avance que pourrait le laisser imaginer le potentiel de matière grise dont elles disposent

Zona Research www.zonaresearch.com considère qu'elles sont les premières qui risquent d'être touchées dans leur existence même par le développement d'internent si elles ne changent pas radicalement leur façon de travailler.

L'interpellation de Bill Gates lors de la conférence "retail delivery" de 1996 :

"the world needs banking but not bankers"

est sans doute caricaturale, mais ne doit pas pour autant être sous-évalué : le coût d'une transaction bancaire par exemple passe de 1,07$ lorsqu'elle est traitée en agence à 0,54$ quand elle est traitée par téléphone et 0,01$ par l'internet (Bill Finkelstein, Wells Fargo)

l'Etude de l'OCDE sur les incidences du commerce électronique (août 1998 www.oecd.org) considère que les technologies de l'internet permettent aux banques d'économiser 89% de leurs coûts de distribution et les banques finlandaises ont déjà réduit leurs effectifs de 50% avec les téléprocédures

Malgré cela, certaines banques françaises se proposent sur le modèle du minitel de facturer 6 Francs les clients qui leur en économisent 5,95 (en effectuant eux-mêmes leurs transactions par l'Internet) sous prétexte que "cela leur rend service"

Alors que l'on aurait pu imaginer logiquement qu'elles fassent partie des premiers fournisseurs d'accès gratuit en prenant même en charge les coût des minutes de communication consacré à la gestion des comptes. Et ce d'autant plus que comme l'a constaté la filiale luxembourgeoise d'une banque française, les 25% de sa clientèle passée sur internet représentaient 65% des transactions totales...

A la Wells Fargo il est apparu que les clients internautes étaient deux fois plus "rentables" que ceux qui ne l'étaient pas et que ceux-ci, en général plus mobiles géographiquement restaient 3 fois plus fidèles à la banque lors d'un déménagement (Bill Finkelstein de la Wells Fargo séminaire Aftel NY 98)

Cette analyse est confirmée par la SEB (une des 3 grandes banques des Pays Nordiques): ses "e-clients" lui rapportent 2,5 fois plus que le client moyen. En conséquence elle a décidé un programme visant à faire passer l'ensemble de sa clientèle sur internet pour les opérations courrantes et en conséquence elle prévoit de fermer 80% de ses agences sur 4 ans. Elle considère que cette stratégie lui permettra d'étendre ses services sur l'ensemble de l'europe en 'écrémant" le marché, les clients "branchés" étant les plus rentables. Pour les autres des systèmes de distribution comme Carrefour (qui en outre peut proposer le choix entre les produits financiers de plusieurs établissements) serait peut-être plus adaptés grâce à des amplitudes d'ouverture plus large et des coûts de fonctionnement plus modestes

Notons que cette Banque fait partie de la Galaxie Wallenberg, dont une autre branche, OM Gruppen, qui est propriétaire de la bourse de Stockholm et qui met en service Jiway, bourse tout électronique a lancé une OPA hostile sur la vénérable Bourse de Londres

Certains jeunes hauts responsables de nos grandes Banques vont jusqu'à assimiler le comportement interne de nos grands établissements financiers actuels à celui des maîtres des Forges en 1960, quelques années après l'ouverture du marché commun, organisés en fonction de la production et non du client, leur prospérité semblant refléter la pertinence des choix stratégiques, alors qu'elle ne faisait que résulter des rentes de situation:

Il est aujourd'hui encore choquant pour certains d'imaginer que business village, filiale de BNP-Paribas, pourrait offrir à ses clients une palette de services financiers, en mettant en concurrence les produits les plus performants du marché et ne pas se contenter de fournir ceux de sa maison mère

Plus choquant encore serait d'imaginer qu'une agence Bancaire pour amortir l'investissement considérable qu'elle représente, pourrait faire autre chose, qu'écouler les produits maison, et qu'elle puisse s'attacher à répondre à la globalité des préoccupations du client qui en franchit le seuil: gestion de son patrimoine (immobilier, bourse, oeuvres d'art, fiscalité, assurance, succession,...) gestion de sa trésorerie (outils de paiement, tableaux de bord, crédits à la consommation,...).

La crédibilité n'impliquerait-elle pas alors que le conseiller puisse lui proposer les meilleurs produits, et donc y compris ceux de la concurrence ? ne faut-il pas clairement séparer la production de la distribution? Dans le téléphone, l'informatique ..ou l'épicerie cette mutation a été faite depuis longtemps, les produits financiers sont-ils si différents qu'ils puissent se permettre de rester dans une logique de l'écoulement de la production? Certaines timides avancées ont été faites (sicav, certains produits d'assurance,...) ne faudrait-il pas aller beaucoup plus loin? : c'est le projet de Bernard Arnault avec Zebank http://www.zebank.com

Voir page 95

Les Banques n'ont par exemple pas vu arriver les courtiers en ligne qui en cassant les prix et en fournissant des informations de qualité se sont appropriés 15% du marché des transactions des particuliers

E-Trade, 1,5 millions de clients en octobre 1999 avec 28 Milliards de dollars de dépôts www.etrade.com, continue à croitre au rythme de 80 000 nouveaux comptes par mois et le volume des transactions qu'il gère , après seulement 5 ans d'existence (120.000transactions quotidiennes) est équivalent à la bourse de Paris

Fort de ce succès e-trade a lancé en janvier e-offering, banque d'investissement en ligne: elle prendra des commissions limitées à 4,5% des montants levés contre les 7% habituellement pratiqués sur le modèle de Wit Capital www.witcapital.com qui l'avait précédé sur ce créneau.

La firme est par ailleurs derrière la création de l'International Security Exchange, un système de transaction électronique qui ambitionne de concurrencer le Chicago Board Option Exchange (les Echos du 13/1/99)

A l'été 1999 elle a également pris le contrôle de Telebank Financial pour 1,8 Milliard de dollars, banque en ligne spécialisée sur les prêts immobiliers

L'entreprise arrive en France en commençant par s'associer avec CPR www.cpr-etrade.com en 1999 avant de reprendre sa liberté pour un développement autonome (éventuellement de concert avec un leader européen)

Charles Schwab www.eshwab.com (1,5 millions de compte) basé à San Francisco, existe depuis 20 ans et s'est convertie au web plus récemment: elle reste N°1 en misant sur le conseil personnalisé. Elle vaut fin 1999 31 milliards de dollars (contre 29 par exemple pour Merril Lynch)

En France Self Trade ( www.Selftrade.fr) ouvert en décembre 98 compte 3 mois après 1000 clients et en attend 10.000 pour la fin de l'année 1999.

Fimatex qui est une belle réussite, bien qu'elle ait été développée au sein de la Société Générale n'était pas au catalogue du réseau

Au total il y aurait aux USA 8,4 millions de personnes avec des portefeuilles dépassant les 100.000$ (420 milliards de dollars au total) opérant en bourse via internet, avec 450.000 ordres quotidiens (soit 22%des échanges), offrant 1 milliard de dollars de commissions aux quelques 60 firmes de courtage existant actuellement

En Europe l'Allemagne arrive en tête (400.000) pour 100.000 en France (et par exemple 200.000 en Suède)

également voir page 103 le chapitre consacré aux bourses

Par ailleurs CompuBank www.compubank.com, première banque fonctionnant exclusivement sur internet, a vu le jour en octobre 1998.

Elle est suivie par Egg www.egg.com , filiale du groupe britannique Prudential, qui n'accepte plus depuis avril 1999 que des clients en ligne: selon Mike Harris "l'exploitation des services bancaires grand public par internet sont 4 fois moins coûteux que par téléphone et 10 fois mois chère qu'à travers les agences traditionnelles" ce qui lui permet de servir des interets trois fois plus élevés sur les comptes à vue (5% contre 1,5%).

Avec 500.000 clients après 6 mois d'activité, et 1,2 millions en aout 2000, elle se classe au 8ème rang mondial du classement IBM-Interbrand après la Citybank l'UBS et Wells Fargo, mais avant le crédit Suisse et la Commerzbank, et avec 5 milliard de £ elle revendique 40% de part de marché sur les nouveaux dépôts

Elle propose crédits immobiliers, prêts personnels et bientôt assurance-dommage, cartes de crédit et produits de placement financier. Elle fournit évidemment accès internet et e-mail gratuit

En Août 1999 création en Irlande sous l'impulsion notamment de Intel, Méru, Apax et Vertex de la première banque paneuropéenne 100% Internet: First-e www.first-e.com (ses services devraient être opérationnels en France mi-2000)

En Aout 2000 c'est au Japon que nait la banque 100% en ligne Japan Net Bank en association avec l'opérateur téléphonique NTT Docomo et un réseau d'épiceries de proximité pour les retraits de liqidités

Mentionnons également

@ - Entrium en Allemagne 700.000 clients N°1 européen de la banque sans guichets compte 60% de clients ayant accès à internet (en Allemagne on compte aujourd'hui 3,5 millions de compte en ligne avec un rythme de doublement annuel (pour mémoire le leader en France, Banque Directe compte 57.000 clients)

@ - SE-Banken appartenant à la "constellation" Wallenberg" en Suède, avec 300.000 clients sur internet vient de racheter BfG en Allemagne au Crédit Lyonnais pour en faire la tête de pont de son offensive internet sur ce pays

Aujourd'hui à côté des 200 sites financiers sur internet comme ceux de la City Bank ou de la Wells Fargo, opérationnels dès 1995, on en compte une dizaine opérant exclusivement sur l'Internet (Compubank à Houston, Atlanta Internet Bank, ...)

Rappelons que dans son plan stratégique City Group qui revendique aujourd'hui 300 millions de comptes s'est fixé un objectif de 1 Milliard de clients en offrant à ceux-ci de gérer l'ensemble de leurs comptes dans les autres établissements par son intermédiaire (Chris Zaharias Netscape, séminaire Aftel nov 98)

Maintenant tous les "portails" d'entrée sur le web comme Yahoo! ou Aol, lancent leur chaîne "finance" offrant plate-forme d'information économiques et financières conseils grâce à des partenariats éditoriaux ainsi que un centre de courtage en ligne permettant d'acheter et de vendre en ligne par l'intermédiaire de courtiers électroniques comme e-trade

AOL qui a lancé "personnal finance" en 1996 compte actuellement 10,5 millions de clients

(Cf classement des meilleures cyberbanques par l'association online banking www.obanet.org)

dès cette année on estime (Atelier Bnp-Paribas) que 10 à 15% des prêts aux USA, soit 1500 Milliards de dollars en 1998 sont directement influencés par la consultation de sites Web spécialisés qui outre un riche contenu éditorial permettent de rechercher sur le marché le meilleur taux en fonction du profil de risque du client - et en faisant l'économie des intermédiaires financiers monoproduits

e-loan www.e-loan.com : 15.000 demandes de prêts par mois, Get Smart www.getsmart.com 50 000 par mois, Quicken Mortgage www.quickenmortgage.com qui rassemble les propositions de 11 banques pour une comparaison immédiate, 800.000 visites par mois,...). En France Selectaux lance un site adapté aux spécificités françaises

Toutes ces évolutions devraient conduire à l'avenir à une claire séparation des fonctions de production de services financiers de celles de distribution, car le client exigera de plus en plus de pouvoir comparer des offres et n'acceptera plus d'être enfermé dans celle de sa banque:

C'est une des raisons qui fait que paradoxalement, business-village, filiale de Bnp-Paribas n'offre pas de services financiers: Il ne serait pas crédible de n'offrir que les produits de la maison mère mais les esprits ne sont pas encore murs pour franchir le pas...

Un classement réalisé par Interbrand et IBM en mai 1999 des meilleures banques permet aux établissements scandinaves, allemands suisses et britanniques de se placer honorablement au cotés de leurs confrères nord américains. ce n'est malheureusement pas le cas des 7 banques françaises sélectionnées (sur un total de 45) dont aucune ne figure dans la liste des dix nominées: la différence s'est faite sur le caractère clair, complet et structuré du service offert aux clients mais selon l'AFB le retard des banques françaises sur Internet est moindre qu'on ne le dit

Banque Directe ( www.banquedirecte.fr) décolle plus lentement qu'espéré tandis qu'en Allemagne son homologue Comdirect dégage déjà des bénéfices (valeurs boursières : 9 milliards de dollars).

"quand le taux de pénétration atteindra 15%, c'est à dire quand les clients les plus interessants iront sur le Web, nos grandes Banques souffriront" (étude Chevreux)

Les assureurs ne sont pas non plus à l'abri de ce manque de clairvoyance. Là aussi les nouveaux courtiers tels Insweb http://insurance.yahoo.com qui agrège et compare l'offre d'une vingtaine de compagnies d'assurance devrait leur donner à réfléchir

Notons toutefois l'initiative de E-santé www.e-sante.com , filiale du groupe Azur qui en juillet 1999 était la première à proposer la souscription en ligne d'un contrat d'assurance santé complémentaire, ainsi que Reflex www.reflex.tm.fr ou Maaf Assurances www.maaf-assurances.fr

En oct 2000 les AGF ont annoncé une ambitieuse politique dans la banque à distance, secteur où elle n'est pas, avec I-Bank (une banque qui offre toute la palette des services avec un compte rémunéré à 5%, qui vise 500.000 clients à 3 ans avec un investissement de 700MF). Dans l'assurance (Okaou)où elle ne peut se permettre de faire de la peine à ses 3000 agents généraux, les projets sont beaucoup plus timides...

Dans le domaine de l'information financières de très nombreux services se sont mis en place ( www.mine-yours.com de l'AFP, www.woqats.com , www.netcote.com ,...) qui proposent en outre des mécanismes d'alerte et des systèmes experts pour assister le gestionnaire

Pour les renseignements financiers citons Dun&Bradstreet : www.dbisna.com

Et en France Societe.com www.societe.com (gratuit) ou SCRL www.scrl.com filiale de la COFACE.et surtout @rating www.cofacerating.com qui permet d'accéder à la notation, voire à la labellisation de l'entreprise voir page 90

Enfin de nombreux produits ou services financiers ont vocation à être un simple composant d'un produit plus complexe:

Des actions de sensibilisation à partir de success-stories peuvent donc se révéler opportunes pour les entreprises de cette catégorie afin d'accélérer le mouvement ainsi que des opérations d'aide au conseil afin de les mettre en mesure d'opérer les meilleurs choix stratégiques.

Cette évolution sera sans doute plus difficile à conduire dans les grandes structures où les hiérarchies intermédiaires pourront être tentées de bloquer sous tous les prétextes (sécurité, fiabilité, confidentialité...) des processus susceptibles de remettre en cause les modalités d'exercice des pouvoirs et l'utilité même de certaines fonctions.

"il aura manqué à l'industrie banquaire française, trop longtemps sous la coupe des pouvoirs publics, la vision et l'audace d'un Claude Bébear" Pierre Albouy Rotschild, New York, les Echos 3.10.2000

2.5.1.5 Les producteurs de services de loisir : hôtel, tour operator, opérateurs de billetterie

Au niveau mondial c'est un des premiers secteurs de developpement du e-commerce avec les leaders Américains Travelocity http://www.travelocity.com et Expedia http://www.Expedia.com (Microsoft)

En Allemagne le premier voyagiste européen (Preussag) mise à fond sur Internet et prévoit d'y réaliser 20% de son activité, en Angleterre Martha Lane Fox fonde à 26 ans avec Brent Hoberman (29ans) Lastminute.com spécialisée sur le voyage soldé à la dernière minute pour lequel Internet est particulièrement bien adapté (introduit en bourse en mars 2000 à plus d'un milliard de £)

Dans ce domaine en France le minitel a permis de bien roder le modèle et les entreprises dynamiques de la profession réalisent la transposition sans grande difficulté avec chaque jour de nouvelles initiatives (visites virtuelles, accès par téléphone mobile, couplage Web avec un centre d'appel, sites éditoriaux de plus en plus riche permettant de préparer les voyages, techniques de fidélisation, mails personnalisés aux clients abonnés, partenariats avec les moteurs de recherche,...)

Pour les réservations de chambres Internet permet de diviser jusque par par trois les couts et d'assurer un meilleur remplissage grâce à un véritable "yield management et aux nouvelles possibilités de ventes de dernière minute

"En une année Internet est passé du statut de gadget branché à celui d'enjeu stratégique pour l'industrie du tourisme" Les Echos 14 juin 2000

Dégriftour www.degriftour.fr, www.reductour.fr, www.promovac.com, www.abcvoyage.com pour les tour operator (racheté en aout 2000 par Lastminute.com

Club Med Online http://www.clubmed.com, Accor www.accor.com (3 portails, 7 sites en 3 langues, Nouvelles Frontières http://www.nouvelles-frontieres.com et http://encheres.nouvelles-frontieres.fr), et queques autres y font leurs premiers pas avec plus ou moins de bonheur

Relais&Châteaux www.integra.fr/relaischateaux pour l'hôtellerie

De nombreuses start-up se sont lancées sur ce créneau : Jador.com www.jador.com pour réserver hotels et spectacles, Outdoor Attitude www.outdoor-attitude.com ou Skihorizon http://www.skihorizon.com pour les passionnés de nature et de sport d'aventure, Baoom.com www.baoom.com répertorie des centaines de fêtes, prétexte à des déplacements

Malheureusement ce n'est pas encore en l'an 2000 le cas général: une enquête du quotidien du tourisme revèle que 91% des agents de voyage ignorent encore les possibilité d'Internet et que 80% des agences ne sont même pas reliées au Web!

2.6 les professions où l'information est au coeur de la valeur ajoutée, mais qui, néanmoins, nécessitent un contact physique ou la livraison d'un objet :

Quelques exemples :

c'est un domaine où Internet devrait permettre l'émergence d'activités nouvelles

2.6.1.1 Parmi les métiers à réinventer : ceux de la chaîne éditoriale (

2.6.1.1.1.1 Les livres

Cylibris Editions www.cylibris.com éditeur de livres, nouvellement créé, reçoit des "manuscrits" d'auteurs souhaitant être publiés :

- il produit un catalogue sur Internet ( www.editions-cylibris.fr)

- à la réception d'une commande il lance l'impression de l'ouvrage

Les manuscrits étant aujourd'hui livrés sous forme de disquettes, travaillant sans aucun stock, il peut se permettre de "publier" des auteurs nouveaux sur lesquels les opérateurs classiques refusent de prendre le risque éditorial "pour être édité aujourd'hui il faut être connu. Il ne faut pas avoir quelque chose à dire" Jean d'Ormesson

Les moyens d'impression modernes autorisent aujourd'hui une telle production et une vente à l'unité à des prix tout à fait compétitifs (prix de vente 58 F) et néanmoins rentables

00h00.com ( www.00h00.com), créé par Jean-Pierre Arbon, propose pour sa part le choix entre le Téléchargement et l'envoi de l'ouvrage (prix de revient de l'impression par Dupli Print: 30F). en outre il offre forums, éditos et animations spéciales pour la communauté de lecteur qu'il cherche à créer: le livre peut ainsi être prolongé par un débat entre les lecteurs il vient de se faire acheter par l'américain Gemstar

Cette nouvelle approche permet également d'éditer des ouvrages spécialisés à faible tirage

De même elle autorise de nouvelles formes d'écriture grâce à l'hypertexte on peut sortir de la narration linéaire

Librissimo ( http://librissimo.com racheté par France Télécom) édite les fac similé de livres rares ou épuisés (400.000 titres des Jésuites de Chantilly et des Dominicains du Saulchois) des accords en cours de négociation avec une douzaine de bibliothèques devraient permettre de proposer 1 million d'ouvrages (coût : 500 F à plusieurs milliers de F pour les ouvrages fragiles de grand format)

Chapitre.com www.chapitre.com créé en 1997 par Juan Pirlot de Corbion recherche en outre pour vous, dans son catalogue de 400.000 ouvrages épuisés, chez 250 libraires spécialisés dans l'ancien le livre rare que vous recherchez

Alibabook www.alibabook.com qui fonctionne sur le modèle de la partie librairie d'amazon.com vous permet de choisir parmi 400.000 références et, par des contrats de partenariat est présente sur des centaines de sites dont les visiteurs sont susceptibles d'être intéressé par un livre

Le site www.livre.net recense toutes les librairies présentes sur le Net

A travers les cinq exemples ci-dessus, on voit bien que des professions d'intermédiaires comme les éditeurs, les libraires, les disquaires, les critiques littéraires ou musicaux vont devoir complètement repenser leur métier avec cette modification radicale de la chaîne de valeur : jusqu'à présent le risque industriel résidait dans les invendus et le coeur de métier consistait à faire le bon choix. Aujourd'hui ce risque est évacué.

Par ailleurs la modification radicale de la chaîne logistique permet une chute drastique des invendus: le taux de retour aux éditeurs passe des 40% traditionnels à 2%!

Le nouveau besoin du client, comme de l'auteur, est ailleurs :

Sans le filtre éditorial la production va exploser, noyant le consommateur sous une masse d'opportunités qu'il ne peut explorer sans aide

D'un autre côté l'oeuvre numérisée peut-être très facilement reproduite, se pose le problème de la rémunération du créateur et donc la gestion du copyright au niveau mondial (problème à la fois technique et de principe : la SACEM est-elle bien adaptée à ce changement de paradigme ? d'autres formules se mettent en place à partir de "tatouage" d'oeuvres et d'agents intelligents qui parcourent le Web à la recherche d'utilisations non autorisées. (&&b)

Les nouveaux intermédiaires devront donc centrer leur activité sur de nouveaux services :

2.6.1.1.1.2 La musique

Pour la musique la chaîne de la valeur change radicalement car avec les nouvelles techniques de compression (MP3 (MPEG1 layer3 www.mp3.com qui réduit les volumes jusqu'à 12 fois) et l'augmentation des bandes passantes il devient possible de "livrer" la musique "en ligne" et on revient à la logique du chapitre précédent

 

Aujourd'hui

demain

Rémunération des artistes

1$

3$

intermédiaires

9$ (Compagnie de disque)

7$ (site web de softselling)

pressage

1$

0

distribution

1$

0

Revendeur-détaillant

5$

0

Coût final utilisateur

17$

10$

(mission Thierry Trouvé /Aftel avril 1999)

Avec le standard MP3 le problème de la gestion des droits d'auteur est loin d'être totalement réglé

L'exemple emblématique de ce nouveau phénomène est Napster: il propose un annuaire ou les internautes indiquent les titres qu'ils sont prêts à donner, les échanges se faisant ensuite directement entre particuliers. Il a 20 millions d'utilisateurs et 200.000 téléchargements journaliers moins d'un an après sa création: la plus forte croissance connue du Web. C'est un véritable cataclysme qui ébranle l'ensemble de l'économie du secteur

Il est évidemment, en terme de copyright à la limite de la légalité (et nul de sait de quel côté).

Gnutella de son côté est un système qui permet à chaque ordinateur de fonctionner comme un serveur (rejoignant ainsi les racines de l'Internet) les morceaux de musique s'échangent ainsi entre les membres sans aucun serveur central, offrant ainsi encore moins de prise aux avocats

Quel nouvel équilibre naîtra-t-il des procès en cours?

le standard SDMI, secure digital music initiative www.sdmi.org , tente d'apporter une réponse mais en quelque jours il a été "cassé" avant même sa sortie

Cette nouvelle approche commerciale permettra de réactiver les fonds de catalogues des éditeurs, riches de plusieurs millions de titres (qui ne sont aujourd'hui plus proposés à la vente),

Elle permet également d'éditer de jeunes auteurs qui, dans l'économie du système actuel, ne peuvent l'être :

Spinner.com ( www.spinner.com) nouvelle forme de radio sur internet (120 chaînes différentes) lance 125 artistes nouveaux...par jour

Goodnoise www.goodnoise.com vend chaque chanson téléchargée en MP3 pour 99cents

Un autre modèle totalement révolutionnaire, celui de la société britannique StarGig.com http://StarGig.com diffuse gratuitement les jeunes artistes sur le web qui vient d'être lancée en août 1999 avec une mise initiale de 3 millions de £ par Terry Ellis en partenariat avec le Business angel Damian Aspinall.

Il vient d'acquérir Register.com http://Register.com (qui recense 250.000 groupes indépendants dans le monde). Son credo: libérer les jeunes artistes des 5 grandes compagnies de disque et leur permettre de trouver un public et de se créer de la notoriété qui leur permettra de vivre de leurs concerts et tournées...

Aujourd'hui plus de 100.000 sites sont consacrés aux artistes

2.6.1.1.1.3 De nouveaux modes de rémunération : la valeur attachée à la connaissance du client, les liens marchands

Bien entendu il n'échappera à personne que la connaissance extrêmement fine du client que permet ce métier (des goûts, mais aussi de la personnalité à travers la démarche d'achat et les lectures ou de ses préférences en matière de couleur cf http://www.couleurs.com/) peut être puissamment valorisée en étendant largement la gamme des produits ou services offerts :

comme nous le verrons plus loin, amazon.com www.amazon.com . le célébrissime libraire de l'Internet après ses développements dans les CDROM et les jouets vient par exemple d'étendre son offre aux ... produits pharmaceutiques et cosmétiques en prenant une participation de 46 % dans Drugstore.com (le Monde, 5 mars 1999 voir page 77)

Nouveaux modèles également de rémunération : beaucoup de sites, notamment les "portails" d'entrée et d'orientation sur le Web (moteurs de recherche (yahoo!, alta vista, ...) ou fournisseurs d'accès (AOL, Wanadoo, ...) ou de sites spécialisés (golf, chasse, électronique, ...) voudront offrir à leurs visiteurs la possibilité d'acquérir des ouvrages et un lien vers le site des libraires fournira ce service :

Il est clair que dans la démarche commerciale le fait de "rabattre" ainsi le client est un élément essentiel qui justifie une rémunération. Ce type de liens commerciaux, rémunérés en fonction des ventes qu'il génère devient une modalité de plus en plus importante de rémunérations des "nouveaux intermédiaires".

Celui-ci est usuellement rémunéré par une commission allant de 5 à 15% du montant de la vente selon l'importance de la "plus value" apportée en matière de sélection et de conseil.(jusqu'à 20% pour le site de l'auteur qui assure lui-même la promotion de son livre, soit une somme plus élevée que le droit d'auteur lui-même)

2.6.1.2 Les intermédiaires du marché immobilier

Une multitude de propositions de logement, ayant chacune leurs spécificités, pour une multitude de clients géographiquement dispersés : c'est à l'évidence un domaine où l'Internet est à même de participer au rapprochement de l'offre et de la demande de façon particulièrement efficace et bon marché

Aussi, aux Etats Unis tout d'abord ( www.allapartment.com &w, www.realtor.com,...maintenant réunis sous la bannière de Homestore.com) puis en Europe et en France se sont développé d'innombrables sites:

depuis les petites annonces: www.lacentrale.fr, www.pap.fr, www.indicateurbertrand.com , www.ibneuf.com, www.immobiliereentreprise.com, www.seloger.com, www.bellesdemeures.com, www.domusnet.com, www.immoweb.com, www.unsipetitmonde.org, ...

les sites conçus pour les propriétaires: rediffusion des petites annonces vers les dizaines de sites où celles-ci sont publiées (voir ci-dessus), news, shopbots (robots d'achats) spécialisés dans la recherche de biens immobiliers à acquérir (ImmoBot), information et conseil juridique, gestion d'un bien donné en location selon les mêmes modalités qu'un compte bancaire avec une disponibilité 24/7, crédit immobilier, assurance www.directgestion.com

les annuaires www.pagesimmo.com,...

jusqu'à des sites spécialisés comme ceux des notaires: www.immobilier-notaires.presse.fr, www.maisons-France.presse.fr, www.paris.notaires.fr,...

ou ceux des organismes professionnels www.anil.org, www.snpi.com, www.fnaim.fr,...

sans compter les 400 à 500 sites d'agences immobilières comme www.colliers.auguste-thouard.fr, www.john-taylor.fr, www.astime.com, www.bourdais.fr, www.rival-immo.com, www.hestia.fr, www.advalorem.com, www.annonces2000.com, www.real-estate-paris.com ,...ou les promoteurs et architectes www.cogedim.fr, www.franceconstruction.fr , www.meunier-promotion.fr , www.stimbatir.fr, www.igloo-France.com, www.anthonybechu.com,...

...avec quelques innovations comme les visites en vidéo : www.immo-by-tel.com, www.immovision.com, www.etnet.fr/not-net...

(voir étude de Netsurf avril 1999)

Début 2000 les Echos titrent : "au train où vont les choses il sera bientôt plus facile de compter les professionnels qui n'y sont pas": mais l'obligation de transparence et de productivité conduira sans doute à de nombreux regroupements comme cela s'est produit aux US

de son côté la fréquentation double tous les trimestres

Cette surabondance est le signe d'un manque de maturité du marché, c'est la période du premier engouement pour l'outil ou chacun jette son offre sur le Web sans trop se soucier du problème du client, de tatonnement, de bouillonnement et d'opacité.

Nous verrons plus loin une approche totalement orthogonale en train de prendre forme outre atlantique. Il ne s'agit pas alors de vendre ou de louer un bien immobilier mais d'offrir au client une solution globale à l'ensemble du problème de l'acquisition ou de la location de son logement voir page 98

2.6.1.3 Les entreprises et professions concernées par la e-santé

La santé est un secteur d'une importance à la fois sociale et économique majeure. Il concerne chacun d'entre nous et des entreprises ou organismes publics ou privés de toute taille: Laboratoires Pharmaceutiques, professions libérales, cliniques et hopitaux, organismes de sécurité sociale et assurances....

Faisant largement appel à des masses considérables d'informations très évolutives, à des échanges commerciaux portant sur des produits peu pondéreux et à très forte valeur, à la gestion de situations d'urgence, à de nombreux flux financier et à une gestion administrative très complexe, il est naturel que l'Internet y apporte de profonds boulversements malgré les blocages liés aux traditions des petits et à l'inertie des gros

"En arrachant le monopole de l'information des mains du corps médical,l'Internet permet brutalement à des millions d'individus de passer du statut de petit actionnaire de leur capital santé à celui d'actionnaire majoritaire" Gwenn Bézard

D'innombrables sites ont vu le jour: plus de 10.000 sites aux US et sont consultés par un internaute sur deux soit 50 millions de personnes (Medline, 9 millions d'articles, a vu le nombre de requêtes passer de 7 millions en 1997 à 120 millions dès 1998).

Le malade atteint d'une maladie grave communique directement avec le producteur de médicament et accède à la même information que son médecin

Mais celui-ci peut dorénavant s'appuyer sur des sites d'aide au diagnostic comme WorldCare www.worldcare.com associe les spécialistes des 10 plus prestigieux hopitaux Américains comme Johns Hopkins. Cout dune consultation: environ 1000$)

Il peut s'appuyer aussi sur des communautés de praticiens comme Physicians Online www.po.com qui compte déjà 200.000 membres (et permet par exemple à un médecin de fabriquer son site en 5 minutes). Ce site communautaire, véritable portail médical, offre des services également aux patients et aux assureurs-santé

Des sites comme Thriveonline www.thriveonline.com DoctorDirectory www.doctordirectory.com ou HealthGrades www.healthgrades.com surveillent la qualité des soins des hopitaux et des cabinets médicaux afin de les noter en fonction de leur efficacité médicale pour les patients (le "Michelin" médical)

Le malade peut sur des sites communautaires discuter des options de traitement avec d'autres patients: il est frappant de noter que contrairement à ce que suggère l'image "froide" d'un ordinateur, un des premiers apports de l'Internet vu par les personnes interrogées, souvent isolées dans le monde réel, est la chaleur humaine qu'elles trouvent dans ces communauté de soutiens qui existent pour toutes les pathologies chroniques: un millier de groupes de soutiens attirent chaque mois plusieurs millions de malades (NIH's CancerNet http://cancernet.nci.nih.gov Granny Barb and Art's Leukemia www.acor.org/leukemia/ WebMD www.webmd.com AllHealth www.allhealth.com...)

"les patients déclaraient dans une enquête du SHN www.shn.net recevoir plus d'information sur leur maladie, leur diagnostics et leur traitement via les communautés que via le corps médical"d'autres études ont montré que ce soutiens moral permet de diminuer le nombre et la durée des hospitalisations

Ces communautés permettent également aux patients d'avoir un poids leur permettant d'influer sur les décisions

la création en fev 2000 de l'Alliance pour les maladies rares en France, qui rejoint Eurocordis au niveau Européen et Nord aux US (National Organization for Rare Disorders), se donne comme objectif de pousser les pouvoirs publics à favoriser la recherche sur les médicaments destinés aux maladies rares

Il pourra également discuter sur de nombreux sites avec des spécialistes la pertinence du diagnostic de son docteur: Americasdoctor www.americasdoctor.com où la "salle d'attente" virtuelle voit défiler les publicités..., a donné 2 millions de consultations en 1999, Mediconsult www.mediconsult.com, 200$ la consultation, Cyberdocs.com www.cyberdocs.com, 50 à 75$

A l'inverse, il pourra aussi continuer à consulter son propre médecin lorsqu'il est en voyage

Il peut mettre sur un site les éléments de son dossier médical qu'il souhaite rendre accessible aux médecins n'importe où dans le monde en cas d'urgence (PersonnalMD www.personnalmd.com)

Des consultations en ligne ont été mises en place (dans le cadre du système de santé Britannique) voire des prescriptions en ligne (fortement encouragées en Australie ou l'habitat très dispersé peut nécessiter un déplacement en avion d'un "flying doctor" pour une consultation médicale, aussi on y compte 250 sites de télémédecine fin 2000)

Des e-Pharmacies ont vu le jour par milliers:

D'un côté elles peuvent être un facteur d'économies substantielle en rationnalisant la logistique et en assurant un meilleur suivi des malades

D'un autre elles peuvent ouvrir la porte à toutes sortes d'abus pouvant poser problème en matière de santé publique (l'exemple emblématique en est la commercialisation du Viagra par 240 e-pharmacie sans que l'on soit certain que la consultation médicale préalable ait été effectuée dans des conditions satisfaisantes)

Les conséquences économiques sont difficiles à prévoir :quelle sera la balance entre les économies dues aux visites médicales ainsi évitées et celles qui auront été initiées par un site d'aide au diagnostic?

D'après les études citées par la revue de l'Atelier BNP-Paribas 75% des visites chez le médecin pourraient être évitées, une e-consultation coute la moitié du "face à face", 20 à 50% des médicaments sont prescrits inutilement, 250 Milliards de $ pourraient être économisés grâce à Internet

Une étude menée par la compagnie d'assurance Kaiser Permanente www.kponline.org a mis en évidence parmi les internautes utilisant ces sites que 15% avaient évité une visite médicale et 46% un appel téléphonique.... Mais 20% des utilisateurs avaient été incités à s'adresser à un prestataire de soin.

En tous cas on peut espérer des gains significatifs sur tous les couts logistiques et administratifs.(15 à 20% des primes servent aux US à payer les frais de gestion)

Quelques sites majeurs sont en train d'émerger aux US (fusion de Synetic &&w avec Medical Manager http://www.systemsplus.com/press/press39.htm pour 1,3 milliard de dollars et de Healtheon et WebMD pour 5,5 Milliard de dollars) : eux aussi fournissent toute la gamme de produits et services nécessaires pour les professionnels de santé et une très riche information (communication des feuilles de santé, logiciels d'organisation, consultation sécurisée des résultats d'analyse, obtention du feu vert des assureurs et des sociétés de gestion de santé pour certaines opérations,....)

La Mayo Clinic www.mayohealth.org (1,5 millions de visiteurs par mois)a ouvert des services spécifiques pour les réseaux internes (intranets) d'entreprise

avec quelques échecs là aussi bien entendu comme DrKoop www.drkoop.com

en France notons planetmedica.fr www.planetmedica.fr, 33docavenue.com www.33docavenue.com, notredocteur.com www.notredocteur.com, Med In Web www.medinweb.fr, Comsanté www.comsante.com, AtMédica (Havas) www.atmedica.com, Medisite www.medisite.fr 200.000 visiteurs, vient de lever 110MF en sept 2000

Notre Réseau Santé Sociale peut y trouver là matière a réflexion quant à ses marges de progrès potentielles

en France les principaux sont www.caducee.net, www.comsante.com, www.medinweb.fr, www.medimania.com, www.medisite.fr, www.planetmedica.com, www.psychonet.fr, www.vitago.fr

voir également l'étude de l'Atelier BNP-Paribas d'octobre 1999 www.atelier.fr dont une partie des informations ci dessus sont extraites

2.7 Enfin les PME "ordinaires" (celles pour lesquelles le contenu "immatériel" dans la valeur ajoutée n'est pas considéré comme l'élément essentiel du métier)

Et pourtant comme le souligne Pierre Laffitte, "dans un yaourt il y a plus d'informations (en valeur ajoutée) que de lait"

Ce sont celles pour lesquelles l'effort d'imagination le plus grand reste à faire : cette analyse constituant le coeur de ce rapport, le chapitre suivant leur sera consacré.

