Ministère de l?Economie, des Finances et de l?Industrie

Jean-Michel YOLIN

Sommaire


Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie

Secrétariat d'Etat à l'Industrie



Conseil Général des

Conseil Général des

Mines

Technologies de l'Information

Internet et Entreprise

mirage ou opportunité ?

Pour un plan d'action

Contribution à l'analyse de l'économie de l'Internet

Rapport de la Mission conduite par

Jean-Michel YOLIN, Ingénieur Général des Mines

avec

Jean-Claude Merlin, Ingénieur Général des Télécommunications

Grégoire Postel-Vinay Ingénieur en Chef des Mines

Christian Scherer Ingénieur en Chef des Mines

Mise à jour 2001

Préambule.

En 1997 à la demande du Ministre une première version de ce rapport était lancée afin

Depuis lors, dans notre pays, beaucoup de chemin a été parcouru sous l'impulsion d'initiatives tant publiques (dans le cadre du PAGSI) que privées.

De nombreuses missions aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens (notamment dans l'Europe du Nord) et de très fréquentes visites d'entreprises françaises et européennes nous ont cependant montré que si depuis 1998 notre pays a amorcé son décollage, outre atlantique comme chez nos voisins d'Europe du Nord ces dernières années ont vu une accélération des utilisation des technologies de l'Internet par les entreprises traditionnelles.

Notons que, plus encore que les pays latins, le Japon, sans doute pour des raisons culturelles analogues de "gestion du pouvoir" éprouve les plus grandes difficultés à s'adapter à ce bouleversement de l'économie (difficulté aggravées par l'absence création de start-up) mais que néanmoins de nombreux Français réussissent remarquablement dans la silicon valley

En ce qui concerne les créations d'entreprises le second semestre1999 aura vu dans notre pays l'explosion des " jeunes pousses " et l'émergence des " Business Angels ".

Comme tout phénomène brutal une telle croissance ne pouvait se produire sans quelques "à-coups": Pour beaucoup cette année aura été celle du " mini Krach " du printemps; en fait, avec le recul celui-ci apparaît comme un simple ajustement et la croissance de la valeur des entreprises internet sur moyenne période reste impressionnante.

Gageons que dans le futur d'autres ajustements auront lieu et gardons à l'esprit que les aventures risquées ne peuvent toutes déboucher sur des succès...

Si nous ne sommes pas conduits à apporter des changements majeurs dans nos analyses quant aux enjeux et aux opportunités qu'offrent Internet à nos entreprises, il n'en reste pas moins que cette année encore un certain nombre de concepts nouveaux ont émergé, que les idées se sont affinées et que le "gisement d'idées" que nous avons essayé de constituer pour ceux qui veulent aller de l'avant s'est substantiellement enrichi avec 4 faits marquants

Aussi un grand nombre de personnes (entreprises, sociétés de conseil, organismes de formation,...) nous ont suggéré d'assurer la mise à jour d'un rapport qu'ils utilisent comme document de référence (support de cours, source d'exemples d'application pour la sensibilisation et le conseil, guide méthodologique, ...).

La présente version essaye de répondre à cette demande

Comme la précédente, celle-ci est consultable à l'adresse www.ensmp.fr/industrie/jmycs (depuis sa première publication ce rapport a reçu 780.000 requêtes provenant de 61 pays), où il est possible de la télécharger ou de l'utiliser en format html comme plate-forme de navigation pour accéder à toutes les sources citées (le sommaire très détaillé essaie de faciliter un accès direct et rapide à la préoccupation du lecteur).

En outre une page de News - www.yolin.net - permettra de continuer à l'enrichir progressivement par des développements spécifiques (intelligence économique, création d'entreprises dans les NTIC, infrastructures et aménagement du territoire, Internet et collectivités locales, ...) et de rester à votre écoute pour continuer à capitaliser notre expérience collective.

Merci à tous

1 L'Internet en deux mots 14

1.1 Le fruit étrange de la liaison entre la rigueur des militaires et la créativité libertaire des chercheurs sur fond de guerre froide 14

1.1.1 Dans les années 70, une initiative pour limiter la vulnérabilité des réseaux informatiques en cas d'attaque nucléaire : 14

1.1.2 Un apport décisif des chercheurs en terme d'ergonomie et de convivialité : 14

1.1.3 Qui paye ? Qui contrôle ? : 15

1.1.3.1 Aujourd'hui un financement à 90% privé et une régulation par consensus 15

1.1.3.2 ...sauf pour préparer la génération suivante : une action forte de l'Etat américain 16

1.1.3.3 Qui le contrôle ? : une régulation par consensus 16

1.1.4 Une technologie peu onéreuse, et accessible aux PME 16

1.1.5 Invulnérable aux attaques atomiques... mais pas aux pirates : l'e-crime 17

1.1.6 Une distinction à opérer entre réseau de transport et règles de circulation: "la tuyauterie"(le réseau Internet) et les "protocoles" (les "technologies" Internet) 18

1.2 Au-delà du mail et de la navigation, les multiples fonctions d'internet: 18

1.2.1.1 De nouveaux moyens de communiquer rapides, bon marché, efficaces ouvrant de nouvelles possibilités 18

1.2.1.1.1 Le courrier électronique l'e-mail 18

1.2.1.1.2 La téléphonie "IP": "l'international pour le prix du local" avec d'importantes fonctionnalités en sus 18

1.2.1.1.3 La visiophonie, la téléconférence, pour une communication plus riche 19

1.2.1.1.4 voir à distance en trois dimensions : un atout pour le tourisme, l'immobilier ou les catalogues 19

1.2.1.1.5 Des Forums, des espaces pour bavarder, 19

1.2.1.1.6 Un outil aussi de communication entre les machines: à l'usine comme à la maison (domotique) 19

1.2.1.1.7 La Radio et la télévision sur internet 20

1.2.1.1.8 Et de nouveaux outils se préparent à sortir des laboratoires: goût, odorat, toucher, vision 3D 20

1.2.1.1.9 Trouver des informations parmi des centaines de millions de documents 21

1.2.1.1.10 Les annuaires et moteurs de recherche 21

1.2.1.1.11 La recherche à travers les newsgroup 22

1.2.1.1.12 La recherche dans les banques de données 22

1.2.1.1.13 La reconnaissance vocale 22

1.2.1.1.14 La traduction automatique 22

1.2.1.1.15 La reconnaissance de l'écriture manuscrite 23

1.2.1.1.16 L'exploitation des flux d'information 23

1.2.1.2 Se procurer des produits et services sur le web 23

1.2.1.2.1 Le téléchargement de programmes informatiques, de données, d'images, de sons, de vidéo... : 23

1.2.1.2.2 Faire ses courses sur internet, des magasins ouverts 24/7 23

1.2.1.2.3 Accomplir les formalités administratives 23

1.2.1.3 Publier de l'information accessible du monde entier 23

1.2.1.4 Travailler ensemble malgré les distances 24

1.2.1.4.1 Partager des documents 24

1.2.1.4.2 Mettre en commun et partager des moyens de calcul, les réseaux de PC, le Peer to Peer (P to P) 24

1.2.1.4.3 Partager des moyens de stockage de données 24

1.2.1.5 Surveiller et agir à distance: télésurveiller et téléopérer 24

1.2.1.6 L'arrivée du haut débit et de l'accès internet nomade 25

1.3 Un développement explosif: une "Hot-Technologie" 25

1.3.1.1 Dans tous les pays développés une croissance exponentielle: les "dog years" 25

1.3.1.2 Les statistiques cachent plus de choses qu'elles n'en montrent: les "achats Online" ne sont que le sommet de l'iceberg 28

1.3.1.3 Erreur que de croire qu'il y a d'un côté la net-économie et d'un autre l'ancienne: les Click & Mortar 29

1.3.1.4 La France est en retard : les dernières années du siècle auront vu le décollage ... mais pas le rattrapage. 29

1.3.1.4.1 Le Minitel : notre langue d'Esope 37

1.3.1.4.1.1 Un atout : 37

1.3.1.4.1.1.1 Un fonds de commerce déjà établi pour le commerce électronique (transport, banque, VPC,...) 37

1.3.1.4.1.1.2 Une profession d'éditeurs nombreuse et prospère grâce en particulier à la formule kiosque qui permet une facturation simple et bien acceptée. 37

1.3.1.4.1.1.3 Des cyber-commerçants avant la lettre 37

1.3.1.4.1.1.4 Une profession de "télématiciens" performante 37

1.3.1.4.1.1.5 Des bases de données et des fonds documentaires très importants 37

1.3.1.4.1.1.6 Des ressources financières confortables qui permettent le financement du web 37

1.3.1.4.1.2 Un handicap : 38

1.3.1.4.1.2.1 le Minitel a renforcé notre tendance à raisonner au niveau Franco-Français 38

1.3.1.4.1.2.2 il nous a plus habitué à payer le temps que l'information 38

1.3.1.4.1.2.3 la confortable facilité de gestion d'un outil qui permet de facturer bien des choses... 38

1.3.1.4.1.2.4 apportant une réponse partielle mais rapide aux besoins principaux il limite l'appétence pour le web 38

1.4 Internet et les technologies traditionnelles de transfert de données électroniques 39

1.4.1 Internet : quoi de plus que le Minitel ? 39

1.4.1.1 beaucoup d'avantages : 39

1.4.1.1.1 Il est mondial : 39

1.4.1.1.2 Peu onéreux ... et en baisse rapide 39

1.4.1.1.3 Il offre quantité de fonctionnalités nouvelles 40

1.4.1.1.4 Il conduit à la "convergence" entre Téléphone, TV et information 40

1.4.1.2 Mais encore quelques problèmes à régler : 40

1.4.1.2.1 Des problèmes de sécurité 40

1.4.1.2.1.1 Sentiment d'un manque de confidentialité, crainte de vol d'informations commerciales ou de numéro de carte de crédit, 40

1.4.1.2.1.2 Difficultés d'identification des sites et des correspondants : sont-ils ce qu'ils prétendent être? 40

1.4.1.2.2 Le cryptage: confidentialité du message, garantie de son intégrité, authentification de l'identité de l'émetteur, protection des archives. 40

1.4.1.2.2.1 Transactions financières non totalement sécurisées mais des solutions sont en vue pour y remédier: 42

1.4.1.2.2.1.1 La carte à puce et e-card 42

1.4.1.2.2.1.2 Le porte-monnaie électronique (PME) 42

1.4.1.2.2.2 Risques d'intrusion dans les systèmes informatiques : 43

1.4.1.2.2.3 C'est un Far-West aussi en matière de droit et de police 43

1.4.1.2.3 Facturation complexe par absence d'une fonction kiosque 43

1.4.1.2.4 Une lenteur parfois désespérante, plantages et déconnexions nécessitent patience et nerfs solides 44

1.4.1.2.5 Des règles issues du monde anglo-saxon: il sera difficile de réussir sans accepter d'en tenir compte 44

1.4.2 Quoi de plus que les RÉSEAUX d'échange de données professionnels existants ? 44

1.4.2.1 Moins onéreux et plus évolutif : 44

1.4.2.2 Mais une moindre qualité de service (garantie de sécurité et de débit) 44

1.4.3 Les TECHNOLOGIES Internet : quoi de plus que les systèmes propriétaires ? 44

1.4.3.1 Des avantages majeurs :des logiciels plus abondants d'une qualité supérieure et moins cher 44

1.4.3.2 Le paradoxe des Logiciels Libres 45

1.4.3.3 Aucun inconvénient identifié 46

1.5 jamais une nouvelle technologie ne s'était imposée aussi rapidement 47

2 Un degré d'implication des entreprises dans Internet qui dépend aujourd'hui fortement du poids relatif du coût informationnel dans leur valeur ajoutée 48

2.1 L'information une part majeure et toujours croissante de la valeur ajoutée 48

2.2 Internet: une mutation majeure dans les processus économiques, il écrase le temps en lançant l'ensemble des phases simultanément et non l'une après l'autre 48

2.2.1 aujourd'hui des stades de production effectués les uns après les autres 48

2.2.2 vers un processus continu: délais écrasés, stocks supprimés, une personnalisation de masse 48

2.3 L'Internet au service tant de la compétitivité que de l'expansion 50

2.3.1.1 Les technologies de l'Internet et la compétitivité 50

2.3.1.2 Les technologies de l'Internet et le développement 50

2.3.1.3 Internet et la création d'entreprises : 50

2.3.1.4 Faire une distinction entre PME et PMI n'apparaît pas pertinent 51

2.4 Les entreprises directement concernées par le fonctionnement d'Internet: nous n'avons sans doute rien à leur apporter mais beaucoup à apprendre d'elles 51

2.5 Les industries dont le métier consiste à produire ou à traiter de l'information : des clients naturels...mais qui vont devoir repenser leur métier 51

2.5.1.1 Les producteurs de logiciels 52

2.5.1.2 Les éditeurs de journaux et magazines (papier, radio ou TV) 52

2.5.1.3 La formation : un marché qui explose, le "e-learning" 55

2.5.1.4 Les professions financières: banques, assurance, courtiers, ... 56

2.5.1.5 Les producteurs de services de loisir : hôtel, tour operator, opérateurs de billetterie 59

2.6 les professions où l'information est au coeur de la valeur ajoutée, mais qui, néanmoins, nécessitent un contact physique ou la livraison d'un objet : 59

2.6.1.1 Parmi les métiers à réinventer : ceux de la chaîne éditoriale ( 60

2.6.1.1.1.1 Les livres 60

2.6.1.1.1.2 La musique 61

2.6.1.1.1.3 De nouveaux modes de rémunération : la valeur attachée à la connaissance du client, les liens marchands 61

2.6.1.2 Les intermédiaires du marché immobilier 61

2.6.1.3 Les entreprises et professions concernées par la e-santé 62

2.7 Enfin les PME "ordinaires" (celles pour lesquelles le contenu "immatériel" dans la valeur ajoutée n'est pas considéré comme l'élément essentiel du métier) 63

3 Quelles opportunités pour les PME "ordinaires" ? 64

3.1 Emission d'information : se faire connaître pour vendre ou trouver des partenaires 64

3.1.1 NIVEAU 0 : l'option "zombie" mettre sur le Web une "carte de visite" (autrement appelé site "plaquette"): 64

3.1.1.1 Le site zombie modeste. Un seul avantage, l'achat de votre nom 64

3.1.1.2 Mais de graves inconvénients 65

3.1.1.3 Une variante dans les grandes entreprises ou les institutions : le site "zombie trilingue de luxe " 65

3.1.1.4 De tout cela nous tirons une règle d'ergonomie majeure : la règle d'or des "20 kilo, 3 clic et 0 mépris" 66

3.1.2 NIVEAU 1 : le catalogue des produits, des services ou du savoir-faire. Des outils permettant de mettre l'entreprise à l'écoute et au service du client, de détecter de nouveaux partenaires ou d'informer ses actionnaires. 67

3.1.2.1 Mise à jour permanente, richesse de l'information, économies par rapport au papier 67

3.1.2.2 Une visibilité internationale 68

3.1.2.3 Beaucoup d'information mais avec une stricte gestion des accès : le principe de la minijupe 69

3.1.2.4 Le site catalogue un moyen pour trouver de nouveaux partenaires. 69

3.1.2.5 Un moyen également pour trouver de nouveaux collaborateurs 69

3.1.2.6 Analyser la fréquentation de votre site pour en améliorer l'efficacité : 69

3.1.2.6.1 Qui vient vous voir ? 70

3.1.2.6.2 Comment les visiteurs circulent-ils entre vos pages ? 70

3.1.2.7 Un site spécifique pour les partenaires financiers 70

3.1.2.8 La communication en cas de crise : un site " fantôme " prêt à être mis en oeuvre ? 70

3.1.3 NIVEAU 2 : vendre grâce à Internet: Le site transactionnel 71

3.1.3.1 Le paiement on line : un problème la plupart du temps secondaire et pourtant mis en tête des préoccupations par 43 % des PME françaises interrogées 71

3.1.3.1.1 Le paiement proprement dit, ne représente que 1% (ou moins) du prix final, sa valeur ajoutée est donc faible (sauf pour les micro-paiements) 71

3.1.3.1.2 Réinventer une fonction kiosque au profit des éditeurs et des marchands: Telco, Portails ou Banques? 72

3.1.3.1.2.1 Les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d'accès Internet 72

3.1.3.1.2.2 sites portails, principales portes d'entrée sur le web (AOL, Yahoo !, Netscape, Lycos...) 73

3.1.3.1.3 "we need banking but not bankers" (Bill Gates) la création de monnaie virtuelle? 74

3.1.3.1.4 La sécurité : Le risque réel n'est pas toujours où l'on croit 74

3.1.3.2 Le vrai enjeux : la valeur ajoutée de toute la partie commerciale représente généralement 20 à 30 % du prix d'un produit ou d'un service vendu. 76

3.1.3.3 Une écoute attentive des clients, une "production sur mesure de masse" 76

3.1.3.3.1 Entreprises s'adressant à des clients individuels. le coeur de métier: bien connaître ses clients, le marketing "one to one" ou "1.2.1" 76

3.1.3.3.2 Le véritable fonds de commerce: la connaissance du client. Le problème des fichiers. Le cas Amazon 77

3.1.3.3.3 L'émergence des communautés d'acheteur : une cible privilégiée pour les PME : 78

3.1.3.4 Le développement de la marque et du produit, le référencement, la publicité, l'e-pub, l'e-mailing 79

3.1.3.4.1 Le référencement: une étape essentielle 79

3.1.3.4.2 la publicité, l'e-pub pourquoi 80

3.1.3.4.2.1 Le développement de la notoriété de la marque et des produits: un enjeu souvent majeur 80

3.1.3.4.2.2 Une stratégie qui explique les "pertes comptables" des leaders de la cote 80

3.1.3.4.2.3 Des techniques publicitaires en pleine évolution: de la pollution vers le service 81

3.1.3.4.2.4 un domaine promis à un brillant développement: mesure d'audience, base de facturation 81

3.1.3.4.2.5 des outils pour un pilotage des campagnes en temps réel 81

3.1.3.4.2.6 mais encore bien des problèmes techniques et surtout déonthologiques 82

3.1.3.4.3 l'e-pub, oui mais comment ?: 13 stratégies se dégagent pour la publicité sur le Web 82

3.1.3.4.3.1 La chasse à l'affût : s'afficher sur un portail, le bandeau, le sponsoring 82

3.1.3.4.3.2 La souricière : offrir un accès gratuit à ses clients 82

3.1.3.4.3.3 la technique du coucou: graver directement votre publicité sur le disque dur de votre prospect 83

3.1.3.4.3.4 l'appeau: payer l'internaute pour regarder votre publicité et attirer des congénères : la "cashbar" 83

3.1.3.4.3.5 le miroir aux alouettes: loteries gratuites cadeaux, clic humanitaire et jeux concours 83

3.1.3.4.3.6 La pêche au chalut: une présence sur une multitude de petits sites 83

3.1.3.4.3.7 La "chasse à courre": ne faire apparaître sa publicité qu'en fonction de l'internaute. 84

3.1.3.4.3.8 Le braconnage: acheter le nom de son concurrent comme mot clé sur les moteurs 84

3.1.3.4.3.9 La chasse à l'appât: le "couponing" 84

3.1.3.4.3.10 Le marketing viral 85

3.1.3.4.3.11 La chasse en meute: les partenariats, les échanges de bons procédés (Web Ring) 85

3.1.3.4.3.12 La chasse en battue à l'aide de rabatteurs: les "liens marchands et les contrats avec les shopbots 85

3.1.3.4.3.13 La chasse à la mitraille: l'e-mailing, simple, rapide, peu onéreux mais éviter le SPAM 86

3.1.3.4.4 L'e-pub : un marché qui double chaque année 87

3.1.3.4.5 Ne pas confondre publicité sur le Web et publicité pour votre Web 87

3.1.3.4.6 La fausse bonne idée : la galerie marchande 87

3.1.3.5 Quid des intermédiaires ? La création de la relation de confiance avec le client 88

3.1.3.5.1 un contact direct avec le client "d'économisant" tous les intermédiaires? 88

3.1.3.5.2 vers une disparition des intermédiaires qui n'apportent que surcouts et délais 88

3.1.3.5.3 ...mais besoin de CONseil CONfiance: dans un univers de plus en plus complexe, la règle "des 2 CON" 88

3.1.3.5.3.1 Davantage d'opportunités dans une monde plus complexe et en évolution rapide : un besoin de conseil 88

3.1.3.5.3.2 L'éloignement du client et du fournisseur et la nature virtuelle de leur contact pose à l'un comme à l'autre un problème de CONfiance. 89

3.1.3.5.4 "De nouvelles chaînes de valeur vont se créer éliminant au fur et à mesure les anciennes": les infomédiaires 91

3.1.3.5.4.1 faire gagner du temps et de l'argent aux clients 91

3.1.3.5.4.2 l'émergence brutale début 2000 des "market places dans tous les secteurs professionnels 91

3.1.3.5.4.3 les mandataires de communautés : les "infomédiaires" 95

3.1.3.6 Des formes de vente plus sophistiquées : le softselling, la vente et les achats aux enchères, la brocante, les bourses, les "meta-marchands", le we-commerce 95

3.1.3.6.1 Le "softselling": des sites pour se distraire ou trouver une information de référence 95

3.1.3.6.1.1 Des sites qui attirent, mais surtout qui retiennent: une qualité nécessaire sur le web, être "collant" 95

3.1.3.6.1.2 "labourez moins large mais plus profond", préférez "la part de client" à la "part de marché" 95

3.1.3.6.1.3 Les sites visant l'achat "coup de coeur" 96

3.1.3.6.1.4 Les sites qui s'adressent à des acheteurs recherchant le meilleur rapport qualité - prix 96

3.1.3.6.1.5 Des sites qui ne vendent un produit mais qui apportent une réponse globale au problème du client 98

3.1.3.6.1.6 Un nouveau marché de gros: celui de l'information, la "syndication de contenu" 98

3.1.3.6.2 Les Meta-Marchands 99

3.1.3.6.3 La vente et les achats aux enchères sur le Web, les brocantes, le we-commerce 99

3.1.3.6.3.1 La vente aux enchères: depuis "e-soldes" jusqu'à un marché majeur 99

3.1.3.6.3.2 les ventes aux enchères descendantes 101

3.1.3.6.3.3 Les achats aux enchères: les enchères descendantes 101

3.1.3.6.3.4 Les enchères inversées 101

3.1.3.6.3.5 Les enchères hollandaises 101

3.1.3.6.3.6 La brocante, la vente de "particulier à particulier": le "C to C" 102

3.1.3.6.3.7 Le troc : l'exemple de Napster 102

3.1.3.6.3.8 Les achats groupés: le we-commerce: les prix baissent en fonction du nombre de clients 103

3.1.3.6.4 Les sites d'appel d'offres : 103

3.1.3.6.5 Un outil pour toutes les bourses 103

3.1.3.6.5.1 A tout seigneur tout honneur : les bourses des valeurs 103

3.1.3.6.5.2 Mais aussi toutes les autres bourses:emploi, fret, déchets, technologies, partenariats, échanges, matériel d'occasion 104

3.1.3.7 L'écoute du client, la négociation commerciale et le back office 105

3.1.3.7.1 Première forme de dialogue: les FAQ et les systèmes experts 105

3.1.3.7.2 Seconde étape : l'échange par e-mail 105

3.1.3.7.3 Troisième étape : dialogue avec un opérateur, le click & talk et le click & see 106

3.1.3.8 Mise à disposition du produit, la logistique: coûts et respect des délais, facteurs déterminants du succès 106

3.1.3.8.1 Dématérialiser totalement quand c'est possible 106

3.1.3.8.2 Un élément majeur pour la compétitivité "prix" 106

3.1.3.8.3 La vitesse de livraison et le respect des délais 107

3.1.3.8.4 Une profession et de multipless métiers promis à une évolution profonde 107

3.1.3.9 La facturation, l'encaissement, la gestion: elle se trouve très simplifiée 108

3.1.3.10 Le service après vente: ne pas l'oublier sous peine de voir fuir les clients 108

3.2 Réception d'information : recevoir, se faire livrer ou aller chercher l'information 110

3.2.1 Passive : exploiter ce qui arrive, le data mining 110

3.2.2 Semi-active : définir ses centres d'intérêt afin de recevoir automatiquement l'information pertinente ainsi que les mises à jour des logiciels utilisés (PUSH et Agents Intelligents) 110

3.2.2.1 La veille économique, technique ou commerciale : 110

3.2.2.2 Des informations personnalisées : le "narrow casting" 110

3.2.2.3 Une mise à jour automatique de vos logiciels 111

3.2.2.4 Une fonction d'alerte qui vous permet de réagir plus vite pour parer un danger ou saisir une opportunité 111

3.2.2.5 Des agents intelligents qui cherchent à votre place et apprennent à mieux connaître vos besoins 112

3.2.2.6 Téléalerte et téléaction 112

3.2.2.7 Ce sujet est de ceux qui soulèvent les passions 112

3.2.3 Une utilisation active des ressources du web 113

3.2.3.1 Recherche de compétences, recrutement 113

3.2.3.2 Une nouvelle voie pour la formation des membres du personnel de l'entreprises 113

3.2.3.3 Recherche de partenaires technologiques ou commerciaux 114

3.2.3.4 L'utilisation de services évolués en ligne: les ASP (Application Services Providers) 114

3.2.3.5 L'Intelligence Economique: Recherche d'informations techniques et économiques (brevets, publications, banques de données, normalisation, marques,....) 114

3.2.3.6 Recherche d'information sur l'offre des concurrents 115

3.2.3.7 Renseignements commerciaux ou financiers sur les clients ou les partenaires 115

3.2.3.8 Recherche d'appels d'offre 115

3.2.3.9 La recherche de nouveaux fournisseurs : Les robots d'achat ("shopbots"), les market-places 115

3.2.4 En guise de conclusion... 116

3.3 travail coopératif 117

3.3.1 A l'intérieur de l'entreprise : Internet ou Intranet 117

3.3.1.1 premier pas: donner à chaque salarié de l'entreprise une adresse électronique 117

3.3.1.2 Développer un Intranet, les VPN 117

3.3.1.3 L'Intranet depuis la simple mise en commun d'information jusqu'au système nerveux de l'entreprise 118

3.3.1.4 L'Intranet zombie : le e-journal d'entreprise 118

3.3.1.5 Les Intranets de première génération : la communication interne 118

3.3.1.6 Le véritable Intranet: le système nerveux de l'entreprise 119

3.3.1.6.1 L'Intranet devient l'outil qui permet à la fois de réduire les coûts et d'accroître la réactivité de l'entreprise 119

3.3.1.6.2 L'intranet permet la conduite de la production 119

3.3.1.6.3 L'Intranet permet l'intégration des systèmes de gestion (ERP). 120

3.3.1.6.4 L'Intranet un outil pour les achats le e-procurement, la " supply chain management" 120

3.3.1.6.5 L'Intranet l'outil de la conduite de développements menés par des équipes éclatées 120

3.3.1.6.6 Il est particulièrement bien adapté pour les organisations par centres de responsabilités ou par chantiers 120

3.3.1.6.7 Il est un outil précieux dans le domaine de la qualité : 121

3.3.1.6.8 L'Intranet devient le siège de l'intelligence économique et de la veille technologique 121

3.3.1.6.9 Il facilite la mise à disposition d'outils d'expertise permettant en particulier des simulations 121

3.3.1.6.10 Par la mise en réseau des ordinateurs il offre un nouvel espace de travail virtuel et des moyens de calcul extrêmement puissants (technologie Peer to peer ou P to P) 121

3.3.1.6.11 Un outil pour le knowledge management 122

3.3.1.6.12 La formation interne du personnel 122

3.3.1.6.13 Démultiplier l'efficacité des commerciaux en les connectant aux services du siège 122

3.3.1.6.14 Un outil au service des techniciens de maintenance 123

3.3.1.6.15 La Télémaintenance 123

3.3.1.6.16 L'Intranet un outil de décentralisation dans l'entreprise 124

3.3.1.6.17 l'élaboration de la stratégie de l'entreprise. 124

3.3.1.6.18 Touchant tous les aspects de la vie de l'entreprise il concerne également les syndicats 124

3.3.1.6.19 Moins de bureaucratie, plus de contacts humains avec les collègues et les clients 124

3.3.1.6.20 Le stade ultime, l'Intranet de l'entreprise étendue: les extranets 124

3.3.1.7 Les pathologies des Intranet 125

3.3.1.8 Des possibilités nouvelles pour le télétravail 126

3.3.1.8.1 De nombreux avantages pour les salariés, l'environnement et l'aménagement du territoire 126

3.3.1.8.2 Le gain est par contre bien moins évident pour l'entreprise et pour les syndicats de salariés : 127

3.3.1.8.3 Des résultats décevants 127

3.3.1.8.4 Télétravail et téléservices 127

3.3.2 L'entreprise avec ses partenaires : Internet ou Extranet 128

3.3.2.1 Relations client/fournisseur, donneur d'ordre et sous-traitants, banques et entreprises : le web-EDI 128

3.3.2.1.1 Un abaissement drastique des coûts de transmission en utilisant le réseau internet (l'EDI sur IP) 128

3.3.2.1.2 Plus simple, moins cher, EDI dans IP: le Web EDI 128

3.3.2.2 Un extranet: l'Intranet de l'entreprise étendue 129

3.3.2.3 L'internet "classe affaire" et "classe tourisme" 130

3.3.2.4 Echange de données techniques "coingienering" 130

3.3.2.5 Suivi d'exécution des commandes, maintenance dépannage et service après - vente 130

3.3.2.6 L'animation des réseaux de prescripteurs, distributeurs, importateurs,... 131

3.3.2.7 Sous traitance de l'immatériel, 131

3.3.2.8 Les centres d'appel 131

3.3.2.9 Des partenaires incontournables: les administrations : 132

3.3.2.9.1 Le poids des formalités administratives représente une charge non négligeable 132

3.3.2.9.2 Une opportunité pour faire des économies et gagner en transparence: les marchés publics 132

3.3.2.10 Les pathologies des extranets: le syndrome du "territoire" 132

3.3.3 Les réseaux d'entreprises : un champ d'application privilégié ? 133

3.3.3.1 La Mondialisation de l'économie entraîne tout à la fois la concentration des grands groupes et le développement d'une multitude de PME travaillant en réseau : le principe de subsidiarité 133

3.3.3.2 Quels types de réseaux de PME ? 135

3.3.3.2.1 Entreprises géographiquement proches 135

3.3.3.2.2 A l'inverse, réseaux d'entreprises quadrillant le territoire 135

3.3.3.2.3 Des réseaux temporaires 135

3.3.3.2.4 entreprises sous-traitantes d'un même type de donneur d'ordre 136

3.3.3.2.5 entreprises appartenant à un club actif d'utilisateurs 136

3.3.3.2.6 entreprises appartenant à un même secteur professionnel géographiquement concentré 136

3.3.3.2.7 entreprises appartenant à une même communauté professionnelle géographiquement dispersée sur tout le territoire 136

3.3.3.2.8 entreprises situées dans un même Technoparc 136

3.3.3.2.9 Entreprises ayant entre elles des liens capitalistiques 137

3.3.3.2.10 Entreprises participant à des partenariats internationaux 137

3.3.3.3 Les communautés virtuelles : travailler ensemble plus efficacement et développer une force de frappe vis à vis de l'extérieur 137

3.3.3.3.1 Un travail en réseau plus efficace avec mise en commun de compétences et de services 137

3.3.3.3.2 Une capacité de négociation accrue pour les achats 137

3.3.3.3.3 Une meilleure visibilité internationale pour la promotion et les ventes : 137

3.3.3.3.3.1 Un site Web riche en information sur le domaine de compétence de la communauté 137

3.3.3.3.3.2 Une plus grande richesse dans le catalogue proposé au client 138

3.3.3.3.3.3 Une politique active de marketing : représentants régionaux, mailing, achats d'espaces 138

3.3.3.3.4 Comment se construisent de telles communautés ? les "community brokers" et les "infomediaires" 138

3.3.3.3.4.1 Sous l'impulsion d'un leader de la profession 138

3.3.3.3.4.2 Sous l'influence d'un fournisseur commun à la plupart des membres de la communauté 138

3.3.3.3.4.3 A l'initiative d'un donneur d'ordre dont la compétitivité dépend de celle de ses fournisseurs 139

3.3.3.3.4.4 Sous l'influence d'une structure professionnelle 139

3.3.3.3.4.5 A l'initiative d'une entreprise qui fait profession de mettre en place de telles organisations 139

3.3.3.3.4.6 De nombreux magazines professionnels tentent également de jouer ce rôle auprès de leurs lecteurs. 139

3.3.3.3.4.7 Bientôt aussi les grands sites "portail" comme Amazon.com , Yahoo!, geocities,...? 139

3.3.3.3.4.8 Sous la direction d'une entreprise qui se crée spécifiquement pour fédérer l'offre de service ou de produit de cette communauté vis à vis de l'extérieur 139

3.3.3.3.4.9 Soit sous l'impulsion des pouvoirs publics 139

3.3.3.3.5 Quelques autres exemples 139

3.3.3.4 Des communautés de métier au niveau des ouvriers "professionnels" et non plus à celui des entreprises 141

4 Comment s'approprier les technologies de l'Internet? 142

4.1 Les freins et les moteurs 142

4.1.1 Les arguments évoqués par les entreprises qui hésitent à se lancer 142

4.1.1.1 "Ce n'est pas un outil pour travailler sérieusement": gadget, mode et perte de temps 142

4.1.1.2 "ce n'est pas adapté à notre type d'activité, nous manquons de temps et de compétences et de toute façon les technologies ne sont pas stabilisées" 142

4.1.1.3 "c'est trop cher" ! ou à l'inverse "cette gratuité ne m'inspire pas confiance" 143

4.1.1.3.1 "C'est une technologie trop onéreuse pour ma PME" 143

4.1.1.3.2 À l'inverse la "gratuité" nous a plusieurs fois été présentée comme un facteur de blocage : 143

4.1.1.3.3 Le réel problème des coûts? 143

4.1.1.3.3.1 Le prix des communications locales pour se raccorder au fournisseur d'accès internet: le forfait? 144

4.1.1.3.3.2 Un coût prohibitif des lignes louées nécessaires pour héberger un serveur ou raccorder une entreprise 144

4.1.1.3.3.3 Une substantielle baisse des prix amorcée depuis 1998 145

4.1.1.4 "C'est un réseau au bord de l'apoplexie : on ne peut pas bâtir une stratégie sur lui" 145

4.1.1.4.1 Les autoroutes de l'information: de la réserve de puissance 145

4.1.1.4.1.1 Les réseaux de fibre optique: effondrement des prix explosion des débits, des hierarchies bousculées 146

4.1.1.4.1.2 Réseaux sans fil à très haut débit: la technologie laser multiplexée 147

4.1.1.4.1.3 Les constellations de satellites: une technologie de niche 147

4.1.1.4.1.4 Le développement de Drones et de dirigeables: une idée intéressante 148

4.1.1.4.1.5 Les technologies ATM (voix, vidéo ou données): une technologie intermédiaire?, 148

4.1.1.4.1.6 Les réseaux conçus directement autour de la norme IP semblent être la voie d'avenir 148

4.1.1.4.2 Les noeuds d'interconnexion: en Europe un grave goulot d'étranglement 149

4.1.1.4.3 Les "bretelles d'accès à l'autoroute: l'actuel goulot d'étranglement, mais les techniques sont prêtes 150

4.1.1.4.3.1 L'utilisation des réseaux câblés: un développement rapide 150

4.1.1.4.3.2 L'XDSL et l'ADSL un débit multiplié par 100 sur le fil du téléphone classique 150

4.1.1.4.3.3 La boucle locale radio pour les zones à faible densité...et une alternative à l'opérateur historique 152

4.1.1.4.3.4 Pour les mobiles les normes GSM, GPRS et UMTS, nouvelles boucles locales...délocalisées 153

4.1.1.4.3.5 Les révolutions en gestation dans le "portable" pour le piéton et l'automobiliste, le "m-commerce" 153

4.1.1.4.3.6 La réception directe par satellite: une place sans doute plus modeste que prévu il y a quelques années 155

4.1.1.4.3.7 La technologie utilisant les fils de la distribution électrique basse tension: une voie d'avenir? 155

4.1.1.4.4 Enfin se développent des techniques permettant de limiter les volumes d'information à transmettre 156

4.1.1.4.4.1 Le développement des techniques de compression notamment d'images vidéo (MPEG) et de sons (MP3) 156

4.1.1.4.4.2 La multiplication des serveurs de proximité (Proxy) 156

4.1.1.4.5 Pourquoi, quelle que soit la largeur de bande disponible, la saturation semble-t-elle constante? 156

4.1.1.5 "C'est trop dangereux": des précautions nécessaires mais le danger est aussi de surestimer les risques 157

4.1.1.5.1 les risques d'agression 157

4.1.1.5.2 Le risque d'engagements juridiques mal contrôlés 157

4.1.1.6 Mais aussi des blocages liés à la remise en cause des pouvoirs qui transparaissent dans les réactions 157

4.1.2 Les arguments qui poussent les entreprises à tenter l'aventure 157

4.1.2.1 "on ne peut pas ne pas faire" 157

4.1.2.2 "on risque d'être obligé de faire" 158

4.1.2.3 La compréhension du fait que les outils de l'Internet sont une source d'économies 158

4.1.2.4 une source de compétitivité en apportant souplesse efficacité et réactivité 158

4.1.2.5 La perception qu'Internet ouvre des horizons, certes aléatoires, mais prometteurs 159

4.2 Les outils de l'Internet concernent les entreprises de toute taille, de tous secteurs, et dans celles-ci tous les métiers sont profondément modifiés 159

4.3 Quelles PME peuvent espérer le plus de bénéfice d'un "investissement Internet"? 160

4.3.1.1 En fonction du produit ou du service 160

4.3.1.1.1 Pour le B to C 160

4.3.1.1.1.1 Produits nécessitant beaucoup d'informations et de conseil voire des simulations avant l'achat 160

4.3.1.1.1.2 produits ayant potentiellement un créneau étroit mais mondial 161

4.3.1.1.1.3 produits s'adressant à un public de haut niveau culturel 161

4.3.1.1.1.4 produits s'adressant à une clientèle de passionnés 161

4.3.1.1.1.5 produits s'adressant à une clientèle "branchée" 161

4.3.1.1.1.6 produits cadeaux : une "hotte technologie" 162

4.3.1.1.1.7 Services visant au rapprochement de l'offre et de la demande quand celui-ci est complexe et onéreux: 162

4.3.1.1.1.8 produits à durée de vie courte 162

4.3.1.1.1.9 produits saisonniers qu'un marché mondial permet de désaisonnaliser 162

4.3.1.1.1.10 produits définis sur mesure avec le client (marketing "one to one") 162

4.3.1.1.1.11 produits dont le coût de transport est faible par rapport à la valeur 163

4.3.1.1.1.12 produits qui peuvent se définir facilement par des caractéristiques objectives 163

4.3.1.1.1.13 produits nécessitant un service après vente important (gros électroménager, véhicule,....) 163

4.3.1.1.1.14 produits nécessitant pour leur élaboration des échanges techniques et administratifs nombreux 163

4.3.1.1.1.15 service rapide et personnalisé nécessitant beaucoup d'informations pour le client et lui économisant du temps: 163

4.3.1.1.1.16 les produits susceptibles d'être vendus aux enchères ou dans le cadre de bourses 163

4.3.1.1.1.17 entreprises jouant le rapport qualité/prix et cherchant à être repérées par les agents intelligents spécialisés 163

4.3.1.1.1.18 entreprises disposant d'une marque forte et qui ne peuvent s'offrir d'être absentes sur le Web 163

4.3.1.1.1.19 entreprises désireuses de fédérer autour d'elles des offres correspondant à des profils d'acheteurs 163

4.3.1.1.2 et pour mémoire, cela va de soi, les produits ou services dématérialisables 163

4.3.1.1.3 Bien entendu, produits destinés à d'autres entreprises : le B to B (business to business) 164

4.3.1.2 En fonction de la stratégie de l'entreprise 164

4.3.1.2.1 Pour renforcer la compétitivité en augmentant productivité, réactivité et flexibilité 164

4.3.1.2.2 Pour faciliter l'expansion de l'entreprise 165

4.3.1.3 En fonction de l'organisation de l'entreprise : 165

4.3.1.4 En fonction de l'appartenance active à un réseau : ce sont à l'évidence les premières concernées: 165

4.3.1.5 En fonction de la culture de l'entreprise 165

4.4 Ni un problème financier Ni un problème technique : Internet est au premier chef un défi stratégique 165

4.4.1.1 Peu onéreux pour le matériel et les logiciels, et facile techniquement à mettre en oeuvre 165

4.4.1.2 Mais le véritable problème est celui de la stratégie de l'entreprise, redéfini à partir des opportunités offertes par le Net ... et celui de la capacité à mettre celle-ci en ordre de bataille. 166

4.4.1.3 Quelques questions clé avant de se lancer 167

4.4.1.3.1 L'entreprise et ses partenaires sont-ils techniquement capables d'accomplir une telle mutation? 167

4.4.1.3.2 La structure humaine de l'entreprise est-elle capable de tenir le choc? 167

4.4.1.3.2.1 les commerciaux, dans bien des cas, vont devoir davantage devenir des conseillers que des vendeurs 167

4.4.1.3.2.2 de même pour les services achat 168

4.4.1.3.2.3 enfin pour la hierarchie intermédiaire 168

4.4.1.4 Ne pas confondre Stratégie et planification 169

4.5 Par où commencer ?. 169

4.5.1.1 Start Simple ! Grow Fast ! Do It Now ! 169

4.5.1.2 Une première étape dans tous les cas : l'e-mail 170

4.5.1.3 Une première stratégie: prudence et d'amélioration de la compétitivité, l'Intranet puis l'extranet 170

4.5.1.4 Une logique d'expansion et de conquête de marchés nouveaux : le site Web et les techniques de promotion 170

4.5.1.5 Au bout du processus une intégration de toute la chaîne: internet, extranet et Intranet 170

4.6 Comment conduire cette évolution : quelques pistes 171

4.6.1.1 Un nécessaire engagement du patron 171

4.6.1.2 Détecter, reconnaître et s'appuyer sur les compétences latentes 171

4.6.1.3 Un autre moyen puissant d'aller de l'avant : les stages longs d'élèves ingénieurs, le win.win.win 171

4.6.1.4 Savoir utiliser des compétences extérieures 172

4.6.1.5 Développer les compétences et les moyens internes 172

4.6.1.6 Enfin ne pas négliger la sécurité 173

4.6.1.6.1 Les risques de fuite d'information sensible 173

4.6.1.6.2 Les risques dus aux brigands de toute espèce 173

5 Les opportunités offertes par Internet : une chance à saisir pour développer la création d'entreprises et l'emploi 175

5.1 La création d'entreprises dans les NTIC: un enjeu majeur, un problème spécifique 175

5.1.1 Un enjeu majeur 175

5.1.1.1 Pour le développement économique, l'emploi et la balance commerciale 175

5.1.1.2 Les innovations radicales proviennent quasiment toujours d'entreprises nouvelles, qui seront les leaders de demain 176

5.1.1.3 Une économie de Standards: les premiers arrivés prennent les places et sont ensuite indélogeables 178

5.1.1.4 Quid de la stratégie du "me too" (les "suiveurs")? 179

5.1.1.5 Des évolutions très rapides en hausse comme en baisse (Start-up et "Start-Down"), mais néanmoins une importance fortement croissante dans notre économie 180

5.1.2 La création d'entreprise dans les NTIC présente de fortes spécificités par rapport aux autres secteurs 181

5.1.2.1 Dans beaucoup de projets peu d'expérience professionnelle requise pour démarrer 181

5.1.2.2 On peut distinguer trois catégories de petites entreprises: les enfants les nains et les pygmées 182

5.1.2.3 Pour démarrer peu de capitaux sont nécessaires 183

5.1.2.4 Un jeune diplômé est naturellement bien en phase avec ces nouveaux marchés 183

5.1.2.5 Les artistes aussi 184

5.1.2.6 Un domaine où la croissance de l'entreprise et la maîtrise d'un marché l'emporte sur une vision patrimoniale de contrôle et de transmission familiale 184

5.1.2.7 L'apparent paradoxe d'une économie de standards: la valeur d'une start-up est un multiple de ses pertes des premières années 184

5.1.2.8 C'est l'âge ou l'on peut se permettre de prendre des risques 185

5.1.2.9 1999: la rupture du contrat moral entre ingénieurs et Grandes Entreprises 185

5.1.2.10 N'oublions pas cependant une autre source de création : l'essaimage à partir des grandes entreprises 186

5.2 Typologie des entreprises dont on peut considérer la création comme directement liée au développement de l'Internet 186

5.2.1.1 Les "Chercheurs d'or" : Entreprises exploitant l'internet pour développer leurs activités 186

5.2.1.2 Les "fabricants de pelles et de pioches" : Entreprises créant les outils permettant l'exploitation des potentialités de l'Internet 186

5.2.1.3 Les "Maréchaux-Ferrants" : Entreprises de service Internet 186

5.2.1.4 "Shérifs, Saloon et banquiers" : Entreprises n'utilisant par nécessairement Internet mais créées à partir des nouveaux besoins qu'il génère 186

5.3 les domaines les plus prometteurs pour les investisseurs? 187

5.4 Les difficultés à surmonter 187

5.4.1.1 Aujourd'hui les mieux formés sont les moins créateurs 187

5.4.1.2 Le contexte culturel est très important 187

5.4.1.3 Il dépend entre autres d'articles de presse, d'émissions de télévision, pour la sensibilisation des jeunes à la création d'entreprises 187

5.4.1.4 Il dépend également de la reconnaissance sociale du créateur qui est aujourd'hui tenté de s'expatrier 187

5.4.1.5 Outre-Atlantique il est valorisant d'avoir créé une entreprise, même si l'aventure s'est terminée par un échec et ce n'est malheureusement pas encore le cas chez nous 188

5.4.2 Dispositif d'appui : incubateurs et kiosques d'informations 188

5.4.2.1 Le créateur d'entreprise a besoin d'économiser son temps 188

5.4.2.2 Il a surtout besoin d'être connecté à des réseaux : les incubateurs publics et privés 188

5.4.3 Le financement de la création d'entreprises et du développement des jeunes entreprises: manque d'argent ou manque de projets? 189

5.4.3.1 Paradoxalement les deux sont vrais 189

5.4.3.2 Soyons clairs : le banquier stricto sensu, celui qui prête l'argent des autres, ne peut et ne doit prendre de risques que très limités 189

5.4.3.3 Les investisseurs : Ceux dont le métier est le commerce du "risque" 189

5.4.3.4 Mais cette profession elle-même se subdivise en de nombreux métiers 189

5.4.3.4.1 Le capital risque : le plancher du million de dollars 189

5.4.3.4.2 Les marchés des capitaux : un élément déterminant pour le capital-risque 191

5.4.3.4.3 Le capital de proximité : une capacité de démultiplication 191

5.4.3.4.4 La "love money" : essentiel pour le démarrage 191

5.4.3.4.5 Les "fonds d'amorçage" (Seed Money) : une bonne solution pour les entreprises technologiques 192

5.4.3.4.6 Les aides publiques (Drire, Anvar, Crédits d'impot,...): problèmes d'adaptation et de vitesse 192

5.4.3.4.7 Les Business Angels et les stock options : les éléments clé du dispositif 193

5.4.3.4.7.1 Les Business Angels : de l'argent, mais surtout une expertise et un réseau 193

5.4.3.4.7.2 Financer et fidéliser des cadres expérimentés, payer avocats, conseil et fournisseurs sans sortir de cash: les stock-options 195

5.4.4 Manque de projet ou manque d'entrepreneur? la solution de l'atelier de l'innovation 196

5.5 Une piètre connaissance de la création d'entreprises en France 196

5.6 Autres problèmes méritant d'être signalés 197

5.6.1.1 Alléger les formalités : le cri du coeur! 197

5.6.1.2 Un problème important et urgent : le danger d'adopter une réglementation à l'américaine en matière de brevets sur les logiciels 197

5.6.1.2.1 le risque de pousser au secret quand le brevet devrait entrainer la connaissance publique des inventions 197

5.6.1.2.2 une durée de 20 ans inadaptée à l'innovation logicielle 197

5.6.1.2.3 paradoxalement, un outil au main des gros éditeurs pour s'approprier les innovations des petits 197

5.6.1.2.4 une arme contre les logiciels libres 198

5.6.1.2.5 Une opportunité pour l'Europe: créer une réglementation sui generis performante 198

5.6.1.3 Aujourd'hui les règles des marchés publics éliminent les entreprises qui n'ont pas de références suffisantes et donc les créateurs 198

6 Propositions pour un plan d'action 199

6.1 Les pouvoirs publics ne peuvent pas ne pas agir 199

6.1.1 L'Etat responsable de fixer les règles de droit 199

6.1.2 Les administrations génèrent des contraintes, facteurs de coûts de gestion 199

6.1.3 Les pouvoirs publics sont un acteur économique majeur 199

6.1.4 Les pouvoirs publics responsables d'un développement harmonieux des territoires 199

6.1.5 Les pouvoirs publics ont une mission "d'éclairage public" 199

6.1.5.1 Diffuser l'information qu'ils détiennent 199

6.1.5.2 Mettre en place un observatoire pour que chacun puisse se situer par rapport aux évolutions en cours 200

6.1.5.3 Assurer une formation adaptée aux évolutions 200

6.1.5.4 Orienter les efforts de la recherche publique aux fins de donner des armes à nos entreprises pour forger leur avenir 200

6.1.5.5 Créer les conditions de la confiance : signature électronique, registre du commerce, certification,... 200

6.1.5.6 Un rôle d'éclairage public vis à vis du tissu des PME 200

6.1.5.7 Les pouvoirs publics se doivent enfin d'être exemplaires 200

6.2 Améliorer l'environnement global pour créer les conditions du décollage 201

6.2.1 Faire évoluer l'environnement juridique 201

6.2.1.1 Faire évoluer les règles de droit pour qu'elles apportent des réponses claires et stables aux nouvelles questions posées par l'internet 201

6.2.1.2 Créer les conditions de la confiance ; signature électronique, nommage, registre du commerce, contrats type, certification,... 201

6.2.1.3 Réunir les conditions permettant un véritable développement du paiement électronique 202

6.2.1.4 Autoriser un niveau raisonnable dans le domaine du cryptage 203

6.2.1.5 Adapter le droit de la concurrence et le faire respecter notamment dans le domaine des Télécom 203

6.2.1.6 Devenir des acteurs encore plus actifs de la construction d'un droit nécessairement international: le problème du ressort 204

6.2.1.6.1.1 Quid de la propriété intellectuelle (droit d'auteur, copyright, droit du brevet sur les logiciels, droit de suite pour les oeuvres d'art, site "warez",...)? 204

6.2.1.6.1.2 Quid de la protection du droit des marques? des problèmes posés par les procédure de nommage sur Internet? 205

6.2.1.6.1.3 Quid des règles de la concurrence (publicité comparative, dénigrement, appel à boycott, publicité mensongère, parasitisme commercial, paracommercialisme,...) ? 205

6.2.1.6.1.4 Quid des règles régissant les situations de monopole et d'abus de position dominante? 206

6.2.1.6.1.5 Quid des Market places : plusieurs milliers de milliards de dollars pourraient y transiter sous peu 206

6.2.1.6.1.6 Quid du droit de la preuve en cas de contrats électroniques? 206

6.2.1.6.1.7 Quid de la signification de l'exclusivité territoriale d'une concession? Quelle est la période légale des soldes sur la toile? 207

6.2.1.6.1.8 Quid des organes de régulation dans le domaine des NTIC? 207

6.2.1.6.1.9 Quid de la protection des données sensibles des entreprises 207

6.2.1.6.1.10 Quid de la protection de certains privilèges (monopole des commissaires-priseurs, loi bancaire, quotas, régime des pharmacies d'officine, prix unique du livre,...) 207

6.2.1.6.1.11 Quid du droit d'émettre de la monnaie? 208

6.2.1.6.1.12 Quid des législations fiscales et douanières sur les produits dématérialisés ou vendus sur internet 208

6.2.1.6.1.13 Quid de la protection du consommateur? 208

6.2.1.6.1.14 Quid de la protection de l'épargnant?: 208

6.2.1.6.1.15 Quid de la protection contre la calomnie, les injures, la diffamation, l'atteinte à la vie privée (loi sur la presse, censure,...)? 209

6.2.1.6.1.16 Quid à l'inverse de la liberté d'expression 209

6.2.1.6.1.17 Quid de la responsabilité pénale et civile pour un site accessible depuis tous les pays du monde, 209

6.2.1.6.1.18 Quid de la protection des travailleurs 209

6.2.1.6.1.19 Quid des lois réglementant les publications? et Quid de l'égalité des citoyens 210

6.2.1.6.1.20 Quid de la protection des mineurs (âge de la majorité?,...) 210

6.2.1.6.1.21 Quid de la protection de l'adulte contre des tentations préjudiciables à sa santé (drogue, alcool,...) ou à ses finances (jeux, loteries, casino, paris sur les match de foot,...) ou à sa moralité (censure,...)? 210

6.2.1.6.1.22 Quid de la protection assurée aux malades (consultations médicales en ligne, délivrance de médicaments à travers Internet, publicité pour les médicaments auprès des malades...)? 210

6.2.1.6.1.23 Quid de la capacité des Etats à se protéger (censure, interdiction de la cryptographie,...)? 210

6.2.1.6.1.24 Quid de la protection de la vie privée (réglementation concernant l'élaboration et la commercialisation des fichiers, droit de crypter les messages,...)? 211

6.2.1.6.1.25 Quid de la protection de la société contre la violence 211

6.2.1.6.1.26 Quid de la protection des individus contre de nouvelles formes de pollution comme le SPAM?. 211

6.2.1.6.1.27 Quid de la protection contre les pirates, les producteurs de virus, de bombes logiques, de Worms, de Hoax, de Chevaux de Troie,...: 211

6.2.1.6.1.28 Comment lutter contre les nouvelles formes de cybercriminalité (cyber-escrocs, blanchiment d'argent, chaînes pyramidales, abus de confiance, désinformation, détournement de moyens de calcul,...) 211

6.2.1.6.1.29 Quid du rôle à donner à l'autorégulation (codes de bonne conduite) par rapport au pouvoir normatif des Etats? La "corégulation"? 212

6.2.1.7 Assurer une participation active de spécialistes français aux instances informelles qui élaborent les règles de droit sur le net 213