3 Quelles opportunités pour les PME "ordinaires" ?

Les technologies Internet permettent d'émettre, de recevoir, d'échanger, plus largement de donner les moyens d'un travail coopératif à distance efficace : essayons pour chacune de ces grandes fonctions d'examiner ce qu'une PME peut attendre de ce nouvel outil

Nous examinerons cependant également quelques grands groupes à titre d'exemple (...ou de contre-exemple) de mise en oeuvre de certaines pratiques

3.1 Emission d'information : se faire connaître pour vendre ou trouver des partenaires

il faut distinguer un certain nombre de niveaux dans ce domaine

3.1.1 NIVEAU 0 : l'option "zombie" mettre sur le Web une "carte de visite" (autrement appelé site "plaquette"):

3.1.1.1 Le site zombie modeste. Un seul avantage, l'achat de votre nom

Il s'agit là de la présentation de l'entreprise par une page hébergée sur un serveur externe (avec lequel la communication ne se fait souvent que par fax par souci de maîtrise de l'information)

une start-up que nous avons rencontré paient les pigistes qui réalisent ces site 300F par site, considérant qu'ils pouvaient en réaliser 3 par jour (temps de travail nécessaire, prise de photo comprises, 1à 3h). le temps nécessaire pour élaborer le devis préalable étant supérieur à celui de réalisation du site, la technique de vente adoptée est celle des "photographes de plage" : le site est gratuitement mis sur le Web et seules les prestations de personnalisation ultérieures sont facturées

attention ce type de site est couramment facturé par des "chasseurs de pigeons" abusant de l'ignorance des PME à des tarif de plusieurs dizaines de milliers de Francs, l'essentiel de la dépense pour le prestataire étant de convaincre le client qu'il ne peut pas être "absent du web"

Certains sous-estiment gravement l'importance de posséder son nom en considérant que l'on "découvre" l'entreprise à travers les moteurs de recherche: c'est oublier l'importance du marketing pour le site fait par les média traditionnels (presse, radio, télévision, rédactionnel, matériel publicitaire,...) qui implique des noms simples, faciles à mémoriser et capitalisant sur la marque

Alta Vista, pourtant entreprise avertie, n'avait pas acheté toutes les déclinaisons de son nom et a vu apparaître un site "spécialisé" pour adulte vers lequel certains de ses clients étaient susceptibles de se fourvoyer : pour éviter de regrettables erreurs d'orientation elle a dû racheter www.altavista.com au prix fort : 3,3 millions de dollars !

McDonnald et Rolex ont également du payer le prix fort pour racheter leur nom

Il ne faut pas non plus oublier de renouveler sa concession : MSN, portail de Microsoft avait eu un trou de mémoire et n'a du qu'a la présence d'esprit d'un de ses "fan" de ne pas tomber dans des mains hostiles (Les Echos 28/6/00)

De même la petite histoire dit que le Vice-Président des Etats-Unis a dû racheter Gore2000 qu'un auditeur averti avait acheté dès la fin de son discours-programme et n'a jamais pu reprendre le contrôle de Al-Gore.com! l'an dernier le premier Ministre Irlandais s'est vu proposer de racheter son_nom.com, utilisé pour un site "adulte" pour 1 M$ et 5 ans après la même déconvenue est arrivée à de célèbres hommes politiques français qui se croyaient "branchés"

Elysee.com, matignon.com et whitehouse.com ne correspondent guère à ce à quoi on pourrait s'attendre

Pour les prochaines présidentielles la plupart des noms imaginables sont déposés et leur cote aux enchères (entre 3000 et 250 000F)est une forme de sondage de popularité. Certains hommes politiques sont "hors marché" car ils ont pris la précaution d'acheter toutes les variantes de leur nom (Le Monde19 avril 2000)

Les récentes décisions de justice tendent à donner raison aux propriétaires légitimes de la marque mais

Ceci devient d'autant plus pénalisant qu'aujourd'hui, pour les adresses en ".com" notamment, il suffit de taper "DUPONT" dans un navigateur moderne pour arriver directement sur le site www.Dupont.com d'autant plus que pour certains moteurs, qui assimilent le tiret ("-") et le signe "moins"( "-") la requête dupont-coiffeur est interprétée comme "chercher tous les sites où il y a le mot "dupont" et pas le mot "coiffeur" !!!"

D'autres mésaventures sont encore possibles : une célèbre production de biscuits américains a vu naître un site à son nom qui avait les apparences d'un site officiel et qui était en fait animé par un consommateur mécontent : autant dire qu'après avoir parcouru le site toute envie de consommer les biscuits de cette marque vous était définitivement passée.(exemple cité par William Comcowich d'Ultitech séminaire Aftel NY 98)

Selon une étude de Cybermark ( www.cybermark.org) , en France seuls 6,5 % des noms de domaine en ".com" appartiennent à la société propriétaire du nom, 86 % ont été déposés par d'autres sociétés (souvent distributeurs dans des pays ou acheter le nom est un réflexe) et 7,5 % à des spécialistes connus de la contrefaçon ou de la spéculation ("cybersquatters") et ZDNet de son côté indique que 34,5 % des 25 millions des noms d'entreprises françaises sont déjà enregistrées en .com..

Cette étude a en outre montré que les sites qui s'étaient fait voler leur nom en .com et qui l'ont récupéré ont vu leur chiffre d'affaire multiplié par 2 à 5

Dans le domaine du vin par exemple une soixantaine d'appellations contrôlées (comme château-du-pape.com) ont déjà été piratées et sont proposés à la revente (on parle de sommes de 200.000F) et les fédérations de producteurs vont créer une association pour essayer de les récupérer.

Par ailleurs le cours des noms de domaine génériques recherché par les portails, atteint des sommets (bizness.com, loan.com,... se négocient plusieurs millions de $: business.com s'est vendu 7,5M$ et Peter Littke a refusé50MF pour ebuy.com)

Récupérer son nom devant les tribunaux n'est pas toujours possible et c'est une procédure toujours longue et coûteuse

Porsche a déjà engagé 138 procès pour utilisation des marques dont il est propriétaire dont 50 seulement se sont conclus par des accords amiables dont on ignore les conditions, les autres suivant leur cours après un premier rejet de sa plainte par une cour de justice de virginie source ZDNet

Miele a perdu son arbitrage devant l'OMPI et n'a pu récupérer Miele.net, de même pour le Wall Street Journal qui ne pourra empêcher les sites d'intégrer WSJ dans leur nom

Panavision a du aller en appel pour mettre en échec le sieur Dennis Troeppen qui voulait lui revendre panavision.com pour 13.000$ (AP).

Nous ne saurions donc trop recommander d'effectuer de toute urgence cet investissement de précaution.

Nous ne saurions trop recommander non plus si vous créez un nouveau produit ou une nouvelle marque de vous assurer que le nom de domaine correspondant en ".com" est libre et de l'acheter de suite AVANT même de le déposer à l'Inpi (Attention: le simple fait de s'assurer qu'un nom est libre peut alerter un cybersquatter qui risque de l'acheter avant vous, la consultation et la réservation doit être fait dans la même session)

Vivendi a du par 2 fois mettre la main à la poche pour racheter son nouveau nom: 24MF à un web bar parisien pour vis@vis et une somme non rendue publique pour une association Alsacienne qui avait déposé Vizavi.com

3.1.1.2 Mais de graves inconvénients

Ayant le sentiment du devoir accompli et constatant, comme prévu, que cela ne lui apporte pas grand chose, elle court paradoxalement le risque de prendre du retard par rapport aux autres. Il conviendrait sans doute de s'interroger sur certaines initiatives ne visant qu'à faciliter ce premier pas

comme nous l'a fait remarquer un industriel, ce qui est gênant avec le Web c'est que, quand vous êtes mauvais, tout le monde peut le voir et ce sera le premier réflexe d'un prospect étranger que d'aller voir votre site: même un piètre référencement ne vous en protège pas....

Conclusion : un site zombie modeste peut être positif s'il est considéré comme la toute première marche d'un escalier (achat du nom, processus d'apprentissage) et ne reste à ce stade primitif que très peu de temps.

Il est par contre fortement contre-productif s'il est considéré comme un objectif qui se suffit à lui-même (il ne faut pas que cette première marche soit considérée comme un "podium") :

Sur ce plan il faut être très méfiant vis à vis d'initiatives, partant d'un bon sentiment, qui conduisent à "offrir" à des entreprises une page Web sans aucune réflexion stratégique sur le développement de l'entreprise.

De nombreux exemples pourraient être cités ici (concernant autant des PME que des grands Groupes) qui illustreraient notre propos : nous ne le ferons pas: il vous suffit de parcourir les sites de nos entreprises vous avez 4 chances sur 5 de trouver une illustration à ce propos

3.1.1.3 Une variante dans les grandes entreprises ou les institutions : le site "zombie trilingue de luxe "

C'est en général ce qui se produit lorsque c'est la direction de la communication qui prend en charge le développement du site:

Chargée de promouvoir l' image de l'entreprise et de son président, et peu orientée vers les besoins opérationnels des clients, fournisseurs ou actionnaires, elle succombe bien souvent à la tentation de faire un "beau site", à la gloire de l'entreprise, où l'esthétisme l'emporte sur la richesse de l'information.

Les maquettes de ces sites sont en général présentées à l'état major soit sur le réseau interne de l'entreprise (offrant un haut débit), soit en préinstallant le site sur le disque dur ou sur un CDROM, masquant ainsi les effets de son embonpoint sur la vitesse d'affichage des pages (ce type de site Web, en général trilingue est riche en derniers gadgets à la mode tel shockwave, Active X, Gif animés, et les pages "pèsent" jusqu'à plusieurs centaines de kilooctets).

Ces sites sont particulièrement onéreux (entre plusieurs centaines de KF et plusieurs MF) car la décision remonte au président de l'entreprise

Le résultat ne se fait pas attendre :

Le jugement porté sur vous au niveau international sera sans appel : "non seulement il n'a rien compris à l'internet mais en plus il est prétentieux!"

"il est plus facile de faire comprendre en 2h à une colombienne comment exporter des hamac que de tenter d'y sensibiliser certains dirigeants français" déclare Bruno Lanvin, responsable du commerce électronique à la CNUCED

Dans notre pays l'an dernier la version "Zombie de luxe Trilingue" était malheureusement particulièrement bien représentée, et ceci est corroboré par les résultats d'une récente enquête conduite en 1998 dans le cadre du festival de Biarritz:

48% des chefs de projet Web sont des directions de la communication, 81% ont pour objectif la notoriété du client (alors qu'en Grande Bretagne c'est le service au client qui vient en tête des motivations).

"Le site web institutionnel Français transmet l'image négative d'un camp retranché à l'opposé du but recherché: il perd alors toute utilité jusqu'à devenir contre productif" Jean-François Susbielle.

Signalons enfin un dernier piège pour les débutants: ce n'est pas parce que vous avez financé le développement de votre site qu'il vous appartient effectivement, tout dépend du contrat et beaucoup d'entreprises se sont ainsi trouvée piégées par leur prestataire. Les chasseurs de pigeon sont sans pitié

3.1.1.4 De tout cela nous tirons une règle d'ergonomie majeure : la règle d'or des "20 kilo, 3 clic et 0 mépris"

Une page d'accueil ou d'orientation ne doit jamais dépasser 20 ko, (au moins pour la partie utile).

Il faut dans ce délai pouvoir cliquer pour aller plus loin. Si l'on souhaite néanmoins illustrer par des photos et un fond de page (background) il faut impérativement

Evidemment pour un site vivant de la publicité il faudra accepter que les bandeaux se chargent en premier, mais ce n'est pas le cas habituel d'un site d'entreprise "classique"

"Quand il est sur un site, Nick ne s'impatiente jamais. Il attend au moins 2 secondes avant de cliquer ailleurs"(pub de Bull)

Zona research estime à 4,25Milliards de dollars la seule perte de chiffre d'affaire des cybermarchands du à des pages trop longues à charger

Dans 4 ou 5 ans quand l'internaute de la région la plus reculée disposera d'une desserte large bande (2Mégabit/s et plus) et que ces contraintes disparaîtront les règles de bonne pratique évolueront sans doute mais aujourd'hui rappelons-nous que l'internaute de base ne dispose que de 28kbits/s et que de nombreuses artères sont encore bien engorgées ...et que la vitesse réelle au compteur se situe bien souvent entre 3 et 10 kbits/s.

Arif Janjua Vice President de Saraide www.saraide.com rappelle "chaque clic vous fait perdre 50% de vos clients"

On peut voir des sites qui, selon la logique des galeries marchandes dans les corridors d'hypermarchés, vous obligent à "passer devant" des pages sans intérêt pour vous. Votre visiteur n'est pas votre prisonnier et dès qu'il voit qu'on le "promène", d'un clic, il s'échappe.

Il faut également s'assurer que les indications données soient claires, sans ambiguïté et déjà riches en contenu: fuyons les liens pouvant prêter à confusion et qui obligent le visiteur à des aller retour (ce qui est clair pour vous ne l'est pas forcément pour lui): à "nouveau" préférons "nos nouveaux produits" ou "les dernières nouvelles de notre entreprise"

Des logiciels (comme Netaudience www.cartel-info.fr/netaudience) vous permettent d'analyser le cheminement de vos visiteurs et de détecter à temps les éventuelles zones mal fléchées de votre site.

Il est nécessaire d'arbitrer : éviter les pages élégantes, esthétiques et peu chargées des plaquettes de communication au profit de pages d'accueil riches d'informations permettant d'aller directement à la bonne information.

Ces trois règles sont réunies Outre-Atlantique par la règle : "KISS" : "Keep It Stupid Simple".

L'échec de Boo.com est pour une large partie lié à cette erreur: beaucoup s'accordent à penser que le concept de départ était bon (viser un public branché avec des produits haut de gamme difficiles à trouver)

Mais oubliant les besoins du client les "designers" ont tellement sophistiqué le site et les effets visuels sur les produits que les internautes qui n'avaient pas d'ordinateurs ultrapuissants ne pouvaient pas y accéder (sans parler des possesseurs de Mac, exclus d'office...)

"il fallait, quand on arrivait à se connecter parfois plus d'une heure pour commander une paire de baskets" (Flore VasseurPrésidente de l'Agence Trendspotting aux Echos): c'est ainsi que quelques centaines de millions sont partis en fumée...

3.1.2 NIVEAU 1 : le catalogue des produits, des services ou du savoir-faire. Des outils permettant de mettre l'entreprise à l'écoute et au service du client, de détecter de nouveaux partenaires ou d'informer ses actionnaires.

(Il va de soi que sauf pour des entreprises désirant se limiter strictement à un commerce de proximité et ne souhaitant aucune forme de partenariat international tous les catalogues devront avoir au moins une version en anglais)

Le catalogue doit être

Stratégie Telecom & multimédia qui a testé 125 sites en 1999 et a pu constater que 42% d'entre eux mettaient plus de 5 jours pour répondre ce qui est clairement inacceptable,

plus récemment une étude de Codecal Conseil www.qualiweb.com portant sur 200 sites représentatifsa montré qu'en France, seuls 19% des sites répondent systématiquement, 12% ne répondent jamais et 42% des mails étaient sans réponse après 2 semaines d'attente!

Walter Zagar, Pdg de Zagar Inc www.zagar.com (machines outils) avait un délai de réponse de 15 jours par fax. Il a ramené celui-ci à 24h en passant sur internet...à l'insatisfaction de ses clients qui s'étonnent quand le temps de réponse dépasse la demi-heure (dossier machine outil, revue de l'Atelier BNP-Paribas juillet 1999)

Sans le respect de ces règles de bon sens l'internaute aura repris sa navigation avant d'avoir eu la patience de découvrir votre oeuvre.

3.1.2.1 Mise à jour permanente, richesse de l'information, économies par rapport au papier

Le catalogue électronique permet de proposer un nombre d'articles bien supérieur à toute boutique (150.000 références dans la plus grosse FNAC contre 450.000 sur FNACdirect)

La capacité qu'offre Internet d'une mise à jour permanente

depuis Aout 2000 la Redoute ne propose plus que les articles effectivement disponibles avec des nouveautés tous les jours ce qui lui permet de proposer la livraison express dans la journée

Et la richesse d'information technique que l'on peut offrir ici est un atout considérable:

Une entreprise peut ainsi mettre à la disposition des bureaux d'études, avec son catalogue, les fichiers CAO directement utilisables pour la réalisation des plans et notices techniques : elle se donne là un avantage concurrentiel très fort.

Nord Réducteur 25 MF de CA www.nord.com a mis pour ses clients toutes les notices de mise en service et les éclatés de chaque matériel avec leur nomenclature, les fichiers DAO sont téléchargeables via le réseau.

Autre élément important pour un fabricant de composants entrant dans la fabrication de sous ensembles, dont le prescripteur peut être une autre entreprise que celle qui lui achète ses produits "ce site est également conçu pour les clients de nos clients" déclare Jean-Claude Reverdell son directeur

C'est également une source d'économie substantielle, tant au niveau du coût du catalogue (le coût d'élaboration est identique mais le coût de reproduction est nul), que de sa distribution.

AMP par exemple économise par ce moyen 4 M $ par an en supprimant la version papier de son catalogue de composants électroniques : aujourd'hui les 70 000 composants sont accessibles en 8 langues et l'utilisateur, guidé dans son choix, a accès aux spécifications techniques complètes et documentées qu'il peut directement télécharger

Autre exemple : Alcatel Mobil Phone (Laval) exporte 92 % de sa production. Grâce à son Intranet, les 35 antennes commerciales disposent en permanence de données actualisées leur permettant de produire des dossiers personnalisés en couleur, dans la langue du pays, sans avoir à éditer et stocker des brochures rapidement obsolètes.

Lemaitre-Sécurité ( www.lemaitre-securite.com ) implanté à La Walk en Alsace, fabrique des chaussures de sécurité: Son catalogue en 6 langues ne lui a pas coûté plus cher que son ancien catalogue papier. Il a permis de supprimer l'essentiel de son service SVP car le client peut dorénavant accéder à toutes les spécifications techniques et les informations (modèles, prix, questions douanières...) sont toujours à jour.

Un exemple qui ne manque pas de piquant : M. Arditi président de Photonetics (entreprise high-tech des Yvelines) nous a indiqué qu'une entreprise voisine de la sienne avait trouvé, et acheté grâce au Web... un produit qui contrefaisait sa production

Enfin il y a des cas ou un catalogue papier serait impensable

Wattel,casseur de voitures " à Lesquin, près de Lille, (16 personnes au départ) dirigé par Olivier Wattel et qui vend des pièces d'occasions ww.wattel.com En effet :

les mises à jour doivent être très rapides (les photos des véhicules accidentés sont mises sur le site 2 h après leur arrivée)

le nombre de pièces est considérable : 40 000 références avec 4 niveaux de qualité

les clients potentiels sont innombrables.

Pour 40 000F le site Web a apporté la réponse adaptée.

L'entreprise reçoit une quinzaine de commandes par jour (parfois par container complet) qui proviennent, comme bien souvent, majoritairement de l'étranger (Espagne, Pologne, Ile Maurice,) . aussi le site est en 4 langues.

Le chiffre d'affaire s'est accru de 20 %, avec 3 MF à l'export et l'entreprise emploie maintenant 24 salariés.

L'étape suivante sera la mise en réseau de plusieurs " casseurs " de la région pour être en mesure de mieux répondre à la demande (actuellement celle-ci ne peut être satisfaite qu'à hauteur de 40% seulement)

Bien entendu pour certaines parties du catalogue qui bénéficient d'une pérennité et qui sont très volumineuses (documents techniques détaillés, dessins, images, séquences vidéo,...), tant que les débits sont aussi faibles, il peut être intéressant de les graver sur CD-ROM permettant ainsi une complémentarité entre la richesse d'information d'accès rapide que permet le CD et la mise à jour permanente qu'apporte Internet :

L'optimum semble, dans l'état actuel des bandes passantes disponibles, de coupler la capacité de stockage du CD-ROM pour le fonds documentaire du catalogue (plans, notices techniques, photos, séquences animées,...) et celle d'internet pour la partie nécessitant des mises à jour (prix, promotions, état du stock disponible,...)

C'est par exemple la solution retenue par Valley Drive System à Rockford, qui a dans son catalogue des milliers de modèles de trains avant de voiture pour lesquels il est capable de réparer la cage de roulement, ou par La Redoute ( www.redoute.fr)

Les capacités de visualisation et de simulation devraient permettre un essor tout particulier dans l'architecture et la décoration, d'autant plus que les magasins virtuels restent ouverts 24 h sur 24, même le dimanche

GoodHome.com www.goodhome.com est aujourd'hui un des plus avancés sur le plan technologique dans ce domaine

C'est ce que propose Courtieu, une maison Lyonnaise plus que centenaire, grâce au logiciel Decodesigner : elle vous offre la possibilité d'aménager votre appartement et de visualiser en direct le résultat www.C-Plaza.com/courtieu , de même pour les meubles Grange http://www.grange.fr voir page 29

Sa boutique virtuelle créée par C-line, jeune start up de la région lyonnaise, lui a coûté 5.000 F www.c-line.tm.fr

Dans le domaine de la mode le fabricant de Jeans Levi's travaille avec Modacad (Los Angeles) pour permettre à ses clients d'essayer virtuellement les robes proposées en les faisant essayer par des "clones virtuels" (Avatar) leur ressemblant.

Par ailleurs l'enregistrement de cookies (qui sont gérés par la plupart des navigateurs) sur le disque dur des clients, concernant notamment les informations sur les visites ou les transactions précédentes, permet un accueil personnalisé.

Mais il peut y avoir des sites extrêmement simples mais bien pensés et très utiles :

Raphaël Ranucci artisan Taxi a créé son site dès 1997: celui-ci lui a permis de développer des prestations "haut de gamme" essentiellement pour des clients allemands et italiens (le journal d'internet www.journal-internet.com) et maintenant il fédère sur son site des collègues indépendants de sa ville http://taxigti.technolog.fr

Notons que certaines méthodes, comme les tests de couleurs (proposés par exemple par Spectrum de Jonathan Robin avec son logiciel Colornet http://www.couleurs.com/, permettent même grâce à des questionnaires électroniques de procéder à l'analyse de la personnalité de votre visiteur et de procéder à une segmentation comportementale

3.1.2.2 Une visibilité internationale

C'est évidemment un des atouts majeur que de vous permettre, avec une mise de fonds somme toute modeste de présenter vos produits ou votre savoir faire au monde entier (ce qui, soulignons le tout de suite mais nous y reviendrons, n'est utile que si l'entreprise dispose de produits originaux susceptibles d'intéresser des clients éloignés et si elle s'est organisée pour pouvoir répondre aux besoins du prospect dont elle aura éveillé l'intérêt)

Franklin, PME de 20 personnes installée à Ozoir-la-Ferrière, www.franklin-France.com spécialiste mondial des paratonnerres a eu l'heureuse surprise de prendre ainsi plus d'un million de Francs de commande en moins de 6 mois en provenance notamment du Canada et d'Amérique latine

3.1.2.3 Beaucoup d'information mais avec une stricte gestion des accès : le principe de la minijupe

Questions :

Ces deux questions, souvent entendues, sont clairement de bonnes questions : il n'est bien entendu pas envisageable pour une entreprise de tout dévoiler sur son site ... et néanmoins celui-ci doit comporter tous les éléments utiles au client ou au partenaire (revendeur, sous-traitant, entreprise assurant la maintenance des produits).

Comment répondre à ce paradoxe ? le principe de la minijupe.. "Il faut en montrer assez pour attirer l'attention du chaland mais pas trop pour cacher ce qui doit l'être"

Ce n'est que dans une deuxième étape, une fois le visiteur identifié, après s'être assuré que c'est bien un client ou un partenaire, que celui-ci est autorisé à rentrer dans l' "arrière boutique" où, en fonction des relations que l'on a avec lui, comme dans les relations d'affaire traditionnelle on lui donne accès aux informations pertinentes (données techniques, catalogue de prix correspondant au client donné, ...).

Pour une première relation ou pour une négociation le site doit offrir la possibilité d'une mise en contact avec l'interlocuteur adéquat

Le plus simple est le mail mais de plus en plus se développe avec la téléphonie sur Internet ("Téléphonie IP") le "Click &Talk" : vous cliquez sur l'icône du téléphone et vous entrez en communication avec l'entreprise par liaison vocale à travers la connexion internet. Au cours de la conversation votre interlocuteur vous ouvre certaines portes d'accès et peut vous communiquer en temps réel plans et documents (c'est par exemple le système Alloweb de la Redoute www.redoute.fr qui a opté pour la solution Matra Nortel "internet voice button").

Grâce à la visiophonie, se développe sur le même principe le "click&see"

Pour des relations commerciales suivies l'accès est ouvert par un mot de passe ou à travers un extranet (cette notion sera développée plus loin dans le chapitre "échanger l'information")

Avantage : l'enregistrement des personnes consultant le catalogue permet de se faire à bon compte un fichier de prospects qu'il sera possible, par exemple, de recontacter à l'occasion de la sortie de nouveaux produits

3.1.2.4 Le site catalogue un moyen pour trouver de nouveaux partenaires.

Grâce à la promotion de ses produits et de son savoir-faire, la PME peut également trouver des partenaires à travers le monde pour assurer sa distribution ou conduire des projets communs (il est indispensable, dans ce cas, que le site soit au minimum bilingue):

Il nous a été rapporté à plusieurs reprises que des distributeurs, oeuvrant notamment dans les pays émergents utilisaient largement Internet pour repérer et sélectionner les produits qu'ils étaient susceptibles de commercialiser.

Internet se prépare à jouer, au niveau mondial, le rôle des pages jaunes de l'annuaire.

Complémentaire des expositions dans les salons professionnels mais beaucoup moins gourmande en temps et en argent, cette utilisation d'Internet semble très intéressante pour pénétrer les marchés riches de promesse mais difficiles à pénétrer par vente directe comme ceux d'Asie du sud-Est.

OPF, PME familiale implantée près d'Amiens spécialisée dans la pièce mécanique de précision, a réussi, par le biais d'internet, à étoffer son réseau d'agents qui lui permettent maintenant de vendre dans des pays où elle n'aurait peut-être jamais songé aller (Syrie, Lituanie,...)

Jean et Michèle Ailhaud artisans santonniers à Aubagne depuis 1987 avait au départ développé en 1997 un site avec 8 autres santonniers pour développer les ventes à l'export. après l'échec de ce premier projet du à la mésentente ils sont repartis seuls C'est ainsi qu'ils sont rentrés en relation avec un importateur américain: dès la première commande, les frais de création et d'installation du site étaient couverts www.enprovence.com/ailhaud

Ainsi, à Rennes, Algaliment qui fabrique des additifs à base d'algue pour la nourriture porcine a-t-elle trouvé ainsi ses nouveaux clients grâce au net : il leur a permis de nouer les contacts, la messagerie de monter les rendez-vous et, en un voyage d'une semaine, les négociations commerciales ont été conclues.

L'entreprise Bauer à Raon l'Etape, près de Saint-Dié ( www.claude-bauer.com) recherche ainsi ses agents et distributeurs

De même l'entreprise Lemaitre-Sécurité, précédemment citée, a-t-elle trouvé de nouveaux distributeurs pour des pays où elle n'était pas encore présente.

3.1.2.5 Un moyen également pour trouver de nouveaux collaborateurs

De plus en plus le recrutement de cadres ou de spécialistes se fait sur Internet. La plupart des entreprises qui recrutent le font savoir sur leur site et il y a souvent une bonne adéquation entre le profil du visiteur et celui du collaborateur que vous cherchez.

CISCO recrute ainsi aujourd'hui 70 % de ses ingénieurs (Bill Finkelstein séminaire Aftel NY nov 98) et en France Siris réalise 40% de ses recrutement sur le web en 1999 contre 25% un an plus tôt (70% des candidatures spontanées émanent de ce canal et ont consulté son site préalablement)

... mais cela n'est pas réservé aux start up hight tech californienne : regardons par exemple une entreprise porteuse des traditions s'il en est, mais dans une profession qui a su très tôt exploiter les potentialités d'Internet, comme Relais et Châteaux www.integra.fr/relaischateaux qui recrute ainsi ses sommeliers ou ses maîtres d'hôtel.

3.1.2.6 Analyser la fréquentation de votre site pour en améliorer l'efficacité :

Au-delà du nombre de visiteurs q'un simple compteur vous permettra de connaître, deux points sont à regarder :

3.1.2.6.1 Qui vient vous voir ?

L'analyse de l'origine de vos visiteurs (des " log ") et du chemin que les a conduit vers vous (à partir de quel mot clef) vous fournira déjà de précieuses indications et vous permettra de voir si vos visiteurs sont bien ceux que vous escomptez Cela pourra en particulier vous amener à changer les mots clef déclarés aux moteurs

Un fabricant de cosmétiques qui avait déclaré le mot clef " skin " a vu son site inutilement embouteillé par les Fans d'un jeu célèbre dont des héros portait ce nom.

3.1.2.6.2 Comment les visiteurs circulent-ils entre vos pages ?

Un certain nombre de logiciels, comme Net@udience www.cartel-info.fr/netaudience réalisent une étude statistique du cheminement de vos visiteurs et visualisent leur parcours permettant ainsi de détecter les anomalies :

Ils mettent en particulier en évidence les trajectoires correspondantes à des recherches infructueuses ou ayant nécessité plus de 3 clic, révélant ainsi une conception inadéquate du site.

En effet une tendance naturelle est d'utiliser une arborescence " logique " sur le plan cartésien : le problème est que chacun a sa logique et que ce qui est évident pour le concepteur ne l'est pas toujours pour le client.

Un site efficace doit être intuitif, il ne doit nécessiter aucun apprentissage, aucun raisonnement complexe (c'est une des raisons pour lesquelles les jeunes enfants y sont aussi habiles).

Il conviendra donc, soit d'être plus explicite sur certains liens, soit de créer de nouveaux liens pour permettre d'arriver à la bonne information selon plusieurs logiques différentes.

3.1.2.7 Un site spécifique pour les partenaires financiers

De plus en plus les sites Web dédiés aux actionnaires et aux analystes prennent une place importante dans la communication financière de l'entreprise. Cette exigence d'une communication riche, rapide et exacte s'est développée notamment avec l'accroissement du rôle des fonds de pension anglo-saxons dans le financement de nos entreprises.

La Seita www.seita.fr fournit sur son site la même qualité d'information que celle dont disposent les analystes (comptes téléchargeables sous une forme qui permet de les travailler directement, transcription complète des questions des analystes et des réponses,...). L'Oréal de son côté propose même sur son site financier www.loreal-finance.com son cours de bourse en temps réel

Suez Lyonnaise des Eaux a même créé deux sites financiers différents: un site uniquement en anglais destiné aux investisseurs professionnels www.finance.suez-lyonnaise.com , un site en français destiné aux petits porteurs www.actionnaires.suez-lyonnaise.com en sus du site institutionnel qui lui est bilingue www.suez-lyonnaise-eaux.fr

Les OPE BNP www.bnp.fr -Société Générale www.socgen.com -Paribas www.paribas.com ont été la première occasion d'une utilisation intense de sites financiers www.projetscparibas.com et www.sbp.bnpgroup.com pour faire valoir les arguments des uns et des autres : n'oublions pas que dans l'issue cette bagarre les fonds de pensions anglo-saxons ont un rôle tout à fait déterminant

Bien entendu cela exige une extrême rigueur dans la qualité de l'information fournie et, étant donné l'importance grandissante de ce type d'information dans le bon fonctionnement du marché, la COB (commission des opérations de bourse) et ses homologues étrangers travaillent sur les règles à respecter dans ce domaine très sensible (un lien dans la page pourrait en effet par exemple conduire subrepticement le visiteur vers des informations n'ayant pas la rigueur voulue).

3.1.2.8 La communication en cas de crise : un site " fantôme " prêt à être mis en oeuvre ?

Peu d'activités ne présentent aucun risque (sécurité, pollutions, défaut de fabrication nécessitant le rappel des produits, OPA hostile, faillite d'un gros client, profit warning, ...)

"Nous vivons dans une société où les crises ne revêtent plus un caractère exceptionnel" dit Christophe Roux Dufour, Deboeck Université.la gestion de crise fait maintenant partie de la gestion "normale" d'une entreprise

Tous ces risques ne sont évidemment pas prévisibles, mais certains le sont (en particulier ceux qui sont détectés dans les études d'impact environnementales : pollution de la nappe phréatique pour une raffinerie, nourriture inadéquate pour une volaille, présence de produits indésirables dans une boisson,...).

De plus n'oublions pas qu'un client mécontent , un employé en colère ou une petite association ont montré leur capacité à faire des sites aussi visible, souvent mieux faits, mieux référencés et plus vivants que les sites des entreprises (même très grosses) et que leurs pouvoirs de nuisance sont considérables quand ils s'appuient sur un problème réel.

Aux USA ce problème prend une très grande ampleur dans certains cas et nous en avons eu un avant goût lors du Mundial 98 ou une liste noire d'Hôtels Français jugée dangereux (légionellose) était diffusée sur un site Web américains.

Au moins 8 sites appellent au boycott de Nike (emploi d'enfants en Asie), idem pour le Mavica de Sony voir page 80, chez Wal-Mart ce sont les employés qui dénoncent leurs conditions de travail . Renault a connu ce problème lors de la fermeture de Vilvoorde et France-Télécom voit fleurir les protestations contre ses tarifs

Cybercable (Lyonnaise des eaux) dont le réseau ne tient pas ses promesse en a fait les frais avec une centaine de sites revendicatifs organisés en webring! www.perso.cybercable.fr/baudron/Routeurs Le Monde 28 oct 99

Dans la presse écrite traditionnelle la publicité comparative est très sévèrement réglementée et le dénigrement est interdit. De plus, peu de particuliers peuvent se payer des pages de magazine: Rien de tel sur l'internet :

Pour un coût dérisoire il est possible de manifester sa déception sur la qualité du produit, sa critique du comportement de l'entreprise vis à vis de son personnel ou de la nature, son insatisfaction quant à sa gestion,...

Dans ces cas il est prudent de prévoir à froid, en même temps que l'on procède à l'analyse des risques (cyndinique), le site dont on aura besoin pour communiquer en cas d'accident, ce site sera prêt à être complété et activé sans délai le jour où...

Il conviendra de rassembler les données techniques qui permettront de gagner un temps précieux afin d'éviter en cas de crise des erreurs de communication grossières (que l'on commet trop souvent à chaud et qui accroissent l'effet de l'accident) ou de n'être pas en mesure de répondre aux légitimes questions de la presse (ce qui les conduira à aller chercher l'information ailleurs...). Il conviendra bien évidemment de désigner également "à froid" les modalités précises de gestion de ce site (responsable des mises à jour,...)

3.1.3 NIVEAU 2 : vendre grâce à Internet: Le site transactionnel

La vente sur Internet a depuis 1998 quitté le domaine de l'anecdotique :

Milacron Inc www.milpro.com propose à la vente en ligne plus de 50.000 produits industriels à la centaine de milliers de PMI de la mécanique américaines (voir aussi sur le même sujet Kennametal www.kennametal.com et Valenite www.valenite.com

Dell Computer www.Gigabuys.com par exemple vend déjà pour 40 M $ par jour de matériels informatiques (dont 0,3 en France).soit 30% de son chiffre d'affaire total (voir les derniers chiffres sur www.dell.com/corporate)

toute proportions gardées Lithos fait mieux avec 50%: c'est une petite entreprise fabricant des circuits hyperfréquence, installée à La Gerche de Bretagne www.lithos.fr,. Son site très riche a été conçu pour les laboratoires de recherche et les bureaux d'étude, il offre également la possibilité d'une cotation interactive pour les nouveaux produits qui lui sont demandés ainsi que bien entendu une assistance technique. Ces services, très appréciés par les prospects lui ont permis de trouver de nouveaux clients à l'international (Canada, Etats Unis, Roumanie, Malaisie,...)

En 1998 les 18 millions d'abonnés à AOL ont acheté pour 12 milliards de dollars de vêtements.

Notons également que Wallmart qui dans son plus grand magasin n'offre que 150.000 articles, en propose 500.000 sur internet.

Travelocity et Expedia deux agences de voyage virtuelles qui réalisent chacune un chiffre d'affaire de 1M$ par jour et en France celui de Dégriftour www.degriftour.fr qui vend, à prix cassés, les places restant disponibles dans les voyages organisés (avec photos des hôtels,...)CA sur internet : 100MF

En 1998 certains analystes expliquaient doctement que la pharmacie en ligne n'avait aucune chance: en mai 1999 trois entreprises ont fait irruption sur ce marché : PlanetRx www.planetrx ,Soma.com www.soma.com et Drugstore.com www.drugstore.com qui a déjà été racheté par Amazon.com: la proportion d'internautes souhaitant acheter des médicaments en ligne se révélant être la même que pour les livres, les ordinateurs ou les billets d'avion

en 2000 c'est 30% du Chiffre des ventes de General Electric qui se sont faites par Internet soit 50 Milliards de $ et l'objectif est de réaliser 100% des achats en ligne (5% en 1999, 30% fin 2000)

Si seulement 20% des nouveaux internautes achètent la première année, cette proportion passe à 45% pour ceux qui ont 3 ans d'ancienneté

Mais le site catalogue ce n'est que la partie visible d'une stratégie de commerce électronique, c'est en quelque sorte la fane de la carotte et il n'a de sens qu'intégré dans la chaîne de création de valeur qui permet d'aller de la production jusqu'à la satisfaction du client.