6.2.2 Alléger le poids des contraintes administratives - moderniser l'Etat 213

6.2.3 Les pouvoirs publics, acteurs économiques efficaces et facteurs de progrès 214

6.2.3.1 Gérer les achats publics sur l'Internet 214

6.2.3.2 Encourager la migration sur Internet des services Minitel 215

6.2.4 Favoriser toute initiative permettant d'améliorer la vitesse de transmission et de diminuer les coûts pour le client 215

6.2.5 Une mission d'éclairage public 216

6.2.5.1 Avoir au niveau des pouvoirs publics un discours fort clair et crédible sur Internet 216

6.2.5.2 Diffuser l'information publique 216

6.2.5.3 Faciliter les accès "grand public", favoriser l'usage d'Internet à toutes les étapes du processus éducatif et former les spécialistes nécessaires. 217

6.2.5.4 Conduire une politique de recherche ambitieuse 217

6.2.5.4.1 Bien entendu dans le domaine des technologies dures 217

6.2.5.4.2 Mettre au point les outils adaptés aux PME 218

6.2.5.4.3 Quelques sujets de recherche qui paraissent essentiels pour nous permettre d'utiliser les potentialités d'Internet plus intelligemment 218

6.2.5.4.3.1 Quelles mutations Internet génère-t-il dans les structures industrielles ? 219

6.2.5.4.3.2 Quelles mutations dans l'organisation des entreprises ?: 219

6.2.5.4.3.3 l'Internet une économie de standards et non de High Tech: NTIC ou plutôt NST? 219

6.2.5.4.3.4 Quelles évolution dans les modèles économétriques: les coûts? La rentabilité des investissements immatériels? Les mécanismes de financement? 220

6.2.5.4.3.5 Quelles conséquence sur la formation? 220

6.2.5.4.3.6 l'urbanisme 220

6.2.5.4.3.7 l'aménagement du territoire 220

6.2.5.4.3.8 dans le domaine juridique 220

6.2.5.4.3.9 dans le domaine social et politique 221

6.2.5.4.3.10 dans le domaine artistique 221

6.2.5.4.3.11 Dans le domaine militaire 221

6.2.5.4.3.12 Dans le domaine de la formation: NTE et e-learning 221

6.2.5.4.3.13 Dans le domaine médical 222

6.2.5.4.3.14 dans le domaine de la politique de la recherche et de l'évaluation des chercheurs 222

6.2.5.4.4 Mobiliser tout particulièrement les écoles relevant de notre Ministère 222

6.2.5.5 Favoriser la création de labels pour éclairer le client 223

6.2.5.6 Les pouvoirs publics promoteurs du développement économique 223

6.2.5.7 Aider les PME à se saisir des opportunités offertes par Internet et favoriser la création d'entreprises 223

6.3 Des mesures spécifiques pour les PME 224

6.3.1 Une nécessité pour l'administration : travailler en équipe de projet interministérielle 224

6.3.2 Informer les PME et les sensibiliser aux enjeux d'Internet 224

6.3.2.1 Les grandes réunions de sensibilisation: en général un coup d'épée dans l'eau 224

6.3.2.2 Permettre au chef d'entreprise de voir concrètement ce qu'Internet peut lui apporter 225

6.3.2.3 Une sensibilisation individuelle des entreprises conduite en s'appuyant sur leurs réseaux de conseillers habituels 226

6.3.2.4 Proposer des prédiagnostics courts 226

6.3.2.5 Veiller à ce que dans chaque prestation de conseil aidé (FRAC) il y ait un minimum de réflexion sur l'utilisation d'Internet dans le domaine considéré 227

6.3.2.6 Sensibiliser les patrons de PME par l'intermédiaire de certains réseaux de professionnels ayant un rôle de conseil, souvent très écoutés, comme les experts-comptables 227

6.3.2.7 Aider les chefs d'entreprise engagés dans une démarche internet à s'entraider et à se former mutuellement 227

6.3.2.8 Une sensibilisation à travers des groupes d'entreprises déjà constitués autour d'un centre d'intérêt ou d'un projet commun. 227

6.3.2.9 Une sensibilisation par une politique de communication au niveau régional ou local 228

6.3.3 Une claire priorité : le montage d'actions collectives 228

6.3.3.1 Six arguments forts pour cette priorité 228

6.3.3.2 Pistes à creuser pour les actions collectives : 228

6.3.3.3 Quelques idées de thèmes qui pourraient intéresser les entreprises participant à ces réseaux 229

6.3.3.4 N'oublions pas l'intendance : la logistique, un facteur clé 231

6.3.3.5 Des opérations qui nécessitent la mobilisation de tous les partenaires 231

6.3.3.6 Un objectif prioritaire pour les Centres Techniques Industriels (CTI) 231

6.3.3.6.1 Tout d'abord bien entendu utiliser cet outil de communication pour mieux travailler avec les "ressortissants" : 231

6.3.3.6.2 utiliser Internet comme une entreprise ayant réussi sa mutation vers la nouvelle économie doit le faire 231

6.3.3.6.3 Enfin et surtout, rôle du CTI est d'aider les entreprises de la profession être plus performantes 232

6.3.4 Accompagner les développements les plus ambitieux 232

6.3.4.1 Savoir résister à la tentation d'opérations spectaculaires, peu onéreuses, touchant un grand nombre d'entreprises et permettant un fort effet d'annonce...mais contreproductives 232

6.3.4.2 Par contre savoir intervenir au stade coûteux, risqué, mais à fort enjeu : celui du véritable engagement sur les technologies Internet 233

6.3.4.3 Ne pas inventer des procédures nouvelles. Le portail des concours publics 234

6.3.5 Utiliser Internet comme un outil d'une politique de développement local 236

6.3.5.1 Infrastructures de Telecom : quand les pouvoirs publics retrouvent leur responsabilité en matière d'aménagement du territoire 236

6.3.5.1.1 Progressivement les infrastructures de télécommunications, tant au niveau de leur qualité que de leur coût sont devenues un élément déterminant dans la compétitivité d'un territoire. 236

6.3.5.1.2 La fin du monopole entraîne une féroce concurrence qui conduit à un effondrement des prix ... dans les zones où cette concurrence se manifeste : le risque est de voir apparaître un accroissement des écarts entre ces zones et les autres 237

6.3.5.1.3 Les Télécoms : une infrastructure qui pose les mêmes problèmes aux responsables de l'aménagement que les dessertes aériennes, les voies ferrées ou les routes 238

6.3.5.1.3.1 Les deux notions de rentabilité d'un investissement: pour l'opérateur et pour la collectivité concernée 238

6.3.5.1.3.2 Les conséquences à en tirer en matière de financement de ces infrastructures 238

6.3.5.2 Quelques pistes de réflexion sur les actions à conduire au niveau des pouvoirs publics 239

6.3.5.2.1 Une solution de facilité désormais impossible : faire pression sur l'opérateur historique 239

6.3.5.2.2 Alors quels moyens d'action ? Pour quels pouvoirs publics ? 239

6.3.5.2.2.1 Cohésion et solidarité : deux préoccupations au niveau européen: 240

6.3.5.2.2.1.1 une préoccupation de cohésion : 240

6.3.5.2.2.1.2 une préoccupation de solidarité : 240

6.3.5.2.2.2 Au niveau national comme au niveau régional ou local à l'appui de la stratégie de développement ou de reconversion définie pour le territoire 240

6.3.5.2.2.2.1 Réaliser des infrastructures préalable permettant de baisser coûts et délais pour un nouvel entrant 240

6.3.5.2.2.2.2 Gérer la "rente minière" liée à la concession de l'espace electromagnétique 240

6.3.5.2.2.2.3 Traiter ce type d'investissement comme une liaison aérienne 240

6.3.5.2.3 La nécessité pour les pouvoirs publics de se doter à chaque niveau des compétences nécessaires 241

6.3.5.3 Il est clair cependant qu'une telle politique ne peut se limiter aux infrastructures, ni même au développement économique au sens étroit du terme 241

6.3.5.4 Le projet de Parthenay illustre bien l'extrême imbrication de l'économique et de tous les autres aspects de la vie locale. 242

6.3.5.5 De nombreuses autres initiatives qui méritent d'être encouragées 243

6.3.6 Donner aux acteurs et aux intervenants chargés de les conseiller, la formation minimale leur permettant de conduire un développement efficace 243

6.3.6.1 Une priorité : former le patron 243

6.3.6.2 Former également les conseillers de l'entreprise sans oublier les experts comptables 244

6.3.6.3 De nouveaux métiers? Ou plutot un profond changement dans les métiers actuels? 244

6.3.6.4 Nécessité parfois de certaines formations plus pointues 245

6.3.6.5 ...et à l'inverse de formations touchant un public très large 245

6.3.6.6 Des initiatives pour aider les régions à mettre en place de telles formations 245

6.3.7 Les services de l'Etat chargés de favoriser le développement des PMI se doivent de pleinement maîtriser et utiliser Internet 246

6.3.7.1 Les 10 points clef pour un Intranet-extranet-web de l'administration 246

6.3.7.1.1.1 Une messagerie: chaque membre du personnel de la DRIRE doit être doté d'une adresse e-mail, 246

6.3.7.1.1.2 Un Intranet pour le fonctionnement interne (intégrant l'ERP) 246

6.3.7.1.1.3 Cet Intranet devra prendre en compte le nomadisme de la plupart des ingénieurs subdivisionnaires 246

6.3.7.1.1.4 Un site WEB transactionnel véritable Portail d'accès à tous les services offerts 246

6.3.7.1.1.4.1.1 Il doit également permettre au grand public et aux associations 247

6.3.7.1.1.5 Un accès Internet à partir de chaque poste de travail 247

6.3.7.1.1.6 Une application-serveur PUSH pour diffuser l'information 247

6.3.7.1.1.7 Une application-client PUSH et d'agents intelligents 247

6.3.7.1.1.8 Des forums avec les usagers concernés et des listes de discussion 247

6.3.7.1.1.9 Les DRIRE devront dans le même temps développer des extranets entre elles et avec les administrations centrales qui les concernent: économie, environnement, recherche, transports... 247

6.3.7.1.1.10 D'autres extranets devront être constitué avec les administrations régionales et les autres partenaires 247

6.3.7.2 Une démarche originale de la DARPMI: d'abord favoriser les initiatives puis les harmoniser 247

6.3.7.3 Un outil indispensable pour l'avenir : le KIT extranet 248

6.4 Des mesures pour favoriser la création d'entreprises 248

6.4.1.1 Faire évoluer l'enseignement notamment dans les écoles d'ingénieur 248

6.4.1.2 Favoriser les créations par des chercheurs 249

6.4.1.3 Créer un contexte culturel favorable à la création d'entreprise 249

6.4.1.4 Ne plus pénaliser l'échec 250

6.4.1.5 Mettre en place des incubateurs bien branchés sur les réseaux gestion, finance, technologie et industrie 250

6.4.1.6 Favoriser l'émergence d'un tissu dense de petites sociétés de services 250

6.4.1.7 Pour les entreprises à fort potentiel de développement favoriser le développement des Business Angels 250

6.4.1.8 Eviter que l'évolution sur la réglementation sur les brevets ne donne des armes aux grosses structures pour verrouiller l'innovation 251

6.4.1.9 Se donner les moyens d'observer la dynamique de la création d'entreprise pour agir de façon plus pertinente 251

6.4.1.10 Ouvrir l'accès des marchés publics aux créateurs 251

6.4.1.11 Rétablir les Stock Options pour permettre aux Pme à forte capacité de croissance de recruter les cadres de haut niveau dont elles ont besoin 251

7 CONCLUSION 253

Jean-Michel Yolin mise à jour 2001

"Ce qui est marginal mais croît de façon exponentielle peut devenir majeur"

Jean-Claude Pelissolo

Internet : Mirage ou opportunité pour les PME ?

Quelles initiatives prendre ?

1 L'Internet en deux mots

1.1 Le fruit étrange de la liaison entre la rigueur des militaires et la créativité libertaire des chercheurs sur fond de guerre froide

Aujourd'hui celui que l'on appelle le "réseau des réseaux" est devenu incontournable. Il a ses fans, fascinés par ses possibilités immenses. Il a aussi encore quelques détracteurs de plus en plus rares, qui ne manquent pas une occasion de mettre en évidence ses défauts de jeunesse ou les points faibles liés à sa conception et l'absence de contrôle qui en fait sa force aux yeux des uns et sa faiblesse aux yeux des autres.

1.1.1 Dans les années 70, une initiative pour limiter la vulnérabilité des réseaux informatiques en cas d'attaque nucléaire :

1964 : le Ministère américain de la Défense a l'idée d'un réseau de communication sans véritable direction centralisée, conçu de façon à demeurer opérationnel même si des portions entières du réseau tombent en panne ou sont détruites

Paul Baran de la Rand Corporation en invente l'architecture avec la numérisation du réseau et le découpage de l'information en petits blocs : L'originalité du système mis en place, qui assure son invulnérabilité, est l'absence de point central : Le réseau fonctionne sur un mode purement coopératif avec une multitude d'ordinateurs et de réseaux locaux ayant tous les mêmes prérogatives.

Chaque ordinateur "serveur" qui se connecte pour émettre et recevoir sur l'Internet, participe en outre au routage des messages qui circulent à travers le monde selon des cheminements quelque peu aléatoires : il reçoit des serveurs voisins des "paquets d'information" (les messages trop longs doivent en effet être tronçonnés en petits "paquets") et en fonction de l'adresse de destination, le transmet à son tour à un autre ordinateur qui se trouve "à peu près" dans la bonne direction et dont la ligne est disponible (les paquets composant un même message empruntent éventuellement des chemins différents et n'arrivent pas obligatoirement dans l'ordre initial)

Réaction [1] d'AT&T: "c'est aussi stupide que de mettre le pétrole dans des tasses à café pour le transporter dans un pipeline".

A cette même époque Engelbart invente la souris www.engr.orst.edu/old_news/121098/engelbart.htm

En 1969, Larry Roberts de l'Agence américaine de l'armement (Arpa) demande à quatre universités américaines de mettre ces idées en pratique dans un réseau expérimental. Quatre supercalculateurs sont interconnectés en 1971 : c'est le réseau Arpanet:

Dès cette époque se met en place ce que certains ont appelé une "adhocratie" avec une coordination d'étudiants qui développent les idées de "protocoles" et de "RFC" (Request For Comment) permettant de lancer les idées nouvelles et de les tester auprès de la communauté

Les chercheurs américains utilisent très vite ce réseau qui leur permet de se partager des capacités de calcul, très onéreuses à l'époque.

1.1.2 Un apport décisif des chercheurs en terme d'ergonomie et de convivialité :

Mais rapidement, comme c'est souvent le cas pour des innovations radicales [2] ce n'est pas l'usage pour lequel il avait été conçu au départ qui prédomine : le réseau est de plus en plus utilisé pour consulter des bases de données, échanger des articles scientifiques puis des messages.

Quelques étapes :

1971 Louis Pouzin, chercheur à l'INRIA, épaulé par Michel Montpetit invente le "datagramme", pièce essentielle de la transmission par paquet qui ne nécessite plus l'immobilisation d'une voie de communication comme le protocole américain de l'époque (Host-Host) : c'est le début du réseau Cyclades.

1972: André Truong, créateur de la Société R2E, et François Gernelle, son directeur général, pour répondre aux besoins de l'INRA (Institut de Recherche Agronomique) invente le premier micro-ordinateur : le Micral, autre pièce essentielle du futur réseau Internet, (réaction d'alors d'un haut responsable de Bull rappelée par le Monde "vous n'avez jamais rien compris à l'informatique"),

1972 sur l'initiative des chercheurs américains, invention du courrier électronique et du "@"3(*) et création d'un groupe de travail en vue de définir un standard d'interconnexion.

1974 : Vinton Cerf met en oeuvre le concept de datagramme, développé avec "Cyclades", dans le réseau Arpanet pour créer un des protocoles de base de l'Internet : TCP (protocole de contrôle de transmission). Les multiples "paquets" émis ne parviennent pas tous à destination (jusqu'à 15% sont perdus) : en cas d'engorgement momentané, certains routeurs peuvent en effet être amenés à détruire ceux qui sont en attente: c'est le protocole TCP qui détecte ces échecs de transmission et provoque une nouvelle émission du paquet considéré

Dès cette période, la participation de pays autres que les Etats-Unis à des travaux de spécifications et de tests est tout à fait notable: En France, l'Inria et le Cnet www.cnet.fr sont particulièrement actifs.

C'est aussi l'époque où le CNET "invente" l'ATM www.atmforum.com qui a été jusqu'à aujourd'hui une technologie importante pour accroître de façon substantielle les capacités de transports des réseaux de télécommunications pour la transmission de données.

1977 : , le protocole d'adressage IP (Internet Protocol) voit le jour : il vient compléter le protocole TCP. Dès lors, pour reprendre la définition de l'AFTEL :

"Un internet est alors défini comme un ensemble de réseaux interconnectés et l'Internet, comme l'ensemble des réseaux Internet interconnectés à l'aide du protocole TCP/IP"

76-78 : le projet Cyclades beaucoup trop "déstabilisant", moins "contrôlable" pour les modèles établis dans notre pays, se heurte à une très violente hostilité de l'administration des PTT4(*) : celle-ci développe la norme X25 issue du protocole "Host-Host" américain, crée Transpac et obtient l'arrêt du projet Cyclades (qui n'aura coûté au total que 20 MF) : le protocole TCP IP devient "hors la loi" (alors qu'à ce moment il permettait déjà des débits 30 fois plus élevés : 2.000 kbit/s contre 64 kbit/s pour Transpac).

Dany Vandrome, Directeur de Renater, www.renater.fr rappelle qu'en 1984 nos chercheurs devaient se déplacer à Londres pour se connecter à ARPANET ...

Sur cette base est lancé le Minitel à l'abri des perturbateurs. "A cette époque déjà les tarifs dans notre pays plus du triple de ceux pratiqués aux Etats-Unis pour les entreprises" (Robert Mahl, Annales des mines - nov 96).

1981: la NSF (National Science Foundation) décide de financer un réseau "Computer and Science Network" qui deviendra plus tard le NSFNet afin d'offrir aux universités des services tels que la messagerie.

1982 l'Administration et les grandes entreprises américaines (IBM, Digital, HP,..)essaient d'imposer un standard "vraiment professionnel": l'OSI: le consensus des internautes sur TCP/IP conduit à l'échec de cette offensive

1990: Tim Berners-Lee chercheur au CERN www.cern.ch (centre d'étude et de recherche nucléaire de Genève) invente avec ses collègues le World Wide Web (WWW) et le langage hypertexte (HTML) www.w3.org/History.html :

Derrière les images ou les mots clefs choisis par les auteurs de pages publiées sur le réseau, se cachent les adresses (hyperliens) d'autres pages d'information, situées éventuellement à l'autre bout du monde.

L'Hypertexte contient aussi bien des images, des sons ou des séquences vidéo que du texte proprement dit.

1993 :Grâce aux navigateurs dont l'ancêtre fut MOSAIC inventé par Marc Andreesen de l'université de l'Illinois, d'un simple "clic de souris", l'internaute peut naviguer vers cette nouvelle adresse sans avoir besoin de savoir ni où il va, ni par quel chemin.

L'augmentation de puissance des PC à prix constant, (voire décroissant) leur facilité d'emploi, permettent à cette même époque une explosion du nombre d'internautes.

2000 Lancement par le gouvernement américain du projet NGI (internet de nouvelle génération) l'objectif des USA n'est plus militaire stricto-sensu mais l'Internet n'en est pas moins considéré comme un enjeu stratégique majeur dont il convient de conserver le leadership

1.1.3 Qui paye ? Qui contrôle ? :

1.1.3.1 Aujourd'hui un financement à 90% privé et une régulation par consensus

Depuis 1995, la National Science Foundation (NSF) ne finance plus le réseau des universités américaines, qui constituait l'ossature d'Internet (arrêt des subventions au NSFNet).

Depuis avril 1995, Internet fonctionne en réseau coopératif. Aujourd'hui chacun (les opérateurs principaux, les prestataires grand public, les entreprises, les particuliers) paie un tronçon de réseau.

Les fonds publics avaient assuré au début la croissance du réseau, mais les entreprises ne dépendant pas des organismes payeurs ne pouvaient pas y accéder. Depuis, des réseaux (au départ indépendants), à vocation commerciale se sont mis en place et connectés au réseau des réseaux.

A l'heure actuelle, la majorité du trafic est d'origine commerciale et plus de 90% du financement proviendraient de fonds privés.

1.1.3.2 ...sauf pour préparer la génération suivante : une action forte de l'Etat américain

L'arrêt des financements publics de l'Internet ne signifie nullement que les pouvoirs publics américains se désintéressent de cet enjeu, toujours considéré comme vital sur le plan géopolitique comme l'a montré la dernière campagne présidentielle. Bien au contraire ils ont lancé deux grands projets très ambitieux :

NGI : Next Generation Internet ( www.ngi.gov) visant à créer une infrastructure "Terabit" mille fois plus puissante que l'actuelle : VBNS (Very High Performance Backbone Network Service www.vbns.net) et mobilisant les moyens du pentagone (DASA, NSA) de la NASA et du département de l'énergie (DOE).

Internet 2 www.internet2.edu avec les universités, centres de Recherche et Industriels pilotes qui ont l'objectif de développer de nouvelles applications tirant parti de cette puissance nouvelle (travail coopératif, médecine, éducation, commerce, ...)

Un projet analogue est en cours de développement au Canada : Canarie ( www.canarie.ca)

www.canet.upc.es/ngi.world.html présente une vue globale des projets "NGI" dans le monde.

Certains regrettent vivement que l'Europe ne se donne pas les moyens de rester dans la course pour cette prochaine étape qui se prépare outre atlantique tant au niveau des infrastructures que des nouvelles applications permises par celles-ci, alors que les moyens financiers sont relativement modestes (100 millions de dollars par an pour le projet NGI: ce n'est guère que 1/350e de la capitalisation d'une entreprise qui a émergé de la génération actuelle comme Yahoo!)

La FING (Fondation pour l'Internet de Nouvelle Génération) s'est créée dans cet objectif: elle regroupe des associations (comme l'Isoc ou l'Acsel), des grandes entreprises et des établissements d'enseignement supérieur www.fing.org

1.1.3.3 Qui le contrôle ? : une régulation par consensus

La philosophie d'Internet est assez bien résumée dans cette phrase de Dave CLARK, prononcée pour l'IETF (Internet Engineering Task Force www.ietf.org) :

"Nous rejetons les rois, les présidents et le vote.

Nous croyons dans le consensus et les règles évolutives".

Dans cet esprit la notion même de contrôle de l'Internet est très largement rejetée,

L'association étroite entre les phases de développement et de déploiement "rough consensus and running code" favorise plus l'innovation que les positions acquises.

Le fonctionnement de l'Internet est assuré par un certain nombre de commissions et groupes de travail

En 1992 l'Internet Society est chargée d'assister l'IETF et l'IAB (Internet Architecture Board), avec pour mission de diffuser l'information au public, de promouvoir la coopération mondiale et la coordination d'Internet, de ses technologies interréseaux et de ses applications.

L'IETF suit l'évolution des protocoles TCP/IP, de leur standard et de leur intégration avec d'autres protocoles.

Existe aussi, en matière de recherche, l'Internet Research Task Force (IRTF) qui explore les techniques avancées en matière de communications/réseaux, et, pour le développement d'un droit adapté à Internet, l'ILPF (Internet Law&policy Forum)

ISTF (Internet Societal Task Force, présidé par Vint Cerf se penche sur l'impact sociétal de l'Internet et plus concrètement WAI (Web Accessibility Initiative) met au point des standards afin de rendre accessible le web aux handicapés notamment les aveugles.

Enfin, il faut citer le WWW Consortium (ou W3C) pour développer et promulguer des normes (comme http en partenariat avec l'IETF, HTML, XML,...), ainsi que ICANN www.icann.org (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) qui a récemment remplacé l'IANA après d'intenses débats au sein d'un forum international et qui est chargé des questions de noms de domaines et des adresses.

L'INRIA joue dans ce domaine un rôle majeur puisqu'il est l'un des trois piliers mondiaux du WWW Consortium aux côtés du MIT aux USA et de l'université Keio au Japon et qu'elle en assure aujourd'hui la présidence.

Malgré cela Jean-François Abramatic, Président du consortium ne peut que regretter "un déficit de compétences françaises particulièrement apparent dans les organisations de standardisation de l'Internet": le droit nouveau s'élabore pour l'essentiel dans ces instances informelles par des consensus mondiaux, il est donc essentiel que nous y soyons actifs

1.1.4 Une technologie peu onéreuse, et accessible aux PME

La recherche d'informations économiques ou techniques ne nécessite en première étape que l'achat d'un micro-ordinateur (moins 5.000 F) et l'abonnement à un fournisseur d'accès internet (FAI - Provider: entre 0 et 100 F par mois).

Créer un simple site Web coûte de 5 à 100 kF d'investissement initial et entre quelques centaines et quelques milliers de F par mois pour les mises à jour et l'hébergement (il nous a même plusieurs fois été indiqué que les sites les plus réussis avaient été réalisés par de jeunes ingénieurs en stage).

"C'est 20 fois moins cher qu'un serveur vidéotex" (Henri de Maublanc président de l'AFTEL)

La taille de l'entreprise ne paraît pas un facteur déterminant du succès :

Bern KRETSCHMER spécialiste allemand d'Internet écrit :

Sur le réseau, ce qui compte est l'image qui s'affiche à l'écran : elle se fait remarquer grâce à la créativité et à la richesse des idées.

Les grosses entreprises sont plutôt sous-représentées sur Internet parce que des marchés rapidement mouvants réclament des collaborateurs particulièrement dynamiques et des décisions extrêmement souples...

Pour se présenter elles-mêmes sur le Web, de petites sociétés n'hésitent pas à employer de jeunes diplômés, pleins d'allant, et souvent habiles. Alors que les grosses sociétés confient souvent leur présence sur le Web aux Agences de publicité. Celles-ci n'apprennent que lentement les lois du Web qui sont différentes de celles qui appartiennent à l'univers de l'imprimé.

A Autrans'99 Christian Huitema déclarait : " quand j'étais jeune, pour gagner mon argent de poche, je tondais la pelouse du voisin, aujourd'hui mes enfants font le site web du commerçant du coin "

Nous avons pu de nombreuses fois vérifier la justesse de cette analyse.

Pour le client, ce qui est important, c'est de trouver une forte capacité d'écoute auprès de son fournisseur et, là encore, c'est souvent la PME qui sera la plus réactive.

Christophe Lambrecht, fils du patron d'une petite entreprise artisanale "l'écrin du meuble", fabricant des meubles de style à Corbeil-Essonnes, disposait entre sa sortie et l'école et son départ au service militaire en février 98 d'une courte période qu'il mit à profit pour créer un site catalogue www.chez.com/ecrin : quelques semaines après un acheteur américain distributeur de literie française prenait contact avec lui pour venir voir la production

C'est aussi le fils de Christian Hébert qui a développé le site www.mangastore.com , librairie Teshima spécialisée dans les bandes dessinées japonaises

Les Américains ont coutume de dire : "with the internet you can be small and look big"

L'Internet est même à la portée des entreprises "SOHO" (small office, home office), éventuellement même en utilisant internet par l'intermédiaire de cybercafés

comme par exemple la chaîne Kinko's aux USA qui offre un environnement professionnel aux très petites entreprises, avec facturation à l'heure : accès internet, imprimantes haut de gamme, fournitures spéciales, gestion comptable,...ou plus modestement mais avec de grandes ambitions, NewWorks dans le IXème arrondissement à Paris www.newworks.net

Nous avons même pu noter que la plupart du temps dans les grandes structures privées ou publiques les développements réussis étaient le fait de " francs-tireurs" agissant en marge (voire à l'opposé) des hiérarchies

L'existence d'un service informatique puissant est généralement considérée comme un lourd handicap au départ car celui-ci a naturellement tendance à brider des développements qui lui échappent.