La France part de très bas : 42 MF en 97 mais avec une croissance de 25 % par mois le score de 1998 est déjà de 400 MF, les plus importants marchands étant FNAC www.fnac.fr et Alapage www.alapage.com (livres) Campanile www.campanile.fr (hôtellerie) JPG www.jpg.fr (fournitures de bureau) Camif www.camif.fr, la Redoute www.redoute.fr et les 3 Suisses www.3suisses.fr (VPC) Degriftour, www.degriftour.fr LCDV www.lcdv.com et Nouvelles Frontières www.nouvelles-frontieres.fr (tourisme) Source : Benchmark Group. www.benchmarkgroup.net

Moins de 37% des clients étaient des femmes en 2000 alors que dans les pays matures cette proportion se rapproche de 50% (48% aux US), or celles-ci gèrent 66% des dépenses des ménage

3.1.3.1 Le paiement on line : un problème la plupart du temps secondaire et pourtant mis en tête des préoccupations par 43 % des PME françaises interrogées

C'est une confusion trop souvent entendue que d'assimiler commerce électronique et paiement en ligne !

3.1.3.1.1 Le paiement proprement dit, ne représente que 1% (ou moins) du prix final, sa valeur ajoutée est donc faible (sauf pour les micro-paiements)

Les moyens de paiement traditionnels comme le chèque ou le virement restent parfaitement utilisables: les paiements par chèque représentent deux tiers des montants des paiements d'achats sur internet (étude A Jour Médiangles www.mediangles.fr)

Un boucher travaillant dans une banlieue résidentielle de Toulouse constatait que son commerce ne marchait vraiment bien que le week end : ses clientes travaillaient à la ville et faisaient leurs courses à midi, sa boutique étant fermée à leur retour.

Son idée de génie fut alors de créer un petit site tout simple, avec les produits, leurs prix les promotions du jour accompagnés de quelques recettes.

Depuis son bureau, la cliente fait sa commande (n'oublions pas comme le rappelle le directeur du développement des 3 Suisses Joël PALISE, que les clients passent essentiellement leurs commandes depuis leur lieu de travail)

L'artisan prépare celle-ci l'après midi en "temps masqué" entre deux clients et un commis qui reste un peu plus tard n'a plus qu'à distribuer les paquets, le soir au retour des clientes, sans aucun problème de paiement "on line".

De plus, dans les échanges interentreprises (B to B), qui représentent plus de 90% du commerce électronique, bien souvent les partenaires se connaissent, les paiements sont domiciliés et sont simplement effectués par des messages EDI qui ne posent aucun problème spécifique.

Enfin n'oublions pas, comme nous l'avons vu plus haut, que 75 % des internautes qui achètent dans les magasins traditionnels utilisent l'Internet pour préparer leurs décisions d'achat.

Bien entendu le paiement électronique permettra, dans certains cas, de substantiels gains de productivité dans la phase "facturation - paiement" et sera un facteur de développement du commerce électronique, mais les modalités actuelles de règlements de la transaction ne sont aujourd'hui un véritable obstacle que pour les transactions multiples de faible montant, surtout à l'international (mini paiements entre 1 et 100 $).

Par ailleurs aujourd'hui déjà, il est possible pour une PME de sous-traiter la gestion des paiements sécurisés à des intermédiaires spécialisés ( www.hypermall.com , www.suresite.com , ou en France la société Virtual Internet à Besançon - www.France.vi.net , ...). &&wobs

Notons que pour les véritables micropaiements, ce n'est pas non plus le problème car le paiement électronique a un coût fixe estimé à 0,1$ à l'acte, et les paiements inférieurs à 1$ (consultation d'un article) relèvent davantage d'une logique Kiosque ou abonnement que du paiement électronique (c'est ce qui nous manque le plus, dit Serge Blin de France3 qui aurait besoin de facturer 1F le journal télévisé, ce qu'il ne sait pas faire aujourd'hui)

3.1.3.1.2 Réinventer une fonction kiosque au profit des éditeurs et des marchands: Telco, Portails ou Banques?

On a tendance à assimiler "Kiosque" à "facturation à la durée", or ce n'est pas là que se trouve le réel atout de ce moyen de paiement, celles qu'il convient de préserver car elles continuent à répondre à un véritable besoin pour le client nous paraissent être les suivantes:

pour l'éditeur ou le marchand

L'opérateur intermédiaire joue véritablement le rôle d'un "tiers de confiance". En outre il permet des gains substantiels sur le coût administratif de la transaction qui sans lui serait rédhibitoire

Dans le domaine de la vente d'information, la facturation à la durée est par contre, sauf exception, un véritable contresens : plus le service est lent et de mauvaise qualité, plus la facture est élevée ! la facturation doit se faire en fonction du service rendu (à l'unité, au forfait, au volume , ...et seulement dans de rares cas au temps)

Aujourd'hui vous avez le choix: pour acheter le Monde en formule kiosque: vous pouvez le payer à la pièce par wanadoo (5F) ou à la minute par France Explorer (2,23F10(*) la minute), formule qui ne saurait être recommandée que pour les adeptes de la lecture rapide...

L'information n'a pas de prix mais elle a un coût

Le Kiosque minitel, jouant le rôle d'une vaste librairie virtuelle, a permis l'émergence d'une importante profession d'édition électronique qui, nous a-t-on dit, n'avait pas jusqu'à une période récente son équivalent à l'étranger, même aux Etats Unis : c'est pour notre pays une richesse économique et culturelle dont il convient de préserver les capacités de développement.

A partir de 1997 il semble qu'il faille employer l'imparfait : selon Michel Ktitareff correspondant des Echos en Californie la plupart des journaux (quotidiens, hebdomadaires, mensuels, ...), généralistes ou spécialisés, ont déjà placé l'essentiel de leur contenu sur le Net - en général gratuitement - mais un tiers d'entre eux environ en ont déjà fait une activité rentable, le seuil des 50 % devait être atteint en 2000.

Qui, à l'avenir, pourra offrir ces deux atouts ?

3.1.3.1.2.1 Les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d'accès Internet

Les frontières entre ces 2 catégories devient de plus en plus floues'estompent : Worldcom qui a lancé une gigantesque OPA de 30 milliards de dollars sur MCI, puis moins d'un an plus tard a tenté la plus grosse OPE mondiale pour prendre le contrôle de Sprint fin 1999 pour 129 Milliards de dollars, a racheté, Iway, fournisseur d' accès Internet de notre ministère)

E-Charge www.echarge.com développé au départ sous l'impulsion des "sites pour adultes" reporte le montant de la facture sur celle du téléphone, NetToll www.nettoll.com , Ipin www.ipin.com et Trivnet www.trivnet.com sur la facture du fournisseur d'accès

Europe Explorer avec Easyclick centralise les micropaiements sur la facture téléphonique

SEL distributeur de jeu utilise le...3617SEL! et vous demande de vous connecter le temps adéquat pour régler votre achat: Au lieu de transformer le temps en argent c'est le processus inverse qui est mis en oeuvre!

Mais cela implique des accords mondiaux entre opérateurs pour la répercussion des factures jusqu'au client final.

Par ailleurs on peut se demander si les "transporteurs" sont les mieux placés pour jouer le rôle de libraires

La déréglementation actuelle va augmenter encore la complexité de ce problème mais en même temps elle rend les opérateurs plus imaginatifs.

L'accès internet dit "gratuit" n'est autre qu'une formule Kiosque lorsque une partie de son coût est financé par le reversement de l'opérateur télécom,

D'ailleurs on trouve l'opérateur de nouvelle génération Colt derrière les initiatives de X-Stream, WorldOnline, Lokace infonie et free.fr

C'est également le cas de freesbee (créé par None Networks www.none.net) qui a acheté des milliards de minutes à France Télécom, négociées au prix de gros et qui facture les communications à ses abonnés

C'est enfin le sens de la dernière proposition Tarifaire de France-Télécom de la connexion sans abonnement à "28 centimes la minute tout compris"

Mais les Finlandais, sautant cette étape, vont un cran plus loin en utilisant le téléphone portable comme "TPE" (Terminal de Paiement Electronique):

Dans ce pays vous pouvez avec votre téléphone portable actionner toute une série de distributeurs automatiques (distributeur de boissons, laveur de voitures, juke box, ...) et le coût est directement imputé sur votre facture téléphonique.

Vous téléphonez à 1 mètre de distance de votre "interlocuteur" le téléphone portable ne sert ... qu'à actionner la machine et à effectuer la facturation.

De La Rue Card System essaye de convaincre les fabricants de téléphones portables de prévoir une "seconde fente" pour y glisser une carte faisant office de portefeuille électronique. Itinéris teste un tel service où le portable se transforme en Terminal de Paiement par carte de crédit chez les commerçants avec "Iti-Achat"

"le téléphone mobile est un lecteur de carte de crédit avec une antenne" (Jean-Pierre Buthion du Groupement Cartes Bancaires)

Ericsson considère pour sa part que le télépnone portable est le "terminal de paiement électronique" idéal : il peut intégrer la puce de la carte de paiement (il n'y a alors plus besoin de carte...) et grâce a la norme "bluetooth" de communication radio à courte portée qui commence à s'imposer, il peut dialoguer avec le marchand sans connexion physique. Ericsson illustre cela par l'image d'un brocanteur interpellant son client par "sir, do you pay by cash or by phone?

3.1.3.1.2.2 sites portails, principales portes d'entrée sur le web (AOL, Yahoo !, Netscape, Lycos...)

Les 4 ou 5 plus importants couvrent à eux seuls plus de la moitié du marché mondial et seraient en mesure de remplir cette fonction d'intermédiaires de paiement sans difficulté : ils sont en quelque sorte dans la situation des kiosques des halls des grandes gares qui voient passer un grand nombre de voyageurs en transit vers d'autres lieux.

AOL revendiquait en 2000 plus d'abonnés - plus de 24 millions d'utilisateurs payants (sept 2000)- que les dix principaux journaux américains réunis, (13 millions).

En 1998 près de 20 % de tous les achats en ligne ont été générés par les 4 leaders : AOL (8 %) Yahoo ! (4 %) Netscape (3 %) Excite (3 %).

Cela représente 2,5 milliards de dollars sur la seule période de Noël 1999 pour les cybercommerçants liés à AOL, plus que toute l'année 1998.

AOL pourrait sans difficultés regrouper les factures des achats effectués par son canal et les prélever sur les comptes de ses clients chaque mois en sus de l'abonnement.

Depuis 1999 AOL-Compuserve France met en place le système Cobra : l'internaute-abonné paye ses menus achats, directement sur sa facture compuserve qui se charge de sécuriser les transactions

Le 7 avril 1999 il a annoncé le lancement de la chaîne "shopping"

il garantit la sécurité des transactions électroniques au marchand

il garantit qualité de l'information et du service clientèle et délais de livraison au consommateur.

Yahoo! Ouvre un "compte yahoo!" Aux abonnés de sa messagerie gratuite qu'il utilise en particulier pour ses ventes aux enchères

Lycos a lancé dans cette logique une carte de crédit, et grâce à un partenariat avec Bank One il est capable d'accorder des crédits à la consommation de façon quasi instantanée

Aujourd'hui Wanadoo offre la possibilité de régler un certain nombre d'achats par son intermédiaire, comme l'achat du Monde ou la consultation dune annonce sur Cadremploi www.cadremploi.fr , Club-internet a annoncé qu'il allait faire de même

La start-up RedCart www.redcart.com propose sa technologie pour centraliser les paiements réalisés dans la galerie marchande du portail en une seule facture

Si cette hypothèse se concrétise et cela semble être le cas en 2000 la concentration dans cette profession devrait encore s'accélérer : les Portails pourraient jouer tout naturellement ce rôle de "libraire" d'Internet alors que les opérateurs Télécom se cantonneraient dans leur fonction de transporteurs.

on peut par contre s'interroger sur l'intérêt pour eux d'exercer en propre, comme ils le font parfois encore actuellement, le métier d'éditeur

L'échec du journal produit par Microsoft, Slate www.slate.com malgré des moyens considérables, est un exemple de la difficulté qu'il y a à exercer avec un égal bonheur des métiers aussi différents.

Yahoo! qui semble faire montre de plus de succès s'interdit de produire quoi que ce soit: Yahoo! diffuse ce qui lui permet de rester innovant...et svelte: 600 personnes (moins que l'équipe de lawyers de Microsoft!)

La sortie de MSIX, nouveau protocole de facturation de services www.msix.org est candidat pour être l'outil de cette évolution

On pourrait aussi imaginer dans ce cadre une facturation type "SACEM", forfaitaire pour le client dans une gamme de services et une rémunération des éditeurs au prorata des consultations. Ces ISP exerceraient alors un métier de "bibliothécaire".

La rémunération de ces portails pourrait se faire davantage par le biais de cette fonction kiosque et par le reversement de l'opérateur de Telecom (qui doit lui rétrocéder une partie de la facture de téléphone) que par le biais d'une facturation du service de l'ISP.

On s'orienterait alors vers la généralisation de l'Internet "gratuit" (qui en fait est loin d'être gratuit puisqu'en France comme dans plusieurs autres pays européens les communications locales sont encore particulièrement onéreuses).

3. Les banques ?

À travers les groupements de cartes bancaires, elles pourraient offrir ce service avec la formule du "porte-monnaie virtuel" permettant des micropaiements multidevises qui répond parfaitement aux fonctionnalités qui ont fait le succès du kiosque telles que décrites ci-dessus

Kle-line www.kleline.com filiale de Bnp-Paribas, même si son ergonomie au départ ne recueillait pas encore tous les suffrages, revendiquait à l'été 1999 300 marchands dont 60% à l'étranger et 35 000 transactions par mois. pour un montant de 28 MF: après l'OPE de BNP sur Paribas Kle-line a été fermé, sans doute pour ne pas faire d'ombre à Cybercomm

Cybercash, qui se développe au niveau mondial (sauf en France à cause de la réglementation sur le cryptage encore récemment en vigueur) indique que le coût d'une transaction réalisée par le moyen d'un porte-monnaie virtuel est de 0.10$+4% du prix facturé : dans ces conditions la facture minimum est de 0.25$ ce qui correspond à des "mini-paiements" (1 à 100$) plus qu'à des micro-paiements (quelques centimes). Digital Equipment a développé de son côté millicent mais aucune de ces initiatives ne semble véritablement s'imposer aujourd'hui

La concurrence dans ce domaine va s'exercer non au sein d'une profession mais entre trois grandes professions du recouvrement de facture

Comme le dit de façon très pertinente une publicité américaine : "it makes cents"

Pour la vente au numéro, Le Monde vous offre le choix entre la solution Banque le système kiosque à la minute (France Explorer 2,2311(*) F/minute) ou la facturation kiosque "à la pièce" via un portail (Wanadoo).

En tout état de cause une préoccupation a avoir toujours présent à l'esprit: l'obligation de remplir de longs formulaires répétitifs (nom, prénom, adresse, N° de carte,...) avant de pouvoir passer commande refroidit bien des enthousiasmes: seuls 8% de ceux qui ont commencé cette "épreuve" vont jusqu'au bout. Des entreprises comme Qpass www.qpass.com ont essayé de répondre à cette préoccupation en créant une fonction générant un remplissage automatique de ceux-ci

3.1.3.1.3 "we need banking but not bankers" (Bill Gates) la création de monnaie virtuelle?

Sur le modèle des "grains de SEL" (Système d'Echange Local), on commence à voir apparaître des "devises électroniques globales sur le web", monnaie virtuelle créée par des particuliers pour échanger des services sans utiliser la monnaie officielle,.couplée à l'émergence depuis début 2000 de systèmes de paiements entre particuliers de type Paypal voir page 43 "nous irions vers la creation d'une nouvelle monnaie, pourquoi pas mondiale" (J M Billaut BNP-Paribas)

La plus importante d'entre elles le BEENZ www.Beenz.com géré par la Beenz company, start up britannique lancée en avril 99 a reçu le support d'ORACLE, SUN et EXODUS. Les clients pourront se voir ouvrir un compte et la Beenz company, qui se rémunère par une commission sur les transactions validées, agira comme une chambre de compensation

3.1.3.1.4 La sécurité : Le risque réel n'est pas toujours où l'on croit

Le problème de sécurité souvent évoqué, rarement à bon escient, devient néanmoins un vrai problème quand les craintes qu'il inspire deviennent un des facteurs inhibant au développement du commerce électronique.

Examinons donc quelques-unes des multiples facettes de cette question.

La sécurité pour le client : certes il n'est pas très difficile de détourner un message, mais encore faut-il le décrypter (les transactions par carte se font en général à travers SSL - secure socket layer - qui en assure le cryptage).

Bien entendu il est possible de casser ce code s'il est limité à 40 bits : en 1988 cela nécessitait 1 heure de calcul pour 100 micro-ordinateurs en réseau "vous n'allez pas vous donner tout ce mal pour un achat de 300 F"(Bernard Siouffi du Syndicat de la VPC)

Il est infiniment plus facile

Avec le passage à 128 bits le risque de vol de numéro sur le réseau, déjà infime, deviendra tout à fait infinitésimal.

Il n'a pas été porté à notre connaissance un seul cas de vol de numéros de cartes sur Internet. Par contre plusieurs cas de vol ou de détournement de fichiers de numéros de cartes se sont produits chez des commerçants (ces numéros ayant été connus de ces derniers aussi bien par Internet que par fax, téléphone ou achat dans la boutique physique)

Citons par exemple le cas de la banque Noris Verbraucherbank . www.norisverbraucherbank.de cité par les DNA www.dna.fr (en général les victimes préfèrent taire leur douleur mais dans ce cas l'entreprise avait offert une récompense) qui s'est fait délester de 500.000 Mark et le pirate qui avait réussi à pénétrer sur son serveur, réclamait 1 million de Mark pour ne pas divulguer les codes bancaires

Certains sites commerciaux sont, il faut le dire particulièrement négligents en matière de sécurité: le Canard Enchaîné du 10 mars 1999 cite le cas d'un internaute qui est tombé...par mégarde et sans manipulation spéciale sur la liste des clients avec les N° de carte de crédit et les dates de validité!

Par ailleurs, rappelons qu'il existe une multitude de logiciels disponibles sur Internet qui génèrent des numéros de carte et que, sans même que vous, ni votre marchand n'ait commis la moindre imprudence votre carte peut se trouver débitée !

Creditmaster par exemple peut générer des numéros personnalisés pour 1400 banques ou établissements financiers dans le Monde (Netsurf mars 99)

Signalons également le risque qu'un commerçant indélicat vous facture d'autres dépenses que celles que vous avez effectuées (contravention indue imputée par un loueur de voiture, facturation de 5 voitures au lieu d'une seule par un autre loueur, double débit pour une même dépense, poursuite des débits sur un abonnement résilié, pour n'en citer que quatre qui nous ont été rapportés durant cette mission ...).

Enfin il convient de signaler le risque du "shoulder surfing" qui consiste pour un observateur attentif ou une camera de surveillance à lire le mouvement de vos doigts pendant que vous tapez votre code secret, vous privant largement de vos moyen de recours contre un paiement contesté.

Le véritable risque est de posséder une carte de paiement: ce n'est pas de l'utiliser sur Internet.

Netsurf signale dans ce domaine une "arnaque" de plus en plus fréquente: un débit de faible montant (quelques dizaines de franc) récurrent comme un abonnement (...mais qui touche un très grand nombre de comptes). Souvent la somme passe inaperçue, ou son faible montant dissuade le possesseur de la carte d'entamer les formalité pour faire recréditer son compte.

Cet été les factures "Web transaction" ont fait de très nombreuses victimes ...dont la plupart n'avaient jamais mis le nez sur le web: seule solution, changer de carte bancaire (...ou réapprendre à vivre sans)

La sécurité pour le fournisseur trois cas sont à distinguer :

Gérard Fournier (Netsurf 99) indique que lors du lancement de Soft Gallery 20 % des achats étaient des tentatives de fraude.

De nombreuses méthodes existent pour limiter ce risque (développées essentiellement par les spécialistes de sites pour adultes particulièrement exposés à ce risque) qu'il serait trop long de développer ici (voir www.sevpcd.com , www.solftgallery.fr ou www.certifier.com) .

Mais soulignons qu'en cas de fraude le seul préjudice est une non-rentrée d'argent, assimilable au préjudice subi lors d'une copie illicite : c'est un manque à gagner plus qu'une perte.

Quand vous livrez dans un pays OCDE avec des règles de droit, une police et une justice efficace, les risques sont faibles:

Floritel, fleuriste sur le Web déclare en près de deux ans d'expérience qu'il n'a pas eu à déplorer une seule tentative de fraude.

Quand vous acceptez le risque de livrer, après un paiement par carte, dans un pays à structure juridique floue, vous prenez effectivement un vrai risque 

Netsurf relate la mésaventure d'Hervé le Billon ( www.bretagne-brittany.com ) qui a accepté de livrer 8 pulls à un habitant de Vladivostok payé par la carte bleue, évidemment bien créditée, d'une américaine. On devine la suite.

De même Catherine Leroy, avec ses vêtements de haute couture voir page 162 reconnaît avoir ete plusieurs fois abusée par des commandes venant des pays de l'Est

Néanmoins certains émetteurs de moyens de paiement faisant d'internet leur cheval de bataille assurent gratuitement leurs clients contre toute utilisation frauduleuse de la carte

3.1.3.2 Le vrai enjeux : la valeur ajoutée de toute la partie commerciale représente généralement 20 à 30 % du prix d'un produit ou d'un service vendu.

Elle comporte :

Ce que l'on appelle "marge commerciale" correspond pour l'essentiel à la rémunération de cette importante valeur ajoutée

Il est bien clair que l'innovation dans les méthodes de commercialisation peut être aussi déterminante pour le succès de l'entreprise, que l'innovation dans le service ou dans le produit lui-même.

Le marketing sur ce média nouveau reste encore pour beaucoup à inventer et il peut donner des avantages compétitifs à de petites structures qui ne sont pas prisonnières de schémas mentaux que les médias anciens avaient peu à peu forgés: on attend encore l'Aristide Boucicaut du Web

La bergamote de Nancy a su créer autour de son produit, en Asie du Sud-Est, une image de "produit du savoir-vivre et du raffinement français" qui en a assuré le succès commercial au sein d'une galerie marchande http://icat.francecontact.com/marche .

3.1.3.3 Une écoute attentive des clients, une "production sur mesure de masse"

Un des atouts majeurs qu'offre l'Internet, encore faut-il savoir l'exploiter, est de permettre une écoute individuelle du client: la valeur ajoutée se déplace vers la qualité de la relation que l'entreprise est capable d'établir avec lui et la capacité à gérer la masse considérable d'information que ce processus génère

Ecouter ses attentes et personnaliser toujours plus, tout en développant des méthodes de production permettant de conserver des prix de revient de la série "

Renault a affiché les enjeux : dès 2001 proposer au client de définir sa voiture selon ses gouts, la livrer dans les 2 semaines et diviser les stocks par 2. Cela va nécessiter une adaptation de l'outil industriel et la formation de 28000 personnespour être capable de produire une voiture avec un préavis de 5 jours "internet va booster la diversité des modèles ... jusqu'à présent nos voitures neuves attendaient les clients qui devaient se rabattre sur les modèles disponibles" (André Bodis, Renault aux Echos)

Procter &Gamble propose à ses clientes avec reflect.com de fabriquer une gamme de produit de beauté composée par chacune d'entre elle poussant le raffinement jusqu'à l'étiquette personnalisée au gout de la cliente

Il convient d'être particulièrement attentif à son comportement, à ses questions ou à ses réclamations. C'est là une source infiniment précieuse pour faire évoluer produits et services.

"le client est Roi" était une réclame, maintenant c'est une réalité qui contraint, sous peine de disparition de passer d'une approche produit à une approche client:

Cette nouvelle approche va permettre "de conduire une entreprise en surveillant ce qui se passe devant et non pas en regardant dans le rétroviseur" Sanjiv Sidhu I2 technologies

Nous avons plusieurs fois entendu dire aux USA que tout le monde comprenait qu'un nouveau service soit imparfait, car Internet donne une prime déterminante au premier entrant et, de ce fait, oblige l'entreprise à lancer son produit sans attendre que tous les tests aient pu être réalisés, mais personne ne supporte que lorsqu'un défaut a été détecté il n'y soit pas immédiatement porté remède.

Des éditeurs spécialisés s'investissent dans la gestion des relations client, le CRM (Customer Relationship Management) marché évalué par le cabinet AMR Resarch à 1,2 milliard de dollars avec un taux de croissance de 60% par an et deviennent des vedettes de la bourse (Siebel (7 Milliards de $), Vignette (13 Milliards de $), Broadvision (12 Milliards de $), Clarify, Quintus, Vantive,...)

Voir également www.marketing1to1.com

3.1.3.3.1 Entreprises s'adressant à des clients individuels. le coeur de métier: bien connaître ses clients, le marketing "one to one" ou "1.2.1"

Il vous est possible dans certain cas de personnaliser totalement votre produit dans la mesure où les machines de production sont elles-mêmes commandées par des ordinateurs et qu'en fait c'est le client qui leur fournit les paramètres (impression, broderie, découpe, usinage, brochage, marquage, tissage, ...).

Il est ainsi possible de créer des produits personnalisés avec des prix de revient analogues à la grande série et en évitant les stocks, c'est la "personnalisation de masse (mass customisation)" (Philippe Coste PEE San Francisco)

De plus comme le souligne André Bodis de Renault, aujourd'hui un "bon" vendeur arrive à persuader le client d'acheter ce qu'il a en stock, pas ce que le client a en tête, ce qui se traduit par une "paupérisation" de la commande et un manque à gagner pour le constructeur

NF Valmary ( http://.valmary.fr) garde en mémoire les mensurations de ses clients, ce qui lui permet de proposer des chemises sur mesure à ses clients à partir de 375 F

Febvay Création www.febvay.com réalise des vêtements professionnels (hôtels, boucherie, boulangerie,...): il offre la possibilité à ses clients de concevoir leur ligne de vêtement (choix de la forme, du tissu, des mesures,...)

Land's End www.landsend.com et Custom Taylors www.customtaylorservice.com permettent à leurs clients de construire son vêtement (forme, couleur, longueur, style, boutons) les conseillent dans leurs choix et connaissant ainsi leurs goûts leur proposent les accessoires assortis. LeFelix fait de même pour les sacs à main www.lefelix.com

Dell www.dell.com vous donne la possibilité de construire votre ordinateur en fonction de vos souhaits (en vous offrant la possibilité de vérifier la cohérence de vos choix) avec www.Gigabuys.com, 30.000 produits électroniques il propose également du matériel d'autres constructeurs (en France à une échelle beaucoup plus modeste c'est la stratégie adoptée par Mansoft avec un PC sur mesure livrable en 5 jours)

Les poupées Barbie www.barbie.com/mydesign offrent la possibilité à ses petites clientes de concevoir et d'acheter la poupée de leur rêve : joyeuse ou sérieuse, brune ou blonde, claire ou bronzée, on choisit la couleur de ses yeux, sa garde-robe, son nom...et l'histoire de sa vie (40$, soit le double du prix habituel, livré en 6 à 8 semaines) "il y a un charme indicible à jouer les Pygmalions virtuels" Francis Pisani pour Le Monde

Bien des sites spécialisés dans le cadeau (fleurs, jeux, ...) savent également utiliser, fort à propos prénoms et dates de naissance de vos proches pour vous rappeler la fête ou l'anniversaire que vous auriez pu malencontreusement oublier

3.1.3.3.2 Le véritable fonds de commerce: la connaissance du client. Le problème des fichiers. Le cas Amazon

La connaissance fine du profil d'intérêt des clients devient rapidement le principal actif du cyber-commerçant

Aussi se développe un actif commerce de Fichiers clients qualifiés

I-Base www.ibase.fr, pour rester en France, start-up crée en janvier 1999, a levé 88MF en sept 2000 et a repris Centrale Direct et Icoupon: objectif, disposerd'ici fin 2000 de 1,2 millions de profils de jeunes de 15 à 25 ans avec plus de 1000 critères remplis pour chacun

De ce fait les deux segments qui croissent le plus vite parmi les éditeurs sont

NetZero www.netzero.com site internet gratuit compte déjà aux US plus de 1 million d'abonnés 8 mois après son lancement. En échange de cette gratuité l'internaute doit remplir un questionnaire détaillé sur ses goûts, ce qui permet un premier ciblage de la publicité qu'il voit sur son écran. Ce ciblage est affiné au fur et à mesure de sa navigation, et la connaissance de son code postal permet de sélectionner pour lui des commerces de proximité (pizza, cinéma,...)

De nombreux sites vous offrent d'improbables cadeaux mirifiques à travers des loteries sous réserve de remplir des formulaires permettant de constituer des fichiers (au moins on sait que l'on a là une liste de personnes crédules...)

Firefly récemment racheté par Microsoft, vous aide gratuitement à trouver le disque à votre goût où la communauté dans laquelle vous vous épanouirez. Il a ainsi obtenu les profils psychologiques très fins de plus de 3 millions d'internautes. Pour néanmoins protéger la vie privée de ses utilisateurs Nicholas Grouff, son président indique qu'il a mis au point un "passeport" qui permet à son abonné de décider du niveau d'informations personnelles dévoilé au site visité: ainsi seul Firefly (donc maintenant Microsoft qui intègre ce service dans MSN) vous connaît véritablement

Colornet http://www.couleurs.com/ alimente une base de données comportementale à partir de tests de couleur proposés sur plusieurs sites et permet ainsi une adaptation dynamique des bandeaux pour les internautes répertoriés dans cette base (rapport de la CNIL)

La connaissance fine du client est une des motivations principale des fournisseurs d'accès gratuits, qui sont d'ailleurs souvent filiales de grands distributeurs comme Dixons (freeserve), Tempo (screaming.net) Darty (Libertysurf), la Fnac ( www.fnac.fr)

Les intermédiaires qui assurent les paiements (comme cybercash) sont également en position de collecter de précieuses informations

Une entreprise comme Amazon.com crée par le visionnaire Jeff Bezos est valorisée à 1000$ par client car elle a une connaissance intime de chacun de ses 10 Millions d'acheteurs : elle connaît leurs adresses (livraison), leurs coordonnés bancaire, leurs goûts, leurs façons d'acheter...et ceci malgré une perte qui triple (625M$ au premier semestre 2000 contre 199 un an plus tot, pour un CA qui double avec 1.152M$ contre 608 un an auparavant)

On peut penser que la librairie est seulement une entrée en matière et non une finalité, un cyberdistributeur global ce qui expliquerait un rapport de 1 à 3 avec la valorisation de Barnes&Noble leader de la librairie traditionnelle qui s'est jeté de tout son poids dans la bataille pour rattraper son retard en s'associant avec l'allemand Bertelsman

quelques faits laissent penser que vendre des livres, des CD ou des jeux n'est pas le coeur de métier que s'est donné Amazon.com

mai 99 : achat de Alexa Internet www.alexa.com qui, en échange d'aide à la navigation enregistre toutes les données sur les sites visités par leurs clients (sites visités, pages vues, durée de visite) grâce à des " brownies " (cookies actifs).

Achat de Junglee, www.junglee.com robot de comparaison des offres concurrentes sur le net (octobre 1998)

achat de live Bid, www.livebid.com site de vente aux enchères et de brocante virtuelle en mars 99

achat de Pets.com  www.pets.com nourriture et accessoires pour animaux de compagnie en mars 99

achat de Drugstore.com www.drugstore.com qui vend des produits pharmaceutiques et cosmétiques en février 99 et pousse le soucis de votre bien-être jusqu'à vous rappeler la nécessité de faire renouveler votre ordonnance...ou de changer votre brosse à dent!

juillet 99 ouverture d'un magasin de jouets,

juillet 99 annonce de l'ouverture du service haut de gamme avecsothebys et de la commercialisation de voyages organisés

juillet 1999 ouverture d'un rayon électronique grand public, habits, montres joaillerie, jardinage

août 1999 prise de contrôle de Gear.com www.gear.com spécialisée dans la vente d'articles sportifs

octobre 1999 ouverture de zShops &&wgalerie commerciale ouvert à tous les vendeurs occasionnels ou professionnels

début 2000 Accept.com, www.accept.com, entreprise permettant des paiements entre particuliers

aout 2000 vente de voitures, de service de photos en ligne ofoto.com www.ofoto.com

en 2000 c'est18 millions de produits qui sont en vente

...mais peut-on être performant dans autant de métiers différents?

Le succès boursier de portail comme Yahoo! Netscape ou Excite tient sans doute pour une bonne part à cette analyse.

Mais le fin du fin consiste à n'exploiter cette connaissance qu'avec modération explique J P Charpentier, Directeur général de France Loisirs www.franceloisirs.com (Internet Professionnel 07/98)

"toute la difficulté consiste alors à éviter que l'adhérent ne se sente "épié. Nous devons donc élaborer notre proposition de telle sorte que le client ne se sente pas reconnu. C'est la limite du one-to-one "

On imagine facilement combien cette évolution vers un marketing personnalisé est susceptible de révolutionner le marché publicitaire dans son approche et dans ses techniques

Il faut bien avoir conscience aussi que cette intrusion qui peut être très profonde dans la vie privée et la connaissance intime des individus peut provoquer des réactions de rejet brutales

Ces réactions se sont traduites en Europe par des lois, mais pas aux Etats Unis ou le respect de la vie privée relève du droit contractuel et est mis en oeuvre dans le cadre de Chartes ou morale et marketing cherchent à négocier un équilibre incertain (quid en particulier de la commercialisation des données, par exemple en cas de liquidation judiciaire c'est son principal actif, de même qu'en cas de rachat de l'entreprise elle-même). Nous reviendrons ultérieurement sur ces sujets très délicats qui font l'objet d'âpres discussions car les internautes européens sont d'actifs clients des sites US

3.1.3.3.3 L'émergence des communautés d'acheteur : une cible privilégiée pour les PME :

Internet est un outil particulièrement adapté pour le fonctionnement de communautés de tous types.

Leur première préoccupation est en général de mettre en commun les informations ou la documentation qui leur est spécifique à travers un site web protégé ou non par une clef d'accès et de développer les moyens d'échange entre membres et de travail collectif (messagerie, IRC, new group, groupware, ...).

Il s'avère fréquemment que ces communautés ont des besoins communs de produits ou de services (transport, outillage, équipements sportifs, spectacles... par exemple).

Elles sont bien entendu les mieux à même de définir de façon précise leurs spécifications : les chirurgiens ou les radiologues sont par exemple les mieux placés pour élaborer le cahier des charges de leur futur matériel.

Essayons d'analyser "l'économie" de la communauté en terme de marketing :

La valeur du "fonds de commerce" que représente un client dont vous connaissez les habitudes de consommation et qui vous fait confiance (que l'on peut calculer à travers la valeur boursière des entreprises Internet dont c'est le capital principal) est estimé à 1.000 $ voire plus (3.000 $ pour Amazon : cf ci-dessus).

Il correspond à l'avantage économique que représente une connaissance fine de ses goûts et de ses diverses caractéristiques (solvabilité, localisation, profession, ethnie,...) permettant de lui faire des propositions commerciales pertinentes

L'économie d'une communauté consiste en fait à mutualiser ces sommes et de les conserver à son profit ou, comme nous le verrons plus loin ( voir page 91), de celui qui la fédère (l'infomédiaire) au lieu de se la laisser " dérober " par les sites que vous visitez

"les enjeux financiers sont énormes, il faut savoir que la communauté des supporter de Manchester United représente un chiffre d'affaire de 200MF et celle des Spice Girl de 1,4 Milliard de Francs par an" Christian Lainé responsable du programme intercommunity intr@net99 www.intranet99.org

De cette analyse découlent deux conséquences majeures :

Robert Eaton PDG de Chrysler lui-même soulignait que grâce à l'information abondante et pertinente du client (il sait avec autobytel www.autobytel.com à quel prix le concessionnaire achète la voiture) "le rapport de force est inversé".

Le géant General Motors ouvre un extranet, un site web, et crée en août 1999 une filiale e-GM pour essayer reprendre le contrôle de ses propres concessionnaires, contrôle quelque peu mis à mal par ce même autobytel cf page 97

La description du processus d'achat d'une communauté montre que le travail préalable réalisé par celle-ci a permis de réaliser une large partie du travail habituellement réalisé par le fournisseur

Dans de telles conditions, une PME qui possède de la compétence technique mais qui n'aurait pu préfinancer tout ce travail préliminaire, se retrouve en meilleure position compétitive que les grandes entreprises installées sur le marché: plus flexible, plus réactive elle est surtout moins chargée en frais généraux.

Son handicap structurel se transforme dans ce contexte en avantage compétitif.

On voit en particulier apparaître des intermédiaires qui fédèrent des communautés

Communauté des chirurgiens, Surgery on ligne www.ortopedie.com, des architectes bretons, www.architecture-services.com, les laboratoires d'analyses médicales de l'Ouest www.biologistes-village.com les imprimeurs www.imprimfr.com ou les acheteurs de fuel de Genève (Global Interactive City www.gkb.com):

Firefly, Wired, Netgame, Parent Soup, et bien d'autres se sont placés sur ce créneau majeur (une excellente analyse dans Net Gain publié par l'université de Harvard www.hbsp.harvard.edu/hbsp/prod_detail.asp?7595

SeniorNet, une communauté virtuelle de retraités branchés compte 10 millions de membres www.seniornet.org. son doyen a 104 ans. Ce réseau fonctionne grâce aux cotisations de 25.000 membres bienfaiteurs: "c'est un endroit où l'on peut rompre son isolement sans quitter sa chambre, se soutenir dans les épreuves de la maladie, mais aussi partager des évènements heureux, anniversaires et mariages" Glen Gilbert, animateur du site . de nombreuses associations comme l'APF (association des paralysés de France), pourraient utilement s'inspirer de ces initiatives

Un nouveau business model vient de faire son apparition le "we-commerce" (achats groupés) voir page 103

Lancé par Mercata www.mercata.com et Mobshop www.mobshop.com (ex Accompany www.accompany.com) ces sites proposent aux consommateurs de se regrouper pour acheter un produit:

Plus le nombre de clients est important plus le prix est bas

Chacun des clients est alors incité à faire la promotion du produit vis à vis de ses connaissances (à l'exact opposé des ventes aux enchères) pour en faire baisser le prix : c'est le "marketing viral"

Ces communautés virtuelles tireront les prix vers le bas

...mais ce peut être une opportunité pour une PME de tailler des croupières à un gros concurrent en jouant pleinement la carte de telles communautés, faisant ainsi l'économie du réseau commercial, de la promotion de la marque et d'une partie du marketing (ce que la grosse entreprise pourra plus difficilement faire)

3.1.3.4 Le développement de la marque et du produit, le référencement, la publicité, l'e-pub, l'e-mailing

Dans un univers qui s'étend de façon explosive (augmentation du nombre de pages et du trafic de 15% par mois !) avec 3 millions de sites en ".com" il est extrêmement difficile d'émerger de la masse.

Or il ne sert pas à grand chose d'avoir une offre remarquable si personne ne le sait.

La "marque" élément de confiance pour le client ( voir page 89) devient un élément majeur de l'actif de l'entreprise (car la fabrication proprement dite des produits et services peut bien souvent être sous-traitée)

Mais pour autant une excellente publicité ne peut suppléer ni la qualité du produit ni celle de la stratégie "la meilleure des agences ne peut rien pour un client qui ne sait pas ce qu'il veut" Frank Tapiro, Hémisphère droit

On peut même dire que la publicité est un "amplificateur de notoriété" et joue dans un sens comme dans l'autre: une excellente publicité pour un mauvais service ne fait qu'aggraver la situation et une marque connue est beaucoup plus vulnérable à un dysfonctionnement, car cette notoriété joue encore plus pour faire connaître les défauts que les qualités (voir par exemple la montée et la chute de Boo.com accompagnée par des centaines de millions de publicité)

Sans politique de "signalisation" les risques sont grands de rester inconnu. Plusieurs outils peuvent alors être mobilisés.

3.1.3.4.1 Le référencement: une étape essentielle

Bien souvent l'internaute à la recherche du produit ou du service que vous offrez, ou qui souhaite trouver un partenaire ou un employeur que vous êtes susceptible d'être, fera appel à un moteur de recherche ou à un annuaire.

La première démarche à faire est de se faire référencer par les principaux d'entre eux en leur indiquant votre existence et en leur signalant les domaines d'intérêt que vous revendiquez.

Des méta référenceurs comme Top Dog (qui, cela ne manque pas de sel, s'est fait voler son nom en 1999 voir www.topdog.com), WebPosition Gold www.webposition.com SubmitWolf www.trellian.com, NetBooster www.netbooster.com ou AddWeb www.cyberspacehq.com peuvent vous simplifier la tâche en référençant vos pages auprès des moteurs (jusqu'à 1.500 moteurs pour AddWeb) mais aussi en optimisant vos pages pour qu'elles soient plus facilement indexées (en particulier au niveau des "tag méta" instructions invisibles par le visiteur mais qui contient les informations d'indexation pour les moteurs, et qui sont bien souvent négligés par les débutants)

Mais bien entendu ils sont moins performants qu'un référencement " à la main" moteur par moteur ou réalisés par des robots de sociétés spécialisées.

Par ailleurs des "outils de contrôle" vous permettent d'apprécier le résultat obtenu comme www.weborama.fr

Toutefois cette démarche n'est en général pas suffisante : dans de nombreux cas le moteur renvoie des centaines sinon des milliers de réponses à la question de l'internaute : il convient de faire en sorte de figurer dans les 20 premiers, (la première page de réponse du moteur) ou, à la limite, dans les 40 premiers : il est rare que l'internaute aille bien au-delà dans l'examen des réponses.

Cela nécessite l'utilisation d'un certain nombre de techniques (scoring), jalousement gardés (car si tout le monde les utilisaient, elles deviendraient bien entendu inopérantes puisqu'il s'agit d'une compétition) et évoluant rapidement (car les moteurs apprennent au fur et à mesure à déjouer les "astuces" inventées pour les abuser).

Citons néanmoins

Il est de bonne politique d'échanger des liens avec des sites partenaires ou complémentaires quand une communauté se fédère autour d'un thème ou d'un type de public en organisant ces échanges de liens croisés cela s'appelle un Web ring : un tel réseau de liens augmente considérablement la "visibilité" de chacun de ses membres (l'Anneau Arriégeois par exemple relie artisans et pme ariégeois)

par ailleurs Realname vous permet d'acheter le nom de votre entreprise en tant que mot clef, et d'assurer ainsi que votre site officiel sortira en tête lors d'une recherche sur votre nom.

Notons qu'à ce "sport" les grandes entreprises ne sont pas toujours les plus performantes :

Lorsque nous avons voulu acheter un appareil photo numérique à New York, après l'avoir repéré dans une boutique notre premier réflexe a été d'aller sur le Web pour voir ses caractéristiques techniques détaillées et les prix afin d'être en mesure de négocier avec notre marchand de Broadway :

Quelle ne fut pas notre surprise de constater que sur la requête "MAVICA" les 20 premières références étaient occupées par des sites de clients mécontents qui expliquaient en détail tous les défauts de l'appareil. Le site officiel de son fabricant n'apparaissait qu'en seconde page ! Nous n'avons pas acheté l'appareil cette année là

Gardons à l'esprit qu'un individu astucieux ou une PME ont autant de poids qu'une multinationale sur ce plan et que, de ce fait, les sites de clients mécontents et qui veulent le faire savoir sont extrêmement nombreux.

Ils ont une capacité de nuisance considérable en mettant sur la place publique les défauts des produits jusqu'à obtenir satisfaction (citons parmi les plus célèbres campagnes : un modèle de voiture ayant tendance à s'enflammer, les défauts d'un produit électronique, ...) voir page 70

3.1.3.4.2 la publicité, l'e-pub pourquoi
3.1.3.4.2.1 Le développement de la notoriété de la marque et des produits: un enjeu souvent majeur

2 objectifs sont ici visés :

Cette économie d'échelle joue également pour financer les coûts, qui peuvent devenir gigantesques, exigés pour la création de sites très riches sur le plan éditorial (soft selling) que nous verrons dans le prochain chapitre.

Il faut noter par exemple que pour les opérateurs qui se donnent pour vocation de devenir "La référence" dans leur créneau, le marketing représente les deux tiers des dépenses d' "investissement" contre 10 à 15% pour les développements techniques et éditoriaux. (encore en 1999 Autobytel investissait 50 à 60 % de son chiffre d'affaire en promotion d'après "La Tribune").

3.1.3.4.2.2 Une stratégie qui explique les "pertes comptables" des leaders de la cote

Ces dépenses d'investissement, sur la marque ou "branding" étant comptablement considérés comme du fonctionnement, cela explique les déficits que connaissent les principaux leaders du marché dans leurs premières années (AMAZON a encore perdu 124 millions de dollars en 1998, mais les marchés ont parfaitement compris cette logique puisque malgré ces pertes récurrentes ils valorisaient l'entreprise dont le chiffre d'affaire de 600 M de dollars en 98, et qui continue à plus que doubler chaque année, à plus de 10 milliards de dollars en 1999, en poussant une pointe à 34 Milliards de $ pendant l'euphorie de début 2000)

Ceci ne veut pas dire toutefois qu'il suffit de jeter l'argent par les fenêtre pour réussir!, comme de nombreuses faillites l'ont montré (la plus emblématique ayant été Boo.com au printemps2000)

Il faut noter que dans ce domaine le "Minitel" a été précurseur en donnant gratuitement le matériel, ce qui au départ a crée un gigantesque déficit, vivement reproché par la Cour Des Comptes, compensé ensuite pendant de longues années par une rente de situation qui émerveille encore les Américains.

Avant le lancement des ordinateurs gratuits à très bon marché, nombre de spécialistes de marketing américains sont venus étudier le "modèle Minitel".

3.1.3.4.2.3 Des techniques publicitaires en pleine évolution: de la pollution vers le service

Tant sur le plan tant technologique que conceptuel la publicité est un des domaines qui connaît la plus forte évolution

La publicité envahissante, perçue comme une pollution par l'internaute (bandeau fixe ne prenant pas en compte le profil de l'internaute) qui sont à la fois chères et contre-productives, sont en voie de marginalisation:Les internautes expérimentés (qui sont ceux qui achètent) sont nettement moins de 1% à leur attacher le moindre intérêt (contre 5% pour les néophytes)

C'est pourquoi se développent des stratégies beaucoup plus sophistiquées en essayant d'être perçues comme apportant un divertissement (advertainment www.hotwheels.com de mattel ou www.kswiss.com) ou un service à l'internaute: "

La publicité pour la pizzeria de sa rue apparaît au moment où il a faim, le livre en promotion correspond à son centre d'intérêt, les balles de golf vont avec les club qu'il a acquis il y a un mois, il peut voir en temps réel le montant des enchères sur un produit analogue à celui qu'il consulte, une idée de cadeau vient à point nommé le jour de son anniversaire de mariage,...

De plus en plus, afin d'éviter les réactions d'allergies qui provoque une publicité invasive, les propositions commerciales ne sont faites qu'après s'être assuré de l'accord du prospect : c'est le "permission marketing

Il convient pendant les phases de développement être particulièrement attentif aux insatisfactions des clients qui peuvent s'exprimer au sein des news group voir page 111 ou à travers les sites protestataires voir page 70 afin d'ameliorer les produits et d'adapter la communication

Signalons enfin que la publicité joue un rôle majeur dans l'économie de l'Internet : beaucoup de sites éditoriaux ne peuvent offrir de riches contenus gratuitement que grâce à la publicité (2 milliards de dollars en 1998).

3.1.3.4.2.4 un domaine promis à un brillant développement: mesure d'audience, base de facturation

Plus encore que dans la presse traditionnelle se pose la question de l'outil de mesure fiable susceptible d'être accepté par les partie pour asseoir la facturation

Pour ce qui concerne la publicité "classique" sur le web éléments mesurés s'affinent progressivement et conduisent progressivement à engager les agences sur les résultats et plus sur les moyens

plaquette disponible sur demande à cesp@cesr.org voir aussi www.iab.net ou www.iabfrance.com, site de "l'internet advertising bureau")

Le rôle crucial des mesures d'audience se traduit par les valorisations des entreprises qui ont réussi à s'imposer

Aux USA, Mediametrix www.mediametrix.com (qui a fusionné avec Relevant Knowledge www.relevantknowledge.com et plus récemment avec Jupiter www.jup.com) a installé un logiciel de mesure des comportements sur près de 40.000 ordinateurs privés ou professionnels. En Asie elle s'est alliée à Dentsu en Amérique latine avec Ibopeet en Europe à l'Allemand Gfk et au Français Ipsos. www.ipsos.com pour créer MMXI. Signalons également Open Adstream www.realmedia.com , Media Research, www.mrc.org

En France 3 sociétés émergent

Médiamétrie e-Ratings.com www.mediametrie.fr avec Cybermétrie analyse la fréquentation des sites a partir d'un panel de 8 500 personnes

Netvalue www.netvalue.com présidée par Emmanuel Brizard, analyse le comportement d'un échantillon d'internautes avec un panel de 700 foyers. Crée en mars 1998 la société a réussi à convaincre un pool d'investisseurs menés par Innovacom d'investir 80 MF fin 1999 pour le développement de cette start up en Europe et aux Etats Unis.

Elle est valorisée 4,2 Milliards de Francs en fev 2000 pour un CA prévu de 42MF

3.1.3.4.2.5 des outils pour un pilotage des campagnes en temps réel

Là encore Internet conduit à passer

L'avantage d'Internet est de permettre d'évaluer l'impact d'une campagne pendant son déroulement, la pertinence d'un message,... et de pouvoir ainsi l'adapter sans délai pour en accroitre l'efficacité

Ces mesures permettent soit de suivre une population test bien connue (ce qui permet d'en extraire des échantillons représentatifs du public visé), soit d'exploiter des informations que laisse volontairement ou non un les internautes en se connectant

Les outils sont nombreux (Clickstream, Webtrends, ActivStats, Webmeasure, Dart, Open ad Stream,...) et ils permettent une mesure en temps réel de l'efficacité d'une campagne

Ad Net Track www.adnettrack.com, développé par 15 régies, permet aux différents acteurs de la publicité sur le net d'avoir une vue détaillée sur les campagnes en cours et LemonAd www.lemonad.com lancé début 2000 par Netcrawling offre un outil de pige publicitaire en temps réel offrant une vue panoramique détaillée sur toutes les campagnes en cours

Internet permet aussi de procéder à des test marketing sur des produits diffusés par les circuits traditionnels

La jeune société Etnosphère, crée par Olivier Barrelier utilise internet pour des sondages ultrarapides de panels de consommateurs pour orienter une campagne de pub classique ou des nouveaux sites web en leur faisant tester bandes son, vidéo ou maquettes de sites avec réponse dans les 72H chrono

3.1.3.4.2.6 mais encore bien des problèmes techniques et surtout déonthologiques

Mais de nombreuses difficultés techniques sont encore non résolues

Par ailleurs les problèmes de déontologie se posent de façon beaucoup plus complexe que dans les média traditionnels (frontière entre l'édition et la pub: la rémunération du site éditorial à la commission sur les achats ne risque-t-il pas d'influer sur l'objectivité?, vente de mots clef, publicité comparative, utilisation du sexe, dénigrement à travers des liens, exploitation des données personnelles, techniques de parasitisme commercial...), sans oublier qu'il faut raisonner au niveau mondial et que les règles diffèrent sensiblement d'un pays à l'autre

3.1.3.4.3 l'e-pub, oui mais comment ?: 13 stratégies se dégagent pour la publicité sur le Web
3.1.3.4.3.1 La chasse à l'affût : s'afficher sur un portail, le bandeau, le sponsoring

Il s'agit de placer son "panneau", son bandeau, là où passent le maximum d'internautes (moteurs de recherche, sites des fournisseurs d'accès ou des navigateurs) ce sont les fameux "portails" vous permettant d'être vus par des dizaines de millions d'internautes. En France d'après une récente étude de Pricewaterhouse ceux-ci captent 63% des investissements publicitaires

Une formule voisine consiste à "sponsoriser" un site (sur le même mode qu'une émission de télévision): la relation est alors plus stable qu'une simple campagne de bandeau

Par exemple 35 % des internautes utilisent Netscape et 90 % d'entre eux démarrent sur sa page d'accueil (options par défaut lors de l'installation pour le Web comme pour le mail).

Evidemment c'est là une stratégie extrêmement onéreuse qui ne peut se justifier que lorsque votre produit est susceptible d'intéresser une proportion substantielle des internautes (coût aux mille pages comportant une publicité vue (CPM) : 20 à 40 $ aux USA, 250 à 750 F en France selon que le site est généraliste ou est fréquenté par un public plus spécialisé).

La City bank, qui affiche un objectif de 1 milliard de clients, a payé 50 M$ à Netscape pour être présent sur son "portail", e-bay a dépensé 75 Millions de dollars et la start-up pharmaceutique PlanetRx crée en mai 1999, 15 M$ pour être présents sur celui d'AOL

La start-up living.com avait conclu un accord à 145M$ avec Amazon avant de déposer son bilan! (toutes les grenouilles ne peuvent pas devenir plus grosses que les boeufs)...

Bien entendu cette politique est davantage à la portée de PME quand les "portails" en question correspondent à des publics plus spécialisés (tel ou tel sport, domaine de collectionneur ou région par exemple) et plus encore quand l'entreprise est référencée par une communauté d'acheteurs et figure de ce fait dans la liste des fournisseurs référencés sur le portail de leur Intranet. C'est ce qui explique en 1999 une certaine désaffection pour les sites généralistes au profit des sites verticaux ("Vortails") ciblés sur un public ou une profession

A l'avenir qui va devoir payer à qui?

Homestore.com paie aujourd'hui 40M$ à AOL.

Etant maintenant de très loin le premier site immobilier ( voir page 98), dans la mesure où un citoyen américain fait en moyenne une opération immobilière tous les 7 ans et que 64% d'entre eux utilisent Internet pour leur recherche, il considère que c'est lui qui apporte du trafic à AOL et il s'interroge pour savoir si à l'avenir ce n'est pas lui qui demandera pas à être rémunéré par les portails qui permettent l'accès à son site

3.1.3.4.3.2 La souricière : offrir un accès gratuit à ses clients

Une nouvelle stratégie commence à apparaître prenant en compte la réalité des coûts: offrir un accès Internet gratuit ne coûte quasiment rien (de l'ordre de 16F/mois) par rapport à l'avantage d'inviter votre client à naviguer en partant de votre "port" ce qui présente deux avantages majeurs

C'est ce qui a conduit Internet Telecom (maintenant Eircom.net) www.eircom.net à vendre de "l'Internet gratuit clef en main": Elle a déjà pour clients La Fnac, VNU et le Crédit Maritime Mutuel

"un objectif de 100.000 abonnés en 18 mois nécessite une mise de fonds de 5MF" Sébastien Crozier à Netsurf août-99

3.1.3.4.3.3 la technique du coucou: graver directement votre publicité sur le disque dur de votre prospect

Un cran plus loin que dans la méthode précédente, vous offrez non seulement l'accès gratuit, voir les communications gratuites: vous offrez également l'ordinateur, (ou vous passez par l'intermédiaire d'entreprises qui le font pour vous comme Free-PC Network et sa gamme de logiciels AdOptimizer sales@free-pc.com)

Mais en échange de ces "cadeaux" l'internaute accepte

3.1.3.4.3.4 l'appeau: payer l'internaute pour regarder votre publicité et attirer des congénères : la "cashbar"

Dans ce cas vous rémunérez l'internaute pour chaque heure de surf (3 à 5F)

Mais la principale source de revenu que l'on fait miroiter est une rémunération pour chaque heure de surf des internautes qu'il aura parrainé ainsi que pour les filleuls de leurs filleuls et ceci jusqu'à 5 niveaux! Ce qui évidemment facilite le marketing viral ... de la publicité!

Les ventes "pyramidales" sont certes interdites mais dans le cas présent toute la chaîne est rémunérée...

Alladvantage revendique plus de 6 millions d'inscrits, Surf is Money et GotoworldFR fonctionnent sur le même modèle, Winbe diffuse également des news, Mediabarre paie au nombre de publicités vues (5ct)

3.1.3.4.3.5 le miroir aux alouettes: loteries gratuites cadeaux, clic humanitaire et jeux concours

Une des façon les plus efficaces et les moins onéreuses de se créer un fichier de prospects qualifiés est de les inviter à participer à un jeu-concours leur permettant de gagner des cadeaux en relation avec votre production: à priori ce sont des prospects pertinents pour vous, et pour participer au concours ceux-ci doivent vous donner de nombreuses informations comme par exemple l'adresse de livraison de l'éventuel cadeau

Comme le faisait malicieusement remarquer un publiciste "on parle de Banque de donnée, pourquoi voudriez-vous qu'un internaute accepte de déposer ses données dans une banque sans rémunération?"

Peugeot offrait ainsi un cadeau à toute personne visitant le site de la 206 laissant ses coordonnées: 13 000 fiches de prospects ont été ainsi recueillies et Bristol Meyer en offrant gratuitement des produits sur le WEB a obtenu 30 000 adresses à moitié prix des méthodes habituelles

Pour sa part Consodata offre promotions, réductions ou échantillons pour obtenir des informations

Plus subtil le clic humanitaire vous offre gratuitement de la bonne conscience puisque le cadeau est fait à un tiers

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies vous propose sur la "Hunger Page" www.thehungersite.com des bandeaux publicitaires: pour 1000 clics l'entreprise reverse 5$ au PAM

Une nouvelle race de sites a vu le jour en 2000: les loteries gratuites: dans la "roue de la fortune" par exemple on choisit 7 chiffres parmi 39 et on valide en cliquant sur une des bannières publicitaires du site . le site est rémunéré sur la base de 2 à 7F par clic, plus un pourcentage comme dans tout lien marchand en cas d'achat

Pour avoir des prospects qualifiés, il est exigé avant de pouvoir tenter sa chance de remplir un questionnaire qui fournit de précieuses informations.

"De plus ces loteries permettent d'obtenir au-delà des informations déclarées des informations comportementales qui ont beaucoup plus de valeur encore" Pascal Magne DG de Eldorawin (300 000 membres)

Les mails annonçant les résultats, tant attendus, comportent de la publicité adaptée au profil du joueur

Luckysurf.com www.luckysurf.com, inventeur du concept, créé par le Français Alain Ayache est aujourd'hui parmi les 20 sites mondiaux les plus fréquentés avec 400.000 joueurs quotidiens. Objectif affiché: 100 millions de joueurs

Pour obtenir des "luckies", qui permettent de jouer plusieurs fois par jour il faut répondre à des questionnaires détaillés sur ses habitudes de consommation et son niveau de vie

Ludopia a créé le site Lucky Village www.luckyvillage.com, plate-forme de marketing direct, permet de gagner jusqu'à 1MF par jour ainsi que des lots offerts par les sites partenaires.

LoTree www.lotree.com (120 000 membres), géré par Directinet, pour se prémunir contre "l'accident" (un joueur gagne le gros lot) a contracté une assurance chez AXA, comme la plupart de ses concurrents !

Notons encore sur le même modèle Good Luck City www.goodluckcity.com, Koodpo www.koodpo.com, Emilio www.emilio.com, Bingonet qui commercialise Bananaloto, www.bananaloto.com, Madnetix avec MadQuiz www.madquiz.com,...

3.1.3.4.3.6 La pêche au chalut: une présence sur une multitude de petits sites

La technique consiste là à mettre des bandeaux un peu partout sur les innombrables petits sites à la recherche de moyens pour boucler leur budget et dont le profil des visiteurs correspond à votre offre (en particulier les sites de la presse nationale, régionale ou spécialisée dont c'est la principale ressource):

La rémunération se fait alors de plus en plus "au clic" (entre 0,20 et 1,20 F) ou par une commission sur les ventes aux clients qu'elle oriente vers le site marchand, plutôt qu'au "1000 pages vues" (CPM) voir page 85

Des régies publicitaires exploitent ce nouveau créneau:

LinkExchange www.linkexchange.com gère 200.000 sites

DoubleClick www.doubleclick.net gère 60 millions de pages vues par jour pour 1.400 annonceurs,

LinkShare www.linkshare se présente comme le plus important vendeur en "syndication": il se spécialise dans la constitution de réseaux d'affiliés rémunérés à la commission par des liens marchands. Il représente une centaine de marchands

Netgravity www.netgravity.com qui permet le traçage systématique du trafic avec la possibilité de tester les campagnes et de les adapter en temps réel

Netperceptions www.netperceptions.com et Broadvision www.broadvision.com spécialisés dans "l'intelligence" marketing et la personnalisation

Notons encore Real Media www.realmedia.com, Numeriland www.numeriland.com, AcceSite www.accessite.com, Valueclick www.valueclick.com Add Manager, Accipiter www.accipiter.com, OpenAdStream ou Cyberthryll www.cyberthryll.com Hi-Media www.hi-media.com ZD Régie www.zdnet.com/zdregie, Declicnet www.declicnet.com

En France : Régie-click www.regieclick.com lancé par la start-up Centpourcent, (0,60F par clic a déjà 176 client au printemps 1999), Interdéco Multimédia mailto:info@interdeco.mgn.fr régie du groupe Lagardère ainsi que des régie traditionnelles:, Circuit A www.journaldunet.com/99avril/990401circuitA.shtml , Médiavision www.mediavision.fr , Websat Pub www.websatpub.com ...

3.1.3.4.3.7 La "chasse à courre": ne faire apparaître sa publicité qu'en fonction de l'internaute.

La "chasse à courre" est plus subtile et plus technique mais moins onéreuse : cette stratégie vise à faire apparaître sa publicité au bon moment, quand l'internaute est susceptible d'être intéressé

Il s'agit de gérer la fréquence des bandeaux et leur personnalisation en fonction des profils des visiteurs, de l'heure, de la température, des questions posées... en optimisant le budget de l'annonceur avec une analyse de performance disponible en temps réel

L'objectif est de faire en sorte que l'information commerciale apparaisse comme un service et non comme une nuisance envahissante

Exemple :AXA a "acheté" en exclusivité 2500 mots clé sur les principaux moteurs pour 12 MF: la publicité est adaptée au pays du client

La communauté des fournisseurs de matériels pour le traitement des eaux Water On Line a acheté dans les moteurs de recherche tous les mots clés correspondant aux produits et services offerts par ses membres.

Si vous interrogez un moteur avec un de ces mots clés, un bandeau cliquable permettant d'aller directement sur leur site apparaît sur votre écran.

Bien entendu Amazon.com utilise cette technique sur les moteurs de recherchepour vous proposer des livres susceptibles de correspondre à votre sujet d'intérêt, tel que l'on peut l'appréhender à travers votre requête.

La capacité d'analyse fine du profil des internautes, à travers l'examen de leurs requêtes et l'analyse du "mouchard" (cookie) placé sur leur disque dur, permet à certains opérateurs (gestionnaires de moteurs de recherche en particulier) de gérer l'affichage de bandeaux publicitaires cliquables de façon très ciblée

La connaissance des goûts, âge, pouvoir d'achat, sites visités précédemment, localisation géographique (la simple connaissance du code ZIP donne de précieuses indications sur le quartier habité et donc sur les styles d'achat) permet une gestion efficace des accroches commerciales: c'est le DAA "Dynamic Advertising Allocation"

C'est évidemment un modèle privilégié pour les journaux (projet ETEL de Ouest France) ou les radios (EuropInfo www.EuropInfo.com) qui offrent des journaux personnalisés qui ont de ce fait des clientèles bien connues

En un clic de souris le client intéressé par votre publicité atterrit directement sur votre proposition commerciale et.. d'un second clic peut vous passer commande

Le "taux de clic" varie de moins de 1% pour les publicités non ciblées à 20% pour celles qui le sont

Pizza Hut par exemple n'affiche son bandeau qu'aux heures des repas et en tenant compte du fuseau horaire de l'internaute.

Une forme plus subtile de publicité consiste à l'introduire au sein même des scénario des jeux (CNM &n).

France Télécom a développé une plate-forme gratuite de jeux sur Internet GOA www.goa.com: Forteresse est un jeu de stratégie qui se déroule au Moyen âge. Le joueur se voit attribuer un fief et devra mettre en place une puissance militaire pour se protéger et conquérir de nouveaux territoires

Pour les cookies il convient, là encore de respecter un certain nombre de règles de déontologie car certaines pratiques peuvent être perçues comme attentatoires à la vie privée et sont susceptibles de créer chez le client potentiel de violentes réactions de rejet. Une charte de déontologie a été élaborée, et des sites de plus en plus nombreux s'en réclament voir page 89 et page 201

3.1.3.4.3.8 Le braconnage: acheter le nom de son concurrent comme mot clé sur les moteurs

Cette technique d'achat des mots clés peut aller très loin : Datek voir page 103 nous a annonce avoir "achete" le nom de son concurrent, actuel leader sur le marché, Charles Schwab, tant et si bien que quand une requête est faite sur celui-ci une publicité pour celui-là apparaît à l'écran "why pay 29,5$ with Charles Schwab when you can get a better service for 9,95" et Ericsson nous a dit avoir "acheté" "Wirlpool"

ces pratiques à la limite du parasitisme commercial font d'ailleurs actuellement l'objet d'un premier procès :

Play boy a porté devant la justice le cas de sites pour adultes qui avaient ainsi acheté son nom et profité de sa notoriété pour faire apparaître leurs bandeaux en cas de recherche sur la firme au lapin (le Monde)

Néanmoins elles sont en plein développement

Dans un domaine voisin certains moteurs comme Alta Vista ont annoncé leur intention de procéder à une vente aux enchères des places en première page pour les mots clefs

3.1.3.4.3.9 La chasse à l'appât: le "couponing"

Il représente un marché de 3 milliards de dollars et commence à faire également son apparition sur le web

L'impression d'un bandeau surprise permet d'obtenir des bons de réduction

Vous obtenez des ClickMiles ou WebMiles au fur et à mesure de vos achats ou même simplement de vos visites

Ces coupons, sur le modèle des programmes de fidélisation des compagnies aériennes, vous permettent d'obtenir cadeaux et réductions (ClickReward de Netcentives www.netcentives.com , les Jookers avec www.jookers.com les Beenz de Beenz.com www.Beenz.com)

Le taux de clic serait 10 fois plus élevé que sur les bandeaux traditionnels (Eric Tilenius Cofondateur de Netcentives séminaire Aftel nov 98)

En France 1999 a vu l'émergence de nombreuses initiatives "0 ! Points" de Oh My Deal www.ohmydeal.com ,ou Maximiles www.maximiles.com qui vient de lever 60MF à l'automne 2000,

3.1.3.4.3.10 Le marketing viral

L'objectif est de faire en sorte que vos clients aient intérêt à faire eux même la publicité de vos services auprès de leur famille et de leurs amis. C'est comme nous le verrons la base du fonctionnement des sites d'achats groupés voir page 103 (plus il y a de clients plus les prix sont bas)

C'est aussi le principe des systèmes de parrainage : vous êtes rémunérés (comme nous l'avons vu pour les loteries en fonction du nombre de filleuls)

Certains sites en ont fait le coeur de leur stratégie, en particulier les innombrables projets centrés sur la famille (Notrefamille.com www.notrefamille.com) ou la généalogie et tout particulièrement autour d'une naissance comme Baby in the World www.babyintheworld.com dès qu'un membre commence à mettre un album photo sur le site, progressivement il devient le site de rassemblement de la famille ... or chacun sait qu'un des principaux créneaux du e-commerce ce sont les cadeaux:

Avant même sa naissance bébé dispose de sa liste de cadeau (ce qui lui évite d'avoir 6 paires de chaussures et pas de bavoir), cela facilite la "corvée" pour les parents éloignés: d'un clic le cadeau est choisi, emballé avec un petit mot, expédié et votre compte débité!.

Bientôt c'est l'enfant lui même qui lors de ses pérégrinations sur le web clique sur les objets qui le tentent, ce qui suffit à les faire figurer dans sa "liste"voir IhaveBeenGood.com www.IhaveBeenGood.com, et le site familial ne manque pas de vous rappeler en temps utile les fêtes et anniversaires

Par ailleurs il n'échappera à personne que le gestionnaire du site dispose ainsi de fichiers client particulièrement bien "profilés": carnet d'adresse, dates marquantes, type de cadeaux, coordonnées physiques et bancaires....

Mutatis mutandis le principe n'est pas différent dans le commerce interentreprises quand il s'agit de créer et de fédérer une communauté: les membres sont d'autant plus efficaces qu'ils sont nombreux et ils sont ainsi motivés pour convaincre eux mêmes leurs collègues de venir les rejoindre (voir par exemple les Market Places page 91)

3.1.3.4.3.11 La chasse en meute: les partenariats, les échanges de bons procédés (Web Ring)

Bien souvent des opérateurs sur internet ont des activités complémentaires et peuvent donc trouver interessant de se "renvoyer" des clients: un très grands nombres d'accords de partenariat existent dans ce domaine, avec ou sans exclusivité réciproque (un portail avec un libraire ou une chaine de distribution par exemple)

Les Web Ring, échanges de liens, qui comme nous l'avons vu plus haut renforcent le scoring du site sont également une façon efficace et peu onéreuse d'assurer la promotion de votre site.

La technique du web ring est particulièrement bien adaptée pour toutes les communautés professionnelles préexistantes (cluster, systèmes locaux de production, grappes industrielles, réseaux de franchise, ...) et qui trouvent avec l'Internet un outil particulièrement adapté au développement de leur efficacité.

L'Anneau Ariégeois par exemple relie artisans et PME de cette région

Ils permettent une promotion collective de l'ensemble des sites de la communauté puisque lorsqu'un internaute atterrit sur un des sites il est invité à aller visiter les autres

Des entreprises ont même été créées par dizaines sur ce nouveau créneau : "courtier en échange de bandeau": Quand vous acceptez 2 bandeaux vous avez droit à en publier 1, la vente du second emplacement permettant de financer l'ensemble de l'opération www.australisintelligence.com/communication/outils/echange.htm , www.bandoo.com voir une synthèse sur ce sujet à http://www.netsurf.ch/archives/1999/99_05/990531qd.html

3.1.3.4.3.12 La chasse en battue à l'aide de rabatteurs: les "liens marchands et les contrats avec les shopbots

Des modèles très différents de la télévision sont à inventer : à la télé "où les clients quand ils arrivent sont déjà cérébralement morts" la publicité emploie des moyens qui provoqueraient des réactions allergiques chez l'internaute dont l'esprit critique est plus aigu : L'internaute souhaite prendre du bon temps ou se voir proposer une information utile. Il en résulte une évolution du simple bandeau vers les liens marchands et les sites de softselling que nous allons examiner plus loin. voir page 95

En effet on constate tout à la fois que les internautes qui achètent sur Internet sont ceux qui l'utilisent depuis 2 ou 3 ans...et qu'à partir de cette tranche d'ancienneté les "vétérans" ne sont plus qu'une infime minorité à cliquer sur les bandeaux (moins de 1%): ils ne les voient même plus (quand ils n'ont pas fait l'acquisition de logiciels permettant de les occulter). D'où quelques déceptions des adeptes de la simple règle de 3

Au-delà de la simple publicité par bandeau éventuellement rémunérée au "taux de clic" ("click through") il s'agit d'un véritable contrat commercial ("Merchant link") où les sites présentent vos services ou produits et lorsqu'ils "envoient" un client, ils reçoivent une commission "d'apporteurs d'affaires" (qui représente 5 à 7 % du chiffre d'affaire généré, mais qui peut dans certains cas aller jusqu'à 15 ou 20 % quand le site assure une promotion du produit).

Amazon-com pratique cette technique commerciale à une très large échelle avec tous les sites dont les clients sont susceptibles d'être intéressés par un livre (sport, cinéma, peinture : en mai 1999 Amazon annonçait 500.000 "affiliés" (ou "associés")

En France Alapage www.alapage.com(racheté par France Télécom) , 500.000 références a adopté cette démarche et compte près de 1000 sites "partenaires".

USA Today www.usatoday.com n° 1 des sites de presse 1 million de visiteurs/jour, réalise 1/3 de ces recettes par ce moyen..

Maintenant pratiquement tous les sites portails hébergent une galerie commerciale : Yahoo!, Wanadoo, AOL, Lycos, Excite, ...et fonctionnent de plus en plus sur ce modèle

Les sites peuvent dans certains cas jouer le rôle de "Vitrine de Soft selling" pour des sites marchands relativement banaux et qui sans cela peineraient à trouver directement des clients.

Signalons ici l'initiative pour la commercialisation sur le net de produits et spécialités françaises : "le marché de France" www.lemarchedefrance.com , galerie du savoir-vivre et du savoir-faire français (registered trademark of "France world contact trading Ltd Hongkong")

Des outils ont été développés pour suivre le client jusqu'à l'acte d'achat et verser la commission à l'apporteur d'affaire:

Engage www.engage.com , Open Sesame, www.opensesame.net Firefly, Net Perception et le français imediation ( www.imediation.com) dirigé par Sven Lung et soutenu par vivenditure Apax et Innovacom à partir d'une technologie développée au MIT : (source AFTEL).

Des intermédiaires comme Link share ( www.linkshare.com) se sont spécialisés dans la constitution des réseaux d'affiliés.

Jupiter Communication www.jup.com prévoit qu'en 2001 ce processus concernera le quart du commerce électronique.

Autre forme de "rabatteurs" les shopbots ou "robots d'achat" voir page 115: ces robots parcourent le Web pour orienter le client vers le site offrant le meilleur rapport qualité/prix. Bien entendu la plupart de ces robots demandent une commission pour chaque internaute arrivant sur le site sur son conseil

3.1.3.4.3.13 La chasse à la mitraille: l'e-mailing, simple, rapide, peu onéreux mais éviter le SPAM

L'e-mail offre dans des conditions financières extrêmement intéressantes la possibilité de contacter les clients potentiels de façon très personnalisée. Plus encore qu'un outil permettant de faire de la publicité Internet c'est un puissant outils de marketing direct

Drugstore.com, jeune start-up pharmaceutique, crée en mai 1999 et rachetée en juillet de la même année par d'Amazon.com prévient ainsi ses clients lorsqu'ils doivent faire renouveler leur ordonnance...ou lorsqu'il conviendrait qu'ils remplacent leur brosse à dent...

Par ailleurs, comme nous l'avons vu plus haut, il y a de nombreuses possibilités de constituer des fichiers de prospects qualifiés (loteries, jeux-concours, cadeaux, forums, diffusion gratuite de revues de presse "profilées" (Net2One www.net2one.fr ...) et il existe un commerce très actif de fichiers permettant d'obtenir une liste de prospects présélectionnés.