Bernard Siouffi, délégué général de la VPC, souligne que, heureusement, avec le décollage du commerce électronique les projets internet commencent à quitter les directions informatiques pour aller dans celles chargées du Marketing

Cette évolution ne se fait pas sans crises comme nous avons pu le noter à plusieurs reprises

De même une direction de la communication richement dotée risque d'émasculer la dimension stratégique de la mutation vers l'internet en la confinant dans le monde du paraître

Netsurf signale par exemple qu' en 1997 lorsqu'on a voulu féliciter LCI (filiale tout info de TF1)de sa remarquable initiative on s'est rendu compte que les dirigeants de la chaîne ignoraient même qui en était à l'origine.

Dans un registre voisin Jean-Noël Tronc (Annales des Mines de nov96) rappelle qu'un des sites les plus visités - le WebLouvre - est issu de l'initiative privée d'un étudiant parisien (Nicolas Pioch) et que la première initiative significative dans l'administration - ADMINET - a été le fait d'une initiative personnelle d'un fonctionnaire (qui a pu heureusement s'appuyer sur l'Ecole des Mines de Paris) mais qui n'a pas toujours bénéficié d'encouragements particuliers de sa hiérarchie

Les PME ayant su occuper de petites niches de produits ou services à vocation internationale, sont sans doute parmi les mieux placées pour une utilisation efficace d'Internet

De même grâce à Internet l'échange de données informatisées EDI entre entreprises a vu ses coûts s'effondrer d'un facteur supérieur à 20 (et ce coût va sans doute encore baisser dans l'avenir avec le développement de XML)

Ce qui était réservé aux grands groupes au temps d'X400 est maintenant à la portée des PME

Internet ou Extranet Voir page 128

1.1.5 Invulnérable aux attaques atomiques... mais pas aux pirates : l'e-crime

Le protocole TCP/IP, système de "panneaux de signalisation", qui régule le trafic, peut en effet être assez facilement truqué par des internautes malveillants : en l'absence de mesure de protection, les messages peuvent être lus ou détournés, le site informatique envahi ou asphyxié, des virus introduits (petits programmes altérant ou détruisant des données, capables de se reproduire et de contaminer d'autres ordinateurs), de même que des chevaux de Troie (programme caché activable de l'extérieur), des "portes de services" (qui permettent à ceux qui ont les clés de pénétrer à l'insu du propriétaire) (backdoors) ou bombes logiques, des adresses usurpées (Spoofing): là comme ailleurs, au-delà des précautions élémentaires (tous les rapports entre ordinateurs doivent être "protégés"), un choix difficile est à faire entre l'épaisseur de la cuirasse dont on se dote et la mobilité que l'on recherche

L'année 2000 a connu sur ce plan quelques spectaculaires attaques, notamment celle ayant paralysé pendant plusieurs heures les principaux sites de commerce électronique grâce au détournement de ces "panneaux de circulation" entrainant de monstrueux embouteillages et causant un "déni de service". La police soupçonne de cet acte un jeune canadien de 15 ans. Notons aussi le virus I Love You, qui, avec ses dérivés a causé des dégats que certains chiffrenr à 10 milliards de $

Par ailleurs la copie numérique est d'une extrême facilité et la gestion des droits d'auteurs prend une dimension nouvelle

1.1.6 Une distinction à opérer entre réseau de transport et règles de circulation: "la tuyauterie"(le réseau Internet) et les "protocoles" (les "technologies" Internet)

Il convient de ne pas confondre dans Internet ses 2 composantes

TCP/IP pour le transfert des paquets, HTTP pour le transfert de pages en hypertexte (HTML, XML), HTTPS pour les transferts sécurisés par cryptage, SMTP ( Avec grâce au metaformat MIME la possibilité de transmettre dans un même message des données hétérogènes : texte, images,...) et POP3 pour le courrier électronique, NNTP pour les News, IRC pour le "bavardage", VXML www.vxml.org pour la voix, GOPHER pour les banques de données

C'est ce que nous appellerons dans la suite de ce rapport les technologies Internet bien qu'il s'agisse davantage de "standards" que de "technologies" proprement dites.

1.2 Au-delà du mail et de la navigation, les multiples fonctions d'internet:

Les plus significatives nous paraissent être:

1.2.1.1 De nouveaux moyens de communiquer rapides, bon marché, efficaces ouvrant de nouvelles possibilités

1.2.1.1.1 Le courrier électronique l'e-mail

Outre votre message, il offre la possibilité de transmettre des "documents attachés", texte, images, sons, vidéo,...qui peuvent d'un clic être envoyés à une liste de correspondants aussi longue que souhaitée ;

Un autre clic chez le destinataire sur le bouton "répondre" et le corps du message est prêt, avec la bonne adresse pour répondre à l'émetteur (avec ou sans copie aux autres destinataires).

L'e-mail permet tout à la fois des échanges en temps quasi-réel tout en étant beaucoup moins " invasif " que le téléphone : il permet une meilleure organisation de son temps, une possibilité simple d'archiver vos messages et de les retrouver à partir de n'importe quel mot ou morceau de mot qu'il contient (expéditeur, objet, texte,...) sans avoir même besoin de les classer:

AOL indique que ses seuls abonnés ont dépassé le milliard d'e-mail dès 98, en juin 2000 on comptait 569 millions de boites aux lettres...

De nombreux nouveaux terminaux apparaissent qui permettent de communiquer sans ordinateur : téléphones portables, pagers, webphones, webTV,...

La reconnaissance vocale qui a fait des progrès considérables permet de dicter directement le courrier (ceci est particulièrement précieux pour les cadres qui n'ont pas toujours une bonne maîtrise du clavier) voir page 22

1.2.1.1.2 La téléphonie "IP": "l'international pour le prix du local" avec d'importantes fonctionnalités en sus

Elle permet de converser à l'autre bout du monde, bientôt en visiophonie, pour le prix d'une communication locale (celles-ci ayant pu jusqu'à présent maintenir un niveau de prix très élevé grâce à une absence de concurrence)

Net2phone, gratuit, assure la communication de PC à PC ( www.net2phone.net) tout en gardant la possibilité, en même temps, sur la même ligne de transmettre schémas, dessins, photos ou fichiers, de même Dialpad www.dialpad.com. avec 325 000 abonnés en avril 2000 l'entreprise revendique40% du marché. Signe de reconnaissance, ATT et BT y ont investi 1,4 Milliards de $

Olitec www.olitec.com lance le Speak'Net V90 qui permet d'appeler n'importe quel type de téléphones

L'opérateur suédois Telia www.telia.fr ouvre ses services en France à partir de fin 2000

www.von.com/teleph.html présente informations et références dans ce domaine

L'adoption du standard H323 apporte une réponse aux problèmes de compatibilité existant encore actuellement

Aujourd'hui 30% des Californiens utilisent l'IP pour leurs appels internationaux et IDC www.idcresearch.com estime que 24 % des internautes sont prêts d'utiliser le Net comme opérateur longue distance: de 310 millions de minutes en 1998 la consommation bondit à 2,7 Milliards en 1999 (étude IDC www.idc.com), 15 Millions d'américains l'utilisent à l'été 2000

Au Japon qui dispose d'un opérateur historique particulièrement cher, la téléphonie IP, autorisée depuis 1997, connaît un large développement avec une projection de 33% de part de marché en 2002 (par exemple avec les cartes ATT@phone. Les appels se font via une passerelle locale et donc à partir de n'importe quel combiné fixe ou mobile. La qualité est jugée excellente. La carte Kcom est non seulement utilisable depuis le Japon mais aussi depuis 22 pays ... dont la France alors que ce service n'est pas proposé par France Télécom dans l'hexagone ... qui ne propose lui sa carte"Invox" au Japon!

Bertelsman a ouvert son service Aventi à Hambourg et Munich , et MCI-Worldcom prévoit d' assurer 50% de son trafic téléphonique par internet

Patrick Sarrazin de Logical a vu ainsi le coût de ses communications vers son bureau de Shangaï divisé par 10!

Grâce à l'Appliophone il n'est dès aujourd'hui même plus nécessaire de disposer d'un micro ordinateur pour profiter de la technologie IP et Netcentrex, www.netcentrex.net jeune start-up caennaise propose des centraux téléphoniques (PABX) totalement IP offrant les mêmes fonctionnalités qu'un central traditionnel

InterNext www.internext.fr propose son service de téléphonie IP depuis début 2000 à Paris

De nombreux prestataires permettent ainsi un appel de téléphone traditionnel (POT "plain old telephone") à téléphone traditionnel, en passant par une "passerelle IP":

On appelle un central par une liaison téléphonique locale normale, celui-ci établit la communication avec un autre central localisé près de votre correspondant qui appelle à son tour le N° demandé

C'est ce que propose Poptel www.poptel.fr avec sa carte prépayée qui offre jusqu'à 70% de rabais ou Global Media Concept, qui, grâce à son réseau de voix sur IP, annonce une réduction de 80% des factures à qualité identique

Pour les entreprises disposant de lignes spécialisées entre leurs implantations le basculement de la voix sur IP ne nécessite que des investissements très minimes et génère des économies très substantielles

Pour les particuliers disposant du câble la VoIP (Voice on IP) permet aussi, là ou elle est disponible un abaissement drastique des coûts: Flat25 offre un forfait Amérique du Nord pour 25$/mois. Dialpad www.dialpad.com offre la gratuité si l'appel part d'un PC

Mais l'avantage de la téléphonie IP va bien au delà du prix (on peut penser qu'avec le développement de la concurrence le prix des communications "normales", artificiellement élevés, devraient se rapprocher de la téléphonie IP): Elle permet des services beaucoup plus "riches" que la téléphonie traditionnelle:

AT&T affirme déjà ne plus acheter d'équipements classiques à commutation de circuit

1.2.1.1.3 La visiophonie, la téléconférence, pour une communication plus riche

Des logiciels comme CuSeeMe www.wpine.com sont déjà disponibles pour des vidéoconférences.

Pour des Téléconférences plus professionnelles un des leaders est la société israelienne V Con http://www.vcon.com, en France notons WebMeeting de Cegetel www.cegetel-entreprises.fr/solutions/webmeeting

Avec la reprise de l'Américain Vialog de l'australien Telcen et de l'allemand Eureka, Genesys www.genesys.com de Montpellier dirigée par François Legros, devient le leader mondial des téléconférences sur internet

Vous pouvez dès aujourd'hui visualiser en direct le Kremlin http:kremlincam.com, le chantier de la Potsdamer Platz http://cityscope.icf.de/cityscope_eng/current.html ou du Grand Lyon (depuis le sommetde la tour du Crédit Lyonnais www.grand-lyon.com l'état du trafic dans de nombreuses localités (30 caméras couvrent les points névralgiques de virginie : www.erols.com/tvn/tvn3.html ) ou ce qui se passe dans les cuisines du restaurant japonais de San Francisco où vous avez réservé pour la semaine prochaine ( www.kpix.com/xtra/live/html )

Vous pouvez également suivre l'avancement de votre propre chantier à l'autre bout du monde : ces applications devraient se développer avec le "haut débit", tant pour le fixe que pour le téléphone mobile (norme UMTS)

1.2.1.1.4 voir à distance en trois dimensions : un atout pour le tourisme, l'immobilier ou les catalogues

La technologie Ipix www.ipix.com (démonstration disponible en ligne)ou Quick Time http://www.apple.com/quicktime vous offre la possibilité de faire visiter à distance votre maison à vendre (voir immo by tel http://www.immo-by-tel.com ), le lieu de villégiature que vous proposez, ou la voiture dont vous rêvez... où le porte avion Charles de Gaulle

Plus puissant encore BeHere www.behere.com propose la vidéo en 360° : tout en regardant la vidéo il devient possible pour l'internaute de faire pivoter la caméra afin de la pointer dans n'importe quelle direction et de zoomer sur les détails qui l'intéresse (pendant une descente de ski il est possible de retourner la caméra pour regarder les concurrents derrière...)

Il est également possible de créer des univers virtuels en 3D utilisable tant pour les jeux en ligne que pour les catalogues de produits comme l'ameublement (Cryo Networks www.cryonetworks.com avec la technologie Scol par exemple). ils permettent également de créer des univers virtuels vous offrant des magasins adaptés à vos gouts. Ce sont en outre des technologie parfaitement adaptés pour la création de maquettes architecturales visitables

L'utilisation des univers virtuels et des "avatars" (le personnage virtuel dans lequel l'internaute se projette) créés au départ pour les jeux avec le commerce et avec l'enseignement offre de nouveaux horizons à la créativité

Parmi la cinquantaine de sociétés présentes sur ce créneau voir en particulier Metacreation www.metacreations.com avec Canona, Cybelius www.cybelius.com , Avatarme www.avatarme.com , Merlin 3d de Digital Immersion www.digital-immersion.com , Houdini de Side Effects www.sidefx.com , ...

1.2.1.1.5 Des Forums, des espaces pour bavarder,

Les forums de discussions (Newsgroup) les listes de diffusion (mailing list) et les espaces de bavardage (chatrooms), permettent des échanges de toutes nature entre les internautes, des plus frivoles au plus professionnels): ils se comptent aujourd'hui par dizaine de milliers

Les " chatrooms " peuvent servir de " salle de réunion virtuelle " les échanges par le protocole IRC se faisant en temps réel (mirc : www.mirc.com) le "chatter" d'America OnLine comptait 61 millions d'utilisateurs en aout 2000.

1.2.1.1.6 Un outil aussi de communication entre les machines: à l'usine comme à la maison (domotique)

De nombreux appareils, équipés de microprocesseurs deviennent grâce au protocole de l'Internet (IP) capables de communiquer entre eux: IP est en quelque sorte l'espéranto des machines intelligentes

Michael Dell pense qu'en 2001 il y aura 2 milliards d'objets connectés dont seulement le tiers d'ordinateurs et les américains parlent de "l'Evernet" pour "Internet Everywhere", ce que l'on pourrait traduire par le "tout internet"

Machines outils à commande numérique: aux USA de plus en plus d'industriels connectent leurs machines à l'Internet: cela leur permet de programmer, d'exécuter et de contrôler les travaux, de réparer à distance ou de faire appel pour ce faire à des prestataires extérieurs

Distributeur de boisson qui peut demander en fonction de ses stocks, de l'heure et de la température à être réapprovisionné... : Coca Cola annoncé en mai 2000 sa décision d'investir 100M$dans 500.000 distributeurs reliés à Internet

JC Decaux a connecté ses panneaux afin d'en améliorer la maintenance et d'optimiser l'affichage des publicités. "grace à notre système de pilotage à distance, nous pouvons afficher le texte d'une annonce en japonais pour les panneaux qui se trouvent dans une salle ou embarquent des passager pour Japan Airline"

mais aussi dans la domotique

le réfrigérateur, d'après les enquêtes un des lieux centraux du logis, il lit les étiquettes des produits, gère les stocks, passe les commandes au magasin et vous propose des menus optimisés en fonction des dates de péremption

il vous alerte en cas de dysfonctionnement.

Commandé à la voix ou par le doigt ("pas de souris à la cuisine"...) il va chercher les recettes (avec démo) dont vous avez besoin (avec sa connexion à large bande, temps d'affichage 100 millisecondes).

Son écran remplace le "petit calepin de la cuisine"(avec caméra et micro les messages peuvent être en vidéo).

Il peut bien évidemment être consulté à distance (screenfridge Electrolux)

la machine à laver Marguerite 2000 (1200$) qui signale ses pannes au service après-vente, le four qui va sur Internet chercher le cycle optimal pour la cuisson (Merloni-Ariston http://www.merloni.com/ita/digitale.htm: objectif, 30% des ventes à 5 ans)

et les WC qui vous pèsent et procèdent aux analyses permettant d'établir votre bilan de santé en temps quasi réel grâce à une connexion avec l'hôpital et vous propose les menus les plus appropriés (Matsushita Tokyo), prenant ainsi en défaut Microsoft qui avait fait afficher dans les toilettes de l'entreprise "le seul endroit ou Internet ne vous servira à rien"

certains font même remarquer qu'avec le téléphone lecteur de code-barre, la boite de conserve devient un objet communiquant

C'est l'ensemble des appareils électroménager qui pourront ainsi être mis en réseau, assurant ainsi des fonctions de sécurité, d'alerte, de télémaintenance, de régulation, d'optimisation de consommation énergétique, de gestion

En Suède Electrolux et Ericsson se sont associés dans e-to Home www.e2-home.com pour développer les normes de communication entre ces appareils dont l'interconnexion sera assurée par les fils électriques. En juillet 2000 Nokia et Whirpool annonçaient de leur côté leur alliance

14 entreprises américaines viennent de signer un accord de partenariat stratégique pour développer le rôle d'Internet dans la vie quotidienne. On trouve, parmi ces entreprises, aussi bien des poids-lourds des nouvelles technologies (3Com, Cisco, Motorola, Sun...) que des spécialistes de la grande distribution. Le but de cette Internet Home Alliance est de créer et d'imposer un nouveau standard de communication entre tous les appareils domestiques

La domotique qui avait soulevé beaucoup d'espoirs avant de retomber dans l'oubli va-t-elle maintenant décoller? Si oui quelles conséquences sur le "modèle économique" (vente de machines ou vente de services: le "kg de linge lavé"?). Quelles conséquences pour l'ensemble du circuit de distribution/maintenance composé de nombreuses PME?

1.2.1.1.7 La Radio et la télévision sur internet

L'augmentation des débits disponibles et l'amélioration des technologies de compression permet à de nombreuses radios d'émettre sur l'Internet et l'on entrevoit l'arrivée de télévisions à la demande

"avec Internet vous pouvez écouter la radio tout en payant le téléphone"

Déjà aujourd'hui, avec une résolution certes modeste on peut accéder avec Realvideo à certaines émissions (Canal Atelier de Bnp-Paribas www.canal-atelier.com , Cyperus www.cyperus.com , CanalWeb www.canalweb.net ,...) ou téléparticiper à des congrès (Il vous était loisible de suivre en direct la Conférence de Kyoto sur l'effet de serre, et poser vos questions aux orateurs www.cop3.or.jp)

EUnet Multimedia Network Service en s'appuyant sur 8 serveurs relais qui lui permettent de contrôler la qualité de bout en bout offre déjà le multimédia en direct. C'est le moment de prendre les places pour être prêt pour l'arrivée de la large bande (ATT www.att.com, @home www.athome.net ,...)

1.2.1.1.8 Et de nouveaux outils se préparent à sortir des laboratoires: goût, odorat, toucher, vision 3D

Avec gants et casque la communication (virtual technologie : www.virtex.com, alioscopie www.micronet.fr/~emuller/FRAMES/Alioframe.html) peut également concerner le toucher ainsi que la vision et l'audition tridimensionnelle (Qsound : www.qsound.ca) .

Alpha Mos http://www.alpha-mos.com de Jean-Christophe Mifsud, vient de lever 43 MF sur le Nouveau Marché à Paris pour numériser l'odorat et le goût : en mars 2000 elle a présenté la langue électronique.

En Californie Digiscent http://www.digiscent.com et http://www.stanford.edu/~demian23/captology/DOPE développe un procédé permettant de créer des odeur par ordinateur, de les diffuser via Internet et de les synthétiser chez le destinateur avec un petit boitier, iSmell équipé de cartouches d'odeurs de base

Cambridge Display Technology, E-Ink http://www.eink.com , IBM, Kodak travaillent sur les écran souples en plastique permettant par exemple une plus large diffusion du "livre électronique" (e-book) et l'intégration dans l'habillement

IBM de son côté développe dans ses laboratoires un écran intégré dans le verre d'une lunette

Signalons enfin FEELit espèce de souris tactile produite par la société "Immersion" www.immersion.com ou iFeel de Logitech www.logitech.com y rajoute la capacité de sentir la texture de l'objet affichée sur l'écran (on imagine les applications pour le commerce électronique, notamment là où le toucher est important, comme pour les textiles)

La réalité virtuelle permet aux grandes entreprises comme Renault ou les concepteurs d'installations complexes (CEA,Valmet, Bechtel,...) de faire l'économie des maquettes et ainsi de pouvoir étudier davantage de variantes et de raccourcir le délai nécessaire pour concevoir une voiture. Ces "reality centers" avec salle de projection "immersives" sont relativement onéreuses (7MF pour Renault) mais vite amorties (une maquette coute 1MF). Mais ces technologies ne sont pas l'apanage des grands groupes:l

Opiocolor www.opiocolor.com PME installée à Opio près de Nice, fabricant des mosaïques en pâtes de verre pour fonds de piscines, salles de bain ou façades, reproduit dessins peinture ou photos que souhaite son client:

Depuis 1997, grâce à virtual Mosaïc, un logiciel relié à un casque de réalité virtuelle il permet au client de visualiser immédiatement le résultat final et d'apporter les retouches souhaitées.

Le fichier numérique est alors transmis à l'usine via internet, processus qui a conduit à ramener le délai de conception-fabrication de 3 mois à 10 jours.

L'entreprise dont on pouvait craindre la disparition face à la concurrence italienne espagnole et chinoise compte maintenant 40 personnes et a ouvert des filiales à Hong Kong et Dubaï

Enfin de nombreux laboratoires travaillent à la convergence de tous les "portables" vers un outil intégré combinant les fonctionnalités de chacun (téléphone, organiseur, pager, balladeur, microordinateur, e-book, localisation GPS, terminal de paiement électronique,... voir page 153)

Ce type de services, gourmands en capacité de transmission, et de ce fait encore peu répandus devraient connaître un très fort développement avec les gigantesques investissements dans les fibres optiques, la mise en place de constellations de satellites en orbite basse l'utilisation par Internet des réseaux câblés, l'utilisation des transmissions par voie hertzienne, les nouvelles normes permettant le haut débit pour les mobiles (UMTS), l'utilisation des réseaux électriques permettant de hauts débits5(*), le développement d'algorithmes de compression et l'arrivée à maturité d'une nouvelle technologie (ADSL www.adsl.com puis le VDSL) permettant une multiplication par plus de 100 puis par plus de 1000 de la capacité des paires de cuivre des lignes téléphoniques traditionnelles voir page 145

1.2.1.1.9 Trouver des informations parmi des centaines de millions de documents

Internet est en passe de devenir le premier réflexe dans un processus de recherche d'information

1.2.1.1.10 Les annuaires et moteurs de recherche

On estime actuellement le nombre de documents publiées par les entreprises, les chercheurs, les institutions ou les particuliers à 2,1 milliard (étude Cyveillance du 19/7/2000) dont 1,5 Milliards accessibles par le Web et s'accroissent de 7 millions par jour dont 85% par des Américains!:

S'il est aisé de trouver un document dont vous connaissez l'adresse et, en suivant les "liens", de naviguer d'un document à l'autre à la recherche d'information, ce type de "navigation" au hasard sur le Web trouve rapidement ses limites:

une des innovations majeures qui ont concouru au développement du Web sont les "Moteur de Recherche" et les annuaires

Ces outils informatiques puissants et conviviaux, permettent de trier parmi cette masse d'information considérable et il n'est pas exclu de trouver une aiguille dans une botte de foin parmi le millard de documents qu'ils analysent et indexent

Les recherches se font

Des "métamoteurs" font travailler en parallèle plusieurs moteurs et font une synthèse des résultats

Des "portails" (comme Yahoo!) associent annuaire, moteur de recherche (ils sous-traitent souvent le moteur à des entreprises comme Inktomi) et offre de nombreux services

Par ailleurs les logiciels de traduction automatique, quoique encore perfectibles (on devrait plutôt parler d'outils de compréhension voir page 22), permettent de ne pas limiter sa recherche aux sites dont on comprend la langue

Ces moteurs sont utilisés plusieurs centaines de millions de fois par jour (RelevantKnowledge, oct 98)

Les plus visités sont de la catégorie "portail" ont pour nom Yahoo! www.yahoo.com, Excite www.excite.com, Infoseek www.infoseek.com, Lycos www.lycos.com, HotBot www.hotbot.com ou Alta Vista www.altavista.com,

Dans la catégorie "métamoteurs Parmi les plus connus : MetaCrawler www.metacrawler.com Mega Francité http://mega.francite.com, SavvySearch www.savvysearch.com, Fast Search www.alltheweb.com et surtout Google http://google.com qui référence plus d'un milliard de pages

Pour les moteurs francophones citons, outre les déclinaisons spécialisées des moteurs américains, Voilà www.voilà.fr ou Lokace www.lokace.fr,),

d'autres moteurs plus spécialisés, prenant acte du fait que les moteurs généralistes ont du mal à suivre l'explosion du nombre de sites et n'en référencent plus qu'une partie, permettent de meilleurs résultats dans certains domaines

La recherche d'adresses avec Voilà www.adressemail.voilà.fr Yahoo! Annuaires http://fr.people.yahoo.com Lycos WhoWhere http://french.whowhere.lycos.com,

La recherche d'emploi Keljob.com www.keljob.com

La recherche de logiciels avec Filez.com www.filez.com,

La gastronomie avec Gourmetsecker www.gourmetsecker.com  , EatinParis www.eatinparis.com

Le monde agricole Web-agri http://www.Web-agri.com

Ou une région Click'in! Auvergne http://clickin.gdebussac.fr , Nantes www.cybernantes.com ,la façade atlantique www.alouest.net , Breizhoo www.breizhoo.com pour la Bretagne

Certains moteurs permettent également de rechercher de la musique http://mp3search.lycos.com , voire même des image ou vidéo avec Media Finder http://image.altavista.com ou www.compaq.com/speechbot

L'Inria a développé Surfimage qui permet de retrouver les images qui " ressemblent " le plus au modèle proposé www-rocq.inria.fr/cgi-bin/imedia/surfimage.cgi qui sera développé par la start-up Elucid Technologie

Ya-Hooka www.yahooka.com est spécialisé dans le cannabis (le Monde 16/5/00)

pour un panorama complet et à jour sur les moteurs, avec banc d'essai, classement par catégorie,... voir www.abondance.com, www.searchengines.net, www.beaucoup.com, www.search.com, http://searchenginewatch.com

de logiciels spécialisés dans l' intelligence économique compétitive permettent, comme nous le verrons plus loin, des recherches beaucoup plus élaborées voir page 114

1.2.1.1.11 La recherche à travers les newsgroup

Par ailleurs il ne faut pas oublier que les newsgroup sont une source de compétences immense pour vous aider dans votre quête :

Deja News www.dejanews.com vous permet de repérer les newsgroup traitant du sujet qui vous intéresse et les internautes qui se sont exprimé dessus

Reference www.reference.com cherche également dans les listes de diffusion

Citons également Voilà News www.news.voilà.fr et AltaVista www.altavista.com (section usenet)

Une fois un internaute identifié vous pouvez connaître la totalité des ses contributions dans les forums (fonction "author posting history" de Deja News et fonctions équivalentes pour les autres)

1.2.1.1.12 La recherche dans les banques de données

L'exploitation des banques de données est maintenant également techniquement possible: des passerelles logicielles permettent d'utiliser l'existant sans surcoûts importants (ce qui ne signifie pas bien entendu que les propriétaires de banques de données permettront pour autant un accès gratuit...)