Engage Technology (Lycos) a collecté l'historique de 30 millions d'internautes et en a dressé le profil marketing : on sait ainsi que telle personne consulte régulièrement les résultats de tennis et rien n'est plus simple quand il va dans une agence de voyage que de lui proposer un package lui permettant d'assister à une compétition (Michel Ktitareff).

Le fichier des membres des Clubs Weight Watcher (800 000) croisé avec celui des patientes ayant subi une mammographie dans les 6 mois (3 millions) a permis à l'agence Bounty, www.bountysca.com filiale de Havas Advertising, de cibler les clientes intéressées aux produits liés à la ménopause

Bounty gère des fichiers très sophistiqués sur 100 millions de personnes en croisant des fichiers d'abonnés, de clients, de membres de club enrichis par des jeux concours: classés par age, par maladies, par ethnie, par situation familiale ainsi que les données récupérées sur Internet par des entreprises comme Circle.com (également rachetée par Havas).

Les cookies permettent ensuite de suivre les clients dans leurs pérégrinations sur le web, les failles de sécurité de Windows permettant d'identifier le visiteur d'un site

le patron de Bounty, Steven Kaplan prétend connaître 96% des femmes enceintes dans 7 pays et de pouvoir toucher 98% d'entre elles 72h après la naissance...(Le Monde 18/4/00)

Il convient cependant, sous peine de rejet parfois brutal d'en user avec modération et de respecter les règles de convenance d'Internet :

Dans cette optique Consodata a racheté Datatrader et a lancé Yoptin.com dont l'objectif est d'obtenir des informations sur le profil client et de faire accepter l'envoi de publicité ciblée en échange de primes et cadeaux

Il ne faut pas oublier que la psychologie des internautes peut être parfois décalée par rapport aux clients habituels de la PME française et le harcèlement textuel (le SPAM) fait, bien souvent, fuir le client plus qu'il ne le convainc de passer à l'acte: il convient donc d'en user avec modération

Le SPAM est un composant de charcuterie industrielle Anglaise, popularisée par les Monthy Pytons dans un sketch où ce mot, chanté crescendo, submergeait progressivement toute la scène. Nos cousins canadiens proposent le polluriel ou le pourriel

Certains pensent qu' avec le développement explosif du nombre d' internautes la psychologie de ceux-ci perdra sa spécificité : il est en effet probable que l' internaute de demain se distinguera des pionniers, mais il n' est que de regarder la différence de psychologie entre un citoyen à pied et le même au volant de sa voiture pour penser qu' il ne sera pas pour autant un client comme les autres

Des logiciels (comme SpamKiller www.spamkiller.com Spamhater www.cix.co.uk/~net-services/spam/spam_hater.htm), offrent même aujourd'hui des moyens de rétorsion musclés contre les "propositions commerciales non sollicitées":

Cyber Promotion que de nombreux internautes accusent d'être le plus gros Spammer mondial a vu son site mis hors d'usage par WinCrasher qui retourne à l'expéditeur des paquets ICMP (instructions de contrôle du protocole internet) hors norme provoquant ainsi des "plantages" du serveur

Comment combattre le spam : www.vix.com/spam/, http://junkbuster.com http://www.abuse.net www.anti-spam.outblaze.com ou en français www.cypango.net/~spam

Le site de CAUCE : Coalition Against Unsollicited Commercial E-mail www.cauce.org, www.spam.abuse.net, Megagiciel.com www.megagiciel.com ainsi que webbo.enst-bretagne.fr/tig/fr.usenet.abus/ qui capitalise les débats du groupe français réuni pour combattre ce fléau et webo.enst-bretagne.fr/tig/fr.usenet.abus: qui vous fourniront d'utiles informations et outils pour vous protéger du SPAM et organiser la lutte contre cette pollution.

3.1.3.4.4 L'e-pub : un marché qui double chaque année

La publicité sur Internet connaît une croissance fulgurante: de 0,04 milliard de dollars en 1995, elle passe à 0,3 en 1996 pour atteindre le milliard en 1997, 1,9 milliards en 1998 et 4 milliards de dollars en 1999 8 milliards en 2000(Internet advertising bureau www.iab.net) et ce rythme de doublement annuel devrait se poursuivre puisque Forrester Research www.forrester.com prévoit 22 à 33 Milliards pour 2004 même si la plupart des observateurs prévoient une légère pause en 2001. Voir aussi Jupiter Communication www.jup.com

C'est en 1998 que le chiffre d'affaire de l'e-pub a dépassé celui de l'affichage traditionnel (1,6 milliard $, source IAB)

Mais au delà même de la technologie c'est un métier radicalement différent de la publicité traditionnelle: la télévision s'adresse à un public passif et essaie de convaincre, de séduire, voir de "manipuler" ou de matraquer pour créer de la notoriété

Cette approche est très peu efficace vis à vis d'un internaute qui conduit lui même son parcours et est actif dans sa recherche: il faut alors être capable de répondre à ses attentes ou à ses questions

Pour les élections présidentielles américaines l'e-pub devrait représenter 20 % des dépenses TV ! "le Web sera-t-il l'arbitre du scutin?" titraient les Echos en oct 2000

En France avec un décalage de 3 ans ce décollage se produit également : après 0,4 MF en 96, 29 MF en 97 et 114 MF en 1998 et 516 en 1999, une estimation de 1Milliard en 2000, elle ne représente encore que moins de 5% des dépenses à la Télévision (22 Milliards)

"en 2000 l'e-pub devrait apparaître sur les graphiques sans devoir faire appel à une loupe" Sophie Lutran, Les Echos

Ces chiffres ne comprennent pas le paiement à la commission généré par les liens marchands (Carat multimédia, Iab-France www.iab.France.com)

Le site www.rol.fr/html/francais/audience/termin/termin.html du CESP fournit de précieuses informations dans ce domaine

3.1.3.4.5 Ne pas confondre publicité sur le Web et publicité pour votre Web

N'oubliez pas que la publicité sur Internet peut concerner des choses que vous n'y vendez pas (la vente elle-même peut se faire dans vos boutiques) et qu'inversement les moyens traditionnels de publicité et de promotion (presse, objets publicitaires, foires et salons, papier à lettre, véhicules de service...) doivent être mobilisées pour vos services sur Internet :

Imaginerait-on un fournisseur d'accès essayant de convertir à l'Internet de nouveaux clients en faisant sa publicité sur le Web ?

Aux USA la plupart des publicités dans les journaux ou sur les affiches ainsi que les spots publicitaires mentionnent l'adresse du site. En France cela commence à être le cas.

En février 2000, 40% des spots publicitaires sur CNN concernaient Internet

Le fabricant de lingerie Victoria Secrets www.victoriassecret.com qui organise des défilés de mode sur Internet a placé en 1999 une publicité (coût de 2,5 M$ par spot de quelques secondes) lors de la finale télévisée du super bowl (football américain). Avant la fin du match 1 million de personnes s'étaient connectées sur son site web et l'entreprise vend aujourd'hui dans 25 pays dans lesquels elle n'a aucune présence physique.

En 2000 le forfait "SuperBowl" était de 5M$ (4 spots avant et 1 spot pendant la rencontre)

En 1999 la publicité faite en France par les sociétés spécialisées dans Internet sur les média traditionnels a été (avec plus de 400MF) supérieure au montant de la publicité sur Internet

3.1.3.4.6 La fausse bonne idée : la galerie marchande

Cette transposition du monde réel vers le web, consistant à regrouper des commerçants hétéroclites, souvent sur une base géographique, n'a pas fonctionné pour une raison très simple : une galerie marchande physique est basée sur 2 principes :

Ces deux principes, s'ils ne disparaissent pas totalement sur le Web perdent néanmoins leur force déterminante car l'internaute peut s'échapper d'un clic et ses déplacements sont instantanés et gratuits.

Pour cette raison toutes les galeries commerciales présentant des boutiques n'ayant pas de politique commerciale commune (par exemple les spécialités d'un "pays"), sans apporter un "soft selling" significatif ni assumer des responsabilités crédibles de tiers de confiance ont été un échec, même quand elles ont été initiées par des acteurs puissants et connus.

Ces projet ont pour la plupart commis un pécher capital dans l'univers de l'Internet : se polariser des problèmes des fournisseurs avant de s'interroger sur les besoins du client

"il faut inverser le modèle et aller chercher le trafic là où il est, c'est à dire sur les portails et les sites éditoriaux pour le diriger ensuite vers les sites marchands" Claudine Delalande directrice générale de HFI (Hachette Filipacchi Interactions)

3.1.3.5 Quid des intermédiaires ? La création de la relation de confiance avec le client

3.1.3.5.1 un contact direct avec le client "d'économisant" tous les intermédiaires?

En dehors même des contraintes de la logistique (nécessité fréquente de gérer les stocks nécessaires à la rapidité des livraisons à l'étranger et permettant une économie de transport par regroupement des envois à longue distance, règlement des problèmes administratifs et douaniers locaux, techniciens pour la mise en service ou l'après-vente,...) qui dans bien des cas les rendent incontournables, les intermédiaires garderont un rôle essentiel : ils apportent le capital de confiance qu'ils ont su mériter auprès de leurs clients à l'entreprise nouvelle qui arrive sur le marché.

L'acte d'achat implique en effet que le client ait un minimum de confiance dans son fournisseur. La construction et la gestion de cette relation de confiance sont au moins aussi importantes pour le développement d'Internet dans le monde des affaires que la technologie stricto sensu

3.1.3.5.2 vers une disparition des intermédiaires qui n'apportent que surcouts et délais

Les intermédiaires qui fonctionnent aujourd'hui sur une pure logique de "péage", sans valeur ajoutée, peuvent nourrir de gros soucis quant à leur avenir:

Aujourd'hui les commerçants japonais dont on connaît les marges qu'ils pratiquent, s'inquiètent de voir des clients japonais acheter des caméras japonaises ... aux Etats-Unis

Les intermédiaires des grandes bourses classiques (agents de change, teneurs de marché,... s'interrogent aujourd'hui sur leurs chances de survie devant l'arrivée des ECN (bourses électroniques): depuis l'an dernier le lancement de l'OPA hostile d'OM Gruppen, créateur de la bourse électronique Jiway, sur la vénérable Bourse de Londres, l'arrachant aux bras de Frankfort est une bonne illustration des boulversements qui se dessinent

Les Pharmaciens s'ils se contententent d'un rôle des distributeurs onéreux et sans valeur ajoutée spécifiquel: une politique purement défensive risque de faire que retarder les échéances. JP Tran-Thiet avocat chez Francis Lefebvre rappelle que la cour de cassation a débouté l'Ordre des Pharmaciens qui tentait de faire prévaloir leur monopole pour la livraison de médicaments à domicile

"il y a fort à parier que les commissaires-priseurs connaitrons le même malheureux sort que les agents de change parisiens il y a 20 ans" Philippe Chalmain, les Echos

De même, le marché aux plantes d'Aalsmeer aux Pays Bas fait maintenant de plus en plus "l'économie" des grossistes étrangers pour s'adresser directement au client final

A l'inverse il faudra sans doute que d'autres, nécessaires au fonctionnement de ce nouveau marché voient le jour:

3.1.3.5.3 ...mais besoin de CONseil CONfiance: dans un univers de plus en plus complexe, la règle "des 2 CON"

l'Internet apporte en effet deux éléments nouveaux :

3.1.3.5.3.1 Davantage d'opportunités dans une monde plus complexe et en évolution rapide : un besoin de conseil

Le nombre d'opportunités qui s'offrent à l'internaute comme au marchand explose (placements financiers, achats d'ordinateurs, stratégie d'exportation, ...)

Les problèmes deviennent plus complexes, ils ont donc besoin de CONseil.

Charles Schwab, www.eshwab.com courtier électronique notablement plus cher qu'e-trade, a néanmoins encore aujourd'hui davantage de clients car il a basé sa stratégie sur le conseil : 75.000 appels par jour sont traités par reconnaissance vocale VOXML (standard voix) avec un système lui permettant de reconnaître 15.000 noms propres et pour les problèmes plus complexes ses conseillers "physiques" sont à la disposition du client.

Le développement du niveau de complexité, l'évolution toujours plus rapide de la Net-économie et l'obligation de prendre rapidement les décisions nécessitent conseil et expertise.

De très nombreuses start-up se sont lancées sur ce créneau pour offrir aux clients de s'y retrouver dans des offres surabondantes et de plus en plus sophistiquées:

Prenons simplement :le téléphone: il y a 5 ans un seul opérateur offrait un seul tarif, aujourd'hui si les prix ont drastiquement baissé, pour trouver l'offre la plus adaptée il faut comparer (en faisant éventuellement des simulations) des dizaines de propositions venant de dizaines d'opérateurs Comparatel www.comparatel.fr s'est créé sur ce nouveau besoin

C'est un des domaines où se créent le plus d'emploi qualifiés dans la nouvelle économie qui se met en place (en particulier dans le cadre des Call Centers voir page 131)

Pierre Alzon de Dégriftour www.degriftour.fr souligne que ces récentes évolutions l'ont conduit à "réhumaniser" son contact client car devant la multiplication des options, si les processus administratif peuvent être automatisé, le conseil personnalisé est de plus en plus nécessaire : son entreprise qui comptait 4 personnes lors de son démarrage avec le minitel en compte 250 aujourd'hui

Au niveau des entreprises on assiste à un double phénomène:

de cette double évolution est né un besoin de conseil qui a donné naissance à une floraison de cabinets individuels à côté des Big Five (nourri à la fois par les anciens membres des états majors de grands groupe mais aussi par des jeunes qui apprécient la liberté et la richesse de ce métier)

Internet est bien entendu, là encore un précieux outil

parmi les nombreuses initiatives prises dans ce domaine notons

eQuesto www.equesto.com mettant en relation les professionnels avec des experts dans différents domaines: Informatique, Ressources Humaines, Droit, fiscalité,...)

le cabinet d'avocat Clifford Chance a mis en place un service "Next Law" accessible par abonnement par ses clients "le client fait une partie du travail de son côté et se retourne vers nous pour des questions plus ciblées"

Le Cabinet Allen&Overy offre avec "New Change" une "deal room" en ligne ils établissent par exemple le contrat a partir de documents type sous la supervision de l'avocat

Avec "Documents" il va un pas plus loin en permettant à ses client d'élaborer eux-même les actes juridiques dont ils ont besoin: 400 modèles type d'actes ont été décomposés en clauses modulaires, un logiciel étant chargé de les assembler et de veiller à leur intercompatibilité. Les avocats du cabinet peuvent ainsi concentrer leurs onéreuses intervention là où ils apportent une véritable valeur ajoutée

3.1.3.5.3.2 L'éloignement du client et du fournisseur et la nature virtuelle de leur contact pose à l'un comme à l'autre un problème de CONfiance.

La création d'une marque forte est pour les grandes entreprises une solution pour créer cette nécessaire confiance mais il s'agit là d'un investissement considérable au niveau international et qui n'est que rarement à la portée des PME

Le rôle des "tiers de confiance", au sens propre du terme, est donc essentiel pour les deux parties (Il s'agit bien ici d'un "tiers" en qui les deux parties ont confiance et non, comme dans la réglementation de 1996 sur le cryptage, d'un tiers dans lequel seul l'Etat a confiance).

Ceux-ci peuvent intervenir

Le site www.dowjones.com référence 2.000 sites identifiés comme source d'information financière fiable et Bruxelles envisage de créer un registre du commerce européen www.ebr.org pour donner une information officielle et fiable sur les e-commerçants.

pour des produits destinés au grand public (livres, musique, gastronomie, logiciels, électroménager,...), des organismes de référencement voient progressivement le jour dans la plupart des domaines et constituent de véritables "guides Michelin" pour les consommateurs

Real Estate directory ( www.onramp.net/inred) donne une appréciation des sites consacrés à l'immobilier à l'aide de pictogrammes qui transposent les "toques" des guides gastronomiques

La poste, en partenariat avec Netscape et une start-up Axenet www.axenet.com ont annoncé leur intention de se lancer sur ce créneau

Les Market Places, c'est une de leurs fonctions essentielles, apportent une garantie de sérieux pour les fournisseurs qu'elles référencent : sur FoodsTrading, place de marché consacrée aux produits frais par exemple chaque utilisateur doit pour pouvoir adhérer être certifié et sa crédibilité financière être garantie par la Coface par @rating (voir plus loin)

C'est ce que fait aux USA le site www.truste.org qui appose son label "TRUSTe"sur les sites qui respectent sa charte (Excite, Disney, IBM, Intel, ...), BBB on line ou ICSA www.icsa.net, SGPD en Espagne

Web Trust, originaire du Canadaest en cours d'adoption par les commissaires aux compte et experts comptables européens (qui en seraient l'autorité de certification, Certplus étant son opérateur technique): coût : 1400$ plus les honoraires pour la mise en place du label

Dans le domaine de la pharmacie la National Association of Board of Pharmacy a lancé un programme de certification pour les pharmacies virtuelles qui viennent de faire irruption dans les circuits de distribution des médicaments

En Europe franceplus, www.franceplus.com filiale de l'anglais Continental Network Solutions, avec son label Fbusiness et fin 1999 en France Labelsite &n sous l'égide de la grande distribution et de la VPC

Signalons ici le projet très intéressant initié par un ingénieur de l'AFNOR (Marcel Deturche) et repris par l'AFAQ ( www.afaq.org) visant à créer un tel label : le projet est actuellement à l'enquête. Bien évidemment à terme ce label n'aura du sens que s'il est reconnu au moins au niveau européen.

Citons également les mutuelles d'achat

Netmarket.com www.Netmarket.com (ex-Comp-U-Card) qui, pour un abonnement faible quelquefois pris en charge par la banque au titre de cartes bancaires "privilège", propose des produits "éprouvés" aux clients : 65 millions d'abonnés dont 63 millions aux USA, 1 million d'articles sur site Internet depuis juillet 1997. CA de Comp-U-Card: 2,3 Milliards $ ; cotation boursière : environ 11 Milliards $.

Des mutuelles comme la CAMIF ou des entreprises comme la FNAC (qui ont développé des sites de bonne facture: www.camif.fr ou www.fnac.fr ne pourraient-elles pas se donner des ambitions de cette nature ?

On peut espérer que sous la ferme impulsion du groupe Pinault, maison mère de la FNAC, celle-ci décolle véritablement: le rachat de Alibabook www.alibabook.com , la création de FNAC-net, fournisseur d'accès gratuit et la décision d'investir 200MF dans ce domaine devrait permettre un véritable décollage.

La CAMIF de son côté génère chaque mois 1,2 MF de chiffre d'affaire soit pratiquement le montant de toute l'année 98 (trois catalogues en ligne, petits prix, nouveautés, baisses en direct, catalogues spécialisés, vente d'ordinateur à crédit,...)

Gencod www.gencod-ean.fr qui gère les "code barre" de tous les produits vendus en grande surface et qui constitue actuellement, dans la logique de son activité, un catalogue normalisé de produits destinés aux acheteurs de la distribution: ceci concerne 20 000 PMI.

De la même façon les communautés d'acheteurs jouent ce rôle, pour les industriels qui ont réussi à se faire référencer, vis à vis de leurs membres.

I-escrow www.iescrow.com intervient dans les ventes aux enchères : cette start up garantit l'honnêteté et le bon déroulement de la vente en étant le dépositaire des fonds pendant que l'acheteur s'assure de la conformité de l'objet reçu.

En France SecurAchat www.securachat.com joue un rôle similaire et a signé des partenariats avec les principaux sites de vente aux enchères entre particuliers

Equifax www.equifax.com vérifie la solvabilité des individus et ses services seront proposés à tous les vendeurs faisant appel à e-bay (voir plus loin).

e-secure propose une assurance contre une utilisation frauduleuse de la carte bancaire ou les incidents de transport. http://www.bull.fr/securinews/courant/e-secure.html .

Fia-net &&w avec AXA Courtage garantit les clients des sites qu'il labellise contre fraude et aléas de livraison http://www.journaldunet.com/99juin/990626fianet.shtml : elle assure le tiers des sites français pour une prime allant de 0,2 à 0,8% du chiffre d'affaire

Enfin et surtout l'année 2000 a été marquée par l'arrivée de la Coface sur ce marché de la Confiance : le lancement de @rating lui a permis d'un seul coup de doubler son cours de bourse: c'est dire si l'attente du marché était forte pour ce type de service couplant notation des créances, système d'alerte pour les "credit managers" et assurance crédit pour l'e-commerce

@rating est une transposition sur le Net aux créances commerciales de la logique de notation développée sur les marchés financiers. La Coface a développé un outil qui suit en permanence 33 millions d'entreprises dans 140 pays

il en coûtera 300$ par an pour se faire noter (accès libre aux notes a www.cofacerating.com , la coface s'engageant à agréer automatiquement l'assurance des débiteurs notés, @rating pourrait devenir un standard de l'e-commerce et 13$ pour mettre sous surveillance une entreprise

les Market Places représentent évidemment une cible de choix, la Coface souhaitant se positionner en "chambre de compensation en se proposant d'assurer le vendeur (600$)après avoir noté l'acheteur (250$)

en association avec Gemplus et les Banques populaires elle a lancé une carte couplant l'identification du porteur et son habilitation à réaliser la transaction avec le système @rating, les BP intervenant comme intermédiaire de confiance pour le paiement, permettant ainsi de réduire les coûts de la chaîne paiement facturation interentreprises

en association avec TradeCard elle se positionne enfin sur la sécurisation des paiements en ligne par carte (B to B)

Euler également introduit en bourse début 2000 a manifesté une stratégie Internet plus hésitante ce qui ne serait pas étranger à l'évolution décevante de son cours de bourse. Lui aussi vise les transactions effectuées sur les places de marché. il prévoit également de vendre en ligne des contrats d'assurance crédit simples pour les petites PME (directement ou à travers des portails financiers)

L'Etat peut lui aussi jouer ce rôle de référenceur dans certains domaines, comme l'a fait le Secrétaire d'Etat au commerce extérieur en labellisant "exportateur sur la toile" des sites de qualité professionnelle (bilingue, vivants, interactifs, riches d'information,...) de même le domaine France.fr pour l'information de référence de toute nature sur notre pays.

De ce point de vue un site en "tm.fr" apporte déjà comme garantie la possibilité pour le client de bénéficier de la protection des lois françaises ce qui n'est pas toujours certain pour les sites en ".com" et les controles effectués permettent normalement d'être certain de l'existence de l'entreprise et de son identité

Notons toutefois que d'après Internet Actu pere-noel.fr aurait acheté le nom de son concurrent Abcool.com en ".fr" et le site pirate abcool.fr renverait vers le site de pere-noel.fr!

L'émergence de nouveaux intermédiaires (Internet "classe affaire", galeries marchandes, mutuelles d'achat, caution mutuelle des fournisseurs par catalogue commun ou référencement croisé, certificateurs d'origine, serveurs de clefs de cryptage, assureurs juristes ou investisseurs spécialisés...) seront sans nul doute complétés par d'autres initiatives : il faut, surtout à l'international, d'une façon ou d'une autre des structures de référencement reconnues qui permettent une certaine forme de certification, de sérieux ou de qualité.

Les organes de régulation boursier font partie de ces intermédiaires là

CONseil et CONfiance sont dans cet univers COMplexe les deux missions majeures des nouveaux intermédiaires

"un distributeur de voyage ne produit rien d'autre que de l'information, du conseil, de la garantie et de la sécurité" déclarait Emmanuel Guirado, DG d'Havas Voyage aux Echos

3.1.3.5.4 "De nouvelles chaînes de valeur vont se créer éliminant au fur et à mesure les anciennes"13(*): les infomédiaires

Ceux que l'on appelle les " Market Maker " ou " infomédiaires " prennent de plus en plus d'importance dans les transactions électroniques.

Leur rôle est de permettre à un groupe dispersé d'acheteurs de se mettre en relation avec un groupe organisé de vendeurs dans des marchés de niche.

Le Market Maker offre un système commercial de mise en relation neutre et transparent.

Selon le Gartner group le nombre d'infomédiaires devrait passer de 300 aujourd'hui à 1 000 fin 99.

On peut les ranger en 3 catégories :

3.1.3.5.4.1 faire gagner du temps et de l'argent aux clients

Les robots d'achats ne fonctionnent convenablement que pour des biens relativement simples pour lequel le prix est un élément déterminant. Dans des domaines plus complexes notamment dans le B to B la comparaison des offres nécessite une bonne connaissance du métier et à conduit à l'émergence d'intermédiaires spécialisés sur certains marchés.

Techspex www.techspex.com et dans une moindre mesure Hexapodes www.hexapods.com disposent d'immenses bases de données sur toutes les machines outils et permet à partir d'un seul site de comparer l'aptitude à l'emploi et les prix de plus de 5.000 machines. Ils proposent également les offres promotionnelles des constructeurs et des liens vers les sites marchands

Les visiteurs accèdent gratuitement au site sous réserve de s'enregistrer. il dispose en outre d'un partenariat avec Machine Tool Finance Group www.usbank.com qui répond dans la journée aux demandes de crédit ne dépassant pas 250.000$

e-loan www.eloan.com , fondée en 1997vous permet de trouver le meilleur taux d'intérêt pour vos crédits hypothécaires, économisant les intermédiaires (1500$ par prêt) et, en faisant jouer la compétition entre une centaine d'organismes de prêt, il fait économiser de surcroît 0,75 points sur les taux obtenus.

Il fait des prévisions sur l'évolution des taux , prend en compte la fiscalité et votre profil de risque

Il peut également vous prévenir automatiquement (push) lorsqu'une offre correspond aux conditions que vous avez fixées ou lorsqu'un refinancement de votre prêt en cours peut s'avérer intéressant

Avec une perte de 11M$ en 1998 pour un CA de 6,8M$ l'entreprise est valorisée 400M$

E-loan doit prochainement s'installer en Europe en partenariat avec le groupe Arnault

Chemdex.com http://www.chemdex.com a réussi à agréger sur son site les offres de centaines de vendeurs de produits de recherche du secteur chimique. Son site offre en outre des informations Techniques et Scientifiques extrêmement riches sur le secteur, ce qui lui a permit de devenir la référence pour le chimiste américain

Wine Buyer www.winebuyer.com prépare pour la fin de l'année un site destiné aux restaurateurs, aux hôteliers et aux marchands de vin leur permettant d'optimiser leurs caves

Carreer Builder http://www.careerbuilder.com qui travaille pour un millier de sociétés permet la conclusion d'un million de contrats de travail par mois : le prix de revient à l'embauche est passé de 8000$ par les voies traditionnelles à 900$ par son canal (étude gartner group).

Acced Multimedia www.acced.com destiné aux acheteurs des grandes surfaces rassemble depuis le printemps 1999 les offres d'une dizaine d'entreprises européennes (bagages, vêtements, parapharmacie,...). Il se rémunère en prenant une commission sur les commandes

Leur valeur ajoutée est d'autant plus importante que le secteur est traditionnellement opaque. (comme les voiture avec Autobytel)

3.1.3.5.4.2 l'émergence brutale début 2000 des "market places dans tous les secteurs professionnels

Avec la mondialisation les entreprises se recentrent sur leur coeur de métier et sous-traitent (ou achètent) une part de plus en plus importante de leur production (70% par exemple pour Renault). Leur compétitivité repose donc chaque jour davantage sur leurs achats, vecteur d'innovation, de qualité et de "compétitivité prix"

Il convient donc de rechercher de nouveaux fournisseurs à travers le monde le "sourcing" (en ayant des garanties sur leur sérieux tant sur le plan technique que financier) et de les mettre en concurrence pour obtenir les meilleurs prix

Trade-Match.com www.trade-match.com s'est spécialisé sur ce créneau du "sourcing". Il travaille sur une base de 450.000 fournisseurs européen et avec son équipe de 30 spécialiste se porte fort de générer une économie de 60% du temps d'administration des achats, une baisse de 40% des coûts d'appel d'offre et de 10 à 30% du prix des achats

Inversement pour le producteur il s'agit de trouver de nouveaux clients au delà des frontières connues sans avoir à financer des coûts exorbitants de démarchage

L'impératif de vitesse implique que la mise en compétition par des enchères descendantes des fournisseurs intéressés puisse se réaliser dans des délais très brefs et à des coûts les plus faibles possibles. Le faible coût, la réduction des taux d'erreurs, la fluidité et l'efficacité des transactions deviennent des éléments essentiels pour la compétitivité de toute la chaîne de production

Enfin, dans la plupart des marchés les règles administratives (sécurité, normes, environnement, fiscalité,...) diffèrent selon les pays : les deux cocontractants ont besoin de ce fait d'informations riches et à jour dans ces domaines:

Les carrefour d'affaires trouverons sans doute une large part de leurs revenus dans de multiples services à valeur ajoutée à coté des abonnements et des commissions sur transaction. Notons en particulier les services dans le domaine de l'assurance (Coface @rating par exemple), du financement (Citigroup propose avec FinancialSettlementMatrix.com une panoplie de services financiers et une chambre de compensation) ou de la logistique

Tous ces éléments ont conduit progressivement à l'émergences d'intermédiaires prenant en charge les uns ou les autres de ces aspects (voir le § précédent). En 2000 ce fut l'explosion des initiatives: chaque secteur professionnel a vu émerger plusieurs initiatives, parfois plus d'une dizaine (aux US on en compte plus de 500 et on en attend plusieurs milliers en 2001): Forrester Research estime que d'ici 2004 les flux transitant par celles-ci représenteront 2.500 milliards de dollars, mais avec seulement ... 50 survivants en 2005

La réduction moyenne des coûts attendus pour les achats est de 12% (General electric a par exemple réalisé à ce jour 234M$ d'économies sur un volume d'achat de 2,1 Mimmiards de dollars): reste à définir le partage de ces marges entre les acteurs

Cette évolution s'est toutefois réalisée à une vitesse telle que l'on peut parfois avoir des doutes sur la solidité de certains projets dans un domaine aussi complexe et ou les sommes en jeu dépassent souvent la centaine de milliards de dollars, les "mammouths" se comptent par dizaines et les PME par dizaines de milliers. Il n'est pas impossible que le syndrome du "first mover", le premier qui prend l'initiative rafle tout, ait conduit à annoncer l'ouverture de services encore imparfaitement ficelés

Ces Market Places concernent au premier chef les PME car il n'est pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que, par exemple parmi les 70.000 fournisseurs prévus sur Global Net Exchange il n'y aura pas que des gros industriels. Elle pourront soit utiliser ces nouveaux moyens réduisant les coûts d'approche et les aléas quant à la solidité des nouveaux partenaires pour assurer leur développement, soit elles pourront être balayés par des concurrents dont elles n'avaient jusqu'alors même pas entendu parler. Il convient de ne pas prendre de retard pour entamer cette réflexion stratégique

C'est aussi un extraordinaire outil d'intelligence économique permettant de voir les secteurs qui se développent et les opportunités d'affaire, la compétitivité de son entreprise. cela peut conduire à des réorientations stratégiques

Les Echos citaient le cas de Turner Technologies qui a radicalement transformé son activité pour devenir marchand d'équipement de laboratoire après avoir participé incidemment à une vente aux enchères de produits de ce type sur un des marchés de Vertical Net

Des éditeurs de logiciels et des intégrateurs se sont spécialisées sur le développement de "plates-formes techniques" permettant une mise en oeuvre rapide de ces places de marché

3 leaders se sont imposés : Commerce One (coté 11 milliards de dollars) www.commerceone.com Oracle www.oracle.com et Ariba (38 Milliards) www.ariba.com auxquels il faut peut-être rajouter SAP www.sap.com et IBM

i2 www.i2.com (coté 30 milliards de dollars) spécialiste de la chaîne logistique est également très présent.

Un site MP coûte entre 1M$pour le plus modeste et 250M$ pour le plus ambitieux (comme Transora: 238M$)

La mise en place de ces market place aura également des conséquences très profondes sur l'informatique des acheteurs comme des vendeurs : en effet ces processus d'achat (e-procurement) ne dégageront toute leur efficacité que si les systèmes de gestion de l'acheteur et du vendeur sont interconnectés pour supprimer toute opération manuelle lors de la transaction. C'est aujourd'hui un des savoirs-faire majeurs des plateformes de market-places que de savoir assurer au mieux possible des interconnections entre informatiques incompatibles. Demain les systèmes d'information des entreprises seront conçus à partir de l'impératif d'interconnection

Après cette phase d'émergence il paraît très vraisemblable que les prochaines années verrons une concentration de ces entreprises autour des concepts les plus adaptés et des intermédiaires les plus crédibles

Un standard UMA (Universal MarketPlace) est étudié à Stanford par BizBots pour interconnecter ces places de marché

On distingue trois type de market places

Dans le premier cas ce sont des indépendants, des "Market Makers" qui ont pris l'initiative. pratiquement tous visent un démarrage fin 2000, début 2001

Agroalimentaire: Foodstrading www.foodstrading.com pour les produits frais et surgelés (produits de la mer, fruits et légumes) créé par Jean-Jacques Mennillo (cabinet conseil AMI) en partenariat avec des sociétés de contrôle, de logistique et d'assurance et avec l'appui de Gustave Leven intervenant comme Business Angel. Une augmentation de capital de 110MF est prévu pour financer les développements à l'international, Worldoffruit est son pendant en Irlande, créé par Fyffes un des 5 premiers négociants mondiaux du secteur créé en 1888, pour les Céréales c'est Cigrex, www.agriflow.com lancé par le trader britannique Agroceres et pour les tomates Tomatoland www.tomatoland.com (un marché de 13 Milliards de $).

Distribution: Equadis.com www.Equadis.com lancé par 2 vendeurs auprès de centrale d'achat (Emmanuel Hauserman et Bertrand Prezioso) a identifié 86.000 entreprises et leur propose de décrire leurs produits dans une base structurée afin de faciliter leur sélection par les distributeurs

achats généraux des entreprises: Mondus www.mondus.fr a déjà levé 17M$ et cherche à en lever entre 50 et 100. Il compte déjà plus de 10.000 acheteurs et fournisseurs

Dans la même logique, Buying-Partner.com www.buying-partner,com, Koobuy.com www.kooby.com, BidTheWorld, www.bidtheworld.com Marketo.com www.marketo.com , Achatpro www.achatpro.com ou Industrysupplier.com créé par Pierre Cuny vise les fournitures aux entreprises avec 25.000 références sélectionnées chez 3.500 fournisseurs. Une levée de fonds de 40MF a financé les premiers développements (base oracle)

Dans le textile c'est une petite société niçoise qui a pris l'initiative Etexx www.etexx.com a levé 46MF pour son carrefour d'affaire sur un marché de 115 Milliards d'euros

pour les "marchés de compensation": Ubarter.com http://www.ubarter.com et BarterTrust.com http://www.bartertrust.com offrent une place de marché (un constructeur automobile se fait par exemple payer en café et souhaite récupérer du cash ou l'échanger contre des tôles): ces échanges représentent 64 Milliards de dollars rien qu'aux US.

Les espaces publicitaires avec Ad On Sale www.adonsale.com

biens professionnels d'occasion : ProXchange.com www.proxchange.com: il a levé 230MF pour financer son développement (à son capital europ@web et Didier Pinault Valencienne)

Meubles: HomePoint.com www.homepoint.com et RetailMetro.com www.retailmetro.com, anciens portails de vente aux particulier se sont recentrés sur des places de marché

Industries du bois : Fordaq www.fordaq.com, spécialisés sur les panneaux et produits de sciage, créé par 2 jeunes entrepreneurs belges

pièces industrielles et aux fabrications spécifiques: DirectMarket.com se lance sur le modèle de SupplierMarket www.suppliermarket.com aux USA revendu 580M$ six mois après son lancement (marché de 1 900 milliards de dollars en europe) correspondant à 48 secteurs industriels: sélection et labellisation des compétences des fournisseurs, organisation des négociations sur les spécifications, enchères inversées. Gains espérés 5 à 35% sur le prix d'achat (en plus de la réduction du cout administratif)

Sourcing Park créé par Paul de la Rochefoucault se spécialise dans la pièce à façon pour fabricant de machines lourdes

Cemia www.CEMIA.com créé par trois jeunes ingénieurs de Valencienne pour la sous-traitance mécanique

Chimie: E-chemical propose de surcroît facilités de paiement et logistique, Chemdex www.chemdex.org (maintenant Ventro www.ventro.com) s'est spécialisé sur les petits produits pour la recherche en chimie et en biologie (plusieurs centaines de milliers de références), CheMatch www.chematch.com organise des enchères dont il assure l'anonymat. il en va de même pour ChemConnect www.chemconnect.com actuel (mai 2000) leader du secteur

Ils ont été rejoint par FobChemicals www.fob.com/fobchemicals.asp et on compte maintenant une quinzaine de places de marché, sans compter les sites propres des fabricants (lycra.com, corian.com, Basf, Bayer(qui compte 70 à /80% de ses plastiques en ligne à 5 ans) et de multiples indépendants (comme SciQuest www.sciquest.com coté 2 Milliards de dollars)

En Europe Philippe Corcos, ancien du CEA vient de créer CortecNet.com www.cortenet.com (50.000 produits). Les professionnels du secteur comptent sur un montant de transactions effectives sur le Net de 180 Milliards de dollars en 2003

Energie : EnronOnline.com www.enrononline.com

Electronique: Consumer Electronics, distributeur allemand, N°1 européen a créé le Virtual Chip Exchange www.virtualchip.com dès 1999 et sa capitalisation frôle le milliard d'euros

Informatique :Prestataires.com www.prestataires.com

Télécoms: Tradingcom www.tradingcom.fr start up s'attaque au trading de minutes de télécommunication et de bande passante (un marché estimé à 3,5 milliards d'euros pour l'Europe

BTP: Build-Online start-up Irlandaise cible le monde du bâtiment et a réussi à lever 16M$ pour financer son projet. Objectif affiché: une réduction des coûts de 23% et des délais de construction de 15% "la construction d'un bâtiment est un processus très complexe qui peut faire intervenir au total plus d'un millier d'acteurs, Eu-supply www.eu-supply.com start-up suédoise propose aux entreprises de BTP son système d'enchères descendantes associé à une riche documentation technique et réglementaire

Métaux: FreeMarkets www.freemarkets.com et Aluminium.com www.Aluminium.com opèrent dans les métaux non-ferreux, PaperExchange www.paperexchange.com dans le papier, eCredit www.ecredit.com dans le financement, MetalSite www.metalsite.com et e-STEEL www.e-steel.com dans l'acier

Electricité : initié par Scottish Power 12 électriciens européens (dont Edf) ont décidé de créer une société pour leurs achats hors courant électrique (30 milliards d'euros): objectif, une économie de 10%

Hôtels : PurchasePro.com http://corp.purchasepro.com , Hsupply.com www.hsupply.com tentent de s'imposer sur un marché de 50 Milliards de dollars à côté de market places montées par les groupements de grandes chaînes

Finance: Bfinance www.bfinance.fr permet de lancer des appels d'offre sur les achats de produits financiers(monétaires, diversifiés, fonds dédiés, affacturage, lignes de crédit, ...)