Lexis-Nexis (filiale de Reed-Elsevier) dispose sur son site de 1,8 Milliards de documents, est le dernier grand site à basculer l'ensemble de ses bases sur le web, depuis trois ans tous ont suivi cette voie afin d'être en mesure de délivrer automatiquement l'information pertinente en fonction des profils d'intérêt des clients (rapport annuel de l'Aftel)

Avec le nouveau standard XML les messages intégreront une description de la structure de la base, permettant ainsi un accès direct aux informations

1.2.1.1.13 La reconnaissance vocale

La reconnaissance vocale qui a fait des progrès considérables permet de dicter directement les e-mails ou des rapports (c'est le cas d'ailleurs du présent rapport)

Elle s'impose pour des raisons d'ergonomie pour les usages nomades et pour des raisons de sécurité pour les utilisations par un conducteur

Un nouveau standard est en cours d'élaboration VoiceXML pour la navigation vocale

Les leaders sont Via Voice www.software.ibm.com/speech et Lernout&Hauspie www.lhs.com qui vient de prendre le contrôle de Dragon Dictate, www.dragonsys.com (capitalisation: 6,2 Milliards de dollars) et de Elan Informatique, www.elan.fr l'entreprise Toulousaine qui détenait le leadership de la synthèse vocale. L&H va par ailleurs lancer un moteur de recherche vocal

Nuances www.nuance.com , système multilocuteur de reconnaissance permet de prendre les ordres de bourse par téléphone www.voxml.com

Pour un panorama général de ces technologies: www.speachcentral.com et www.voicerecognition.com

Vous pouvez même envoyer un e-mail à un téléphone mobile par numéro@sms.itineris.tm.fr

"de deux choses l'une, ou bien la banalisation des téléphones cellulaires génère un immense marché pour les cure-dents, ou ce sont les technologies vocales qui vont s'imposer" Jo Lernout

1.2.1.1.14 La traduction automatique

Signalons également le développement de logiciels de traduction automatique : même si l'on ne peut, dans l'état de l'art actuel, attendre d'eux des traductions de qualité (il n'est que de se souvenir des gorges chaudes qu'avait provoquée la traduction du rapport Star), par contre on obtient des traductions acceptables de textes techniques simples et l'on dispose d'assez d'éléments sur les autres pour en avoir une compréhension grossière et ne faire traduire que les textes qui en valent véritablement la peine (économie de 70 à 90 % des traductions)

C'est un domaine où la France est bien placée avec un des leaders du secteur Systran www.systransoft.com qui est utilisable gratuitement à travers la fonction babelfish du moteur Alta Vista www.altavista.com .(1 million de traductions par jour) notons également le québécois www.alis.com

NEC lance un nouveau système de traduction en 8 langues dont le Japonais, le coréen et le chinois

1.2.1.1.15 La reconnaissance de l'écriture manuscrite

Déjà le palm permet une première forme de reconnaissance lettre par lettre avec sa tablette mais des logiciels comme REMUS permet à la fois d'identifier celui qui écrit et de reconnaitre les mots. Il peut être utilisé également pour aider les enfants à apprendre à écrire http://www-eph.int-evry.fr

1.2.1.1.16 L'exploitation des flux d'information

D'autres informations peuvent être exploitées: connexions à votre serveur, analyse des "cookies"

Les cookies sont des Informations rassemblées à l'insu du client sur son identité et, à travers ses requêtes, sur ses centres d'intérêt. ceux-ci sont enregistrés sur son disque dur par le serveur qu'il consulte : les navigateurs comme Netscape permettent de créer jusqu'à 300 cookies de 4 Ko (20 cookies maximum par serveur).

Les Brownies, plus intrusifs envoie en permanence à un serveur des informations sur toutes les activités de l'internaute : ils sont souvent chargés avec un petit utilitaire téléchargeable qui rend des services (Comet ° avec ses Curseurs, Alexa avec ses aides à la navigation,...

Spécifications disponibles à : http://developer.netscape.com:80/viewsource/archive/goodman_cookies.html

Des scanners ou sniffers permettent en outre par l'analyse des requêtes émises sur le réseau, de suivre l'activité d'autres acteurs du net: c'est un puissant outil d'intelligence économique dont l'usage est à la limite de la déontologie mais qu'il vaut mieux connaître pour savoir en tenir compte

1.2.1.2 Se procurer des produits et services sur le web

1.2.1.2.1 Le téléchargement de programmes informatiques, de données, d'images, de sons, de vidéo... :

C'est une des pratiques les plus courantes: d'innombrables logiciels, jeux ou morceaux de musique, gratuits ou payants peuvent être directement téléchargés du web vers votre ordinateur

Le 1er octobre 1997 1 million de personnes ont téléchargé le nouveau navigateur Explorer 4 de Microsoft et en 3 jours les internautes ont téléchargé 2,7 milliards de pages du rapport Starr

En ce qui concerne la musique, grâce au format MP3 offrant une qualité "CD" pour un volume très limité, des entreprises comme Napster qui offre la possibilité d'échanges entre particuliers comptait déjà plus de 20 millions d'utilisateur après un an d'activité avec 200.000 téléchargements journaliers

1.2.1.2.2 Faire ses courses sur internet, des magasins ouverts 24/7

Voyage, Voiture, locomotive, actions, contrat d'assurance, centrales nucléaires, chaussure d'occasion vendue aux enchères: on peut tout acheter sur internet: nous verrons cela plus en détail dans les chapitres suivants

Un gros avantage: une disponibilité 24h sur 24, et 7 jours sur 7, ce que les anglosaxons dans leur style compact appellent le 24/7

1.2.1.2.3 Accomplir les formalités administratives

De plus en plus d'administrations nationales ou locales offrent la possibilité non seulement d'accéder à l'information mais aussi de payer ses impots et d'accomplir les innombrables formalités administratives qui nous incombent(cela devrait être particulièrement précieux pour notre Pays que l'OCDE a classé début 2000 en tête des 20 pays membres sur ce plan)

Pour l'anecdote mentionnons en Angleterre le "Pack Divorce", mis en place fin 99, en liaison avec la Chancellerie par le cabinet d'avocat en ligne Desktop Lawyer www.desktop-lawyer.co.uk et qui permet en cas de consentement mutuel de divorcer pour 59 £. Par contre le tribunal du Caire a jugé irrecevable une notification de répudiation envoyée par Internet (le Monde du 6/6/2000)

1.2.1.3 Publier de l'information accessible du monde entier

L'Internet permet à des associations, des PME ou même des individus avec des moyens (financiers) limités, d'avoir une présence significative au niveau mondial. Pour le meilleur comme pour le pire

La guerre du Kosovo outre les attaques des sites de l'OTAN par les Serbes , l'inscription de graffitis vengeurs par les Chinois sur le site de la Maison blanche ou les attaques par la CIA sur les comptes bancaires des dirigeants serbes, montre la puissance qu'a acquise ce moyen de communication. Celui-ci a permis en outre à de simples citoyens de diffuser au monde entier des informations qui ne sont pas sans importance géopolitique, il s'est révélé en outre un outil extrêmement précieux pour le regroupement des familles dispersées par le conflit et la collecte de fonds par la Croix Rouge (170.000F).

Rappelons également que l'affaire Lewinsky a été révélée par le journaliste indépendant Matt Drudge et son Webzine d'information Drudge Report www.drudgereport.com (qui diffuse de l'information "vraie à 80%) avec les conséquences que l'on sait, alors que la presse sérieuse avait décidé de ne pas traiter l'affaire

Inversement Salon un magazine exclusivement diffusé sur le web www.salonmagazine.com a fait fortune (6M$ de revenus publicitaires en 1997) en prenant la défense du président...en livrant des révélations croustillantes sur ses adversaires

Dans le domaine du commerce électronique, il offre à l'entreprise la possibilité de publier de l'informations sur l'entreprise et ses produits, de pratiquer la vente en ligne et le paiement en ligne et à l'inverse la recherche de fournisseurs ou de partenaires nouveaux.

L'amélioration considérable de la performance des logiciels de reconnaissance optique (OCR) permet de reprendre les documents d'archives pour les rendre disponibles sur Internet.

Il est également possible de publier les d'appels d'offres, d'expédier les bons de commande, les factures, et les règlements,...d'interconnecter les systèmes informatiques des partenaires commerciaux et de faciliter ainsi les échanges inter-entreprises (Business to Business ou B to B ou B2B par opposition à la vente au grand public : B to C ou B2C (Business to consumer) ou le " commerce " avec les administrations : B to A. ou B2A).

Notons également la possibilité "d'affichage publicitaire" sur des sites web

1.2.1.4 Travailler ensemble malgré les distances

1.2.1.4.1 Partager des documents

Cela est particulièrement important quand les équipes sont géographiquement: (transmission de documents, plans, documents techniques, fichiers CAO), mais aussi tout simplement quand il est nécessaire aux membres de l'équipe de travailler sur les mêmes documents.

C'est notamment le cas de la conduite de projet inter ou intra-entreprises (groupware): n'oublions pas qu'en économie les distances se mesurent en secondes et en euros plus qu'en Km.

1.2.1.4.2 Mettre en commun et partager des moyens de calcul, les réseaux de PC, le Peer to Peer (P to P)

Internet permet de faire travailler des ordinateurs en réseau, permettant, par exemple en mobilisant un très grand nombre de micro-ordinateurs pendant des périodes où ils sont inutilisés de disposer de gigantesques moyens de calcul

Cette technique, est par exemple utilisée par les chercheurs pour les mathématiques (distributed.net avec 200.000 PC), la physique des particules, la recherche sur le génome ou la climatologie, mais aussi pour "casser" des clés de cryptage

Elle est née au départ du projet SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence, mai 1999) nécessitant l'analyse des ondes radio reçues par l'antenne géante d'Arecibo afin d'y détecter d'éventuelles émissions radioélectriques provenant d'une intelligence extraterrestre: aujourd'hui 3 millions de PC y sont connectés représentant une puissance supérieure au plus gros ordinateur actuel,

Guy Wormser CNRS, coordinateur du programme européen de mise en réseau Datagrid http://grid-france.in2p3.fr considère que l'on peut mettre en réseau sans difficulté 10.000 ordinateurs: la limitation actuelle est celle des débits de nos réseaux de transmission mais ce handicap devrait être progressivement levé : voir page 145

Groove créé par Ray Ozzie, concepteur de Notes, permet ainsi de créer des espaces de travail virtuels permettant de partager applications, images, voix, données et fichiers de tous types sans serveur central

Les PME pourront également tirer partie de cette technologie en disposant ainsi (pour des calculs de pièce par éléments finis par exemple) de moyens de calcul autrement inaccessibles. L'achat de capacité de calcul pouvant se faire comme aujourd'hui pour l'électricité.

Les Centres techniques pourraient jouer un rôle de catalyseurs dans ce domaine voir page 231

Ces techniques de mise en réseau permettent également de définir des architectures revenant aux sources de l'Internet ou chaque PC est également un serveur: c'est le Peer to Peer (P to P), ou les applications sont totalement distribuées et ou les recherches d'information se font directement sur les disques durs des PC connectés (moteur InfraSearch)

Gnutella, première technologie totalement P to P diffusée à grande échelle, est née en mars 2000. Elle est issue des équipes de Nullsoft et elle s'est immédiatement diffusée à des centaines de milliers d'internautes échappant à tout contrôle d'AOL qui avait entre-temps racheté l'entreprise (et qui négociait sa fusion avec Time Warner...)

Depuis d'autres programmes ont vu le jour sur ce modèle: Freenet , Gnotella, Napigator, Mojo Nation, OpenNap,...

Cette nouvelle génération technologique qui fait son apparition en 2000 n'est pas sans poser de nouvelles questions auxquelles peu de personnes peuvent aujourd'hui répondre:

quelques "visionnaires" de la Silicon Valley, comme Kevin Kelly (cofondateur de Wired) considère que cette technologie porte en germe une nouvelle mutation économique et, en Août 2000, une centaine d'entreprises, dont IBM et Hewlet Packard, ont fondé de "P to P working group" pour exploiter les potentialités de ces nouvelles architectures distribuées

1.2.1.4.3 Partager des moyens de stockage de données

Le nombre considérable de données qu'il est nécessaire de conserver (avec le niveau de sécurité voulue) conduit également au partage de moyens de stockage dans des "entrepôts de données" (Data Warehouses)

Des entreprises se sont lancées sur ce créneau particulièrement porteur et bien que peu connues du grand public atteingnent des tailles gigantesques : EMC http://www.emc.com (74milliards de dollars de capitalisation, soit plus que Boeing ou Motorola) ou Network Appliance (30 milliards de dollars de capitalisation)

1.2.1.5 Surveiller et agir à distance: télésurveiller et téléopérer

Télésurveillance, télémaintenance, télédiagnostics, télémédecine, téléopérations, télétravail...ouvrent de nouveaux horizons à l'organisation du travail.

Le protocole TELNET ouvre la possibilité de prendre les commandes à distance d'un autre ordinateur (via internet) et de pouvoir disposer ainsi de ses moyens de calcul, de ses programmes, et de sa mémoire.

La station astronomique de Nassau http://astrwww.astr.cwru.edu/nassau/nassau.html connecte son téléscope à Internet permettant aux internautes du monde entier, à certaines heures, de commander à distance l'instrument et de télécharger les images (mise en service prévue cette année)

Lors de la manifestation Inet2000 à Yokohama le professeur Mark Ellisman pilotait son microscope électronique de son laboratoire de San Diego. L'objectif dans ce cas est de permettre l'accès à des équipes de recherche de matériels très onéreux et sous-utilisés

1.2.1.6 L'arrivée du haut débit et de l'accès internet nomade

2000 est l'année qui voit un début de concrétisation des mutations vers les hauts débits, grace à de multiples technologies ( voir page 145) et vers les acces nomades ( voir page 153) qui vont entrainer en 2 ou 3 ans une mutation aussi importante que celles que nous avons connu en passant de la radio crachottante à la TV couleur de haute définition.

Bien entendu cela aura une influence forte sur les usages (type de sites, type de logiciels, usage de la vidéo, interactivité, télétravail, interconnection des bureaux d'étude, ...) et les pays qui sauront disposer avant les autres d'infrastructures à haut débit offriront à leurs entreprises un avantage compétitif déterminant

1.3 Un développement explosif: une "Hot-Technologie"

1.3.1.1 Dans tous les pays développés une croissance exponentielle: les "dog years"

Il est bien entendu difficile de donner des chiffres sûrs pour les données caractérisant Internet, principalement pour les raisons suivantes :

A tel point que certains parlent de "dog years", année de chien : une année réelle en contient sept

Ce mouvement a connu une nouvelle accélération avec la baisse des prix des télécommunications (suite au développement de la concurrence) et l'internet gratuit :

L'accès gratuit ne concerne pas que les internautes: dès juillet 1999, 28% des PME Anglaises l'utilisaient (17% en France)

Le provider Freeserve www.freeserve.com , filiale de Dixons, www.dixons.com à lui seul, annonce avoir atteint en 2 mois le nombre d'internautes (100.000) que Wanadoo www.wanadoo.com avait conquis dans ses 2 premières années d'activité, (en août 1999 il atteignait 1,75 millions de client et son introduction en bourse le valorisait à 3,5 milliards de dollars)j

En Grande Bretagne, selon les analystes déjà 40% des internautes profitent aujourd'hui de la gratuité proposée par plus de 250 fournisseurs d'accès (début 2000), et X-Stream, www.x-stream.com qui a déjà 250.000 clients suivi par Tempo avec screaming.net www.screaming.net offrent même la gratuité des communications téléphoniques en heure creuse . la plupart offrent également adresses e-mail et hébergement de site web personnel

En France au mois de juin 1999, quelques mois seulement après la première initiative on comptait déjà en France près d'une dizaine de fournisseurs d'accès gratuits (Liberty Surf, www.libertysurf.com partenaire de Darty affiche 130 000 clients, Free www.free.com 100 000, World Online www.worldonline.com 70 000, Freesurf www2.ida.net/freesurf 60 000, Fnac.net www.fnac.net 40 000, VNU.net webserv.vnunet.com 20 000, Lokace www.lokace.com 20 000 : même s'il serait déraisonnable d'additionner tous ces chiffres l'ampleur du mouvement est impressionnant ...

En juin 2000, d'après MédiaMetrix, Free recevait plus de visites queAOL, Microsoft, MSN, Voilà ou Club-Internet!

De nouveaux apparaissent chaque jour :

Freesbee www.freesbee.fr de None Networks (qui a démarré avec un premier tour de table de 163MF), a acheté des minutes en gros et facture les communications au prix de détail de France Télécom empochant ainsi une marge substantielles (le montant en est évidemment secret mais Netsurf rappelle qu'aux USA elles sont de l'ordre de 25%): ce modèle n'est pas sans rappeler celui du kiosque...

Mieux que gratuit le groupe Serveur www.accesinternet.com rémunère 1F de l'heure l'internaute dépassant les 35h par mois de connexion car ses revenus proviennent de la publicité et sont conditionnés par le nombre de pages vues

En plaçant la barre toujours plus haut Free4u.fr www.free4u.fr offre la moitié de son capital à ses premiers abonnés et revendique pour son lancement en Allemagne 40.000 utilisateurs au bout de 3 semaines)

Toutes ces surenchères conduisent évidemment parfois les provider, dépassés par les réponses des internautes à ces produits d'appel à ne pouvoir faire face au "succès" (Alta Vista et Ezesurf en Grande Bretagne, World OnLine, OneTelNet, Free ADSL,... http://adim.asso.fr/articles/296.html

Offrir un accès gratuit à ses clients, permet de se mettre en position de mieux les connaître et de pouvoir leur faire des propositions commerciales susceptibles de retenir leur attention : c'est le cas de Dell et de Gateway

Ce nouveau créneau conduit certaines entreprises à vendre de "l'internet gratuit clef en main": c'est le cas de Internet Telecom (maintenant Eircom.net www.eircom.net/ voir page 82

Ceci a obligé les fournisseurs traditionnels à revoir en profondeur leur politique tarifaire (forfaits tout compris) en y incluant les couts de télécommunication

Pour une vue d'ensemble à jour: www.journaldunet.com , www.internetgratuit.com ou www.benchmark.fr

La qualité des services fournis pourra d'ailleurs être comparée aux sites payant grâce au benchmarking permanent effectué par le club des webmestres francophones www.ovh.net/fa/0.html

Aujourd'hui par exemple dans les pays avancés il est fréquent que chaque membre de la famille dispose de son ordinateur et on commence à voir apparaître une mise en réseaux locaux par une boucle Ethernet (en utilisant par exemple comme support le cablage électrique du logement)

BVRP Software www.bvrp.com lance "Internet Family" qui permet pour moins de 1000F d'installer en quelques minutes un réseau (intranet) permettant de n'avoir qu'un seul accès internet (et donner aux parents la possibilité de superviser les accès) de jouer en réseau et d'avoir des banques de données ou de logiciels accessibles à partir de chacun des ordinateurs de la famille

L'écart est encore plus frappant dans le commerce électronique selon que l'on compte les paiements électroniques ou les décisions d'achat conclues à travers le Web et que l'on intègre ou non l'EDI : il est alors de plusieurs ordres de grandeur! (aux USA il ne s'achète en 2000 que 3% de voitures en ligne mais d'après le cabinet JD Power 40% des clients ont utilisé internet dans le processus d'achat. il en va de même dans le domaine de la santé voir page 62)

Le rapport annuel de l'AFTEL ( www.aftel.fr) "internet : Les enjeux pour la France" offre une analyse très fouillée sur ce sujet

Les chiffres ci-après sont donc donnés à titre d'ordre de grandeur et l'on gardera présent à l'esprit que d'autres sources peuvent fournir des chiffres sensiblement différents, "78,3% de statistiques sont fausses" assurait un économiste, gageons que pour l'Internet, le chiffre est encore supérieur

Mais tous concordent quant à la rapidité de l'évolution et au classement des pays relatif à leur niveau d'usage de ces technologies.

Principales sources utilisées pour ce rapport qui vous permettront, si ce document n'est entre vos main qu'au delà de 2001 de mettre à jour les données ci-après

Mediamétrie www.mediametrie.fr, Médiangle www.mediangle.fr, Net Value www.netvalue.com Afa (association française des fournisseurs d'accès) www.afa.fr , e-business Forum www.ebusinessforum.com NUA : http://nua.ie/survey ou www.nua.ie/Surveys, GFK www.gfk.cube.net, FIND/SVP www.findsvp.com, Intelliquest: www..intelliquest.com ), Netcraft, www.netcraft.com/survey, source Network wizards www.nw.com/zone/WWW/top.html , datamonitor - www.datamonitor.com , Strategie Internet www.strategie-internet.com , Matrix Information Service www.mids.org Forrester www.forrester.com, ZDNet www.zdnet.fr ,idc Research www.idcresearch.com www.idc.fr et www.idc.com, www.3.nikeibp.co.jp, NOP : www.nop.co.uk, Ripe www.ripe.net/statistics et Nic France www.nic.fr/Statistiques,

Comme ce rapport n'a pas été écrit en un jour, il est même vraisemblable que pour des données en évolution rapides, comme la capitalisation des start-up, il y ait des incohérences entre plusieurs chiffres que nous citons : pour ne donner qu' un exemple, Yahoo ! était coté 8 Milliard de dollars quand nous avons commencé cette mise à jour, il en vallait 100 au début de l'année et 40 au moment où ces lignes sont écrites depuis début 2000 son CA a été multiplié par 2, son bénéfice par 4 et sa valeur divisée par 4: combien vaudra-t-il quand vous lirez ces lignes?

Notons que ces mouvements ultrarapides (il n'est pas rare qu'une entreprise cotée plusieurs dizaines de Milliards de Francs perde la moitié de sa valeur en 24h sans raison majeure) ne sont pas propre aux start-up (Apple a ainsi perdu 8 milliards de $ soit la moitié de son capital le 29 sept 2000 et SUN 37 Milliards de dollars dans la matinée du mardi 4 avril,...avant de les regagner l'après midi et le 14 Avril c'est 30% du PIB américain qui s'est "évaporé" sur le Nyse à cause d'une statistique médiocre sur l'inflation):

il faut davantage en rechercher la cause profonde dans le fait que les outils de l'internet ont considérablement accéléré tant la circulation de l'information que la vitesse de prise de décision et d'exécution des ordres ce qui accroit le panurgisme (je décide en fonction de ce que je pense que les autres pensent que je pense...) et les effets de panique associé

"la réalité est que le marché monte, pour la seule raison qu'il monte" Henry Kaufman, pionnier de la prévision financière chez Salomon Brothers

"les excès, à la hausse comme à la baisse s'inscrivent dans la démesurede la rupture technologique en cours" Fabrice Moullé-Berteaux, JP Morgan

...et si de nombreuses entreprises se créent d'autres disparaissent dans ce torrent tumultueux qui déferle sur l'économie mondiale où il n'existe pas de recette pour une vie à l'abri du risque!

La durée de vie moyenne d'une entreprise est tombée aux USA de 13 ans il y a quelques années à 4 ans en 1999 par suite de fusions, rachats, démantèlement, fermeture (William Daley, Secrétaire américain au commerce)

Une statistique de Broadvision montre qu'en 1999 ce n'est pas moins de 6008 entreprise qui ont été rachetées dans ce secteur pour un montant de 1200 Milliards de $

...et Mark Walsh, créateur de Verticalnet www.verticalnet.com entreprise précurseur dans l'organisation des communautés virtuelles de conclure son exposé de présentation par cette citation d'Albert Einstein "il n'y a que 4 ou 5 personnes au monde qui comprennent véritablement ma théorie. Je n'en fais pas partie"

Ces chiffres ne prennent pas en compte les pages personnelles des internautes (home pages un site comme xoom ( www.xoom.com) en héberge à lui seul 4,5 millions, geocities ( www.geocities.com) 2,5 millions et leur équivalent français Multimania ( www.multimania.fr) 40.000

1.3.1.2 Les statistiques cachent plus de choses qu'elles n'en montrent: les "achats Online" ne sont que le sommet de l'iceberg

Ces estimations qui ne prend en compte que les ventes en ligne stricto sensu nous paraîssent très fortement sous estimer l'importance des évolutions en cours puisque Cisco à lui seul déclare avoir réalisé un CA supérieur à 7,9 milliards de dollars sur le WEB en 1999 (65% de son CA), que le courtage en ligne aura représenté 145 Milliards de dollars et que selon Forrester Research 8 % du montant des commandes des grandes entreprises américaines passe par Internet et 7 % par les réseaux "à valeur ajoutée" (soit 300 milliard de dollars).

International Data Corporation - www.idcresearch.com - prévoit de voir passer ce montant à 220 milliards de dollars en 2001, dont 26 en Europe.

Forrester research dont les prévisions sont jusqu'alors chaque année dépassées par la réalité annonce en octobre 1999 un montant de 1.660 Milliards de dollars pour 2003 (108 pour les ventes aux particuliers, 1330 pour les échanges de produits interentreprises et 220 pour les services), sans prendre en compte les 3.000 Milliards de dollars correspondant au courtage en ligne, ni les 200 Milliards de dollars de transactions qui devraient être réalisées sur le seul réseau ANX de l'industrie automobile

En 2000 au niveau mondial nous ne sommes qu'au tout démarrage du commerce électronique (source Forrester)

Pour la France il était évalué à 400MF en 1998 et, avec un taux de croissance de 170% par an, la barre du milliard a été dépassée en 1999 (1,3Milliard) pour une prévision de 60 Milliards de F en 2003 (estimations citées par François Pinault)

(datamonitor - www.datamonitor.com - fournit des chiffres pour l'Europe et www.strategie-internet.com pour la France)

Mais il faut néanmoins se méfier de ces chiffres qui sous-estiment fortement le poids réel que prend internet dans le commerce :

Auto By Tel par exemple, dans la mesure où la voiture n'est pas achetée en ligne, n'est pas pris en compte dans ces chiffres alors qu'il représente à lui seul 3 milliards de$ en 96, 6 milliards en 97, et en prévoyait 8 en 98

Cisco, 7,9 Milliards de dollars de vente sur internet en 1999 (dont 2,1 de bénéfice net) ne vend pratiquement que les pin's et les casquettes avec paiement "en ligne"(Bill Finkelstein séminaire Aftel NY nov 98)

De même pour le commerce interentreprises ces chiffres n'intègrent pas l'EDI qui pourtant bascule rapidement sur le protocole Internet

Le projet ANX www.anxo.com voir page 140 de l'industrie automobile americaine, en cours d'implémentation devrait pourtant représenter à lui seul 100 milliards de dollars de commandes et facturations et la gestion des achats publics, notamment américains, davantage encore (le PEE de Washington estime le montant des transactions par EDI à 850 milliards de Francs en 1998).

"regarder l'influence économique d'internet à travers les statistiques d'achat en ligne, c'est comme vouloir réduire la TV au téléachat" (Hugues Séverac)

On se rend compte en effet que progressivement Internet devient aux USA, dans de nombreux domaines, le véritable marché directeur, le marché de référence : même si l'achat se réalise dans une boutique, le client aura préalablement rassemblé des documents, comparé des offres, jusqu'à dans certains cas finaliser son choix, en consultant l'internet :

Forrester Research prévoit que dans trois ans la moitié des acheteurs d'automobiles auront au moins recherché des informations sur le véhicule sur le web avant de l'acheter

L'étude Starch AOL (août 98) montre que dès aujourd'hui les ¾ des internautes américains vont chercher des informations sur les produits qu'ils envisagent d'acquérir

Cyberdialogue de juillet 98 indique que 1/3 des internautes avaient fait des achats en pharmacie après une recherche d'information sur internet (15.000 sites sont consacrés à la santé...)