VerticalNet www.verticalnet.com cette start-up valorisée 20 milliards de dollars début 2000a fait son métier de créer des communautés virtuelles par secteurs d'activité (56 professions en 2000), la "place de marché" en constituant un composant essentiel (plus de 3000 marchés virtuels avec des dizaines de milliers de participants).

Dans le second cas, le plus significatif aujourd'hui ce sont les principaux acheteurs qui ont créé une filiale commune (les COBAM Coalitions d'entreprises "Brick&Mortar)

CPGmarket.com http://marketplace.mysap.com/cpgmarket lancé par l'alliance Danone-Nestlé-Henkel pour les produits frais (flux d'achat: 20 milliards de dollars, investissement 30MF , technologie SAP) objectifs: diviser par un facteur pouvant aller jusqu'à 10 les coûts administratifs des achats et une économie de 5 à 10% de leur prix (sans compter la diminution du coût des stocks et des transports)

Transora.com, www.Transora.com, le projet américain qui réunit 49 industriels (Procter&Gamble, Philip Morris, Coca-Cola, Pepsi, Heinz, Cadbury-Schweppes, Unilever, Heineken, Gilette, Sara Lee,...) est 16 fois plus gros : avec 350 milliards de dollars de puissance d'achat et 238 millions de dollars d'investissement de lancement. Son objectif affiché: écraser les coûts administratifs et les stocks (économie visée 1 à 10% du prix des achats)

GNX (Global Net Exchange) www.GlobalNetExchange.com est la plate-forme de la Grande Distribution crée par Sears et Carrefour et à laquelle ont adhéré depuis une dizaine de grands distributeurs (Metro, Sainsbury, Pinault Printemps Redoute,...). Cette place "pèse" déjà 200 Milliards de dollars de volume d'affaire et concerne70.000 fournisseurs.... Objectifs: le "sourcing" (trouver de nouveaux fournisseurs), abaisser les coûts des appros de 20 à 40%, les enchères, la coopération pour l'innovation, la logistique, les services à valeur ajoutée

Sainsbury par exemple a indiqué avoir lancé mi-2000 une enchère pour approvisionner ses 432 magasins en Mild Cheddar: l'enchère dure 4 heures

WWRE (WorldWide Retail Exchange), www.worldwideretailexchange.org le projet concurrent a été initié par 17 distributeurs dont Auchan et Casino aux côtés de Ahold, Tesco, K-Mart, plus gros encore (420 Milliards de dollars). Elle a un statut de société indépendante

GMA avec General Mills, Kraft, Procter&Gamble,...

Covisint.com (ex tradeXchange) www.Covisint.com développé par General Motors, Daimler, Ford, et Renault-Nissan, 230 Milliards de dollars (Oracle et Commerce One).: objectif, une économie de 1000$ par véhicule (réduction du cout administratif d'approvisionnement de 90% qui mobilisent aujourd'hui 3.800 salariés). Les constructeurs attendent également grâce à la fluidité de l'information une plus grande réactivité en cas de dérive de la qualité (dans cette industrie les rappels de pièces défectueuses représentent des coûts financiers et en terme d'image considérables):

Volkswagen a jusqu'alors décidé de créer sa propre market place avec IBM, i2 et Ariba. L'économie totale estimée par une Banque d'investissement et cité par Jens Newman membre du directoire de Volkswagen l'économie peut aller jusqu'à 3.650$ par véhicule

RubberNetwork.com www.RubberNetwork.com créé par Goodyear, Michelin, Pirelli Continental et Sumitomo 50 Milliards de dollars d'approvisionnements annuels aura le statut d'une société indépendante

Chimie : en réaction contre les initiatives prises par des acteurs extérieurs à la chimie perturbant les relations "cordiales" qui règnent dans la profession (qui a été souvent au banc des accusés en matière d'ententes) ,12 chimistes (BASF, BAYER, Atofina, BP, Amoco,Dow, Dupont, Mitsui, Rhodia,...) ont annoncé pour début 2001 une market place de 400 Milliards de dollars. Ils ont créé pour ce faire une société indépendante dotée de 150M$. objectif: pas de baisse des prix (pas d'enchères) mais baisse des coûts d'approvisionnement, meilleur suivi logistique, amélioration du SAV : il s'agit d'une action défensive des gros industriels du secteur face aux multiples initiatives indépendantes qui pèsent lourdement sur les marges

IntercontinentalExchange ° pour le pétrole (TotalFinaElf, BP-Amoco, Royal Dutch-Shell

BuyForMetal.com pour les achats de fourniture de la sidérurgie

MetalSpectrum www.MetalSpectrum.com (Alcoa, Reynolds,...) pour les métaux non ferreux

Aeroxchange www.aeroxchange.com rassemble 12 compagnies (Lufthansa, SAS, KLM, Northwest, Air Canada, Japan Airline, Austrian Airlines, All Nippon Airways, Cathay, Singapore Airlines,...) et Fedex. Elle sera développée par Oracle, 45 Milliards de dollars d'approvisionnements annuels

Aéronautique: Air France, Américan Airline, British Airways, Continental, Delta et United ont également annoncé leur intention de créer une société indépendante pour mettre en place une telle plate-forme (32 Milliards de dollars devraient y transiter)

De leur côté les constructeurs (boeing, Raytheon, Bae-System, Lockheed Martin ont confié à Commerce One le développement de leurs Market Places Exostar www.exostar.com (fournitures militaires) et MyAircraft.com (civil développé avec i2) représentant un courant d'affaire de 70 Milliards de dollars

Electronique: Compaq, HP, Gateway, Nec, Hitachi et 7 autres grands de l'électronique ont annoncé la création d'une société indépendante: objectif, une économie de 5 à 7% sur les achats sur un volume de 200 Milliards de dollars de transactions

IBM a annoncé son intention de prendre une initiative similaire avec une dizaine de partenaires sur les technologies Ariba et i2 avec un volume de transactions qui se chiffrerait en "dizaines de milliards de$"

Ciment: e-cement.com http://195.217.222.40/index.html à l'initiative de Blue-Circle, Italcementi et just2clicks

Build-net www.Build-net.com à l'attention des constructeurs de maison (Lafarge) ainsi qu'une place de marché pour les matériaux de construction avec Hanson, Heidelberger et RMC

Constructeo.com www.Constructeo.com à l'initiative de GTM et Vinci(ex-SGE) vise également le marché des matériaux mais il compte aussi offrir des espace pour la conduite des chantiers (armoires de plan, suivi d'exécution,...)

Mais aussi les acheteurs publics: en Grande Bretagne le site OGC est la centrale d'achat sur appel d'offre de l'administration

Dans le domaine de la Santé Ehospitalsystems (marché estimé aujourd'hui à 60 milliards d'euros) http://www.eHospitalSystems.com (technologie I2)

Un troisième cas enfin: c'est une coalition de vendeurs (bien souvent à côté) de la plateforme achat

Les équipementiers automobile(25 sociétés: Bosch, Delphi, Continental, Varta, Magneti Marelli, Valeo) ont créé leur propre Market Place TecCom spécialisée dans les pièces de rechange pour les professionnels de l'automobile

Steel24-7.com www.Steel24-7.com (Usinor, Corus, Thyssenkrupp) pour la vente d'acier

Hôtellerie: ACCOR, Hilton, Bass, Granada-Forte et Whitbread d'un côté, et Hyatt et Marioff qui possèdent 2000 hôtels (5 Milliards de dollars d'achats) d'un autre coté (Avendra)ont mis en chantier leurs places de marché pour leurs appros (les premiers y ajoutant une fonction de réservation des chambres: le coût d'une réservation passant de 4,29$ à quelque cents)

Le second cas de figure n'est pas sans danger car il pourrait conduire à une cartellisation des achats clairement contraire aux règles de la concurrence garantes d'un marché efficace

Dans les projets actuels les gros acheteurs se sont déjà imposé un certain nombre de règles

Néanmoins ces questions qui ont brutalement pris une ampleur considérable en 2000 (les marchés revendiqués par ces market places sont de plusieurs milliers de milliards de $) ne sont pas sans inquiéter les pouvoirs publics notamment au Etats Unis, berceau de ces initiatives (lancement d'une vaste consultation publique aux US à l'été 2000)

3.1.3.5.4.3 les mandataires de communautés : les "infomédiaires"

Un des actifs principaux dans la Net-économie est en effet constitué comme nous l'avons vu par les fichiers clients. Allant jusqu'au bout du raisonnement, l'infomédiaire (nom proposé par John Hagel, Harvard) : se propose comme mandataire de ceux-ci afin de gérer pour leur compte ce patrimoine que représente leur "profil" de consommation (qui leur est actuellement "dérobé" par les cyber commerçants).

Pour connaître ce profil de façon précise, des logiciels ont été développés: installés sur le micro des clients ils analysent de façon détaillée leurs faits et gestes afin de connaître leurs besoins et leurs centres d'intérêt (ce qui nécessite une sérieuse confiance vis à vis de l'infomédiaire !).

Cette organisation, n'est pas sans rappeler les fonds de pensions qui créent une puissance de négociation considérable et transforme une économie essentiellement vendeur-centrique en une économie acheteur-centrique

chacun mesure aujourd'hui le poids des retraités californiens dans le management des principales firmes mondiales ou, comme nous l'avons récemment constaté, dans la restructuration du paysage industriel et bancaire de notre pays.

En février 2000 s'est crée "l'Alliance pour les maladies rares" qui rassemble 14 associations sur le modèle américain de NORD (National Organization for Rare Disorders)

3.1.3.6 Des formes de vente plus sophistiquées : le softselling, la vente et les achats aux enchères, la brocante, les bourses, les "meta-marchands", le we-commerce

De même qu'il existe des sites Zombie, plus ou moins luxueux, vous trouverez des boutiques "zombie" avec quelques produits présentés à la vente, un caddie et des modalités de paiement sécurisées : vous avez tout, sauf l'envie d'acheter.

Pourquoi aller sur ce site ? Pourquoi y acheter alors qu'il offre souvent moins de choix qu'une vraie boutique, que les prix sont plus élevés, le transport aléatoire, le service après vente incertain ?

De fait, la déception est le plus souvent au rendez-vous chez ceux qui se sont "fait installer une boutique de commerce électronique". Et nous voudrions souligner ici le rôle particulièrement nocif de sociétés sans scrupule (parfois très connues sur la place) qui abusent ainsi de la crédulité de commerçants qui sont ensuite durablement dissuadées de réfléchir plus avant

Le commerce est autre chose qu'un acte technique : il nécessite, sur le Web comme dans le commerce classique 3 ingrédients essentiels : séduction, information, négociation.

Les entreprises qui réussissent l'ont bien compris et nous allons présenter quelques-unes des approches commerciales qui sont aujourd'hui couronnées de succès.

3.1.3.6.1 Le "softselling": des sites pour se distraire ou trouver une information de référence
3.1.3.6.1.1 Des sites qui attirent, mais surtout qui retiennent: une qualité nécessaire sur le web, être "collant"

Pour réussir sur l'Internet il faut d'abord attirer le client mais aussi et surtout veiller à ce qu'il ne s'échappe pas... et faire en sorte qu'il ait envie de revenir

Un mot qui revient en permanence dans toutes les analyses de site "sticky".

le caractère "collant" du site est considéré comme une de ses qualités principale: "The name of the game is "stickiness", keep the eyeballs" est un slogan entendu à chaque travée de l'Internet Fall de New York d'octobre 1999,

Ce slogan était appuyé par la distribution de force gadget de goût douteux, comme des mains collantes ou des yeux réalisés en matière visqueuses et qui projetés sur un écran y restaient collés)

On pourrait tenter une francisation de ce concept en disant "faites un site adhésif si vous voulez des adhérents"

La qualité "l'adhésivité" dépend évidemment au premier chef de la qualité du service rendu et de la richesse de l'information proposée

Elle implique également de nouvelles approches techniques comme l'encapsulation afin qu'un lien sur un autre site marchand (par exemple vers un cyberlibraire pour y commander un livre dont vous auriez recommandé la lecture à votre visiteur- liens marchands voir page 85) puisse se réaliser à travers une fenêtre sans quitter votre site: c'est une variante du lien marchand s'apparentant ici plus à la "sous traitance" qu'à la publicité pour un tiers (qui dans ce cas est "transparent pour le client)

Trois types d'approches commerciales semblent ici connaître un grand succès aux États-Unis:

3.1.3.6.1.2 "labourez moins large mais plus profond", préférez "la part de client" à la "part de marché"

Plutôt que d'essayer d'augmenter votre part de marché (market share) il peut apparaître plus rentable d'acquérir une connaissance plus fine de vos clients actuels dont vous avez déjà conquis la confiance afin d'être en mesure de mieux cerner leurs attentes, de leurs vendre une plus large gamme de produits et d'augmenter ainsi la "part" que vous occupez dans leur esprit (mindshare)

"go deep better than wide" résume ainsi Marcel Legrand VP de Monster.com

cette préoccupation a conduitau développement rapide d'entreprises comme Siebel permettant une gestion beaucoup plus fine du portefeuille client: le CRM, customer Relatioship Management

L'archétype de cette politique est amazon voir page 77 :

3.1.3.6.1.3 Les sites visant l'achat "coup de coeur"

Les sites les plus visités sont ceux qui n'ont pas une apparence trop utilitaire et qui savent "offrir" une information riche ou du "fun" (publicités divertissantes ou "advertainment"et qui permettent aux visiteurs, grâce à des hyperliens, de se connecter à d'autres sites susceptibles de les intéresser.

Ils savent offrir à leurs visiteurs un espace ludique: non seulement quasiment tous proposent des concours ou des jeux gratuits (47% des joueurs sont des adultes www.idsa.com) , mais ils sont eux-mêmes largement inspirés dans leur conception par les jeux électroniques.

Voir aussi les loteries gratuites page 83

L'attribution de "coupons de réduction" commence également à se développer avec le ClickReward de Netcentives www.netcentives.com ( voir page 84)

4 millions de joueurs fréquentent les sites de jeux en ligne (gaming rooms ou game centers) fin 1998 (contre 1 million en 1997): ce sont les meilleurs endroits pour vendre des pizzas, boissons gazeuses, chaussures de sport, chaînes Hi-Fi et matériel informatique.

Une des plus connue est celle de Microsoft www.zone.com ,

En France celle d'infonie réservée aux abonnés et celle de France Télécom www.goa.com qui rêve d'internautes connectés pendant plusieurs heures d'affilée en heure creuse (le "pic" du samedi qui commence à 15h se termine à 3h du matin...)

Parlant du site de jeu Gamelog www.gamelog.com Cyril Fiévet indique "le site est conçu dans une logique d'entonnoir qui ramène vers une boutique de commerce, on attire pas avec des boutiques, mais par le contenu offert"

D'après Jupiter communication les achats d'impulsion, non "prémédités" représentent 23% du total

Cette offre trouve souvent comme contrepartie une demande de s'enregistrer, ce qui permet de se constituer un fichier client (afin par exemple de pouvoir leur faire parvenir ultérieurement, s'ils le souhaitent, des informations sur les nouveaux produits ou les offres promotionnelles):

Avec la démocratisation du web qui amène un public moins éduqué ce type d'approche a tendance à se développer

C'est le modèle de base adopté par les "Portails" d'accès au web, qui vous offrent gratuitement des informations de presse, la météo, des jeux, des e-mail gratuits, des cotations boursières, des contenus d'intérêt local, des ventes aux enchères, des moteurs de recherche et des annuaires, un soutien scolaire pour les enfants...et même aujourd'hui des accès internet gratuits

C'est ce que les Américains appellent le Softselling par opposition aux méthodes agressives de vente: Un certain nombre de consommateurs fuient en effet comme la peste le vendeur "sangsue" dont l'exemple typique est le concessionnaire automobile américain (qui pratiquent ce que l'on appelle le hardselling)

Au-delà des sites pour adultes où, comme le remarque l'Atelier de Bnp-Paribas, "ont démarré pratiquement toutes les innovations techniques et marketing avant de s'étendre au commerce électronique traditionnel et où chose curieuse les Français ne sont pas à la première place", les produits les plus vendus sur ces sites sont ceux qui correspondent à des publics "passionnés" : musique, livres, sport, paris sur les courses, jeux électroniques, objets de collection, gastronomie (et tout particulièrement dans le domaine des vins),...

le site de MBK www.integra.fr/mbk où les scooters réalisent des prouesses virtuelles ou celui d'Alka-Seltzer qui offre une abondante information sur le sport

En France "Place du Vin" ( www.placeduvin.com) paraît un exemple intéressant : elle propose à côté de ses 30 boutiques une abondante information sur l'histoire du vin, sa géographie, des articles de fond et des rubriques d'actualité, une rubrique touristique, des petites annonces, des conseils pratiques, un forum,...il en va de même pour ChateauOnline http://www.chateau-online.fr qui vise la place de leader européen

Le World Wine Web www.winevin.com est aussi une initiative intéressante

Ce peut être également des sites qui présentent une région, son histoire, sa géographie, sa culture, qui offrent des forums de discussions :

Ces sites, qui ont vocation à devenir le point de rendez-vous de tous ceux qui s'intéressent à la région peuvent devenir l' "écrin" dans lequel sont proposés les produits fruit de l'histoire et de la culture de la Région : artisanat, bijouterie, arts de la table, gastronomie, musique, ... mais aussi hébergement sur place location de voiture, réservation de place pour les spectacles.

Le site des Cathares www.cathares.org fruit d'une initiative privée individuelle, qui a réussi aujourd'hui, à drainer une audience considérable, de par sa richesse culturelle, s'oriente aujourd'hui dans cette voie.

Le Chef cuisinier Christian Berluti propose dans sa boutique "Pebre d'Aze" à côté des produits du terroir ses recettes et répond à toutes les questions culinaires www.abanastes.com

3.1.3.6.1.4 Les sites qui s'adressent à des acheteurs recherchant le meilleur rapport qualité - prix

L'acheteur potentiel est à la recherche, dans ce cas, toutes les informations lui permettant d'éclairer son choix et Il est particulièrement sensible aux sites qui lui offrent

Celtifarm, PME Bretonne de 40 salariés, spécialisée dans la pharmacie galénique, est en train de s'imposer ainsi comme la référence incontournable dans son secteur avec www.celtipharm.com portail de référence du B to B des pharmaciens et vétérinaires (48% d'entre eux le consultent déjà).

Outre les 40.000 références qu'elle propose (médicaments, matériel d'officine,...) elle offre une bibliothèque scientifique riche d'un million de page. Pour l'accompagner dans cette aventure, le Docteur Patrick Guérin a trouvé l'appui de Financière de Rotschild, Gazéo, Partech et Advent Venture pour l'accompagner dans son développement Français et Européen

"La Boîte à Outils" offre aux bricoleurs trucs et astuces à travers une "bricothèque", ils peuvent consulter les fiches conseil et les imprimer. Il leur offre également des forum pour leur permettre de demander un conseil ou d'en apporter.

Les fabricants d'outils et de matériel de second oeuvre peuvent présenter leurs produits dans des stands virtuels

Il offre également à ses visiteurs l'hébergement de pages personnelles sur un thème de bricolage qui leur est cher (la culture du bonzaï par exemple)

L'entreprise Airstar ( www.airstar-light.com ) à Poisat dans l'Isère 20 salariés, 20 MF de CA, dont 75 % à l'import vend de l'éclairage par ballons d'Hélium de grands évènements sportifs ou de tournage de films (l'entreprise a le tournage du "Titanic" à son actif): le logiciel de simulation installé sur son site permet au client en jouant sur altitude, puissance des lampes ou nombre de ballons de voir le rendu de telle ou telle option, allégeant ainsi substantiellement le travail du vendeur.

Virgin Clothing vous permet de faire des essayages des vêtements qu'il propose grâce à un mannequin électronique www.virgin-clothing.co.uk . de même pour les Galeries Lafayette à l'occasion de Noël 99

une visualisation précise et détaillée du bien considéré Show Before vous permet de visiter pièce par pièce l'appartement qui a retenu votre attention www.showbefore.com

Charles Schwab, www.eshwab.com courtier électronique, permet à ses clients d'accéder à 5000 gestionnaires indépendants, outre ses propres analyses il offre l'accès aux analyses de ses concurrents et met à leur disposition un logiciel d'analyse des stratégies d'investissement personnel

Autobytel www.autobytel.com, créé en 1995 par Peter Ellis, concessionnaire automobile mis en faillite par la crise du secteur au début des années 90 vous offre ainsi de mettre en concurrence, à côté des concessions automobile (en informant le client du prix payé par celui-ci au fabricant), les assureurs et les fournisseurs de crédits à la consommation.

Sachant les écarts de prix actuellement pratiqués sur le marché européen, qui sont supérieurs à 20% chez tous les constructeurs (à l'exception d'un seul),qui dépassent 40% sur 22% des modèles et qui atteignent 54% pour la VW Polo (étude de la commission européenne de février 1998) on imagine la révolution qu'apportera ce type d'opérateur

Autobytel vient de lancer son site en Angleterre et sa base européenne se met en place à Amsterdam en 2000.

Volkswagen interdit à ses concessionnaires de travailler avec lui mais il paraît peu probable qu'il puisse longtemps résister à une entreprise capable d'apporter 1 million de dollars par heure de ventes à ses partenaires en supprimant des rigidités artificielles apportées à la concurrence.(rappelons que le régime dérogatoire des concessions exclusives pour l'automobile expire en 2002)

De même Insweb www.insweb dans l'assurance ou Furniture www.furniture.com dans le meuble

Dans le domaine médical quelques sites majeurs sont en train d'émerger également voir page 62

L'idéal pour un site est de devenir la référence dans son domaine et d'être régulièrement consulté pour la richesse et la qualité des informations offertes. Ceci rejaillit fortement sur l'image de l'entreprise et de ses produits, et à terme sur ses ventes par une fidélisation de la clientèle (on parle de la "stickiness" du site, terme qui n'a pas encore trouvé son équivalent: "capacité à "scotcher" le client"?)

Aux USA les agents immobiliers comme BestAgent ( www.BestAgent.com) ont fait un effort particulier dans ce domaine (contrats types, informations légales, pièges à éviter, modalités de financement, état du marché, information générale sur la zone (écoles, aéroports, fêtes locales,...) Allant même comme Century www.century21.Santacruz.com jusqu'à la géologie et les mouvements sismiques

Dans le domaine de la pharmacie c'est l'objectif que s'est fixé Drugstore.com www.drugstore.com: le visiteur peut consulter la liste des médicaments et leur prix, lire les notices d'information, s'informer sur les risques d'interaction médicamenteuses, utiliser un moteur de recherche, Soma.com www.soma.com offre en outre les services d'un Call-Center ouvert 24h sur 24 et PlanetRX www.planetrx.com développe de nombreux thèmes d'information concernant la santé

Les literies Simmons http://www.cie-simmons.fr offrent ainsi une riche information sur le sommeil et Damart www.damartshop.com , la météo à 4 jours sur plus de 50 villes

Il est bien clair que ce deuxième type de stratégie commerciale est le modèle dominant dans le B to B, mais il en existe également dans le B to C (comme le montre l'exemple d'Autobytel ( www.autobytel.com) qui a déjà commercialisé 800. 000 voitures en 1998 par ce moyen pour 8 milliards de dollars

Bien entendu, dans certains cas il est difficile d'évaluer l'impact sur les ventes de ce type d'investissement, mais beaucoup estiment qu'il s'agit là, dans une optique de long terme de l'approche la plus intelligente de ce nouveau marché.

En tout état de cause, ne pas être présent sur le Web avec la richesse d'information voulue, vous écarte de la "short list" sur laquelle se fera le choix final de ce type d'internautes. Or l'exemple d'Autobytel montre qu'il s'agit là de clients aux revenus plus élevés que la moyenne et qui achètent plutôt du haut de gamme.

3.1.3.6.1.5 Des sites qui ne vendent un produit mais qui apportent une réponse globale au problème du client

Ces sites permettent en général d'accéder à tout un ensemble de produits et services de nature différente, mais concourant au même objectif. Le client doit y trouver toute la gamme des produits ou services nécessaires par exemple pour gérer un déménagement ou l'achat d'une voiture: le fameux "one stop shop"

Leur leitmotiv est : "more efficient, more convenient"

Springstreet.com (autrefois nommé Allappartments.com) en fournit un bon exemple en fournissant tous les éléments pour résoudre les multiples problèmes posés par un déménagement.

@ aide à la sélection d'une offre à partir de multiples critères (prix, localisation, proximité de services, niveau de criminalité du quartier,...)

@ veille sur le marché (il vous prévient automatiquement si une offre qui correspond à vos souhaits apparaît sur le marché)

@ visite virtuelle de l'appartement (grâce à des photos 3 D &&b il est possible de véritablement "visiter" le logement: voir une démonstration de cette technique sur le site EVM Multimédia http://evm.vr-consortium.comw)

@ prise de rendez-vous avec l'agent immobilier compétent par "click & talk"

@ organisation du déménagement en ayant la possibilité de mettre en compétition déménageurs ou loueurs de véhicules

@ réfection de l'appartement en pouvant faire appel aux artisans locaux

@ financement de l'achat et assurance

@ et même remplissage d'un certain nombre de formulaires administratifs par exemple pour inscrire les enfants à l'école.("Realestate process is paperwork intensive" Perry Morton Vice President Homestore.com Aftel NY oct 1999)

@ il fournit en outre une véritable information de référence sur tout ce qui concerne le logement (problèmes techniques, administratifs, juridiques, financiers,...)

Aujourd'hui Springstreet.com offre 8 millions d'appartements à la location et devient de ce fait quasiment incontournable. D'autant plus qu'il fait maintenant partie du groupe Homestore.com qui contrôle également realtor.com pour la vente de biens immobiliers, homebuilder.com pour la construction neuve, Commercialsource.com pour les biens commerciaux, Remodel.com pour la décoration et l'ameublement,...

Selon NPD Online research www.ndp.com &&wnpd?(juillet 1999) 64% des internautes US à la recherche de biens immobiliers se connectent sur des sites immobiliers dont 7% ont débouché sur un achat (rappelons que le marché immobilier US est de 7.600 Milliards de dollars)

Le montant des transactions initiées par internet est 50% plus élevée que la moyenne (450.000£ contre300.000) les délais nécessaires pour réaliser l'affaire sont divisés par 2 et le nombre de visite préalables passe de 10 à 4

(Nota : comme autobytel il n'entre pas dans les statistiques du commerce électronique car, bien entendu, la transaction ne se fait pas en ligne et d'ailleurs comment la comptabiliser ? la commission touchée par l' agent immobilier? le montant de la vente ou de la location ?)

Autobytel là encore mérite d'être cité car outre la sélection de l'offre de voiture il assure également l'assurance et le financement, la fourniture d'accessoires ainsi que la revente de votre ancienne voiture.

En France AutoValley www.autovalley.com lancé en juillet 1999 avec son slogan "simplifiez-vous l'auto" démarre sur ce modèle dans la région parisienne (cette entreprise, comme business village est sorti des analyses de l'Atelier, tête chercheuse de BNP-Paribas www.business-village.fr

En partenariat avec le magazine auto-moto il vous offrira,

des réductions sur les prix (5 à 17%) des voitures neuves (2.900 modèles avec un logiciel qui aide aux comparaisons) avec en outre des promotions "coup de poing",

la possibilité d'acheter ou de vendre des véhicules d'occasion

des prix "cassés" dans sa boutique notamment sur les GSM et les autoradio

de nombreux services annexes comme l'assurance, le financement, l'entretien (avec Euromaster)

une abondante documentation: résultats des essais sur route, tourisme, sport automobile,...

des conseils juridiques, administratifs, apprentissage de la conduite, mais aussi pour le montage pour votre autoradio ou pour l'entretien,

des logiciels de simulation: un module de calcul pour évaluer son budget auto et choisir en particulier entre essence et diésel, un autre pour optimiser vos itinéraires avec Michelin

des informations en temps réel comme l'état de la circulation (avec un rafraîchissement des informations toutes les 3 minutes)

les nouveaux pharmaciens en ligne, ayant passé contrat avec les assureurs prennent en charge l'ensemble des formalités administratives et assurent le tiers payant

plus modestement C-mescourses (Casino) www.c-mescourses.fr/recettesdecuisine.html propose des recettes de cuisine et vous permet en 1 seul clic de commander tous les ingrédients

Au-delà de ce premier rôle d'ensembliers ces nouveaux intermédiaires connaissant mieux que tous les besoins de leurs clients, définiront les nouveaux produits dont ils sous-traiteront l'élaboration à des partenaires producteurs.

3.1.3.6.1.6 Un nouveau marché de gros: celui de l'information, la "syndication de contenu"

La richesse de l'information nécessaire pour attirer, et surtout pour retenir le client peut représenter une dépense hors de portée du marchand

D'un autre côté des millions de sites produisent une information de grande qualité peu consultée soit parce que ces sites sont mal référencés (les moteurs de recherche peinent dans la montée très raide du nombre de sites...), soit parce que les informations ne sont pas librement reproductibles (problème des droits d'auteur, d'acheter la petite quantité d'information dont vous avez besoin sur des sites qui par exemple fonctionnent sur abonnement ou qui nécessiteraient l'élaboration d'un contrat,...)

L'idée est donc venue à quelques sociétés de passer des contrats d'achat en gros d'information et de construire des "filtres" en fonction des besoins de leurs clients pour enrichir les sites de ces derniers, en temps réel par des news, des vidéo "en ligne" avec les centres d'intérêt des publics visés avec deux modèles principaux

Cette formule permet de résoudre très simplement pour le client les problèmes de licence et de copyright

On voit ainsi apparaître une nouvelle forme de "Bourse de matière première" permettant de rapprocher l'offre de la demande, ce que les américains nomment la syndication de contenu (ce marché est estimépar screaming media à 15 Milliards de dollars à échéance 2003):

On imagine la puissance de cette idée lorsqu'on se rappelle que contrairement aux matières premières habituelles le coût de reproduction des données est quasi nul

Ce nouveau concept de syndication de contenu est dans notre pays doublement handicapé par le fait que le français ne représente que 1% de la production de contenu et que notre marché est substantiellement moins développé que celui des anglo-saxons, mais à n'en pas douter ce concept percera aussi chez nous dans le futur: qui saura se positionner ? une première start-up européenne est apparue sur ce modèle: nFactory www.nfactory.com

3.1.3.6.2 Les Meta-Marchands

De même que les Meta-Moteurs mettent pour vous en compétition les moteurs créés par d'autres, les Meta Marchands mettent pour vous en compétitions les Marchands afin de vous permettre d'obtenir le meilleur rapport qualité prix.

A Montpellier choix.com www.choix.com (crée par Claire Doussan et son père Robert après la fermeture du précurseur que fut le Codec de Castelnau), relève les prix de l'ensemble des hypermarchés de la ville et vous permet ainsi de bénéficier de toutes les promotions de tous les hypermarchés : quand vous passez commande ses acheteurs font le tour des grandes surfaces (en moyenne 4 pour tirer parti des promotions) pour composer votre panier et vous le livrent.

Le Picking permet un catalogue de 9200 référence, sans aucun stock et, grâce aux cumul des promotions, un prix moyen plus faible que les hyper eux-mêmes!: c'est la TPE qui est en mesure de peser sur les prix des grandes surface comme autobytel vis à vis de l'industrie automobile

Prochaine étape: la conquête de la capitale avec ses 400.000 internautes

Acheter-moins-cher www.acheter-moins-cher.com et Promosoldes www.promosoldes.com sélectionnent les marchands les moins cher pour chaque type de produits, Promofrance www.promofrance.com et Super-promos pointent sur les promotions de la grande distribution Promoguide www.promoguide.com quant à lui se propose de recenser toutes les promotions et permettra (Push) aux abonnés de recevoir les promotions concernant les domaines qu'ils auront définis. (produit ? marque ? zone géographique ? ...) le cas extrême étant représenté par un site qui vous oriente vers les produits en cours de lancement offerts gratuitement à la dégustation... http://www.legratuit.com http://www.club-internet.fr/guides/vie-quotidienne/gratuit/gratuit.phtm http://www.gratuit-fr.com http://www.topgratuit.com en 0,39 secondes Google trouve 545.000 pages avec le mot clé "gratuit"....

Kelmoney.com www.kelmoney.com se présente comme l'annuaire du gratuit ... voire du rémunérateur pour l'internaute

Dans le domaine du livre des Meta-marchands font simultanément la recherche sur tous les sites de librairie virtuelle (amazon, Alapage, 00h00, BOL,...) et vous proposent le meilleur prix

Un des atouts, que les meta-marchands devraient conserver longtemps sur les "robots d'achat" (shopbots voir page 115), est la capacite à apprécier la qualité du produit et du service associé (conformité de la livraison, SAV,...) et à conseiller l'acheteur, voire à livrer les produits

3.1.3.6.3 La vente et les achats aux enchères sur le Web, les brocantes, le we-commerce

Le succès de ces méthodes de vente est tout à fait spectaculaire : Internet est un outil extraordinaire de fluidification du marché en offrant la possibilité pour un coût extrêmement bas de confronter l'offre et la demande. Il permet de se rapprocher ainsi des mécanismes de marché "parfait" dont rêvaient nos économistes.

Aujourd'hui on estime que près de 20 % du commerce électronique se fait de cette façon (sans même parler du domaine financier). Plus de 150.000 produits sont mis en vente chaque jour dans 600 sites professionnels (sans compter les innombrables petits sites). Keenan Vision Inc de San Francisco prévoit 29% en 2002

Au-delà de cette rationalité économique notons également la dimension psychologique : comme le rappelle un des leaders du marché

"you don't buy the marchandise, you win it",

Tout est organisé pour stimuler les instincts du chasseur, du "gagnant"

Un "chien de chasse" doté de beaucoup de flair comme l'agent intelligent MySimon.com www.mysimon.com &w permet de dénicher l'objet de votre désir

Mais l'objectif est aussi d'en faire comme un marché physique un lieu de rencontre, d'échange, de bavardage, de rendez-vous entre personnes passionnées par les mêmes sujets.

3.1.3.6.3.1 La vente aux enchères: depuis "e-soldes" jusqu'à un marché majeur

Au départ il s'agissait essentiellement de liquider des stocks de produits à obsolescence rapide, typiquement des produits électroniques (composants, ordinateurs, imprimantes,...) des places d'avion , des séjours organisés ou des désistements sur des espaces publicitaires, en quelque sorte des e-soldes.

Progressivement ce type de vente, devant le succès rencontré est devenu une méthode de vente à part entière et l'on compte déjà 150 sites ayant une activité significative Outre-Atlantique (et sans doute plus de 10.000 de façon plus marginale).

Egghead www.egghead.com le "Surcouf" Américain, leader de la grande distribution de matériel électronique a décidé de fermer ses 100 magasins pour tout vendre sur le Web dont 50 % par vente aux enchères à travers ses sites www.surplusdirect.com et www.surplusauction.com (il revendique 2 millions de clients)

Apparaissent même sur le Web des objets qui ne sont pas encore commercialisés par d'autres voies: c'est une méthode pour voir combien les clients sont prêts à payer, afin de déterminer un "prix de marché" pour un produit nouveau.

La difficulté consiste à recréer tout à la fois la fièvre d'une salle des vente mais aussi d'apporter climat de confiance que peuvent créer ces vénérables institutions

Onsale http://onsale.com un des principaux acteurs avec 200 M $ de vente en 1998 et un taux de croissance de 20 % par mois organise chaque jour 13.000 ventes auprès de 100.000 clients (sur les 800.000 enregistrés fin 98).