Metifax www.mfg-net.com estime que 42% des industriels prennent leur décision d'achat de machines outils sur internet (étude Atelier BNP-Paribas sur la machine outil, juillet 1999

1.3.1.3 Erreur que de croire qu'il y a d'un côté la net-économie et d'un autre l'ancienne: les Click & Mortar

Ce serait une grave erreur de considérer que Internet et vente dans les boutiques traditionnelles sont deux mondes indépendants qui peuvent se borner à s'ignorer ou à se combattre.

Dans de nombreux cas la recherche d'une symbiose peut se révéler mutuellement très profitable : le site prépare la vente et la prolonge

Autre synergie possible, particulièrement développée au Japon, l'utilisation de la boutique pour la livraison, règlant ainsi le difficile problème de la logistique "capillaire" jusqu'au domicile du client. Le problème du paiement est alors de ce fait automatiquement résolu

Au Japon il y a 30.000 "Combini" (seven-eleven, lawson,) . Tout japonnais vivant en milieu urbanisé est à moins de 10 minutes d'un tel magasin ouverts quasi jour et nuit. Il peut passer commande depuis chez lui, depuis son téléphone portable (de plus en plus: 40% visé) ou depuis la boutique

La livraison se fait dans le combini 13% (qui peut lui-même livrer à domicile). Le client prend alors possession de la marchandise et paie au Combini, tant et si bien que les paiements en liquide (9%) dépassent de très loin les paiement par carte (6%)!! (Gilles Etienne, PEE de Tokyo)

Pour stigmatiser ce concept majeur d'une stratégie de symbiose entre commerce électronique (virtuel) et boutiques "en dur" ("Brick & Mortar" en anglais), les américains nomment ces nouveaux commerçants "Click & Mortar" (ou aussi, clin d'oeil aux entreprises créées autour d'une stratégie "tout internet" appelées les "dot.com", car elles ont souvent choisi leur nom de domaine comme marque (amazon.com = amazon-dot-com), ces Click & Mortar sont surnommées les "dot.bam" (bam= Brick & Mortar....)

L'entreprise Grange, http://www.grange.fr créée en 1905 à Saint Symphorien sur Coise fabricant de meubles haut de gamme de style, 80% d'export (dont Bill Gates et la reine d'Angleterre), dote ses 250 distributeurs dans 20 pays (avec boutiques et commerciaux itinérants) du logiciel Caméléon qui permet à ceux-ci de concevoir le meuble, en temps réel, à partir d'éléments modulaires ou paramétrables, de calculer le prix en temps réel et de lancer ainsi sans surcoût et sans délai, la prise de commande, la mise en fabrication et la facturation (que ce soit depuis la boutique ou depuis le micrordinateur portable du vendeur)

Objectif, outre les économies administratives et de stockage: une augmentation de 50% en 3 ans du chiffre d'affaire, car jusqu'à présent seuls 35 distributeurs étaient capables de vendre du meuble sur mesure

Des entreprises "virtuelles" comme Homeportfolio www.homeportfolio.com ou NamesUKnow www.namesuknow.com s'attachent à fédérer autour de leurs enseignes des boutiques de meubles réelles en présentant leurs catalogues sur le web

De même il n'y a jamais eu autant de salons professionnels, justifiés par le besoin de se rencontrer, que depuis que l'Internet se développe ... et ses salons utilisent largement Internet pour leur organisation, les inscriptions et "l'après salon"

Il serait donc stupide de s'enfermer pour des commodités statistiques dans une opposition entre "commerce en ligne" et "commerce traditionnel": on peut penser qu'à terme un très grand nombre de transactions seront mixtes avec une partie sur internet et une partie dans les boutiques traditionnelles car l'acte de commerce est complexe et ne saurait se réduire à la vente stricto-sensu (études de marché, marketing, informations techniques, informations commerciale, publicité, vente, paiement, SAV, club d'utilisateur, mailings,...)

1.3.1.4 La France est en retard : les dernières années du siècle auront vu le décollage ... mais pas le rattrapage.

Si la part des autres pays croissait de façon régulière ce n'était pas jusqu'alors le cas de la France dont le taux de croissance restait alors très inférieur à celui des Etats-Unis ainsi qu'à la moyenne des autres pays de l'Union Européenne.

Cette évolution très inquiétante ne s'est pas poursuivie depuis 98 où les taux de croissance français ont rejoint la tendance mondiale : celle du quasi doublement en 18 mois

Mais pour autant en 2000,notre retard, s'il ne s'est pas aggravé en valeur relative, s'est accru en valeur absolue: D'autant plus que, au fur et à mesure que tout le monde est connecté, cet "instrument de mesure" perd sa signification. Le Challenge se porte sur les usages nouveaux (ce n'est pas aujourd'hui le taux d'équipement en téléphone fixe qui peut servir d'indicateur pertinent pour comparer le niveau de développement de deux pays)

Dans cette optique Jupiter qui a fusionné fin 2000 avec Media Metrix (Jupiter MMXI), développe un "global sophistication index" (USA, puis Suède, Danemark, Norvège,... qui ne laisse pas apparaître notre pays dans le top ten

"la France a une vision trop gadget de la "Nouvelle Economie", il s'agit en fait d'une vraie révolution qui permet d'abord d'abaisser les coûts" Alex Gontier fondateur de Ipin

En 98 avec 6 % de la population connectée (2,87 millions de personnes, NOP Research Group), nous étions loin du Royaume Uni (9 %), des Etats-Unis (27 %) et plus encore de la Finlande (35 %).

"le développement technique de l'Internet en France a pris du retard par rapport aux Etats Unis mais aussi à la Grande Bretagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Scandinavie, l'Australie ou Hong Kong...Par de nombreux aspects ce retard se creuse..." Jean- François Abramatic Président du World Wide Web http://mission-dti.inria.fr/index.html

1999 a démarré de façon beaucoup plus soutenue : notre pays comptait 4,8 millions d'ordinateurs (ou autres plateformes nomades: téléphone WAP, PDA,..) connectés et 6,5 millions d'internautes (IDC www.idc.fr et Forrester www.forrester.com),

En 2000, 30% des foyers possèdaient au moins un ordinateur dont 31% étaient connectés rattrappant ainsi le parc installé dans les entreprises. fin 2000 idc estime à 10,9 millions le nombre d'utilisateurs (à titre privé et/ou professionnel) pour 7 millions d'ordinateurs connectés

Le nombre de sites marchands est passéde 625 en janvier 1999 à 1530 en janvier 2000 (annuaire "le web marchand") mais 2% seulement des foyers ont acheté en ligne (17% aux US et 10% en Grande Bretagne) pour une moyenne de 450$ (1200 aux US), soit en cumul un facteur 23 de décalage si les chiffres de Ernst&Young sont exacts

La part des femmes est passée en un an de 29 à 37% des internautes, ce qui est un signe de plus grande maturité du marché car comme le fait remarquer le Cétélem (aux USA elles étaient déjà 39% en 1998 pour une prévision de 53% en 2002)"ce sont principalement elles qui font leurs achats sur catalogue. Or elles ne réalisent que 25% des achats sur internet, alors qu'elles sont à l'origine de 70% des achats du commerce traditionnel et de 80% des décisions en matière de santé".

Les sites consultés par les femmes (1- astrologie, 2- art&culture, 3- femme, 4- mode-beauté, 5- nourriture) sont très différents de ceux consultés par les hommes (1- "personnals", 2- adulte, 3- science&techno, 4- sport, 5- news) étude netvalue www.netvalue.com sur les USA. Ils diffèrent également fortement suivant les pays en France les sites les plus fréquentés par les femmes sont 1- "femmes", 2- logement, 3- art&culture, 4- cartes électroniques, 5-emploi. En Allemagne après les cartes électroniques arrivent"chat, santé, films et recherche de personnes

Pour des sites comme Marcopoly www.marcopoly.com (France Télécom) premier marchand français d'électroménager à ne vendre que sur internet, l'enjeu est important

Surtout il semble que des groupes comme Pinaut et Arnault, Vivendi et Lagardère se soient maintenant clairement jetées dans la bataille :

pour le groupe Arnault (40 marques, 1000 boutiques, 400.000 collaborateurs 20 millions de clients): Europ@web www.europatweb.com (dirigé par Chahram Bechara et doté de 3,3 milliards de Francs), a un portefeuille d'une cinquantaine de participations évaluées en juin 2000 à 20 Milliards de Francs. Parmi les plus significatives on notera Libertysurf, Nomade, Aucland, sephora.com, eluxury.com, Zebank http://www.zebank.com, E-loan, un développement des ventes online avec Christie's, Proxchange, Flutter.com, Artprice.com, eQuesto, QXL, Metamarkets.com, Adonsale.com, immostreet.com, lokau.com, peoplesound.com, Mp3.com, compilo.com, respublica.fr, homevillage.com, camdens.com, Netflix, @Home, PlanetRX, Webvan, WineandCo, Zurban, Quios, Alafolie.com, Netvalue, Moonfruit, Leisureplanet, Planet Qx, Sportal, Oxygen, Imediation, 1-800-Flowers, Compilo, feu Boo.com, I-collector.com, E-bay, Datek Online www.datek.com, Firstmark (qui a obtenu une des 2 licences nationales pour la boucle locale radio)AXS Telecom

pour Pinault Développement du commerce électronique avec La Redoute et la FNAC www.fnac.com (rachat d'Alibabook www.alibabook.com malgré l'offre concurrente du célèbre cyberlibraire Amazon.com) et lancement du fournisseur d'accès gratuit Fnac.net rebaptisé Mageos et transformé en un ambitieux portail en association avec TF1, développement du commerce online chez sa filiale Sotheby's, il exploite 45 sites marchands dans le monde et détient 40% du marché du livre sur internet et 25% du textile mais joue beaucoup plus la stratégie du "click& mortar ( voir page 29) associant commerce online et commerce traditionnel, et une participation significative dans trade-match.com, site de gestion d'appels d'offre interentreprises, Mobile Planet aux USA, Hortussoft, Robopost, .

pour Lagardère Grolier interactive, EuropInfo, Matranet, Interdéco Multimédia, Club-internet

pour Vivendi:, Bonjour, World Media Live, Nathan Entrainement, Internet Ecole,... le virage a véritablement été amorcé en 2000 avec Vizavi

Il est malheureusement beaucoup plus difficile de trouver des statistiques significatives de la partie immergée de l'icebergue, c'est à dire les utilisations véritablement performantes du protocole internet dansle fonctionnement même de l'entreprise, même si l'on peut supposer qu'il y a une certaine corrélation entre les usages professionnels et personnel de ces outils

Tout en restant prudent dans les comparaisons face à l'hétérogénéité des sources on peut citer quelques chiffres rassemblés par NUA ( www.nua.ie/Surveys)

Ce pays avec 5,2% du secteur Internet en Europe, s'il est derrière le Royaume Uni (27%) et l'Allemagne (24%) dépasse la France (4,4%)

D'après Forbès les efforts faits par ces pays en matière d'infrastructures de télécom les place loin en tête des pays européens, bien avant les "Grands Pays" (la France arrive en 10ème position juste après l'Angleterre et l'Allemagne): la Suède a supprimé le monopole de son opérateur historique, Telia, en 1993 (et la Finlande n'en a jamais eu), elle en compte 40 aujourd'hui

Mieux encore, dans la vague technologique montante, celle de l'Internet nomade ils ont pris clairement la tête de la course. Aujourd'hui tous les grands acteurs ont un laboratoire dans la Wireless Valley. : ces pays comptent 2 poids lourds dans ce domaine : Nokia (la plus grosse capitalisation européenne (250 Milliards de $ en mai 2000) avant la fusion Vodaphone-Manesmann) et Ericsson

Ces deux constructeurs se positionnent sur ce qu'ils pensent être les 3 centres nerveux de l'Internet avec objectif d'y définir les standards:

Début 2000, 78% avaient un micro-ordinateur, 62% des suédois étaient connectés à domicile et 70% utilisaient régulièrement Internet (4,2 Millions de personnes).

20% d'entre eux travaillaient avec leur banque par l'Internet (40% prévu fin 2000) :

d'après une étude conduite par IBM, après la City Bank les 3 banques mondiales les plus efficaces sur Internet sont suédoises :, la Merita NordBanken, la Handelsbanken et surtout la SEB (groupe Wallenberg)

avec 25% de clients "branchés", la SEB a décidé de fermer 80% de ses agences d'ici 2004, de conquérir l'Europe via Internet (la rentabilité d'un client Internet étant 2,5 fois supérieur à la moyenne) et de porter le nombre de ses e-clients de 570 000 à 5 Millions dans ce délai. Après le rachat de la Bfg (5ème banque allemande) en 1999, elle lance sa Banque directe en Grande Bretagne en 2001

Hans Dalborg président de Meritanordbanken (banque qui avait déjà 250.000 clients sur Internet en 1996) prévoit également d'attaquer les marchés britanniques, allemands français et espagnols par Internet: pour cela il est à la recherche de partenaires lui apportant une forte image de marque et une large base de clientèle pour la banque directe, pas nécessairement des banquiers (compagnie d'électricité, opérateur télécom, entreprise gazière,...)

Le montant des achats sur internet par habitants est 10 fois supérieur au notre

La priorité est accordée maintenant à la connection de tous les foyer en haut débit (de 2 à 10 Mbps): 20% en 2001, 100% en 2005 pour un cout de 200F/mois. Bredbandsbolaget www.bredbandsbolaget.se fondée en 1998 propose dans les résidences qu'elle câble des accès 10Mbps dans les 2 sens pour 200KR (180F) par mois (qui devrait évoluer vers le 100Mbps). Cela peut être couplé avec un forfait de 149Kr par mois pour un accès illimité au téléphone IP

Plus de la moitié des municipalités ont construit leur propre réseau optique à large bande.

En 2001, 100.000 élèves devraient avoir accès au réseau Gigabit

Avec 50 sociétés de capital risque, 8 nouvelles start-up par jour et 40% des introductions en bourse dans le secteur NTIC la Suède prépare l'avenir 5Boxman, Letsbuyit, Jobline, Spray,

A la question sur les difficultés rencontrées par les jeunes entreprises la réponse a été

Un indicateur de l'avance conceptuelle de ce pays au niveau européen : les 4 plus grosses entreprises de conseil stratégique Internet (Web Agencies) sont suédoises: Cell Network/Mandator: 1800 consultants, Framfab: 1700 consultants, Icon Medialab 1250 consultants, Info Highway/Connecta 1130. La 5ème est française avec une taille inférieure à la 4ème suédoise: Fi Systems 550 consultants la 6ème , pixelpark est allemande... avant de retomber sur la suédoise Adera

Tout le monde peut imaginer l'avance que donne à ce pays le fait que ce sont ses consultants qui élaborent la stratégie de la plupart des grands groupes européens, même si le récent remous boursier ont rammené leur capitalisation à des niveaux moins himalayens

Un "petit" pays comme la Finlande avec 1,79 millions d'internautes pour une population de 5 millions d'habitants a deux fois plus de serveurs par habitant que les USA...et dix fois plus que la France.

Depuis janvier 1999,grâce à l'alliance de Citibank, Gemplus et MobilOne, il y est possible de faire ses transactions financières à partir de son téléphone mobile (consultation et suivi des comptes, virements, paiement de factures, opérations boursières,...) et de recharger son porte-monnaie électronique. En 1998 15% des contribuables ont fait leur déclaration d'impôt par l'Internet

les petits Singapouriens apprennent à utiliser l'Internet avant même la lecture et l'écriture et la cité-Etat entreprend un programme spécifique pour initier les personnes âgées (il y a déjà dans ce micro-Etat autant d'ordinateurs que d'habitants)

En matière de publicité, qui est un indicateur de l'usage commercial d'internet, la France ne représentait que 0,3% du total mondial en 1997, 1 % en 1998.( www.journaldunet.com) et 1,5% en 1999 (Forrester www.forrester.com)

autre indice qui pourrait nous réjouir s'il n'était la confirmation du point précédent: sur les 900.000 pages pirates ("warez") la France en compte d'après le BSA (Business Software Alliance) 9.800)

Les sites www.ripe.net/statistics et www.nic.fr/Statistiques sont sans doute ceux qui offrent aujourd'hui la collection la plus riche et la plus à jour de statistiques comparatives : deux tableaux qui en sont extraits illustrent bien la situation :

notre pays ne figure pas parmi les "poids lourds" de l'Europe

Le premier site français, selon le classement établi par la London School of economics est Renault qui se situe au 34ème rang mondial (critères : efficacité, ergonomie, service après vente)

Pour Forrester Research nos sites, à force de privilégier l'esthétisme sont beaucoup trop longs en temps de téléchargement, les moteurs de recherche sont peu efficaces, les outils de cross-selling (suggestion d'un autre achat en fonction des commandes actuelles et passés) sous utilisés, les outils de configuration font défaut, le suivi des commande par le client sont perfectibles, le service client laisse à désirer (25% seulement affichent adresse et numéro de téléphone), les délais de réponse aux mail (quand il y en a) dépassent souvent la demi-journée, l'articulation avec le back-office est insuffisante,...: dans son classement seul Château-Online www.château-online.com se situe dans les 10 premiers sites européen (N°10)

L'usage d'internet a, à l'évidence une forte composante culturelle : on ne peut que s'interroger sur la relation quasi linéaire qui semble s'établir entre l'équipement informatique et....la latitude.

Le même décalage entre Europe du Nord et Europe du Sud ayant été constaté pour la diffusion de l'imprimerie, on peut ou formuler l'hypothèse que l'origine en revient aux organisations "tribales" imposées par les contraintes climatiques

Le Sud, avec ses terres riches, a conduit à des organisations très hiérarchisées autour de la possession de la terre et de la direction des armées chargées de la défendre ou d'agrandir les empires (avec la logique de la "villa romaine" : "je te protège, tu me sers") avec un contrôle étroit des communications entre les sujets toujours susceptibles de comploter pour prendre la place du Roi (cabinet noir)

On remarque que, par contre, dans les logiciels d'intelligence économique , de veille stratégique ou de cryptage ces pays sont performants

Le Nord, où la survie des tribus liée à la chasse, à la pêche ou aux expéditions maritimes, a conduit à des organisations de communautés beaucoup plus petites et moins rigides où le chef était bien davantage un primus inter pares, le plus qualifié pour conduire cette expédition beaucoup plus "en ligne" avec la philosophie de l'internet.

Rappelons par ailleurs que la Finlande n'a jamais eu d'opérateur disposant d'un monopole.

Notons également que le World Economic Forum www.weforum.org classe en terme de compétitivité ces pays à peu près dans le même ordre: la Finlande arrive en première position avant même les USA

L'écart ne semble donc pas être entre l'Europe et l'Amérique du Nord mais entre pays Latins et Pays Anglo-Saxons pour des raisons liées à l'organisation des pouvoirs

"Le continent Européen est divisé en deux, le Nord avec les Pays Scandinaves en pointe et le Sud, plutot à la traine. L'Allemagne se trouve dans une position moyenne" HJ Frank, Deutsche Bank Research

La récente enquête de l'AFTEL montre cependant que le déclic semble s'être produit et que nous commençons à rattraper légèrement notre retard en valeur relative avec une augmentation :

de 66% des machines connectées (juil 98/juil 97), soit 50 % de plus que la moyenne mondiale (+ 41 %) et 20 % de mieux que les autres pays européens (53 %) mais moins que les pays du Sud-Est Asiatique (Network Wizard www.nw.xom, de 160 % du nombre des internautes, de 200 % des sites WEB et de 300 % des pages

Le nombre de "noms de domaine" appartenant à des ressortissants français (dont beaucoup sont en ".com" et non en ".fr" pour des raisons que nous verrons plus loin) atteint 1,21% en 1998 contre 1,23 % en 1997 et 1,15 en 96 du total mondial

Une croissance forte, mais que relativise les mises en perspective européennes et mondiales....

Pour les sites transactionnels, acceptant des paiements en ligne sur 222.000 sites (en augmentation de 128 % en un an) 150.000 sont américains, 10.000 canadiens, 830 britanniques, 800 finlandais et 240 français (source Netcraft : août 98) (NDLR : attention de ne pas assimiler paiement en ligne et commerce électronique : en 1998 58.500 entreprises, soit 39% des entreprises de plus de 10 salariés pratiquent peu ou prou le commerce électronique : source OC2E)

L'enquête 1998 de l'AFTEL soulignait que le micro-ordinateur est maintenant devant la télévision au hit-parade du nombre d'heures passées par les Français devant un appareil (cet apparent paradoxe tient au développement des micro-ordinateurs dans les entreprises où ils sont maintenant omniprésents) et en 1998 où, pour la première fois, la barre du million d'ordinateurs achetés a été atteinte `+66% sur 1997 , il s'est vendu davantage d'ordinateurs que de télévisions.

L'étude 2000 d'UFB Locabail www.ufb-locabail.fr qui procéde chaque année à une étude comparative entre les PME Françaises, Allemandes, Italiennes et de Grande Bretagne est extrêmement riche d'enseignement: elle montre que les marges de progrès qui nous restent à faire pour rattrapper nos voisins n'ont pas diminué d'une année sur l'autre

Certes pour l'équipement informatique nous sommes proches de la moyenne puisque 94 % des PME françaises de 6 à 200 salariés sont informatisées, contre 98% en Allemagne et 97% en Italie et 95% pour l'Europe

Mais ce n'est malheureusement pas le cas pour Internet puisque seulement 61 % de nos entreprises étaient connectées en juillet 99 contre 77 % des entreprises Britanniques et 74 % des entreprises Allemandes.

Ce chiffre est cependant en très forte évolution: 7 % en 95, 14 % en 96, 24 % en 97, 40 % en juillet 98 et alors qu'elles étaient 30% à estimer en 98 qu'Internet ne leur servirait à rien elles ne sont plus que 15% à le dire en 1999 (dont 8% disant qu'elles n'ouvriront jamais de site web)... contre 20% en Allemagne (dont 5% déclarent qu'elles se refusent même à avoir un site)!.

La proportion des entreprises françaises qui déclarent qu'elles n'ouvrirons JAMAIS un site baisse de moitié (8% contre 15% l'an dernier) se rapprochant ainsi de la moyenne européenne (7%)

Or les entreprises connectées sont significativement plus performantes: en prenant pour indicateur le solde des opinions positives et négatives en %: CA +33 contre +17, rentabilité +26 contre +5, Investissement +46 contre +34, effectifs +17 contre +5. Il en va de même pour les projections 2000. Elles exportent également davantage (83% contre 55%)

De plus nos dirigeants "connectés" utilisent beaucoup moins Internet que leurs concurrents: ils ne sont que 45% à se connecter tous les jours contre 63% de leurs homologues Britanniques et 55% pour les allemands.

Nos PME sont également les dernières à utiliser l'e-mail (75% contre 95% en Italie) et pour l'utilisation dans le domaine financier (2% en France contre 28% en Allemagne et 16% en Grande Bretagne, ce qui n'est peut-être pas sans rapport avec le retard de nos Banques)

Malgré un doublement depuis l'an dernier, elles sont également en dernière position en ce qui concerne les sites Web: 27% (13% en 98) contre 38% en GB, 31% en Allemagne et 30% en Italie. Seule l'Ile de France se trouve dans la moyenne Européenne (34%)

Notons toutefois en 1999 un réveil du BTP qui bien que restant la lanterne rouge (47% des entreprises connectées, 26% des patrons du secteur pensent encore qu'internet ne leur servira jamais) a en un an plus que triplé le nombre de ses sites et doublé le nombre de ses ordinateurs. Par ailleurs les patrons connectés sont en pourcentages les plus nombreux à utiliser effectivement l'Internet (71% contre 63% dans l'Industrie)

La logistique reste dans le peloton de queue (moins de la moitié des entreprises connectées (48%) contre une moyenne de 70% dans les services, avec de surcroit un faible usage pour les relations client et une croissance d'une année sur l'autre juste au niveau de la moyenne des secteurs) alors qu'elle va être avec la banque le secteur le plus "impacté" par l'accélération de l'économie en se situant sur le chemin critique de la nouvelle économie: si Internet a vocation à devenir son système nerveux, la logistique restera son système sanguin

Beaucoup plus inquiétant encore est peut-être l'objectif poursuivi par l'entreprise :Alors que 53% des entreprises britanniques et 52% des entreprises allemandes ont pour objectif avec les outils de l'Internet de conquérir un avantage concurrentiel, elles sont moins de la moitié (25%) dans ce cas en France,

De même "apporter un meilleur service aux clients et aux fournisseur" est un objectif pour 82% des PME Britanniques alors que ce n'est le cas que pour 57% des françaises 83% de celles-ci mettant en première ligne la Notoriété

La situation est encore pire pour les PME de plus de 100 salariés: les patrons d'entreprises industrielles de plus de 100 salariés utilisent moins l'Internet que ceux des TPE (entre 5 et 10 salariés) du BTP!, ils sont 95% a développer un site pour leur notoriété et 37% seulement pour apporter des services aux clients (82% pour leurs homologues britanniques) et 10% pour commercer (30% pour les britanniques et 25% pour les PME Françaises de moins de 50 salariés)

D'autres chiffres interessants, analysant finement par secteur d'activité quelques indicateurs de la pénétration d'Internet (mais limités aux industries manufacturières) sont produits par le Sessi: ils sont accessibles à partir du site de notre ministère www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/4pages/pdf/4p137.pdf, www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/4pages/pdf/4p135.pdf et www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/4pages/pdf/4p136.pdf

1.3.1.4.1 Le Minitel : notre langue d'Esope

L'interprétation des comparaisons internationales est particulièrement délicate pour notre pays : il est en effet le seul à avoir connu dans le passé un important développement de la télématique avec le Minitel qui est à la fois:

1.3.1.4.1.1 Un atout :
1.3.1.4.1.1.1 Un fonds de commerce déjà établi pour le commerce électronique (transport, banque, VPC,...)

8,5 millions de terminaux (dont 2,5 d'émulateurs sur PC), 14 000 services, 15 millions d'utilisateurs,

Les Français ont depuis 15 ans l'habitude de taper sur un clavier pour trouver une information, en la payant, ou pour acheter un produit. Aujourd'hui les plus gros utilisateurs du minitel sont aussi les plus gros utilisateurs d'internet

Le chiffre d'affaire du commerce en ligne représentait dès 1996 12,6 milliards de F (3,1 pour les éditeurs, 1,5 pour les facturations directes et 8 pour la VPC sans compter les 3,2 pour France Télécom) soit un chiffre nettement supérieur à ce qu'il était sur internet pour le monde entier (depuis ce chiffre est resté relativement stable alors que nous avons vu que sur Internet il croît de façon exponentielle).

Quant au trafic il poursuit sa légère baisse : -3% en 1997, -4,1% en 1998, baisse compensée par une hausse de tarif significative : +11%en 2 ans, politique tarifaire classique pour des produits en fin de vie ou il convient de profiter de l'inertie des habitudes pour obtenir le rendement optimal auprès de clients qui hésitent avant de basculer (c'est dans le domaine du marketing la phase qui suit période dite "vache à lait" : c'est celle où on mange la viande)

Henri de Maublanc président de l'Aftel se scandalisait qu'un accès Télétel soit facturé 100 fois plus cher qu'un nom de domaine internet

1.3.1.4.1.1.2 Une profession d'éditeurs nombreuse et prospère grâce en particulier à la formule kiosque qui permet une facturation simple et bien acceptée.
1.3.1.4.1.1.3 Des cyber-commerçants avant la lettre

La VPC a déjà une certaine habitude de la vente en ligne et de nombreuses entreprises, qui ont aujourd'hui une place honorable sur le plan international ont fait ses premières armes avec le minitel,

C'est le cas de Dégriftour, de i-bazar, Telestore, Planfax www.planfax.com, Cadremploi www.cadremploi.fr, floritel www.floritel.com, minitelorama www.minitelorama.com qui ont démarré avec le service minitel

1.3.1.4.1.1.4 Une profession de "télématiciens" performante

Leurs compétences ne sont pas spécifiques à la technologie Minitel 

Notre pays n'est pas mal placé dans les moteurs de recherche sur Internet : écho/voilà, Nomade, Lokace. Sans compter la forte participation de Français à Alta Vista. Les travaux sur le traitement de requête en langage naturel par exemple sont parfaitement utilisable pour l'Internet

Lexiquest www.lexiquest.com (ex Erli www.erli.fr/) qui avait participé aux programmes de recherche dans les annuaires du minitel travaille pour les moteurs de recherche (Hot Bot, verity,...) et il vient de lever 79MF pour se développer sur internet,

GoTo Software www.goto.fr (à hem près de Lille) qui a créé le plus grand club mondial de backgammon sur l'Internet (netgammon) est né du développement de logiciels minitel comme le TimTel

1.3.1.4.1.1.5 Des bases de données et des fonds documentaires très importants

Il est très facile de les rendre également accessibles par internet

Quelques exemples montrent que dans la plupart des cas une migration sur internet est rapide et peu onéreuse. Elle apporte une masse critique et a un effet d'entraînement certain. Le développement sur Internet de formules offrant les mêmes avantages que le kiosque, sans le handicap d'une facturation uniquement à la durée, devrait permettre de lever bien des réticences.

Le transfert du Minitel à Internet de la base Formatel du conseil régional d'Île-de-France (50 000 stages de formation continue) a été réalisé en moins de 15 jours. Pour sa part JetMultimedia www.jetmultimedia.fr puise dans les mêmes bases de données pour son service Minitel et pour ses pages Web.

L'Aftel estimait qu'en 1999, 95% des sites minitel avaient déjà basculé vers l'Internet: un exemple symbolique minitelorama www.minitelorama.com N°1 des professionnels de l'immobilier sur minitel depuis 1986!

Le projet minitel 2001 devrait permettre une navigation offrant la possibilité d'aller par un hyperlien d'une page web à un écran vidéotexte

Mais bien entendu si les nouvelles possibilités offertes par Internet conduisent, ce qui est en général le cas, à un projet beaucoup plus ambitieux les investissements à consentir peuvent alors être significatifs.

1.3.1.4.1.1.6 Des ressources financières confortables qui permettent le financement du web

C'est souvent le même service qui a en charge Minitel, Audiotel et Internet et les marges des premiers permettent de couvrir l'inévitable déficit du Web pendant les années de développement et de montée en puissance, alors même que le modèle économique est encore incertain (abonnement, publicité, liens commerciaux, portail, commerce électronique, services à valeur ajoutée,...):

C'est le cas par exemple pour les journaux comme Le Monde, le Parisien, libération, Investir ou "Les Echos" (qui indique même que le minitel a profité de la promotion en sa faveur sur le site Web!!!...)

1.3.1.4.1.2 Un handicap :
1.3.1.4.1.2.1 le Minitel a renforcé notre tendance à raisonner au niveau Franco-Français

Il est considéré à l'étranger comme le reflet d'une société hiérarchisée, au centralisme pesant, où le contrôle de l'information est considéré comme un enjeu plus stratégique que sa large diffusion: Hollande et Finlande nous sont proposés comme contre modèles

1.3.1.4.1.2.2 il nous a plus habitué à payer le temps que l'information

La tarification est diaboliquement efficace : grâce au système kiosque elle sait se faire oublier et le niveau pratiqué (de l'ordre de 2 à 3F/minute) correspond au coût social acceptable pour les loisirs (ramené à la minute c'est le prix du théâtre de la voiture ou du restaurant)

France Télécom ne peut espérer une maîtrise d'Internet analogue à celle du Minitel (L'opérateur bénéficierait en outre d'un pouvoir exorbitant du droit commun : celui de couper la ligne téléphonique de celui qui ne s'acquitte pas de sa facture Minitel ) et ne souhaite sans doute pas une mort trop rapide de la poule aux oeufs d'or6(*). On ne peut que constater que son engagement sur internet a été au début tardif et timide

Quand Wanadoo visait un objectif de 100 000 abonnés fin 97 T-online son homologue allemand en revendiquait 1,9 millions.

Aujourd'hui en 2000 France Telecom a "changé de braquet". Wanadoo a repris la tête de la course en France avec 1,2 millions d'abonnés mais les inerties sont grandes, (T-online à dépassé 6,5 millions de clients et Dixons-Freeserve, un des 80 opérateurs britanniques offrant l'Internet gratuit en avait conquis 1,5 millions en 6 mois seulement!)

En terme de fréquentation, d'après l'étude médiamétrie de sept 2000, le site en tête du classement, fin 2000 est le suédois Caramail avec 25,5 millions de visite

1.3.1.4.1.2.3 la confortable facilité de gestion d'un outil qui permet de facturer bien des choses...

C'est une autre source de blocage clairement perceptible : les entreprises, banques, organismes et même certains services administratifs facturent par ce biais, de façon parfois tout à fait discutable, les informations délivrées au public.

Au début du minitel peu de directions générales y croyaient : elles n'ont laissé leurs directions informatiques s'y lancer que dans la mesure où celles-ci autofinançaient l'opération, ce que le kiosque a permis.

L'opération s'étant soldée par un franc succès le minitel est devenu une source de revenu offrant dans bien des cas un appréciable confort de gestion aux services qui avaient su prendre le pari : on comprend leur réticence à abandonner une telle rente de situation

Dans les services publics en particulier, par exception à la non-affectation des recettes, le minitel apportait une ressource exceptionnelle flexible dont la disparition est fortement appréhendée car elle trouvera difficilement une compensation budgétaire

Un exemple la Météo nationale: elle cherche pour maintenir ses ressources avec la décrue prévisible du minitel, à vendre au moins ses prévisions à 5 jours, mais comment faire quand ces informations sont publiées gratuitement par ses homologues américains? Par ailleurs pour vendre des services personnalisés comment conjuguer micropaiements et comptabilité publique?

Il est clair que sur le WEB elles ne pourront pas se permettre de facturer la délivrance d'un billet d'avion, les résultats à un concours d'entré ou un appel d'offre paru au BOAMP Cela privera les services concernés d'une ressource appréciée pour l'indépendance qu'elle leur apportait

Le BOAMP n'est gratuit que depuis le 19 janvier 1999 www.journal-officiel.gouv.fr/boamp/R1.htm

Quand une banque faisait le travail (avec le chèque) c'était gratuit, quand c'était le client qui le faisait (paiement par minitel) c'était payant !

Récemment un banquier nous expliquait que cela était normal puisque le service était amélioré ... cela ne suppose-t-il pas une entente pour éviter la concurrence ? Une telle entente est-elle susceptible de survivre à la concurrence européenne? A la concurrence de non-banquiers?

Le Crédit agricole de Loire Atlantique essaie de transposer cette habitude française sur le web en facturant 3F la connexion alors qu'a l'inverse le Monde rapporte qu'une compagnie aérienne américaine accorde une réduction pour les billets achetés par ce canal. &b

La Société Générale prévoit actuellement de faire plus fort encore puisqu'elle s'économise une opération de guichet qui coûte environ 1$ (et revient d'après les études américaines à 0.01$ sur internet)...et elle envisage de la facturer 6F et de laisser l'abonnement Internet et la communication téléphonique à la charge de son client!!

1.3.1.4.1.2.4 apportant une réponse partielle mais rapide aux besoins principaux il limite l'appétence pour le web

Pour les horaires de train, annuaires, réservation de spectacles, services bancaires, le minitel apporte une réponse rapide et précise. Il réduit ainsi la pression de la demande et beaucoup de décideurs pensent qu'internet ce n'est que du minitel avec des images sans percevoir la mutation radicale qu'il apporte

"Avoir quelque chose qui fonctionne vous rend moins enclin au changement" Esther Dyson présidente de l'EFF

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Un seul chiffre illustre cette différence de nature dans les usages : l'internaute passe 7 fois plus de temps sur le réseau que le minitelliste et cette différence s'accroît puisqu'en un an cette durée a augmenté de 13% pour internet et baissé de 4.1% pour le minitel.

Nous avons constaté aux Etats-Unis que beaucoup de cadres ou de chefs d'entreprises avaient commencé à utiliser internet pour des usages personnels (organisation de voyages, relations avec les banques, recherche d'informations dans le cadre d'un hobby,...). Ne disposant pas d'un minitel, ils ont dû utiliser internet (souvent incités par leurs enfants... ou leurs parents retraités).

La transposition vers l'entreprise s'est ensuite faite tout naturellement.

M. Heckel Pdg de l'entreprise Lemaitre-Sécurité, fabricant de chaussures de sécurité à La Walk en Alsace www.lemaitre-securite.com , a ainsi commencé par utiliser internet pour rechercher des informations dans le cadre de son hobby (l'aviation,...) et y rencontrer d'autres passionnés, avant d'en faire une arme commerciale pour son entreprise.

1.4 Internet et les technologies traditionnelles de transfert de données électroniques

1.4.1 Internet : quoi de plus que le Minitel ?

1.4.1.1 beaucoup d'avantages :

1.4.1.1.1 Il est mondial :

89 % des acheteurs sont des hommes (étude Zdnet France 1998) : c'est aujourd'hui le contre modèle de "la ménagère de 50 ans" qui sert de référence pour le marketing traditionnel, notamment à la télévision.

La filiale luxembourgeoise d'une grande banque française a constaté que les 25 % de sa clientèle passée sur Internet représentait 65 % des transactions totales (AFP)

SEB banque appartenant à la Galaxie Wallenberg constate que les clients qui ont basculé sur internet lui rapportent 2,5 fois plus que la moyenne

1.4.1.1.2 Peu onéreux ... et en baisse rapide

(Encore que ceci soit à relativiser pour la France où, par suite du monopole, les tarifs de télécommunication sont très élevés. Mais des baisses substantielles ont eu lieu en 1998 et d'autres sont prévisibles avec l'accroissement de la concurrence)

En France, Infonie offrait un PC multimédia pour 1990 F avec un abonnement de 199 F par mois sur 2 ans.

Aux Etats-Unis Empire.net www.empire.net offre même gratuitement le PC à condition de souscrire son abonnement à 175 F/mois (rappelons que les communications locales sont généralement gratuites aux US).

Le prix moyen d'un ordinateur vendu en 98 a baissé de 43 % sur 1997 malgré un accroissement sensible des performances

Voir page 25

Le fournisseur d'accès se rémunèrent sur la publicité figurant sur sa page d'accueil et par le reversement d'une fraction du coût des communications téléphoniques (Free.fr www.free.fr, Freesurf www.freesurf.fr, Libertysurf www.libertysurf.com, World Online Liberté www.worldonline.fr, VNUnet Online www.vnunet.fr, Lokace Online www.lokace.fr,) .

Free.fr et libertysurf offrent même l'hébergement de pages personnelles

X-Stream en Grande Bretagne offre la communication téléphonique pendant les heures creuses

On voit même apparaître des offres où l'internaute assidu est payé (1F de l'heure : Accès Internet Gratuit www.accesinternet.com) à condition d'accepter des publicités quelque peu invasives

Comme le soulignent leurs promoteurs le "gratuit" est paradoxalement un gage de qualité car les clients ne sont prisonniers d'aucun contrat et si la qualité faisait défaut, le provider serait immédiatement condamné

Netgem commercialise, depuis 1997, la NETBOX, qui permet d'accéder à internet en utilisant l'écran de la télévision, pour moins de 2000F www.netgem.com et la start-up Walawa va les intégrer dans une nouvelle génération de téléviseurs avec un surcout prévu de 15 à 20%

Alcatel prévoit de lancer le webphone "minitel" de l'internet, plus simple et plus rapide d'utilisation qu'un ordinateur. son challenge: tomber en dessous de 1000 à 1500F pour être compétitif avec des ordinateurs beaucoup plus puissants qui ont crevé le plancher des 3.500F)

1.4.1.1.3 Il offre quantité de fonctionnalités nouvelles

Communiquer , échanger, publier, rechercher de l'information, télécharger des logiciels ou de la musique, acheter, vendre, permettre à une équipe dispersée de travailler efficacement, télésurveiller ou téléagir, voici quelques fonctionnalités inexistantes ou embryonnaires sur le minitel Voir page 18

1.4.1.1.4 Il conduit à la "convergence" entre Téléphone, TV et information

Le protocole TCP/IP permet une "convergence" entre la voix, les données et la TV : il ne s'agira dorénavant que de faire circuler des "paquets" d'informations numérisées qui pourront cohabiter sur les mêmes voies de communication (paire de cuivre, câble, satellite, radio, fil électrique, ...)

Ceci pose aujourd'hui des problèmes

Cela étant convergence sur les moyens de transport ne signifie pas convergence sur les terminaux dont l'ergonomie correspond à des usages très différents :

Certes le téléphone fixe ou portable et la télévision donneront accès à Internet mais on imagine plutôt une diversification et une multiplication des types de terminaux que leur convergence sur un micro-ordinateur à tout faire

De même que le moteur universel dans l'outillage à main a laissé place à des outils électriques spécialisés mieux adaptés à chaque usage, on commence à voir apparaître à l'état de prototype de plus en plus d'appareils connectables à Internet : baladeur RIO (musique), web phone (téléphone), webTV (broadcast), stylo (signature),voiture (cartographie, guidage,...), réfrigérateur (gestion du stock), WC (analyse médicale), machine à laver (télémaintenance),...

1.4.1.2 Mais encore quelques problèmes à régler :

1.4.1.2.1 Des problèmes de sécurité
1.4.1.2.1.1 Sentiment d'un manque de confidentialité, crainte de vol d'informations commerciales ou de numéro de carte de crédit,

Si personne ne rapporte le cas de vols, pendant leur transmission, de numéros de cartes protégées par le cryptage standard (SSL), on ne compte plus le nombre de magasins ou de banques "dévalisées" de leurs précieux fichiers de cartes de crédit, que les achats aient été fait dans un magasin, par téléphone, par fax ou par Internet: le problème de sécurité est beaucoup plus lié à la carte qu'à internet mais il n'en reste pas moins que ce sentiment d'insécurité, même injustifié handicape le paiement en ligne

Un pirate a été jugé aux USA fin 1997 pour le vol de pas moins de 100.000 numéros de cartes de crédit... mais, il faut le souligner, ce vol avait eu lieu dans les fichiers du marchand et non sur Internet,

En janvier 2000 c'est 25 000 numéros de cartes toutes les coordonnées qui sont volées par un pirate Russe de 18 ans dans une firme de CD

le 8 septembre 2000 c'est la Banque Western Union qui se fait voler les coordonnées de 15 700 cartes de crédit, de même que dans le conflit du Kosovo, selon les média, la CIA avait projeté de s'attaquer aux banques dans lesquelles sont les avoirs du dirigeant Serbe et non à ses virements.

1.4.1.2.1.2 Difficultés d'identification des sites et des correspondants : sont-ils ce qu'ils prétendent être?

Existent-ils même?

Les sites en ."fr" apportent de ce côté une certaine sécurité car l'attribution du nom de domaine ne se fait qu'après des vérifications analogues à celles pratiquées jusqu'à présent pour les sites minitel

Pour les sites déclarés auprès de l'Internic, http://ds2.internic.net/ds/webfinder/WebFinder.html vous permet de connaître la liste de tous les noms de domaine déposés par une société

Inversement http://ds2.internic.net/wp/whois.html vous fournit les coordonnées du possesseur d'un site (en particulier les "com", mais ces informations ne font que reprendre les déclarations et ne sont pas vérifiées

Sans oublier www.internic.com qui fournit une information plus riche sur les sites enregistrés

1.4.1.2.2 Le cryptage: confidentialité du message, garantie de son intégrité, authentification de l'identité de l'émetteur, protection des archives.

Une des techniques les plus connues est dite "à clefs asymétriques" RSA (Du nom de ses inventeurs: Rivest, Shamir et Adelman). Chaque partenaire de l'échange dispose d'une clef publique et d'une clef secrète.

Intégrité et identification de l'émetteur

Un message crypté avec la clef secrète de Dupont est déchiffré par n'importe qui avec la clef publique de Dupont. Ce message ne peut provenir que de Dupont et son contenu n'a pu être altéré (on dit aussi qu'il est "signé électroniquement par Dupont") : on a la garantie d'intégrité et d'identité.

Confidentialité

Un message crypté avec la clef publique de Schmidt n'est déchiffrable que par Schmidt avec sa clef secrète : on garantit ainsi la confidentialité de l'échange.

Un message crypté successivement par la clef secrète de Dupont et la clef publique de Schmidt ne peut être lu que par Schmidt et ne peut provenir que de Dupont et n'a pu être altéré en chemin.

Authentification de l'identité

Ce système peut être raffiné : si Dupont ne connaît pas personnellement Schmidt, un "notaire" (Verisign www.verisign.com aux USA par exemple) émet un certificat (codé avec sa clef secrète) qui établit la relation entre l'identité de Schmidt et sa clef publique. Le certificat est joint au message. Son décryptage avec la clef publique du notaire garantit que celui qui déclare s'appeler Dupont est bien Dupont.

Bien entendu la clef secrète peut être calculée à partir de la clef publique par essai de toute les combinaisons possibles

D'autres standards de cryptage et protocoles méritent d'être mentionnées: DES (qui devrait être remplacé par l'algorithme Belge Rijndael à la suite d'une sévère compétition internationale), IDEA pour les clés secrètes, Diffie-Hellman pour l'échange des clés, TLS-SSL pour la sécurisation des sessions (paiements on-line), S-MIME pour l'e-mail, X509 pour la diffusion des certificats, ISAKMP/IKE et IPSec pour protéger les transmissions (VPN voir page 117).

De plus n'oublions pas que la protection des données ne concerne pas que les flux (les messages) mais aussi les stocks (la mémoire de l'entreprise). Se faire voler un micro ordinateur dont le disque dur non crypté serait lisible pourrait se révéler catastrophique. Même chose en cas d'intrusion sur le système informatique central: l'expérience montre que le pirate vise les archives plus que les échanges

Voir www.aui.fr , www.crypto.com

Les clés de 40 bits jusque récemment seule autorisée en France (pour les algorithmes symétriques, ce qui correspond approximativement à 512 bit pour les algorithmes asymétriques comme RSA), ne résistait que quelques secondes à un ordinateur puissant mais il faut un temps quasi infini pour celles qui sont utilisées en Allemagne ou aux Etats-Unis et maintenant en France depuis la décision du Premier Ministre le 19 janvier 1999 et le décret du 17 mars 1999 qui porte la longueur des clefs à 128 bits.

Bruce Schneier ( counterpane.com/mime.html ) a développé un économiseur d'écran qui vient à bout en quelques heures des clefs RC-2 de 40 bits utilisées par Netscape ou Microsoft, en profitant tout simplement des périodes d'inactivité des micro-utilisateurs d'un petit réseau tel qu'on peut le trouver dans une entreprise de taille moyenne (une centaine de machines).

Les clefs de 56 bits ont nécessité la mise au point par John Gilmore, pour 250 M $ d'un ordinateur spécialisé "deep crack" et seuls les USA, à notre connaissance, sont aujourd'hui capables, dans des délais raisonnables, de casser de telles clefs : en 22h15 deep crack, associé à 100.000 ordinateur organisés en réseau a réussi le 18 janvier 1999 à casser le code en testant 250 milliards de clés par seconde

Une clef de 128 bits nécessite théoriquement 40 milliards de milliards de fois plus d'essai : " en mobilisant dans un gigantesque réseau tous les ordinateurs de la planète il faudrait plusieurs siècles pour la casser " (Jean-Noël Tronc, Cabinet du Premier Ministre).

Même si le progrès technique va vite on peut penser que ce type de clé apporte une vrai sécurité pour encore de nombreuses années (à condition bien entendu de s'assurer que le logiciel utilisé ne comporte pas de "trous" de sécurité, ce qui serait probable pour une fourniture provenant d'un des pays participant au système Echelon voir page 207

Jusqu'à aujourd'hui, en France, pour des considérations de sécurité extérieure et intérieure de l'Etat le cryptage des données était réglementé de façon très restrictive.

Il était difficile d'imaginer, dans la mesure où le commerce électronique se développe, que ces règles ne soient pas harmonisées au sein du grand marché unique européen, et donc libéralisées.

La loi encore actuellement en vigueur, même si le récent décret en a neutralisé les éléments les plus pénalisants (longueur des clefs) devra être modifiée prochainement comme l'a annoncé le Premier Ministre.

Cette situation était d'autant plus paradoxale que sous le noble dessein de protéger l'Etat, paradoxalement on créait une vulnérabilité systémique pour notre économie en interdisant à nos entreprises de se protéger et en inhibant le développement de produits de cryptage (qui ne pouvaient espérer trouver une rentabilité sur un marché aussi étroit, et ce d'autant plus que l'absence de consensus sur les règles ne pouvait que rendre dubitatif sur leur pérennité)

D'autant plus que certains pensent que ces règlent ne gênent guère que les entreprises honnêtes : ils doutent en effet que les organisations maffieuses se soumettent aux formalités légales et des logiciels comme Visual Encryption www.fitin.com incluent les messages cryptés au sein d'anodines photos de famille permettant difficilement de détecter qu'un morceau de ciel gris contient un message codé....

Il n'y a aucune restriction chez la plupart de nos partenaires :

Aux Etats Unis le gouvernement fédéral a été contraint par la cour suprême à autoriser les logiciels de cryptage les plus puissants. , l'an dernier un juge Fédéral, Marilyn Hall Patel, déclarait inconstitutionnelles les restrictions à l'exportation des logiciels de cryptage dans un jugement qui pourrait faire date et une décision analogue vient d'être prise le 6 mai 1999 par un tribunal Californien.

Un texte de loi est en cours d'examen au Sénat (PROJECT Promote Reliable On-line Transactions to Encourage Commerce and Trade act) pour assouplir les règles touchant à l'export en portant de 56 à 64 bit la longueur maximale des clés (c'est semble-t-il la longueur optimale en effet vraisemblablement seuls les services américains sont en mesure de les décoder: elles ne nécessitent que 256 fois plus de calcul que les 56 bit)

Les Anglais qui étudiaient l'éventualité d'instaurer une réglementation du cryptage ont annoncé fin mai qu'ils en abandonnaient le projet.

Notons d'ailleurs que d'ores et déjà cette interdiction ne porte que sur la version électronique : pour des raisons constitutionnelles l'exportation de l'algorithme sous forme papier est libre, et un norvégien l'a renumérisé avec un scanner pour le mettre à la disposition de chacun de façon tout à fait légale (plus simplement d'ailleurs, on peut se la procurer dans n'importe quel pays du monde en respectant les règles édictées par l'administration américaine, si on choisit un provider filiale d'une compagnie ayant son siège aux USA...)

Comment imaginer par exemple des appels d'offre européens sur Internet avec des réponses nécessairement cryptées équivalent de l'enveloppe cachetée, auxquels des entreprises françaises ne pourraient pas soumissionner légalement.

1.4.1.2.2.1 Transactions financières non totalement sécurisées mais des solutions sont en vue pour y remédier:

Comme le soulignent la plupart des spécialistes, il s'agit bien davantage d'un problème psychologique que d'une appréciation réaliste des risques ( voir page 74):

Il est sans doute aujourd'hui beaucoup plus risqué de communiquer un numéro de carte bancaire par fax, téléphone ou minitel que par internet avec un simple cryptage SET ou SSL (Secure Socket Layer) à 40 bits, ...sans parler du risque d'indiscrétion lors de paiements dans les magasins ou restaurants (Netsurf de février 99 signale en particulier le risque de vol de numéros de cartes dans les hôtels des pays de l'Est qui est sans commune mesure avec un vol sur Internet).

On ne peut néanmoins que constater les blocages que cette question entraîne et il est impératif de mettre en place des moyens qui permettent de ramener la confiance

1.4.1.2.2.1.1 La carte à puce et e-card

Aujourd'hui le protocole le plus utilisé est SSL (Secure Socket Layer, créé par Netscape) il est installé en standard dans la plupart des navigateurs.

Les banques essayent en réponse au niveau international de faire accepter, sans grand succès jusqu'à présent (150 sites seulement l'acceptent) le protocole SET (qui permet une reconnaissance mutuelle de l'accréditation des acteurs du paiement) mais dont le rapport sécurité/contraintes d'emploi/prix n'a pas convaincu ni les marchands ni les consommateurs:

"SET is close to dead, today it creates no value for merchant and no value for client" avons nous entendu de la bouche de Bill Finkelstein de la Wells Fargo, analyse partagée par Nicole Vanderbilt de Jupiter communication: "SET won't happen" séminaire Aftel NY nov 98

En 97 a démarré en France un projet de système de paiements sécurisés qui vise à renforcer encore la sécurité en couplant au cryptage par logiciel, celui de la carte à puce (Notons que dans ce domaine notre pays ne semble pas en retard puisque d'après Marc Lassus, PDG de Gemplus, la part de l' industrie française dans l'industrie mondiale de la carte à puce est de... 90 %.),

Les projets Cybercard et e-comm lancés en 1997 conformes à la norme C-set regroupant notamment le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel, les Banques Populaires, le CIC, la Poste et les Caisses d'Épargne. En 1998 tous les acteurs de l'univers de la carte bancaire ont décidé de faire converger leurs différents systèmes de sécurisation au sein de cyber-comm: cette technologie nécessite toutefois d'une part que le commerçant soit à la norme SET (qui semble avoir bien du mal à s'imposer) et que le client dispose d'un lecteur de carte à puce (d'une valeur de 400F environ)

Il est impératif à la viabilité de cette entreprise qu'elle soit étendue à la zone euro et qu'elle élargisse son actionnariat en conséquence: le pari n'est aujourd'hui encore pas gagné

Sur le plan international un consortium nommé e-card (Ibm, Microsoft, AOL, Compaq, Visa, American Express, Cybercash, Mastercard, utilisant ECML (Electronic Commerce Modeling Langage) projette de créer une carte virtuelle, prenant la forme d'une simple icône (que vous enverra à votre demande le site du fournisseur de e-card qu'il suffira de mettre par glisser-déposer sur la facture présentée par le commerçant pour l'acquitter (tous les transferts d'information étant évidemment sécurisés)

Soulignons ici l'initiative interessante d'une PME française, shop@ccess, crée en 2000, qui, en accord avec un établissement financier délivre un numéro de carte valable pour une seule transaction et pour un seul montant: ce procédé ne nécessite aucune mesure particulière du côté du marchand et le vol éventuel du numéro ou son utilisation par un commerçant indélicat est sans conséquence puisqu'il n'est plus valide

De même Blue Line, créé par Abdallah Hitti (ex-dg de Kleeline) offre une solution sécurisée ne nécessitant pas de lecteurs et évitant que les numéros de carte ne circulent sur le net

Les lecteurs de carte à puce pourraient être progressivement intégré en standard dans tous les terminaux susceptibles d'être utilisés pour le commerce électronique (claviers, télécommandes de web-TV, webphones, souris, téléphones portables,...) pour moins de 100F: ceci implique à l'évidence un minimum de normalisation internationale

France Télécom a lancé en juillet 2000 le paiement par carte à partir d'un portable et annonce plus d'un millier de services accessibles début 2001

Mais le plus crédible des concurrents de la carte à puce nous paraît être aujourd'hui l'utilisation directe du téléphone portable, qui intègre une "puce" comme Terminal de paiement électronique voir page voir page 153. Evidemment cette evolution technologique inquiète les Banques car on peut tout à fait imaginer que dans ce cas l'opérateur, qui regroupera l'ensemble des facturations sur un relevé mensuel prenne un rôle qui empiète sur le leur

1.4.1.2.2.1.2 Le porte-monnaie électronique (PME)

L'objectif poursuivi est de permettre à partir d'une carte "pré-chargée" de régler de petites dépenses (qui ne justifient pas la lourde procédure de la carte de crédit) en substitution à l'argent liquide.