Les enchères démarrent pratiquement toujours à 1 $ : l'expérience montre que la vitesse acquise par les enchères en partant de bas conduit les joueurs qui se prennent au jeu, à franchir plus fréquemment les limites raisonnables (voire même à atteindre des prix supérieurs au prix catalogue, le cas extrême étant des bons d'achat de 100$ adjugés jusqu'à 110$ par la firme The Sharper Image), qu'avec un prix de départ élevé.

Le montant moyen des achats est de 800 $, mais certaines ventes peuvent monter à 1 million de dollars (une cargaison de boeuf "Taco").

Bien entendu si vous n'avez pas "gagné" Onsale sait ce qui vous intéresse et ne manquera pas de vous signaler la prochaine vente qui proposera des produits analogues.

Voir également par exemple le site www.goinggoinggone.com [14] créé par Jean-François Drageon, un français installé aux USA ou celui de southwest Auction ( www.webusa.com/usaweb/southwest) pour l'immobilier.

ubid www.ubid.com organise des ventes au rabais : les prix baissent et le premier internaute qui clique emporte la vente

WorthGuide.com www.worthguide.com exploite le résultats des ventes réelles pour déterminer la valeur commerciale des produits

En Europe le principal opérateur est QXL (Quick Sell) http://www.qxl.fr qui doit s'introduire en bourse sur la base d'1 milliard d'euros (groupe Arnault et vivendi sont présent à son tour de table)

Le portail Interauctionlist www.interauctionlist.com fournit une entrée très complète dans le monde des ventes aux enchères

En France le monopole jusqu'en juin 2000 des commissaires priseurs a conduit à une démarche très timide se limitant en général à une information sur les ventes,

Voir par exemple www.auctionconsult.com www.interauction.com www.gazette-drouot.com www.encheres.com www.auctionvo.com ,

Me Tajan qui dirige une des principales études de commissaires-priseurs, récemment rachetée par le groupe Arnault en France a ouvert un site catalogue dès 1997, qui assure la promotion des ventes ("softselling") et étudie la possibilité de procéder à certaines ventes aux enchères de son étude directement sur le WEB. ( www.tajan.com),.

le projet de loi mettant fin à 4 siècles de monopole (celui-ci a été institué par Henri III en 1556) devrait permettre l'essor de cette activité qui pour l'instant doit contourner la réglementation des "ventes publiques aux enchères"

Notons surtout les organisateurs de voyages comme

Nouvelles Frontières (à partir d'octobre 98) : une vingtaine de destinations à prix cassés chaque semaine quelques jours avant la date de départ http://encheres.nouvelles-frontieres.fr

Degriftour www.degriftour.com (qui vient d'être racheté par l'Anglais lastminute.com) dont les 100 MF de CA sur Internet doivent beaucoup à son initiative dans le domaine des ventes aux enchères.

Les organisateurs des ventes aux enchères peuvent travailler selon 2 méthodes :

Bien entendu, là encore, il n'échappera à personne la richesse du fichier client constitué à cette occasion : pour participer à une vente vous devez vous identifier, donner votre adresse pour que l'on puisse vous livrer, fournir vos coordonnées bancaires et garantir votre solvabilité. Par ailleurs, mieux encore qu'avec les livres on connaît également vos goûts (ce que vous avez tenté d'acheter mais aussi ce que vous avez regardé) et votre tempérament (achats d'impulsion ou démarche plus réfléchie, ...).

La commercialisation de ce type de données est bien évidemment un enjeu économique très important qui pose des problèmes éthiques non moins importants.(le rachat du fichier pouvant s'opérer en rachetant l'entreprise qui le possède: voir firefly/microsoft...)

Progressivement tous les grands acteurs du Web proposent des ventes aux enchères: Aol avec le concours d'e-bay, Yahoo! http://auctions.yahoo.com et depuis août 1999 http://encheres.yahoo.fr , Amazon.com ...

Tout s'achète et se vend : liquidation d'inventaires, produits nouveaux, produits rarissimes, pièces de collection, produits d'occasion...)

La part la plus importante, bien que la moins visible de ce marché est là encore dans le B to B :

On achète des machines outils avec des "Slide Show Auctions" virtuelles où les machines, grâce à la large bande qui se généralise aux USA permet une présentation vidéo de qualité de la machine mise en vente: voir le site de Floorspace www.floorspace ouvert en Février 1999 (mais aussi e-bay et yahoo!)

Mais on achète aussi des avions, des véhicules, du pétrole, des espaces publicitaires www.adonsale.com de l'électricité (Altra Energy www.altranet.com , Oasis http://nepool.jtsin.com/OASIS ), des médicaments avec Pharmbid, des fréquences radio ou des droits à polluer, des noms de domaine ( Mailclub : www.mailclub.com/encheres; le nom www.drugs.com a été récemment mis en vente à 855.000$))

voire même une équipe de 16 informaticiens qui s'est proposée sur le site d'e-bay pour une mise à prix de 3,14 M$ un trio d'autruches reproductrices, un tableau de Picasso pour 2 Millions de dollars un Dinosaure de 12 mètres à 5,8 M$ ou le Sequoia Yacht des présidents américains mis à prix 1,5 M$!!

En Suède, pays qui connaît une grave pénurie d'enseignant un professeur d'histoire géographie, Olof Patolla a mis ses services aux enchères publiques et attendait des propositions d'embauche jusqu'au 24 août 1999 www.jobline.se/kompetenauktion !!

Il reste à l'évidence à développer des moyens de régulation de ces nouveaux marchés qui ont déjà connu quelques dérives

Parmi les plus pittoresques l'achat par Andrew Tyler, avec la carte de crédit de ses parents, du lit du Premier Ministre Canadien pour 900.000$

Les risques sont en effet non négligeables que certaines ventes enfreignent la loi. Ce problème est d'autant plus délicat à gérer que dans beaucoup de domaines liés à la morale ou aux moeurs la loi est loin d'être la même dans tous les Etats

Vente d'armes ou de drogue entre particuliers, vente d'un "rein en bon état" 5,75M$, vente d'un bébé à naître 4M$ (Le Monde 7 sept 99).

Forrester research prévoit que ce marché où les 50 premiers sites de vente aux enchères ont réalisé 3 milliards de dollars en 1997 devrait dépasser 50 milliards de dollars en 2002 ;

Ces ventes peuvent également se faire de façon "privée" au sein d'Intranets (Peugeot a ainsi créé un site pour les véhicules d'occasion réservé à ces concessionnaires).

Des logiciels de vente sont développés et commercialisés.

Opensite www.opensite.com propose des logiciels de vente aux enchères (auction 4.0), clef en main, paramétrables (classique, à la bougie, Yankee Auction, au cadran, ventes au rabais, enveloppe scellée, enchères hollandaises...) entre 5.000 $ (ventes simples pour une PME) jusqu'à 50.000 $ pour le modèle "corporate" permettant des ventes "à la commission". Il en va de même pour Moais avec liveexchange 2.1

Il se développe même des logiciels pour les "garages sales", vente "vide grenier" pour particuliers.

A l'autre extrémité Christie's www.christies.com et Sotheby's www.sothebys.com (et en association avec Amazon www.sothebys.amazon.com ), il vaut mieux tard que jamais, ont annoncé début 99 leur intention de développer un site d'enchères en ligne. L'intérêt marqué par les groupes Arnault et Pinault sur chacune de ces vénérables maisons n'est d'ailleurs peut-être pas étranger à cette évolution. E-bay qui a racheté la prestigieuse maison Butterfield&Butterfield vise également ce créneau

Des ASP (Application Services Provider) se sont également positionnés sur ce créneau : hébergeant les logiciels spécialisés, ils vous offrent de prendre en charge sur leurs propres machines toute la gestion de votre mise aux enchères (Bidland com www.bidland.com par exemple)

3.1.3.6.3.2 les ventes aux enchères descendantes

le principe est celui de la traditionnelle vente au cadran: les prix décroissent toutes les heures et le premier qui "clique" remporte la vente

Exemple Affaire-conclue.com www.affaire-conclue.com

3.1.3.6.3.3 Les achats aux enchères: les enchères descendantes

Par appel à la cotation les acheteurs essayent d'obtenir les meilleurs prix: Aux Etats unis General Electric qui réalise 2 Milliards de dollars par cette voie avec pour objectif de passer rapidement à 5

General Electric a ainsi regroupé l'ensemble des commandes de lunettes de sécurité de ses filiales et a procédé à des achats aux enchères: 80 entreprises ont soumissionné, 2 ont été retenues. Résultat, une baisse de prix de 40%

C'est aujourd'huile principe de tous les sites de market places voir page 91

3.1.3.6.3.4 Les enchères inversées

Dans ce cas c'est le client qui affiche ce qu'il veut acheter et le prix qu'il est prêt à payer : il l'obtient en fonction des propositions que le marchand arrive à obtenir de ses fournisseurs

Price line créé en 1998 sur cette idée www.priceline.com a vendu de cette façon 130.000 billets d'avion l'année de sa création.

"combien êtes vous prêt à payer?" permet de vendre plus cher: dans le commerce comme au bridge celui qui ne montre pas sa carte le premier dispose d'un solide avantage

"Cette technique de vente a pour originalité de créer une opacité des prix au profit du vendeur : il vend au prix auquel chacun des acheteurs est prêt à payer, et deux personnes différentes sont prêtes à payer des prix différents pour un même produit, ce qui lui permet de ne pas avoir à s'aligner sur le prix le plus bas comme pour les enchères normales" Pierre Alzon, patron de Dégriftour (son entreprise travaille également sur ce concept)

3.1.3.6.3.5 Les enchères hollandaises

C'est la formule retenue par exemple par Bill Hambrecht www.wrhambrecht.com créateur de la Banque d'investissement en ligne W.R. Hambrecht&Co pour les introductions en bourse (OpenIpo): chaque investisseur propose un prix d'achat,qui doit rester confidentiel, ce qui permet de déterminer le prix qui permet de vendre toutes les actions (tous les investisseurs payent le même prix)

3.1.3.6.3.6 La brocante, la vente de "particulier à particulier": le "C to C"

Il s'agit là d'offrir à des tiers (particuliers ou entreprises) la possibilité de mettre en vente des objets avec une rémunération à la commission.

Un des problèmes est pour l'intermédiaire, véritable tiers de confiance voir www.iescrow.com (I escrow= je consigne), d'assurer l'honnêteté des transactions et de fournir au client des éléments d'appréciation sur le vendeur :

Soulignons l'initiative de Aucland (voir plus bas) qui demande au client, après transaction de "noter" le vendeur (qualité du produit, délai de livraison, traitement des litiges, ...) : cette note est publiée pour les prochains clients.

Ce modèle dont E-bay est le champion concurrence directement les "petites annonces" et pourrait mettre en péril de nombreux journaux dont c'est l'activité la plus rentable :

E-bay www.ebay.com dirigée par un français Pierre Omidyar a su attirer 19 millions de clients et 9 Milliards d'enchères sur le second trimestre 2000

Elle se rémunère par une commission de 5 % sur les ventes et par la publicité (ce type de site génère énormément de trafic: un client y passe 120 minutes par mois contre 50 chez yahoo!). Elle a réalisé 47 millions de dollars de CA l'an passé et 2,4 millions de dollars de bénéfice. Sur le seul 3ème trimestre 2000 son CA est passé à 113M$ et un bénéfice multiplié par 6

Les espoirs placés dans son développement se traduisent par son cours de bourse : 26 milliards de dollars en 1999 (PER 15(*) : 1004 !!!), soit plus qu'une banque comme le Crédit Lyonnais et 10 fois plus que Sotheby's (1,8 milliards)

Le Financial Times raconte qu'un antiquaire réalisant le même chiffre d'affaire sur e-bay que dans sa boutique pour des frais 12 fois inférieurs a fermé son magasin physique.

Notons en France

@ - I-Bazar ( www.ibazar.com) crée par Pierre-François Grimaldi qui présente chaque jour une centaine de nouveaux articles (depuis la paire de chaussettes à 2F jusqu'à une villa sur la côte d'Azur à 4,5MF) Il est aujourd'hui d'après Netvalue le second site français le plus consulté, après Wanadoo mais avant yahoo!

@ - Aucland ( www.aucland.fr) crée par un jeune Français Fabrice Grinda 24 ans de retour des USA et qui en est à sa deuxième création d'entreprise. L'entreprise se rémunère par une commission de 3 % sur les affaires conclues et 50F pour que l'objet à vendre figure en première page. Elle procède actuellement à une augmentation de capital de 24 MF pour financer ses investissements publicitaires (20 MF). La rentrée scolaire 1999 voit la vente aux enchères des livres scolaires d'occasion en coopération avec Chapitre.com www.chapitre.com ...

@ - Onatoo.com www.onatoo.com lancé en janvier1999 (prix uniquement en euros...). Après chaque négociation l'acheteur va "noter" le vendeur (de -2 à +2) selon la conformité de l'objet, la vitesse de livraison...: ce système permet aux acheteur d'avoir une idée de la confiance qu'ils peuvent accorder au vendeur

@ - Enchères on Line www.enchereonline.com s'est spécialisé dans le matériel micro informatique

@ -Auction Click www.auctionclick.com est née de l'initiative de 4 PME bretonnes

www.auctionlist.com portail de la vente aux enchères, donne une vue panoramique des opérateurs présents dans ce domaine et des agents intelligents peuvent parcourir pour vous le web pour vous prévenir de la mise en vente de l'objet que vous convoitez

3.1.3.6.3.7 Le troc : l'exemple de Napster

Internet est également un outil extrêmement efficace pour le troc (facilité de rapprocher l'offre de la demande à un coût très bas)

Ce type de fonctionnement économique sans échanges monétaires n'est pas sans poser quelques problèmes juridiques (problèmes fiscaux, droit d'auteur,...)

L'exemple emblématique de ce nouveau phénomène est Napster www.napster.com créé en 1999 par Shavin Fanning, 18 ans, il a 20 millions d'utilisateurs et 200.000 téléchargements journaliers moins d'un an après sa création: la plus forte croissance connue du Web. C'est un véritable cataclysme qui ébranle l'ensemble de l'économie du secteur

Il est évidemment, en terme de copyright à la limite de la légalité (et nul de sait de quel côté). Qel nouvel équilibre naîtra-t-il des procès en cours?

"que Napster gagne ou non son procès n'a déjà plus d'importance" souligne Mark Mooradian de Jupiter rien ne sera plus comme avant

Gnutella http://gnutella.wego.com de son côté fonctionne un peu sur le même principe mais sans serveur et sans responsable central ce qui rend plus difficile encore une attaque juridique

Scour http://www.scour.com devrait faire de même en y ajoutant la vidéo et en France on annonce la naissance de Trokers.net http://www.Trokers.net

Notons qu'en matière de marketing le troc est la norme "un peu de temps ou d'attention contre prime ou réduction"

@ -Swap.com www.swap.com propose un lieu d'échange de jeux et jouets, Swapit.com www.swapit.com se centre sur les CD, MrSwap.com www.mrswap.com dans les jeux électroniques, Webswatch.com www.webswatch.com et Switchhouse.com www.switchhouse.com proposent un éventail des plus larges

@ - EbizNet.com http://www.eBIZnet.com avec Global Online Exchange crée un portail consacré au troc, orienté vers les Traders il se rémunère à la commission

3.1.3.6.3.8 Les achats groupés: le we-commerce: les prix baissent en fonction du nombre de clients

Nous en avons vu le principe dans la cadre des communautés voir page 79 : Ces sites de we-commerce, lancés par Mercata www.mercata.com et Accompany www.accompany.com et suivis par Letsbuyit (Suède) Powershopping, Akabi, Union-Dream, Alibabuy, Kooby, Yahoo!,...proposent aux consommateurs de se regrouper pour acheter un produit

Certains sites se sont spécialisés dans un type de produit comme le New-York Fuel Consortium www.nyfco.com

Plus le nombre de clients est important plus le prix est bas.

Un autre avantage, peut-être plus important est de pouvoir faire élaborer un produit spécifique pour le groupe que l'on ne trouve pas dans le commerce (séjour touristique, cravatte d'une Ecole, objet évènementiel,...): c'est en particulier le créneau de Uniondream.com www.uniondream.com

En France ebuyclub.com www.ebuyclub.com ou Clust.com www.clust.com ont démarré début 2000 sur le même principe.

Clust.com, qui compte 10.000 membres à mi-2000, permet par exemple à 50 surfeurs de se regrouper pour importer une planche qui n'est disponible qu'outre Atlantique, des forums permettent d'initier des idées de produits nouveaux qui peuvent être mis en fabrication si un nombre suffisant de clients se manifestent comme ce fut le cas pour la "veste-téléphone" par exemple. le retournement des investisseurs au printemps laisse cependant peser un doute sur son avenir face à des concurrents comme le Suédois Let's Buy it- et il a du accepté d'être racheté

Chacun des clients est alors incité à faire la promotion du produit vis à vis de ses connaissances (à l'exact opposé des ventes aux enchères) pour en faire baisser le prix ou pour pouvoir obtenir un produit qui n'est pas en vente au détail:

c'est le "marketing viral

3.1.3.6.4 Les sites d'appel d'offres :

C'est ici le principe inverse : on offre à l'acheteur la possibilité de mettre en concurrence les offreurs.

On a vu plus haut que cela était un des composants de Autobytel ou Springstreet.com (anciennement Allappartments.com)

Aux USA des "courtiers" se sont installés sur ce créneau pour mettre en concurrence des fournisseurs de crédits hypothécaires comme E-Loan www.eloan.com permettant ainsi à leurs clients de voir leur taux de prêts baisser de 0,75 % en moyenne.

Verticalnet www.verticalnet.com, créé en 1995 par un ancien cadre d'AOL, qui fédère en communautés électroniques plusieurs dizaines de secteurs professionnels organise entre eux des sites d'appel d'offre et de ventes aux enchères qui ont tendance aujourd'hui à remplacer les ventes à prix catalogue.

En France, un exemple extrêmement intéressant : celui de Graphic Village www.imprimfr.com. Cette communauté professionnelle d'un millier d'imprimeurs s'est organisée (sous l'impulsion de l'ex-Compagnie Bancaire) pour permettre à leurs clients de les mettre en compétition, entraînant ainsi une baisse prix de 10 à 20 %.

Cette façon d'opérer pourrait apparaître à première vue quelque peu "masochiste" mais, comme le souligne Jean-Michel Billaut "aujourd'hui, si vous êtes en dehors du site, vous êtes morts" :

Dans une optique internationale les membres de Graphic Village ont ainsi acquis une visibilité et une capacité d'attirer les clients difficilement imaginable dans l'approche traditionnelle et la baisse des prix consentis est largement compensée par l'économie des coûts commerciaux que permet cette technique de vente.

Voir aussi le chapitre sur les Market Places qui offrent pour la plupart des services d'appel d'offre page 91

Cette évolution conduit le cabinet zona research &w www.zonaresearch.com à prédire la fin des prix catalogues dans de nombreux secteurs industriels.

3.1.3.6.5 Un outil pour toutes les bourses

Internet est à l'évidence un outil particulièrement bien adapté pour les Bourses

Toutes les Bourses, dont l'objet même est de rapprocher une offre proposée par un grand nombre de fournisseurs et une demande pouvant provenir d'un grand nombre de clients, devraient rapidement utiliser les potentialités d'Internet.

Les opérateurs actuels sauront-il s'adapter ? Verra-t-on émerger de nouvelles entreprises créées pour profiter de cette opportunité qui déstabilisera les structures anciennes parfois peu mobiles ? :

3.1.3.6.5.1 A tout seigneur tout honneur : les bourses des valeurs

Devant l'intérêt évident de cette approche (Forrester research et Jupiter communication s'accordent pour estimer que le marché du courtage en ligne, qui était de 145 Milliards de dollars en 1998, atteindra 3.000 Milliards de dollars en 2003),

On peut se demander si ce n'est pas l'existence même des bourses telles que nous les connaissons aujourd'hui qui risque d'être remis en cause

une multitude de nouveaux courtiers ont émergé aux USA, citons parmi les principaux :

Deux géants Charles Schwab www.eshwab.com qui a conquis 1,5 millions de clients (55$ par transaction pour les ordres passés par téléphone et 29,95 par internet)

et surtout E-trade ( www.etrade.com) qui avec ses 1,3 millions de clients, son tarif inchangé depuis l'origine de 14,95$ par transaction, son chiffre d'affaire de 245 millions de dollars et malgré son déficit (1 million de dollars) atteint une capitalisation de 12 milliards de dollars

Datek www.datek.com est en train d'apporter une nouvelle révolution dans ce domaine

@ - en affichant les cotations en temps réel ("streaming quote", mise à jour chaque seconde),

@ - en effectuant la compensation d'une large partie (60%) des ordres entre ses clients, (grâce à Datek Online Clearing Corp)

@ - en assurant l'exécution des opérations en temps réel (garantie moins de 60 secondes, au delà le client est remboursé), car il possède Island www.island.com qui est un ECN (Electronic Communication Network ou "bourse électronique") ayant capacité à exécuter les transactions pour des coûts très inférieurs sur les valeurs cotées sur toutes les places mondiales, offrant une plage horaire notablement plus large (12h contre6h30).

Il représente aujourd'hui 12% des transactions sur le Nasdaq

@ -en tenant la comptabilité de ses clients en temps réel : ceux-ci peuvent alors immédiatement réinvestir. Chaque client de Datek réalise 15,8 transactions par trimestre cotre une moyenne de 3,5 pour les concurrents

@ -bien entendu il assure conseils analyses et fonctions d'alerte à ses clients

@ - avec un coût forfaitaire encore inférieur (9,95$): ce ne sont pas seulement les intermédiaires financiers classiques dont l'existence est menacée mais les bourses traditionnelles elles-mêmes

Datek 850 employés, qui est déjà à la 4ème place des e-traders avec 300.000 comptes actifs, annonce qu'il embauche aujourd'hui 100 personnes par mois, et dépense 450$ par client nouveau soit9 mois de commissions. Il vient de lever 300M$ pour financer son développement (dont 195 ont été apportés par Bernard Arnault, ce qui constitue un record)

Le Suédois Jiway en europe pourrait lui aussi bousculer les acteurs en place

Brown&Co www.brownco.com et protade www.protade.com sont actuellement les moins chers (5$ par transaction), mais ne fournissent quasiment aucune information "

Mentionnons également des fournisseurs d'information boursière

Quote.com http://quote.com (racheté en sept99 par Lycos) fournit une information précise et de qualité indispensable aux cyber-boursiers (l'entreprise a des clients en direct, mais fournit aussi e-trade, Charles Schwab ou Fidelity)

En France le leader semble être Boursier.com www.boursier.com, lancé en 1998 il atteint en sept99 500.000 pages vue par mois avec un taux de croissance de 100% par trimestre

Dans son rapport la COB souligne "traditionnellement, l'information riche avait une diffusion réduite et une diffusion large impliquait de limiter cette information: l'Internet permet de concilier ces deux caractéristiques jusqu'alors contradictoire, et cela à un coût minime"

Elle concluait avec un sens remarquable de la litote "il est encore prématuré d'affirmer qu'internet deviendra le moyen de diffusion dominant pour l'information financière"

Aujourd'hui cette évolution prend la forme d'un raz de marée et déjà 15 à 20 % des transactions effectuées par des particuliers passent par ces nouveaux courtiers, ce qui n'est pas sans influence sur l'augmentation du nombre des transactions, la volatilité des cours (il n'est pas rare de voir des entreprises dont la cote a été multipliée par 10 entre le printemps 1999 et le printemps 2000 et divisé par 3 à l'été 2000...) et la cote atteinte par les "valeurs internet"

On a même vu timidement apparaître l'introduction en bourse virtuelle, directement sur le web, d'une petite brasserie new-yorkaise (Spring Street Brewery) et la création d'une firme spécialisée dans ce type d'introduction en bourse (IPOnet) qui a reçu l'agrément de la SEC. www.corp.ca.gov/commiss/op6600.htm

L'Allemande Net.IPO, première banque d'affaire européenne sur Internet a participé au cours de son premier exercice clos en avril 2000 à 20 introduction en bourse www.netIPO.de www.netIPO.fr et www.netIPO.it . notons également, toujours en Allemagne Going-Public www.going-public.com

Notre pays a connu pour sa part en 1998 une particulière effervescence : ce ne sont pas moins de 4 à 5 nouveaux sites francophones concernant le domaine financier qui s'ouvrent chaque jour

@ - sites d'information ( www.qualisteam.com) ,

@ - sites dédiés au sein de moteurs de recherche ( http://finance.lokace.fr) ou ( http://finance.yahoo.fr)

@ - sites officiels ( www.nouveau-marché.fr)

@ - sites forum (fr.misc.finance )

@ - sites des journaux financiers ( www.Lesechos.fr) ,

@ - sites offrant des outils d'évaluation ou de simulation www.finance-net.com ou www.boursorama.com, accès aux cours en temps réel ( www.cotations.com)

@ - sites qui vous permettent d'être alerté en fonction du niveau atteint par certaines cotations www.bourse-de-paris.fr

@ - sites qui vous permettent de vous initier ou de vous former ( www.firstinvest.com ou www.svpbourse.com) de retrouver les communiqués de bourse ( www.prline.com) .

@ - Par ailleurs Atos http://www.atos-group.com , spécialiste de l'informatique bancaire met, avec son système Net-trading une boite à outils permettant à un établissement financier de créer une salle des marchés virtuelle personnalisée.

"il y a un an personne ne voulait être le premier à se lancer, aujourd'hui personne ne veut être le dernier" Eric Baudoin d'Atos aux Echos

Enfin les principaux organismes accrédités auprès de la bourse de Paris s'engagent tous avec une indéniable frilosité vers le passage d'ordre en ligne:

voir www.dubus.fr , www.portzamparc.fr , www.wargny.fr , www.delahaye.fr , si ce n'est Cortal www.banque-cortal.fr qui s'est lancé dans le discount brokerage (e-cortal) avec+43%au 1er semestre 1999 par rapport à l'année précédente

L'annonce fin 98 de l'accord entre e-trade www.etrade.com et la banque française CPR www.cpr.fr pour créer un véritable site de transaction www.cprbourse.tm.fr pourrait annoncer un nouveau changement de rythme dans cette évolution.(if you can't beat them, join them!)

Le site www.gomezadvisor.com propose un classement des courtiers.

3.1.3.6.5.2 Mais aussi toutes les autres bourses:emploi, fret, déchets, technologies, partenariats, échanges, matériel d'occasion

Dans le domaine de la machine outil d'occasion chaque semaine voit apparaître de nouveaux sites aux USA (voir l'étude de l'Atelier BNP Paribas Juillet 99 www.atelier.fr): www.netlist-ww.com (qui écoule par exemple les surplus de General Electric), www.machinerynet.com, www.machine-and-tools.com , www.surplusrecord.com, www.industrylist.com ,...

Dans le domaine agricole aussi: c'est un des services de www.agriculture.com aux Etats-Unis

Saluons ici une récente initiative (novembre 1997) d'une très ancienne compagnie parisienne, le groupe Budd (créé au milieu du siècle dernier et l'un des principaux correspondants des mutuelles d'assurance des armateurs)

Ce groupe a créé une Bourse de Fret "The Global Freight Market" www.freightmarket.com qui compte déjà 5000 utilisateurs réguliers pour des transports internationaux maritimes, terrestres ou aériens : ce système très rapide et économique permet surtout une optimisation des coefficients de remplissage des bateaux, camions ou aéronefs

En 1998 les bourses représentaient d'après l'AFTEL, 24% du commerce électronique

3.1.3.7 L'écoute du client, la négociation commerciale et le back office

Avoir défini un bon produit, avoir une bonne image, avoir su attirer le client et capté sa confiance est un préalable nécessaire mais encore faut-il amener le client à passer commande ... et l'avoir convaincu de l'intérêt de revenir pour un prochain achat.

Comme dans les magasins réels, la vitrine c'est utile pour retenir l'attention du chaland, mais l'essentiel se passe à l'intérieur. C'est dans ce domaine, peu visible, celui du back office que les plus gros efforts de professionnalisation nous semblent avoir été accomplis outre-atlantique depuis 1998.

Suivons la démarche du client : malgré votre catalogue et toutes les informations fournies, le client se pose des questions avant d'acheter.

3.1.3.7.1 Première forme de dialogue: les FAQ et les systèmes experts

Les interrogations étant souvent récurrentes, il convient d'afficher des réponses aux questions les plus fréquentes. On considère que ces FAQ (frequent asked question ou foire aux questions).permettent de traiter 70 % des problèmes.(chiffre donné par Olivier Seznec en soulignant l'importance des données techniques ainsi rendues accessibles au client: 25 Gigaoctets Cisco reçoit plus d'un million d'interrogations par mois)

Par ailleurs les systèmes experts peuvent vous aider à résoudre vos problèmes en cas d'incident, à trouver le produit qui correspond à votre problème, à vous guider dans vos choix et en particulier en vérifier la cohérence technique:

l'outil mis au point par Cisco, 1,1 million de connections par mois sur son site, a permis de faire tomber les erreurs de commande de 20% à 2% en moins de 2 ans. Il considère que ce système qui a accru de 25% la satisfaction des clients (98% des réponses sont jugées pertinentes) lui a permis d'économiser 365M$ par an (Bill Finkelstein séminaire Aftel NY nov 98)

Chez Hewlet Packard l'historique des communications est passé au crible afin de faire émerger les problèmes récurrents et une équipe spécialisée est chargée d'enrichir la base :

"cette capitalisation de la connaissance a permis d'augmenter en outre l'efficacité de notre première ligne de réponse et le nombre de question réglées par des opérateurs non experts (coût 180F contre 1200f quand il faut mobiliser un expert)a augmenté de 20%, tandis que la durée des appels baissait de 30%" (Alain Moreau)

3.1.3.7.2 Seconde étape : l'échange par e-mail

Reste donc les 30 % auxquelles les FAQ n'ont pas répondu: un site se doit de fournir une boîte aux lettres pour recevoir ces questions et il se doit d'y répondre bien et vite. Il ne faut pas sous-estimer l'importance de l'organisation à mettre en place pour ne pas décevoir le client tout en limitant le coût de ce service: comme nous l'avons vu plus haut Stratégie Telecom & multimédia qui a testé 125 sites a pu constater que 42% d'entre eux mettaient plus de 5 jours pour répondre, ce qui est clairement inacceptable

Certains robots, sont capables de reconnaître l'essentiel d'un texte à partir de certains mots clef (Select Response d'Aptex Software www.aptex.com), d'y répondre par des messages tout préparés et, en cas d'échec, l'envoyer sur la personne la plus qualifiée (EchoMail http://www.echomail.com/flash/home.html offre un service soit implémentable dans le site de l'entreprise ou utilisable comme service en ligne (ASP : Application Service Provider)

CISCO un des leaders du commerce électronique a décidé que tous ses employés devaient être mobilisés pour répondre: un des objectifs poursuivis étant que chacun soit en permanence en prise sur les clients.

Un robot analyse le contenu des messages et les route vers la personne idoine, un superviseur s'assure du respect des délais et de la qualité des réponses (qui peuvent engager la responsabilité de la compagnie)

AT&T, HomePortfolio.Com, JC Penney, Allstate, John Hancock, American Express & Gateway, Cars.Com, Apartments.Com, utilisent ce type de robots

Un des éléments essentiels est la vitesse de la réponse: le BCG estime dans son étude 1999 sur le commerce électronique américain, que lorsqu'un marchand répond à une demande en moins de 4h, la vente se concrétise dans 36% des cas. Ce pourcentage tombe à 8% si le délai passe à 48h.

Roxy.com (matériel électronique www.roxy.com) vise une heure

3.1.3.7.3 Troisième étape : dialogue avec un opérateur, le click & talk et le click & see

Vous voulez discuter de vive voix avec un interlocuteur pour guider votre choix ... vous cliquez sur un bouton pour établir un contact téléphonique ou visiophonique via IP avec l'entreprise (qui n'attend pour se développer que les réseaux à haut débit).

Celle-ci sait déjà qui vous êtes : si vous êtes un client important, fidèle, les pages que vous avez consultées (et donc ce qui vous intéresse). Elle peut donc optimiser le choix de votre interlocuteur et fournir à celui-ci le dossier vous concernant avant même que la communication ne soit établie.

Le grand avantage de la téléphonie IP est que votre conseiller peut, au fur et à mesure des nécessités de la conversation afficher sur votre écran plans ou documentation technique : chez Cisco www.cisco.com cela permet en moyenne à un technicien de "traiter" 4 clients en parallèle

Land's End www.landsend.com qui propose à ses clients de se confectionner des vêtements haut de gamme sur mesure a couplé un centre d'appel à son site web . La communication avec le vendeur s'établissant par Internet il n'est pas nécessaire de disposer d'une seconde ligne téléphonique.

Le contact personnalisé qui rassure, permet d'augmenter de façon très sensible le passage à l'acte d'achat : on l'évalue à +32%

Il permet en outre un "enrichissement des ventes" ("suggestive selling") : achat d'un matériel de plus haut de gamme, vente de fourniture ou d'accessoires, proposition d'une promotion sur un produit susceptible d'intéresser le client que l'on estime également à +34% (Jupiter Communication www.jup.com Nicole Vanderbilt séminaire aftel NY 98)

Il permet enfin d'augmenter considérablement le taux de fidélisation (Wells Fargo banque californienne pionnière dans ce domaine estime que le taux de fidélisation de ses clients lors d'un déménagement a été multiplié par 3 (Bill Finkelstein séminaire aftel NY 98).

Soulignons au passage que dans les sites les plus performants les robots n'ont pas remplacé les hommes, bien au contraire, mais le travail de ceux-ci a été recentré là où il était le plus utile (l'écoute, l'expertise, l'aide à la résolution de problème, le conseil, ...) en lui épargnant les tâches ingrates et répétitives à moindre valeur ajoutée

Le besoin d'un contact avec un vendeur concerne 8% des ventes dans les livres ou la musique, 20% pour les vêtements, 35% pour les emprunts et 47% pour les voyages (Jupiter Communication www.jup.com)

3.1.3.8 Mise à disposition du produit, la logistique: coûts et respect des délais, facteurs déterminants du succès

3.1.3.8.1 Dématérialiser totalement quand c'est possible

Dans certaines circonstances une innovation dans l'organisation permet une dématérialisation totale mais cela reste très exceptionnel:

Dégriftour www.degriftour.fr et TWA proposent à leurs clients la suppression du billet d'avion : ceux-ci reçoivent alors, comme le transporteur un n° de dossier qu'il suffit de présenter avec ses papiers d'identité à l'embarquement. Avantage: les réservations de dernière minute et la suppression du risque de perte du billet

Dans la plupart des cas (hormis bien entendu les ventes de biens immatériels livrés "on line") une vente se traduit par la nécessité d'une livraison physique

3.1.3.8.2 Un élément majeur pour la compétitivité "prix"

Trop peu de marchands en France se soucient de la logistique. La croyance dans l'idée que "l'intendance suivra" ressort clairement de l'enquête réalisée par l'Irepp et l'Afcee (enquête Afcee - Irepp 1998).puisque ce facteur n'intervient qu'en 11ème position (7 % de réponses) très loin derrière les paiements sécurisés (1ère position, 43 % des réponses) alors que nous avons vu plus haut l'importance très relative de ce dernier facteur. Symétriquement 84% des transporteurs n'envisageaient pas la nécessité d'évoluer!

Pourtant la même enquête montre que dans la plupart des secteurs les frais d'expédition (qui ne sont qu'une partie de la chaîne logistique) représentent 30 % du coût du produit (fleurs, habillement) à 70 % (alimentaire, gastronomie) et même jusqu'à 100 % pour la librairie.

Quand vous achetez une livre chez Amazon, la moitié de la facture va chez le transporteur qui gagne de l'argent et la moitié chez le libraire ... qui en perd.

Il s'agit donc d'une composante en fait essentielle du commerce électronique et qui ne se réduit pas aux frais d'expédition car en fait, pour être en mesure de répondre sans délai aux commandes c'est toute la chaîne qu'il faut maîtriser: approvisionnement, sous-traitance, gestion des flux de production, gestion des stocks, conditionnement, expédition, reprise des produits défectueux, SAV.

Comme le dit le slogan rappelé par Paul Soriano directeur de l'Irepp http://www.irepp.com "du fournisseur de votre fournisseur au client de votre client"

Ce sont sans doute ces contraintes logistiques qui amènent la grande distribution française à une telle prudence (sans doute justifiée) car leur logistique est peu adaptée à la VPC, et les produits commercialisés ne s'y prëtent guère (les plus optimistes n'envisagent pas de dépasser 5 à 10% du marché):

Ce secteur utilise pleinement les outils internet pour son fonctionnement propre et pour ses approvisionnements (voir en particulier l'initiative de Carrefour avec Sears et Metro dans une market place mondiale "GlobalNetExchange" et celle de Auchan, Casino et 10 autres groupes de distribution dans "WorldWide Retail Exchange", visant chacune un montant annuel de transactions de plus de 200 Milliards de dollars)

Par contre les initiatives tournées vers le client final restent aujourd'hui très limitées et sans même oser utiliser le capital d'image de la marque (ce n'est paradoxalement pour cette profession, sans doute pas là, qu'il y a le plus à gagner, et aux US les résultats ne sont pas toujours probants "dans l'e-picerie, au rayon déconfiture on trouve Peapod" souligne avec humour Michel Lo de Ft Presse www.ftpresse.com

On a vu ainsi apparaître tout au long de l'an 2000 les Cypermarchés: Ooshop www.ooshop.com (Carrefour), Télémarket www.telemarket.fr (Galeries Lafayette, le précurseur), C-mescourses www.c-mescourses.fr , C-mesvacances, C-macave, C-discount, C-nouveau (Casino), Houra www.houra.fr (Cora)

3.1.3.8.3 La vitesse de livraison et le respect des délais

Au delà du coût, un facteur essentiel: la vitesse, argument majeur pour séduire le client, mais qui ne peut prendre sa pleine mesure que si la réorganisation de toute la chaîne de production est revue

Sinon cela se traduit par la nécessité de gonfler les stocks avec les coûts afférents (et les risques de dévalorisation), au lieu de pouvoir les baisser, ainsi que par l'impossibilté de fabriquer les produits "sur mesure" désirés par le client, un des éléments clé du succès

Dell computer www.dell.com : "Aujourd'hui il s'écoule 7 jours entre la commande et la livraison, nous allons prochainement passer à 3" Kevin Rollins, vice-chairman octobre 1998. Le constructeur envisage même de pouvoir tenir "dans la journée" à chaque instant client comme fournisseur peuvent suivre l'avancement de la commande de la localisation du produit (tracking).

"on peut avoir le meilleur produit du monde, si on a une mauvaise logistique, l'internaute ne repassera pas commande" déclarait aux Echos le "cyberfromager Marc Réfabert www.fromage.com

plus important encore que la vitesse: le respect des délais "un sapin livré le 25 décembre ne vaut plus rien" quelques start-up internet ont payé de leur vie le non respect de cet adage lors la période de vente la plus forte (noel 1999)

Toys R Us a perdu sa place de leader et son Pdg après qu'elle se soit révélée incapable de tivrer dans les temps à Noel

Ce qui est vrai dans le B to C l'est encore plus dans le commerce inter entreprises et la fiabilité de l'organisation logistique, le suivi des colis et le suivi qualité deviennent un des critères majeurs pour le choix d'un fournisseur

3.1.3.8.4 Une profession et de multipless métiers promis à une évolution profonde

A travers ces exemples, extrêmes mais représentatifs des évolutions, on voit que:

La logistique prend de plus en plus d'importance (au point que certains voient en elle le futur "Darty" du Web, acteur dominant qui à travers le service au client ravalerait le producteur au rang de fournisseur ou de sous-traitant

CISCO www.cisco.com par exemple, lorsqu'à l'issue du stade précédent la commande est prise, il la dispatche immédiatement vers les sous-traitants qui assurent la production, et vers le transporteur qui va prendre les composants chez ceux-ci, assurer le montage dans des salles blanches, les livrer chez les clients et, éventuellement, en cas de défaillance du matériel d' aller l'y reprendre et ainsi d' assurer un premier niveau de service après vente: 45% des produits ne passent déjà plus par Cisco, les délais de livraison sont passés de 6-8 semaines à 1-3 semaines

En France Hays DX www.hays-dx.com né du rapprochement de Colirail et de France Partner propose des prestations globales incluant gestion des stocks, livraison et SAV

Avec les professions bancaires celles de la logistique sont sans doute celles qui sont les plus profondément remises en question par l'émergence de l'Internet: mondialisation, délocalisation, entreprise éclatée, développement des communautés de production, évolution de la fonction messagerie, externalisation des fonctions non stratégiques, chasse aux stocks, flux tendus, ....

Ceci nécessite des investissements considérables en systèmes informatiques (plusieurs milliards de $ pour être capables de s'interfacer totalement avec les systèmes de leurs clients), avions (UPS a une trentaine d'Airbus en commande et vient de lever en bourse 5,4 Milliards de $), plates-formes logistiques, flotte de véhicules,... dans le cadre de réseaux mondiaux qui privilégient les plus gros : Fedex http://www.fedex.com/ UPS http://www.ups.com/ DHL http://www.dhl.com/ en particulier

Mais la logistique concerne un nombre très important de professions artisanales, administratives, financières ou industrielles: transporteurs routiers et ferrés, assureurs, postes, douaniers, chargeurs, bourses d'affretement, compagnies aériennes et maritimes, ports et aéroports, transitaires, stockistes, manutentionnaires, logisticiens d'entreprises,

Les services postaux des différents pays, qui ont comme atout la capillarité de leur réseau, mais comme handicap structurel la rigidité de leur statut et leur champ d'action national, conscients de cette évolution et de ses enjeux essayent par des accords internationaux de revenir dans la course

les Postes Néerlandaises qui ont racheté Jet Service et Allemandes qui prennent 49% dans l'espagnol Guipuzcoana (leader du petit colis) et projettent de racheter Danzas - ont ouvert le jeu.

La Poste Française à son tour rachète en Allemagne Denkhaus (en 98),puis Birkart et Interespe (en juin99), tous trois franchisés de DPD, portant ainsi sa participation à 42,7% de ce réseau qui contrôle 21% du marché allemand, elle a par ailleurs acquis Insa en juin 99 aux USA et resserre ses liens avec les Poste Italiennes et Espagnoles Portugaises et Grecques. Elle s'apprête en outre à passer un accord d'une importance stratégique majeure avec Fedex

Le Post Office britannique de son côté amorce une timide évolution vers le statut de société anonyme à capitaux publics pour pouvoir plus facilement s'internationaliser ....

Les communautés portuaires ont compris l'enjeu et tentent de relever le gant. Le développement d'intranets permettra à toute la chaîne logistique que constitue une communauté portuaire (douanes comprises) de travailler sans rupture de la chaîne d'information

C'est le cas de Nantes qui a développé un intranet au niveau de toute la communauté portuaire (Gimnaute, lauréat du grand prix net 2000 http://www.mynet2000.net/actes/concours/gimnaute/data/menu.html)

Marseille a également pris des initiatives : "nous voulons positionner les NTIC au même rang que la manutention dans un contexte de mondialisation des marchés qui a rendu la fluidité de circulation des informations aussi indispensable que celle des marchandises" Bruno Carpentier directeur général adjoint.

L'Intranet sécurisé permettra à toute la chaîne logistique que constitue communauté portuaire (douanes comprises) de travailler sans rupture de la chaîne d'information

Le secteur du transport, qui comprend de très nombreuses PME ne peut faire l'économie d'une réflexion stratégique pour voir avec cette nouvelle donne les positionnements possibles des uns et des autres et les investissements à consentir (organisation, création de réseaux, formation, informatique, matériel, ...).

Signalons ici en particulier l'initiative de Arnaud Saint-Paul qui a créé E-pack (premiers tests début 1999 www.e-pack.net) spécialisé dans le "courtage en logistique".

L'entreprise assure le choix et la coordination des transporteurs, se charge des formalités administratives (douane, contrôle sanitaire, contentieux,...)

Elle peut de ce fait offrir une alternative aux grosses multinationales de messagerie en laissant une place aux PME, souvent plus efficaces et moins chères, mais ne pouvant offrir le service global et "sans couture" dont le marchand a impérativement besoin.

3.1.3.9 La facturation, l'encaissement, la gestion: elle se trouve très simplifiée

Nous avons vu au début de ce chapitre que ce point n'était nullement déterminant et que de nombreuses solutions éprouvées "clef en main" existaient en dehors même des moyens de paiement traditionnels comme le chèque. Voir page 71

Dans le B to B, le "web-EDI" permet de réduire les coûts et les risques d'erreurs en supprimant toute nécessité de ressaisie entre la comptabilité du vendeur et celle de l'acheteur.

3.1.3.10 Le service après vente: ne pas l'oublier sous peine de voir fuir les clients

Par la qualité et l'efficacité des relations qu'il permet de maintenir entre fournisseur et client, par l'amélioration de la logistique qu'il autorise, Internet apporte des atouts considérables au SAV

Le marketing "one to one" ne doit pas s'arrêter à la vente : "un internaute visite 3 ou 4 fois chaque site avant un achat. S'il n'est pas satisfait, il ne revient pas" (Florence Amalou).

"Un service après-vente défaillant, c'est la méthode la plus efficace pour transformer un bon client en ancien client"

Pour ceux qui envisagent "d'attaquer" le marché des USA n'oublions pas le problème des retours :

Dans ce pays la tradition commerciale veut que lorsque le client n'est pas satisfait de son achat il puisse le retourner sans avoir besoin d'apporter quelque justification que ce soit.

Cette possibilité est aussi parfois offerte dans notre pays (VPC)...la différence est qu'aux USA elle est utilisée très fréquemment, et, pour un fournisseur français elle risque de présenter une difficulté organisationnelle et un facteur de surcoût (ou une cause de perte de clientèle) très souvent largement sous-estimés

On oublie trop souvent qu'il est moins onéreux d'investir pour fidéliser ses clients que pour en gagner un nouveau.

Chez AOL ce n'est pas moins de 8000 des 11500 employés qui s'occupent de l'assistance à la clientèle.

"the Brand must be loyal to its customers, not vice-versa" Carla Hendra, Ogilvy One www.ogilvyone.com séminaire Aftel NY nov 98)

A partir d'une alarme de panne, Alcatel offre un accès direct à la documentation du matériel concerné, fournissant les instructions permettant de réparer rapidement la panne

Dell assure 70% de son service après-vente par Internet

Des moyens de communication comme Internet leur permettent sans dégrader, bien au contraire, la qualité du service, de réduire, parfois de façon drastique, les immobilisations (matériel et succursales) en centralisant stocks et personnel technique ainsi qu'en développant la production en flux tendu

Bien entendu cela implique une augmentation du poste "transport", mais cet arbitrage "coût des immobilisations / coût des transports" sera de plus en plus intéressant dans beaucoup de secteurs (coûts du capital immobilisé et obsolescence rapide des produits, alors que la vitesse des transports augmente et que leurs prix baissent)

Sony a annoncé en aout 2000 la fermeturede 45 centres en Europe pour les concentrer sur 4 ou 5

Internet peut aussi permettre des innovations radicales dans l'organisation de la maintenance:

L'entreprise hydrokit www.hydrokit.com à Poiré-sur-vie, en Vendée est une PME dont les trois quart de l'activité consiste à mettre à disposition de ses clients des pièces et des kit hydrauliques (pompes, moteurs, vérins,...) dans l'urgence

"on vend de la réactivité" résume Philippe Mongodin le responsable logistique: il faut être capable de livrer jusqu'en Angleterre ou en Allemagne en 12 ou 24 H. et ce marché s'étend avec le juste à temps, les clients veulent réduire leurs stocks mais sans pour autant risquer de bloquer l'avancement d'un chantier

Après le catalogue papier, cher, fournissant peu d'informations techniques et vite périmées, est apparu le CD-Rom puis le site informatif. Dans le même temps se développait l'ERP pour la gestion interne de l'entreprise

Aujourd'hui une petite équipe composée d'un jeune technico-commercial associé une informaticienne travaille à marier Internet avec l'ERP pour interfacer celui-ci avec le client afin de permettre à celui-ci d'accéder directement au système de gestion des commandes ainsi qu'aux descriptifs techniques et aux notices de montage ou d'utilisation, ce qui doit permettre dans bien des cas simples de faire l'économie de l'intermédiation d'un technicien et de rendre ainsi ces derniers plus disponibles pour les clients

Un couplage avec l'équipement téléphonique est également prévu permettant de visualiser automatiquement la fiche du client qui appelle (source école des mines de Nantes)

Dell annonce en 1999 que progressivement tous les ordinateurs qu'il vendra seront équipé d'un système de télédiagnostic et de téléréparation

Aujourd'hui aux USA toutes les machines à commande numérique sont connectables à internet ce qui permet

1- la télémaintenance à partir du poste d'un technicien spécialiste

2- la formation de l'opérateur par tutoring

3- un service SVP pour les hommes de terrain

4- l'accès à des newsgroup de plus en plus nombreux pour faire appel au réseau mondial des opérateurs connectés, qui peuvent ainsi s'entraider pour faire face aux problèmes

Notons ici l'initiative remarquable d'une PME alsacienne qui connaît malheureusement aujourd'hui de graves difficultés Yellow Connexion, à Mulhouse, qui, grâce à son logiciel Submarine diagnostiquait via Internet les pannes des machines outils à commande numérique de ses clients, et dans la plupart des cas, par téléchargement des modifications de programmes, est en mesure d'assurer le dépannage sans déplacement d'un technicien : Au niveau de l'atelier l'opérateur, en cas de panne, n'a qu'à appuyer sur un simple bouton pour lancer la connexion Internet

Malheureusement l'industrie française n'était pas encore mure pour ce type d'approche alors qu'elle se généralise sur le marché US

c'est ce que fait en particulier le fabricant de machines-outils Hurco www.hurco.com qui se tient ainsi à l'écoute des problèmes rencontrés par les programmeurs ou les opérateurs de ses clients

Internet devrait permettre, à budget constant, une augmentation considérable de l'efficacité par rapport à la hot-line traditionnelle.

L'entreprise Valley Drive System www.rockford.com/vds , dans l'Illinois, fournit les "reconstructeurs" de voitures du monde entier, en trains avant qu'il reconditionne à partir de pièces d'occasion (en les dotant notamment de cages de roulement neuves) : pour se procurer les pièces provenant de modèles anciens ou rares, il procède par appel d'offre sur le net (où répondent en particulier les casseurs de voitures)

3.2 Réception d'information : recevoir, se faire livrer ou aller chercher l'information

3.2.1 Passive : exploiter ce qui arrive, le data mining

Aux USA 79 % des étudiants qui sont arrivés sur le marché du travail à l'été 99 ont utilisé Internet pour leur recherche d'emploi www.sbs.com

Les quantités d'information pouvant être gigantesques (Sears exploite 1 milliard de données par jour, mais même pour une PME 10.000 fois plus petite ce chiffre peut encore être considérable)

Wal-Marten fait profiter en temps réel ses fournisseurs

Il peut s'avérer pertinent de faire appel à des outils d'analyse spécifiques développés à cet usage (data mining) afin de dégager en temps réel les tendances significatives du marché (datamind, neovista) de façon à adapter l'assortiment, faire évoluer les prix, décider des promotions,...

"le système peut détecter que les porteurs de carte de crédit qui font des achats élevés et tard le soir sont aussi des sportifs qui pratiquent plutôt le golf que le football" (interview de Datamind, start-up créée par le Français Eric Archambeau en Californie, par Michel Ktitareff)

Le numéro un des ERP (Enterprise Ressource Planning) l'allemand SAP www.sap.com a annoncé que son outil de stockage des données et de data mining (Business information Warehouse) serait disponible au dessus de son célèbre R/3

IBM quant à lui utilise la technologie des réseaux neuronaux et des algorithmes statistiques avec l'objectif de déboucher sur une visualisation tridimensionnelle permettant de faire des simulations pour tester des projets alternatifs

Des logiciels comme Umap/Trivium www.trivium.fr permettent, à partir de calculs mathématiques complexes, de présenter cette immense masse de données sous forme de cartes en relief et en couleur grâce auxquelles, avec un peu d'habitude, le décideur peut détecter les points importants et utiliser son intuition pour prendre ses décisions

Ce mariage entre la rigueur du calcul et l'intuition du professionnel est sans doute promis à un bel avenir

3.2.2 Semi-active : définir ses centres d'intérêt afin de recevoir automatiquement l'information pertinente ainsi que les mises à jour des logiciels utilisés (PUSH et Agents Intelligents)

3.2.2.1 La veille économique, technique ou commerciale :

Chaque jour dans votre boîte aux lettres vous recevez automatiquement les informations sélectionnées en fonction des critères que vous avez choisis.

Il s'agit là d'un domaine promis à une très forte expansion (technologie PUSH, où l'on "pousse" l'information vers vous par opposition à la technologie "PULL" où vous allez la chercher).voir www.pushcentral.com, annuaire international des technologies push

Après les précurseurs Pointcast www.pointcast.com , Backweb www.backweb.com (actuel N°1), Firefly www.firefly.com (repris par Microsoft) une trentaine de sociétés proposent aujourd'hui leurs services.

Une des difficultés majeures est d'être capable de cerner de façon suffisamment précise ses besoins afin d'éviter la noyade sous un flot d'informations moyennement pertinentes que leur volume rend inexploitables (ce que le professeur Roberto di Cosmo www.dmi.ens.fr/~dicosmo de Normale Sup appelle l'infobésité) et qui consomment inutilement trop de bande passante

Les difficultés rencontrées l'an dernier par Pointcast paraissent relever de ce défaut mais ne nous paraissent pas pour autant remettre en cause l'intérêt même du PUSH l'entreprise vient d'ailleurs de repartir après fusion avec LaunchCast sur un concept moins invasif sous le nom de Entrypoint www.entrypoint.com .

Mutatis mutandis, le PUSH a bien entendu de nombreuses applications dans les Intranets et les extranets (notes de service, signalisation d'évènements importants, revue de presse personnalisée, ...)

Le cabinet The Yankee Group, prévoit pour cette activité un chiffre d'affaire de 6 Milliards de dollars à échéance 2000

3.2.2.2 Des informations personnalisées : le "narrow casting"

Certains éditeurs proposent des journaux "sur mesure" composés en puisant dans un groupement de plusieurs centaines de banques de données, de quotidiens ou de revues, les articles relevant des domaines retenus par le client:. voir page 52

En Californie ClariNet: www.clarinet.com a, aujourd'hui, 1,5 million d'abonnés

Le Monde, www.lemonde.fr qui après quelques tâtonnements pour trouver son modèle économique est maintenant un des sites les plus fréquentés (50000 visites/jour) envisage de permettre à ses lecteurs de se construire un Monde personnalisé.

Press Intelligence, &&w jeune start-up parisienne vise le créneau des entreprises dotées d'un Intranet (revues de presses personnalisées avec accès aux sources et aux archives, système d'alerte sur des types d'événements prédéfinis,...) ou Net2One, www.net2one.fr revue des presse gratuite définie à partir de mots clés que vous choisissez

Par opposition au "broad casting on le nomme "narrow casting", voir forum Narrowcast99 à la cité des sciences www.ptolemee.com &&w

3.2.2.3 Une mise à jour automatique de vos logiciels

Pratiquement tous les logiciels d'antivirus sont maintenant dotés de cette fonction de mise à niveau automatique

Marimba www.marimba.com surveille en permanence l'apparition de nouvelle version pour tous les logiciels que vous utilisez et assurent automatiquement les mise à jour

3.2.2.4 Une fonction d'alerte qui vous permet de réagir plus vite pour parer un danger ou saisir une opportunité

Des services push vous permettent de saisir des opportunités, pour les appels d'offre par exemple, ou des évènements susceptibles d'affecter votre activité

Closingbell http://bradhill.com/iec/closingbell.htm vous signale une évolution anormale de cours de bourse ou de matières premières,

EuropInfos www.EuropInfos.com vous prévient gratuitement par un "texto" annoncé par un bip de tout événement important dans les thématique que vous avez défini (pour pouvoir l'écouter il vous en coûte 3F)

Les Echos offrent la fonction http://alerte.lesechos.fr de même que Legal News www.legalnews.fr dans le domaine juridique

Robert Mahl de l'Ecole des Mines de Paris a mis en place une fonction Push (gratuit) pour le Journal Officiel : il vous suffit de déclarer vos sujets d'intérêt et vous êtes immédiatement prévenu par un message dès qu'un texte les concernant est publié au JO www.admi.net/admijo.html

Périclès de Datops en traitant l'immense masse d'information autour d'un sujet (entreprise, monnaie, matière première,...) détecte les ruptures de consensus annonciateur d'évolutions: l'infowarning

Il annonce être capable d'une anticipation des crise de 5 à 9 jours et dit avoir détecté les anomalies précurseurs de la chute des cours d'Alcatel 9 jours avant, l'OPA de la BNP avec un préavis de 5 jours et la dévaluation du real brésilien une semaine avant. Son président, Louis Gay, son créateur, ancien pilote de chasse estime ces prévisions fiables à 80%

Appels-offres.com ( www.appels-offres.com) devenu http://www.doubletrade.com qui rassemble tous les appels d'offre publics (BOAMP et JOCE) et privés a publié 300.000 appels d'offre pour 4 Milliards de F et vous signale ceux qui correspondent aux critères que vous avez définis. Elle compte aujourd'hui 12.000clients

Sont aussi apparus sur le marché des logiciels que l'on appelle robots ou Agents Intelligents qui scrutent en permanence un grand nombre de sources d'information afin de donner l'alerte en fonction de certains événements.

CyberAlert www.cyberalert.com développé par UltiTech parcourt, outre les sites WEB 150.000 forums usenet et 250.000 groupes de discussions pour détecter ceux qui parlent de vous ou de vos produits permettant ainsi de détecter les problèmes, voire d'anticiper sur les crises,

Les cas les plus couramment cités sont ceux de Ford dont un modèle avait tendance à s'enflammer spontanément et Intel dont un processeur connut certains problème : une détection précoce de ces problèmes par une surveillance attentive du web aurait sans doute permis de substantielles économies en prenant les devant pour pallier les défauts détectés par les consommateurs avant qu'ils ne débouchent sur une crise

Net Intelligenz www.netintelligenz.net créé par Jacques Attali et Maurice Levy analyse tous les forums et conversations entre internautes afin de fournir à ses clients une analyse d'opinion sur leurs produits, leurs marchés ou leurs concurrents (entre 50kF et 500kF par étude)

Business Village qui a lancé le site www.autovalley.fr rapporte qu'une requête lancée sur "Renault" a permis d'en extraire 1600 citations: parmi celles-ci des internautes interrogeaient la communauté électronique sur tel ou tel problème rencontré avec leur voiture.

La possibilité pour l'entreprise d'identifier ces demandes et d'y répondre rapidement permettrait d'utiliser ces systèmes d'alerte comme nouveau support d'information et de relation avec les clients ainsi que de remédier dans les meilleurs délais aux défaux constatés (en limitant le cout des éventuels "rappels", souvent considérables)

World Scanning www.createam-is.com scrute en permanence les sources de votre choix (web, messagerie, base de données, bureautique,...),

Netmind, www.netmind.com start-up californienne a mis au point un agent intelligent (Web Agent) qui va chercher l'information intéressante et son logiciel Mind-it la ramène aussitôt à l'utilisateur même sur son pager, son PDA ou sur son téléphone cellulaire s'il n'est plus connecté à l'Internet (4 millions d'abonnés, essentiellement pour de la veille concurrentielle ou la surveillance de la bourse)

Centralcast www.net2one.com start-up française créée il y a 2 ans vient de relever le gant dans ce domaine en levant 10 MF pour donner une envergure mondiale à son service gratuit d'alerte et de diffusion d'information personnalisée

Philippe Contal patron d'alpha-c ( www.alpha-c.com) voir page 140, qui utilise cette technologie pour récolter toute l'information sur les prospects qu'il va visiter a ainsi été alerté, la veille d'un rendez-vous commercial important, d'une déclaration du président de l'entreprise qu'il allait rencontrer, concernant sa nouvelle politique en matière de qualité.

Il a pu ainsi réadapter totalement la présentation de son offre qu'il se proposait d'argumenter principalement sur les prix, et remporter le marché.

En France citons également Qwam www.qwam.com , fruit d'un partenariat entre l'Arist de Versailles et la société Cycnos, qui surveille en permanence 350 banques de données et informe immédiatement ses clients de tout événement se produisant dans leur champ d'intérêt (article, dépôt de brevet,...) ou Pat'Agent www.createam-is.com spécialisé dans la surveillance des dépôts de brevets

voir aussi www.internetpatrol.com

Seul un système Push automatique permet ce type de surveillance sachant qu'il y a un nouveau site Web toute les 20 secondes et 300.000 messages postés chaque jour dans les forum

D'autres sont capables de vous informer quand votre marque est usurpée sur le Web, ou quand vos documents sous copyright sont utilisés sans autorisation

Digimarc www.digimarc.com avec son logiciel MarcSpider sillonne le web à la recherche des contrefaçons.

Citons un autre exemple d'une nature légèrement différente justifiant la mise en place en période de crise d'un système automatique de mise sous surveillance du Web: un cas de déstabilisation d'une entreprise par la distillation de rumeurs ciblées auprès de la communauté financière.

La société Belvédère www.yahoo.fr/finance/profil/6087.html , PME bourguignonne dynamique de 207 personnes, cotée au Nouveau Marché, fabricant de bouteilles sérigraphiées avait conquis une part significative du marché de la vodka polonaise aux USA.

Elle est entrée en conflit avec son distributeur et a vu un jour le cours de ses actions chuter brutalement, mettant en cause sa capacité à lever les fonds qui lui étaient nécessaires pour participer à la privatisation de son fournisseur polonais. Une analyse fine de l'ensemble des rumeurs véhiculées par le web lui permit à temps de remonter à la source de l'opération de désinformation et de prendre les contre-mesures (exemple cité par Philippe Darantière d'Atlantique Intelligence&n)

Une mésaventure similaire est arrivée début 2000 à la chaine de bijouterie Marc Orian dont le cours a chuté de 30%

Vous pouvez également surveiller les offres d'emploi correspondant à certains critères ou ... être prévenu en cas du retard de votre avion

MyAlert.com qui a levé 300Mf en juillet 2000 gère l'envoi de telles alertes sur téléphone portable (cours de bourse, disponibilité d'un bien sur e-bay,) le Finlandais iobox est un des leaders du secteur

Ce type d'outil est parfois trop onéreux ou trop complexe à manier pour une PME seule, mais peut par contre être à la portée d'une communauté d'entreprise qui a besoin d'anticiper par exemple une tension sur des matières premières, des évènements concernant un gros fournisseur ou les évolutions d'un marché clé

3.2.2.5 Des agents intelligents qui cherchent à votre place et apprennent à mieux connaître vos besoins

De nombreux agents peuvent maintenant aller chercher (même pendant que votre ordinateur est déconnecté) l'information dont vous avez besoin

Checkitout &&w par exemple traque les opportunités, sur des gammes de produits sélectionnés.

De plus en plus en analysant vos réactions à leurs suggestions ils apprennent à mieux cerner vos besoins et vos goûts afin de vous faire des propositions plus pertinentes

Firefly ( www.firefly.com, après une période d'apprentissage, vous présente des artistes qui répondent à vos goûts musicaux,

Excite Live ! http://live.excite.com avec Newstracker http://nt.excite.com vous offre la possibilité de donner une note aux articles qu'il a sélectionnés pour vous. Vos centres d'intérêt sont alors progressivement précisés ce qui permet au logiciel de mieux vous satisfaire.

BotSpot ( www.botspot.com) et UMBC Agent Web ( www.cs.umbc.edu/agents) offrent une mine de renseignements sur les agents intelligents

3.2.2.6 Téléalerte et téléaction

Le PUSH c'est également tous les mécanismes de téléalerte (distributeur de boisson vide, panne d'une balise,..)

ou de télémesure : avec componentWorks www.natinst.com/cworks

Mais aussi avec la possibilité de télécommande ( voir page 123 l'exemple de Roll Gom) il est possible de conduire à distance des campagnes de mesure et de les exploiter:

La première application a concerné la navette Endeavour

3.2.2.7 Ce sujet est de ceux qui soulèvent les passions

"Le PUSH est parfaitement contraire à la philosophie du net" "Avec le push, l'internaute risque fort d'être réduit à l'état de couch patato [16]" déclarait Patrick Robin PDG d'Imaginet.

Nous considérons qu'il s'agit là d'un faux débat : en effet le processus est toujours interactif, la requête est faite une fois (définition du champ d'intérêt) et la réponse prend la forme d'une suite de messages réguliers.

La source de cette "guerre de religion", d'apparence tout à fait futile, doit sans doute être recherchée dans l'inquiétude des providers devant le flux d'information gigantesque que vont générer ces messages quotidiens qui ne leur procurent aucune rémunération.

Le vrai sujet nous paraît être celui du modèle économique pertinent (ou tout du moins viable) pour la facturation et le moins que l'on puisse dire est que depuis l'an dernier les idées ne sont toujours pas clarifiées ... : accès Internet gratuit, (y compris en Grande Bretagne le coût de l'appel téléphonique local) forfait, facturation au megaoctet, rémunération de l'internaute au delà de 35h,...

Le Push-Pull parait une formule intéressante : le push ne concerne que les titres et les résumés accompagnés des pointeurs sur les documents, et il est donc peu volumineux, le Pull permet en fonction des besoins d'aller chercher l'information détaillée. C'est sans doute là la formule d'avenir.

3.2.3 Une utilisation active des ressources du web

3.2.3.1 Recherche de compétences, recrutement

Exploitation des CV présents sur le Web, par affichage de propositions d'emploi aux endroits où des personnes compétentes sont susceptibles d'aller (dans le catalogue, sur les sites de partenaires ou sur celui d'une Grande Ecole par exemple) ou utilisation des sites de recrutement : aux USA, en 2001, d'après Idc ce sont96% des entreprises qui utiliseront ces moyens.

En 2000, selon une enquête de l'APEC, 77% des cadres et des jeunes diplomés utilisent Internet dans leur recherche d'emploi (la plupart des autres invoquent l'impossibilité de le faire, seuls 5% considèrent cette démarche inutile). Ils y recherchent en outre des conseils pour leurs CV, lettres de motivation ou des informations sur les entreprises... mais 85% d'entre eux considèrent que les entreprises ne se sont pas encore vraiment adaptées à cette évolution

Le recrutement par Internet permet en effet de réduire drastiquement les coûts, surtout pour trouver des profils pointus notamment à l'étranger (voir l'étude réalisée par l'atelier de Bnp-Paribas www.atelier.fr)

Selon Computer World le coût passe de 3295 $ en moyenne par voie de presse à 377 $ par Internet et les délais de 53 jours à 14.

Le secteur du recrutement est aujourd'hui l'un des plus dynamiques et des plus innovants du marché avec 28 millions d'offres d'emploi en mai 1999 (étude Interbiznet)

Cette pratique s'est naturellement développée largement dans le domaine de l'informatique www.jobuniverse.com ou www.jobworld.com

Elle s'étend progressivement à l'ensemble des secteurs

www.cadresonline.com (Vivendi) 5000 offres, gratuit, 2 millions de pages vues par mois et autant d'e-mail envoyés à ceux qui y ont inscrit leur profil de recherche alimente une vingtaine de titres de presse: Le Monde, L'Usine Nouvelle, l'Express, 01 Informatique, le Moniteur.... www.cadremploi.com qui a démarré sur minitel fédère plus de 100 cabinets de recrutement "payant pour ne drainer que les candidatures de qualité" dixit Roland Tresca qui ajoute "on a aussi le sentiment qu'une autre stratégie ne serait pas idiote..."

Voir aussi www.jobline.fr , www.carreerPath.com, www.headhunter.net, www.hotjobs.com, www.careermosaic.im.fr , www.emailjob.com, www.apr-job.com, www.demain.fr, www.Cybersearch.fr sans parler des nombreux newsgroup www.news.pagesweb.com/news/fr.emploi.offres www.news.pagesweb.comInews/fr.emploi.demandes, www.news.pagesweb.comInews/fr.emploi

Et sans oublier l'ANPE www.anpe.fr et surtout l'APEC www.apec.asso.fr avec 7.000 offres et 1.500 pages sur l'évolution du marché

La CIA comme le FBI par exemple offrent des emplois sur www.odci.gov/cia et www.fbi.gov, et CISCO www.cisco.com recrute ainsi 70 % de ses ingénieurs,

La profession hôtelière commence à utiliser significativement cette voie www.lhotellerie.fr/Annonces

Le leader américain Monster.com www.monster.com, 60% du marché US, 122 Millions de pages vues en juin, a racheté 111 entreprises d'offres d'emploi et dispose en octobre 1999 de 230.000 offres d'emploi et de 2 Millions de CV (sur les 3 millions déposés en ligne dans 30.000 sites concernant l'emploi) il annonce un taux de croissance de 22% par mois.

Il est en mesure d'apporter une assistance extrêmement puissante aux demandeurs d'emploi:

@ - analyse des postes et des rémunérations correspondant à leur profil,

@ - benchmarking avec les autres candidats sur le marché du travail,

@ - analyse du déroulement des entretiens,

@ - conseil pour des formations complémentaires, la rédaction de CV et la conduite des prochains entretiens d'embauche

Pour les compétences rares et très demandées (spécialistes internet par exemple, il organise des "placements aux enchères" depuis cet été (7000 placements déjà réalisés ainsi).

Depuis la même date il a lancé Talent Market pour les indépendants et free lance

Monster commence à étendre ses activités en Europe et vient de créer une filiale française www.monster.fr

Elle concurrencera probablement les "petites annonces" dans tous les secteurs de la vie professionnelle au gré de la pénétration d'Internet dans le monde des affaires.

Des robots (comme Resputin &n) peuvent parcourir la toile pour trouver les CV correspondant au profil recherché.

3.2.3.2 Une nouvelle voie pour la formation des membres du personnel de l'entreprises

Notamment pour les formations techniques pointues l'Internet offre chaque jour davantage d'opportunités, avec de nouvelles méthodes pédagogiques pour la formation. Il est ainsi possible de gagner un temps de déplacement précieux ainsi que les frais correspondants (Cisco considère économiser ainsi 40% des coûts)

Certaines universités américaines délivrent même leurs diplômes officiels par cette voie

C'est le cas par exemple de la Concord University School of Law www.concord.kaplan.edu du Massachusetts qui a ouvert en 1998 un cycle de droit entièrement en ligne et sanctionné par un très officiel "Juris Doctorate Degree"

En Allemagne l'ensemble des filières, modules et cours disponibles sont accessibles à www.studieren-im-netz.de

En Espagne, l'université ouverte de Catalogne compte plus de 10.000 étudiants (salariés à 95%) répartis dans 10 disciplines. Elle emploie 50 profs à temps plein et 600 consultants et des tuteurs extérieurs pour conserver sa souplesse Les diplômes délivrés sont les mêmes que dans les universités classiques. Après seulement 4 ans d'existence. Elle dispose d'un budget de 103MFle coût de la scolarité pour l'étudiant est de 3.600F

En France le Cned amorce l'évolution vers de telles possibilités www.campus-electronique.tm.fr ainsi qu'un certain nombre d'universités (comme celle de Compiègne) et d'Ecoles d'Ingénieur (Mines et Télécoms notamment)

Certains fournisseurs de matériel offrent aussi ce type de possibilités pour la formation technique des utilisateurs de leurs produits

Selon l'analyste du secteur de l'information Rhoda Lau 710 000 salariés américains ont pratiqué la formation à distance dès 1998 et ils devraient être 2,3 millions en 2002

En France la délégation académique à la formation continue de la région Midi Pyrénées développe un programme de formation en zone rurale isolée destiné aux salariés des coopératives agricoles qui ont besoin de diversifier les compétences de leurs salariés pour maintenir l'emploi toute l'année: chaque salarié dispose d'un ordinateur équipé d'une caméra vidéo leur permettant à la fois d'accéder aux cours et de rentrer en contact avec leur tuteur

L'Afpa de Longwy a mis au point par exemple une formation permettant d'acquérir une formation d'électronicien: une caméra permet de travailler en visioconférence

Voir également page 122 et page 55

3.2.3.3 Recherche de partenaires technologiques ou commerciaux

La recherche de partenaires à travers le web est une pratique très courante (notamment de la part d'entreprises des pays émergeants qui recherchent des produits à distribuer)

"Une entreprise agroalimentaire bretonne a pu ainsi accéder à de nouvelles techniques d'élevage porcin et signer des accords commerciaux avec des entreprises américaines" bilan de l'opération Cyberbretagne.

L'expérience montre que c'est là une des principales retombées des sites commerciaux initialement prévus pour vendre des produits:

La plupart des PME françaises que nous avons rencontrées nous ont dit avoir été plutôt déçues par les ventes elles-mêmes mais très heureusement surprises par le nombre de contacts pris spontanément par des partenaires potentiels étrangers pour en particulier la distribution, assortie ou non de fabrication locale de leurs produits.

C'est de ce fait un complément indispensable de la participation à des salons internationaux.

L'entreprise Cotherm participait à une exposition à Pékin et mentionnait son site www.cotherm.com dans sa brochure commerciale : c'est par l'intermédiaire de celui-ci que l'entreprise qui allait devenir son distributeur Coréen reprit contact.

3.2.3.4 L'utilisation de services évolués en ligne: les ASP (Application Services Providers)

Vous pouvez acheter des licences d'exploitation de logiciels et les installer sur vos ordinateurs. Mais certaines applications nécessitent des techniciens spécialisés (outils de simulation) d'autres nécessitent des mises à jour fréquentes (logiciels de CAO), enfin pour des logiciels très peu fréquemment utilisés vous pouvez préférer payer seulement en fonction des usages réels

Pour toutes ces raisons vous sont aujourd'hui proposés des services disponibles en ligne, du simple traitement de texte (suite office par exemple) aux plus sophistiqués sur le plan technique

Comptanoo.com http://www.Comptanoo.com offre pour 60f/mois la possibilité à une PME de gérer sa comptabilité

Siriatech http://www.Siriatech.com lui permet de faire des simulation sur sa pollution pour son étude d'impa