Beaucoup pensent que pour trouver sa pleine utilité cette carte doit également pouvoir servir de titre de transport (billétique)

3 expériences concurrentes ont été lancées en France

Monéo avec 11 établissements de crédit ( Société Financière du Porte-Monnaie Électronique Interbancaire): ce porte-monnaie fonctionne comme une carte téléphonique mais il permet d'effectuer toute sorte d'achats. Il est en cours d'expérimentation à Tours avec 1500 commerçants et 500 automates (bus, parking, distributeurs,...),Mondex (crédit mutuel) permet le paiement en euros à Strasbourg et Modéus (la poste, ,Sncf, Ratp, caisses d'épargne, banques populaires, société générale) est en phase de tes à Noisy-le-Grand puis à la gare Montparnasse

En mars 2000 Monéo et Modéus ont franchi une première étape vers la normalisation en fusionnant

La généralisation de ce moyen de paiement nécessitera une normalisation de toutes ces initiatives au niveau international:

Elles sont au nombre de 22 rien qu'en Europe !!! (Danmont, le pionnier au Danemark, Geldkarte (le leader avec 40 millions de cartes, mais à vrai dire peu utilisé) en Allemagne, Proton en Belgique, suisse et suède, Multibanco au Portugal, Chipnip et Chipper aux Pays Bas, Quick en Autriche, PME-Visa en Espagne, Minipay en Italie,...)

La viabilité économique de ce type de solution nécessitera sans doute cependant de réussir à mettre en place des cartes multifonctions: PME, billettique, carte de crédit, de débit, gestion des clés et des certificats,...)

Là encore le téléphone portable, dont personne ne prévoyait un tel développement au moment où tous ces projets ont été lancés pourrait mettre tout le monde d'accord voir page 153, d'autant plus qu'il offre maintenant la possibilité d'effectuer des règlements entre particuliers!. Les ventes aux enchères qui nécessitent un paiement de particulier à particulier a entrainé de multiples initiatives

Avec paypal, www.paypal.com il est possible de s'échanger de l'argent de la même façon entre téléphones qu'aujourd'hui des cartes de visite entre palm-pilot (par infrarouge ou demain par radio selon la norme bluetooth : "on se beame de l'argent"). lancé par une start-up (Confinity) début 2000, rachetée en mars 2000 par une banque online X.com www.x.com

Déjà aujourd'hui d'après Jean-Michel Billaut 500.000 produits sont payables par Paypal sur le site de vente aux enchères entre particuliers e-Bay

Par ailleurs, sur le même principe mais avec moins de fonctionnalités Wells Fargo a lancé Billpoint www.billpoint.com, Bank One, eMoneyMail www.emoneymail.com, Amazon.com Accept.com, www.accept.com, Ecommony,avec pay2card, eCount, Ipin,... : voir la revue de l'Atelier www.atelier.fr juillet 2000

1.4.1.2.2.2 Risques d'intrusion dans les systèmes informatiques :

Les programmes téléchargés, les documents en Word, les plug-in et les applets, les pièces jointes des mails peuvent véhiculer virus, "vers", bombes logiques, chevaux de Troie ou tout simplement des erreurs de programmes, volontaires ou non (bogues) susceptibles de créer de graves dommages ou de permettre à des tiers de pénétrer dans votre ordinateur (voir par exemple et symantec http://www.symantec.com) . Nuisants mais non dangereux les Hoax [7].

Des logiciels (antivirus www.hitchhikers.net/av.shtml , pare-feu www.interhack.net/pubs/fwfaq (firewall) ou renifleurs (sniffers www.faqs.org/faqs/computer-security/sniffers) apportent des éléments de réponse qui semblent satisfaisants dans la pratique, même si la protection n'est jamais totale, à condition qu'ils soient convenablement paramétrés et correctement administrés pour pouvoir détecter rapidement les éventuelles anomalies

Voir aussi http://www.greatcircle.com/firewalls-book/ http://reptile.rug.ac.be/~coder/sniffit/sniffit.html

Dans les entreprises visitées nous avons pu constater l'importance attachée, à juste titre, à cette question.

1.4.1.2.2.3 C'est un Far-West aussi en matière de droit et de police

Les risques de piratage, virus, problèmes des cookies, faux sites, fausses adresses, fausses nouvelles, inondation de mails publicitaires (SPAM),. ) sont effectivement bien réels : certes les règles du droit s'appliquent pleinement sur l'Internet, mais encore faut-il une police capable de l'appliquer ...et ceci au niveau international.

Il ne faut cependant pas sous-estimer la force de la Netiquette qui impose des règles de bonne conduite dans le monde des internautes : certes il y a des "outlaws", mais la pression de la communauté est forte (un célèbre cabinet d'avocats new-yorkais en a fait douloureusement l'expérience : 30 000 plaintes ont paralysé leur fournisseur d'accès et leurs droits d'utilisateur ont été révoqués par celui-ci, c'est ce qu'on appelle le "flame".)

Par ailleurs, dans le domaine commercial, se mettent en place des Cybertribunaux qui devraient fonctionner sur le principe de l'arbitrage :

Bien entendu ce mode de règlement des conflits implique qu'il y ait accord des parties à la signature des contrats avec définition du droit applicable (ce qui aujourd'hui est interdit en France pour les acheteurs particuliers).

1.4.1.2.3 Facturation complexe par absence d'une fonction kiosque

Ouvert en 1984 sur le 36 15, le kiosque a joué un rôle essentiel dans le développement et le succès du Minitel : Ce procédé consiste à inclure dans la facture téléphonique du client la facture des services télématiques, cette dernière comportant deux parties, l'une destinée à rémunérer les fournisseurs de services et l'autre à payer l'opérateur.

Tout le monde trouve son compte avec ce système :

Le fournisseur de services reçoit un versement global de l'opérateur. Il n'a pas à établir de facture individuelle (qui pourrait être très petite) pour chacun des utilisateurs de son service. En outre, il est payé par l'opérateur ce qui, pour lui, est une garantie très appréciable.

l'opérateur dispose de rentrées financières, alimentées par l'activité des fournisseurs de services,

Le client a une facture globale, jointe à sa facture téléphonique, système très commode, même si cela peut entraîner parfois des surprises désagréables pour un usager négligent ou distrait.

Par ailleurs, l'anonymat de l'usager est préservé. Celui-ci n'a nul besoin d'être abonné - donc repéré - aux services de son choix.

Nous verrons plus loin que des solutions se mettent progressivement en place pour assurer ces fonctionnalités sur Internet.( voir page 72)

1.4.1.2.4 Une lenteur parfois désespérante, plantages et déconnexions nécessitent patience et nerfs solides

Le transfert de données se fait encore la plupart du temps par la ligne téléphonique, la fameuse "paire de cuivre torsadée", dont l'exploitation analogique traditionnelle actuelle n'exploite que 0,4% des capacités de transmission

Cette situation devrait très rapidement évoluer, les capacités mises en place se développant au rythme de 15% par mois et de nombreuses nouvelles technologie devraient permettre une explosion des débits assortie d'un effondrement des prix voir page 145

1.4.1.2.5 Des règles issues du monde anglo-saxon: il sera difficile de réussir sans accepter d'en tenir compte

96% des sites de commerce électronique sont anglophones et 2% francophones (Malgré une intense activité de nos amis québécois qui à eux seuls, représentaient en 1998 30 % des sites francophones),

Pour l'ensemble des sites, l'anglais ne représente plus que 78% en 1998 et 86,6% en février 2000 mais le français n'est que la sixième langue du web (4,4% en fev 2000, en recul d'une place par rapport à l'an dernier avec le développement du chinois) après le japonais (7,2%), l'allemand(6,7%) le chinois (5,2%) et l'espagnol (5,2%) (source DREE-CFCE)

. pour les nouveaux sites 22% sont en espagnol, 14% en allemand, 12% en japonais et 10% en français d'après le site canadien www.cefrio.qc.ca (Le total est supérieur à 100 car de nombreux sites sont multilingues)

Cependant, comme Jacques Attali le souligne, à l'inverse, Internet offre une chance aux langues rares (car il permet à faible coût l'édition de documents) et ceci est particulièrement intéressant pour les communautés dispersées à travers le monde et qui veulent conserver un lien avec leur culture.

voir aussi www.oecd.org

1.4.2 Quoi de plus que les RÉSEAUX d'échange de données professionnels existants ?

Actuellement, la plupart des applications professionnelles impliquant des transmissions de données entre sites distants utilisent des réseaux de télécommunications spécialisés : TRANSPAC, liaisons spécialisées point à point, réseaux à usage privatif constitués à partir de liaisons spécialisées et d'équipements de réseau (multiplexeurs, etc.), voire réseau téléphonique commuté public avec équipements d'accès incluant des modems.

C'est le cas des applications de type accès à des bases de données professionnelles, d'échanges de données administratives: EDI  Echange de Données Informatisées (commandes, factures,...) d'Echange de Données Techniques EDT (plans, fichiers de description de pièces issues de la CAO), transferts de fichiers, etc., et ceci dans de nombreux domaines d'application : banques, administrations, grandes entreprises de production, commerce, transports, etc.

Par rapport à ces réseaux de données, l'utilisation d'Internet présente un certain nombre d'avantages et d'inconvénients.

1.4.2.1 Moins onéreux et plus évolutif :

Solution beaucoup moins chère notamment pour les échanges de données techniques, administratives ou financières informatisées, parce que basée sur l'accès au "Réseau" pour le coût d'une communication locale (les marges prises par les intermédiaires "à valeur ajoutée"(SVA) de type Allegro, Atlas, Geis, Cegedim, Edilectre,.., bien qu'en forte baisse, sont souvent considérées comme abusives.) 

Le DoD (Department of Defense des USA ) estime que le coût d'expédition de 4 Megabit d'information technique passe de 816$ pour un SVA à 20$ pour EDI sur TCP/IP (l'évolution qui se dessine des traducteurs EDI vers XML-EDI devrait encore accroître cet atout voir page 128) :

c'est la solution retenue par la Société Roll Gom fabricant de roulettes pour poubelles près d'Arras www.mpr.fr pour sa liaison avec sa filiale aux USA.

Possibilité d'accéder d'entrée de jeu à de très nombreux interlocuteurs, sans avoir à se préoccuper de la constitution d'un "réseau" de correspondants, pourvu que ces interlocuteurs aient eux-mêmes accès à Internet.

1.4.2.2 Mais une moindre qualité de service (garantie de sécurité et de débit)

Les réseaux de données professionnels et en particulier les intermédiaires "à valeur ajoutée" apportent une plus grande sécurité et une garantie de qualité professionnelle pour l'acheminement des communications et des échanges  (mais l'évolution de la norme IP de la version 4 à la version 6 (IPv6 www.ipv6.org) devrait répondre à l'essentiel de ces besoins: Le système d'adressage d'IPv6 permet en outre de répondre à l'explosion du nombre d'adresses en permettant d'en créer "une par prise de courant" voir phoebe.urec.fr/G6/ et www.ietf.org) .

De même l'émergence de réseaux internet "classe affaire" devrait répondre à cette préoccupation essentielle pour certaines applications ( voir page 130)

Il n' existait jusqu'à récemment sur Internet peu de logiciels permettant les échanges professionnels correspondant aux différents types d'application, banques, commerce, EDI, etc. (les échanges se faisaient le plus souvent comme pièces attachées d'un e-mail), mais là encore la situation évolue très vite notamment pour l'EDI.

1.4.3 Les TECHNOLOGIES Internet : quoi de plus que les systèmes propriétaires ?

1.4.3.1 Des avantages majeurs :des logiciels plus abondants d'une qualité supérieure et moins cher

Les nouveaux protocoles et logiciels sont basés sur des standards ouverts, ils sont donc compatibles entre eux quel que soit leur éditeur et sont d'une grande simplicité d'emploi

L'immense marché ainsi créé a entraîné une extrême abondance de logiciels de très grande qualité et d'une fiabilité éprouvée puisque les principaux d'entre eux ont été testés par une communauté de dizaines de millions d'utilisateurs sur le plus grand et le plus complexe des réseaux existant

Les changements d'ordre de grandeur du nombre de clients, ont permis un effondrement des prix et dans de nombreux cas les logiciels de base, de qualité professionnelle, peuvent même être obtenus gratuitement.

Par ailleurs ils offrent une robustesse et une sécurité beaucoup plus grande grace au caractère public des sources qui permet d'en détecter et d'en corriger les défauts et dissuade l'éditeur d'installer de "backdoors" permettant de pénétrer sans autorisation chez les clients

1.4.3.2 Le paradoxe des Logiciels Libres

Depuis le milieu des années 90 se sont développé des logiciels de base (système d'exploitation, serveurs, navigateurs, traitements de texte) mais aussi des logiciels d'application, sur une base analogue à celle des normes : élaboration coopérative, documentation (codes source) publics et souvent gratuité totale

Contrairement à ce que certains pourraient croire le développement des logiciels libres ne relève pas de la philanthropie, que personne n'attendrait de firmes comme IBM, Compaq, Dell, HP, AOL ou SUN, mais relève d'une profonde logique économique, un peu sur le même principe que les standards, car ils fournissent les bases d'un marché de développement d'applications et de services concurrentiels et donc très actif et qui bénéficie aux développeur et non à l'éditeur propriétaire de la plate-forme de développement.

De plus le mode même d'élaboration conduit à des logiciels beaucoup plus fiables infiniment moins gourmands en ressources informatiques, totalement conformes aux normes d'interopérabilité et adaptables aux besoins (pour les grandes entreprises la gratuité n'intervient guère dans les critères de choix)

C'est pourquoi maintenant, très souvent ces développements se font dans le cadre de consortium pour mutualiser les coûts

Principaux handicaps : psychologiques

Echo, le moteur de recherche choisi par France Télécom pour sa page d'accueil, son site portail www.voila.fr a opté pour Linux, installé sur de classiques PC: "Echo tourne sur un ensemble de matériel qui nécessite environ 1 MF, quand Altavista réclame 50 MF pour ses serveurs Unix" Michel Bisac, un des 2 patrons de l'entreprise

"en utilisant Linux, nos clients vont pouvoir bénéficier de la robustesse de notre matérielS/390 qui ne connaît que 10 minutes d'arrêt par an" déclarait aux Echos, Daniel Bakouch, Directeur grands systèmes d'IBM

"nous allons pousser pour que Linux devienne le standard pour le développement d'applications" Irrwing Wladawsky-Berger vice-président stratégie et technologie d'IBM

A budget donné les entreprises peuvent consacrer davantage de moyens au conseil, à l'assistance technique et à la formation qui sont des investissements essentiels au succès, parfois trop négligés

Sur le plan de l'économie nationale ceci permet, à dépenses constantes de localiser davantage de valeur ajoutée et d'emploi dans notre pays: des entreprises comme Suse et Red Hat, Caldera qui se sont spécialisées dans les services autour des logiciels libre (élaboration de packages les "distributions", hot line,...) sont très profitables

Andover.net www.Andover.net (racheté depuis lors) avait début 2000 une valeur bousière de 1 Milliard de dollars, VA Linux www.valinux.com de 9 Milliards et Red Hat www.redhat.com de 19 Milliards

En Allemagne le leader est Suze www.suse.de

De même en France se sont crées de nombreuses sociétés capables de concevoir d'implanter des solutions Linux dans les entreprises : Alcove www.alcove.fr, mandrake www.linux-mandrake.com , Atrid,...

Autre avantage pour les développeurs d'application : ils ne se retrouvent plus à la merci d'un gros éditeur qui, détenant le code source est dans un rapport de force léonin avec eux

"les éditeurs peuvent avec leurs logiciels développés pour Linux, gagner le marché pour eux-mêmes et pas pour Microsoft" (Barry Ariko AOL).

et inversement:"now we have to stay on the shouders of Microsoft. not on his feet" Barry J Folson Placeware www.placeware.com séminaire Aftel NY nov98

C'est la raison pour laquelle 28 multinationales (dont Nortel, Daimler Chrysler, Corel et Ericson) se sont regroupées pour faire pression sur les gouvernements européens et canadiens afin de promouvoir l'utilisation de logiciels libres et 4 ténors (IBM, HP, NEC et Intel notamment) ont décidé à l'été 2000 de financer un laboratoire indépendant pour développer des versions de Linux adaptées aux ordinateurs multiprocesseurs de très grande puissance

Citons par exemple

Des PC préinstallés Linux sont attendus très prochainement Cumetrix www.suredeal.com a annoncé une machine de puissance tout à fait convenable à 299$

Voir www.aful.org et www.europe.inside.com .

Un avantage, extrêmement important, de ces logiciels est la possibilité d'accéder au code source, de pouvoir le modifier et d'être en mesure de vérifier qu'il ne comporte ni "bogues" (erreurs de programmation) ni porte d'entrée indiscrète (backdoors) permettant d'accéder au contenu de votre ordinateur

De nombreux produits à codes non publics se sont fait prendre la main dans le sac comme Dansie www.dansie.net (Netsurf): l'entrée d'un mot clef dans un formulaire de commande permettait de prendre à distance le contrôle de la machine, de plus ce mot de passe était mal dissimulé, ce qui fait que n'importe qui pouvait prendre le contrôle des machines utilisant ce produit...

Ces "backdoors" qui ont été mises en évidence, à un rythme quasi mensuel, dans des produits leader du marché comme le mouchard de Windows 98 qui a récemment défrayé la chronique.

Parmi les innombrables exemples rappelons les dernier découverts

le 8 juin 1999 le spécialiste de la sécurité eEye www.eeye.com trouvait un bogue qui mettait gravement en péril les serveurs IIS v4 et, face l'absence de réaction devant ce trou gravissime qui permet à n'importe qui de prendre le contrôle du serveur par Telnet, il publie sur son site le programme IIShack qui exploite le bogue sans laisser aucune trace: c'est alors seulement que Microsoft réagit...en commençant par protester! (Netsurf août 1999)

Plus grave en Août 99 le serveur de messagerie Hotmail montre la faiblesse de sa conception en permettant à n'importe qui, suite à l'intervention d'un pirate suédois assisté de quelques collègues américains, de consulter la messagerie (et les archives) de tout internaute abonné ou d'expédier un message depuis son adresse: "journée portes ouvertes" comme le soulignait malicieusement le journal Les Echos

Selon Netsurf (février 2000) le célèbre assistant d'installation de Windows98 envoie à l'éditeur vos données personnelles ainsi qu'une liste du contenu de votre disque dur

Outlook express, du même éditeur ne cesse de montrer des failles de sécurité : le simple fait de lire un mail peut avec ce logiciel permettre à un virus comme bubble Boy de contaminer votre ordinateur, ou par l'intermédiaire du chargement d'une image invisible à l'oeil nu d'initialiser un cookie qui permettra de vous identifier par votre adresse lors de vos prochaines connections

en Septembre 1999 Andrew Fernandez directeur scientifique de Cryptonym's mettait en évidence une clef secrète qui serait susceptible de donner accès à la NSA (National Security Agency) aux clefs secrètes utilisées par l'internaute

Nov 99 un nouveau type de virus apparaît: Bubbleboy: il s'active à la seule lecture des messages mais uniquement avec les logiciels microsoft (Internet Explorer, Outlook Express)

En Avril 2000 après la découverte par une société de commerce électronique (Clint Logic) d'un curieux "oeuf de Pâques" (un bout de code fonctionnellement inutile où les programmeurs font des "figures de style"), Microsoft est obligé de reconnaitre que ses ingénieurs "absolutely against our policy" se sont en fait réservé la possibilité à travers une "entrée de service" leur permettant d'accéder illicitement aux serveurs de ses clients (sans doute pour accroitre la qualité de la maintenance préventive?). microsoft avait ainsi accès à toutes les données commerciales confidentielles. Le mot de passe pour ouvrir cette porte était "les ingénieurs de Netscape sont des couillons (weenies)"

en septembre 2000 nouvelle alerte La Privacy Foundation révèle en effet qu'un bogue présent dans la suite bureautique de Microsoft permet à des particuliers ou des entreprises de glisser des "web bugs" dans les fichiers Word, Excel ou PowerPoint, téléchargés sur Internet. Ces petits points d'ancrage d'un pixel carré, véritables mouchards du Web, permettent de suivre le document en question et éventuellement de récolter des informations confidentielles.

en 2000 les Virus IloveYou, Joke et Melissa avec leurs milliards de dollars de dégats et RESUME qui permet de voler les codes secrets des ordinateurs infectés ont mis une nouvelle fois en évidence ausi bien les trous de sécurité de Outlook express que les faiblesses de Windows notoirement connus et pour autant non réparés

fin 2000 le site de l'entreprise montre lui-même ses faiblesses structurelles en étant profondément pénétré par des Hackers qui ont pu accéder aux codes source les plus secrets de la compagnie

est-il aujourd'hui raisonnable de mettre des informations sensibles sur un serveur Windows?

Ces logiciels sont ainsi considérés comme plus sûrs : 250.000 personnes bénévoles (et volontaires) assurent les tests, ce qu'un éditeur privé ne peut évidemment pas faire

C'est la raison pour laquelle l'Etat Major de la marine américaine à choisi LINUX pour son système de commandement et la marine pour ses systèmes d'arme embarqués (de même que Schlumberger, la poste américaine, l'Oréal, Ikea, ...). Le Gartner Group recommande cette option à ses clients, même aux PME (Industrie et Techniques novembre 1998)

Enfin ces logiciels qui n'ont pas vocation à pousser à la consommation sont en général beaucoup moins volumineux pour les mêmes fonctionnalités (Roberto di Cosmo www.dmi.ens.fr/~dicosmo parle à propos de Microsoft d' "obésitiels") et ne sont pas atteints d'obsolescence programmée.

Pour en savoir plus voir www.smets.com et www.freepatents.org/liberty

1.4.3.3 Aucun inconvénient identifié

C'est la raison pour laquelle la mutation vers les Intranet et extranet se fait aux USA à une vitesse fulgurante

1.5 jamais une nouvelle technologie ne s'était imposée aussi rapidement

En tout état de cause Internet a déclenché un gigantesque mouvement de fond. Jamais une technologie ne s'était répandue aussi rapidement au niveau mondial : pour atteindre 30 millions de personnes l'automobile a mis 40 ans, Internet 5 ans

Document aimablement fourni par Xavier Dalloz. Animation ppt à www.yolin.net/croissance.ppt

De plus en plus de personnes pensent aujourd'hui que cette technologie, conjuguée à l'accès nomade, touche à la valeur de paramètres aussi essentiels que l'espace et le temps, et qu'elle modifie les relations de pouvoir dans les organisations et réduit les pouvoirs des Etats,

"Malgré les discours rien ne changeait vraiment . le vrai déclic ne s'est produit que tout récemment. Le phénomène internet a pris comme un feu de poudre dans les entreprises américaines. Il embrase aujourd'hui l'Europe. l'Internet devient l'outil d'une révolution culturelle dans l'entreprise (Jean-Marie Messier président de Vivendi )

"j'estime pour ma part ,que la révolution de l'imprimerie, dite de Gutenberg, n'a rien été au regard de celle qui s'annonce, des techniques de l'information ...en sidérurgie comme dans n'importe quel autre secteur" Francis Mer, président d'Usinor

de ce fait elles considèrent qu'elle va déclencher un nouveau cycle économique, social et politique

Qui peut raisonnablement prendre le risque de l'ignorer ?

Encore faut-il voir en quoi précisément chacun est concerné

2 Un degré d'implication des entreprises dans Internet qui dépend aujourd'hui fortement du poids relatif du coût informationnel dans leur valeur ajoutée

2.1 L'information une part majeure et toujours croissante de la valeur ajoutée

De plus en plus fréquemment, le contenu informationnel dans un produit dépasse, en valeur, son contenu en énergie, en matière première et en heures de travail manufacturier.

Nous entendons par coûts informationnels :

de plus la compétitivité d'une entreprise, liée à la pertinence de ses décisions, dépend largement de la qualité des informations dont elle dispose et de sa capacité à les capitaliser et à les traiter.

Elle dépend également de sa réactivité et donc de la performance de son "système nerveux".

Tous ces processus touchant l'information, sa production, sa consommation, son échange, son traitement ou sa capitalisation sont susceptibles d'être concernés par les technologies de l'Internet.

2.2 Internet: une mutation majeure dans les processus économiques, il écrase le temps en lançant l'ensemble des phases simultanément et non l'une après l'autre

C'est là une des principale modification qu'Internet apporte au fonctionnement de l'économie (et donc à terme à sa structuration) et pourtant peu la perçoivent dans toutes ses conséquences

2.2.1 aujourd'hui des stades de production effectués les uns après les autres

Prenons l'exemple d'un fabricant de meubles :

2.2.2 vers un processus continu: délais écrasés, stocks supprimés, une personnalisation de masse

Une des mutations majeures entrainée par l'Internet est la remise en cause radicale de ces process de conception, de production et de vente :

Jusqu'alors, dans l'économie traditionnelle, chacune des opérations (prise de commande, approvisionnement, production, appel à des sous-traitants, livraison,...) était initiée et lancée l'une après l'autre: on était dans un processus économique "séquentiel"

Ce que permet l'Internet, en interconnectant l'ensemble des acteurs de la chaîne, c'est de lancer l'ensemble de ces opérations simultanément. On passe ainsi à un processus "continu" avec comme principale conséquence un écrasement radical des délais

C'est cette mutation qui permet (nous le verrons moins) de produire des objet "sur mesure" pour chaque client, avec des prix d'une production de masse, des délais de livraison inférieure ceux de l'économie traditionnelle tout en évitant d'avoir à financer des stocks

Dans la nouvelle organisation qui se dessine, l'ensemble des opérateurs est interconnecté grâce à l'Internet, véritable système nerveux qui les relie entre eux (on appelle cela un "extranet" voir page 124),

Demain notre client trouvera chez lui ou chez son marchand, un outil de simulation et de visualisation lui permettant de "créer" sa bibliothèque en fonction de ses gouts, de ses contraintes de place et de son budget (mensurations, tiroirs, partie vitrée, accessoires,...): lorsque son choix sera fait son "clic" de commande n'envoie pas une simple "information" mais une "instruction" qui traverse sans délai l'ensemble des maillons de la chaîne de production-livraison-paiement sans aucune resaisie

Lorsque que le client lance sa commande, celle-ci "'irrigue", d'un clic, sans aucun délais, chacun des acteurs avec les instructions qui le concerne : il lance de ensemble des processus de fabrication, de facturation et de paiement: Ce qu'il envoie alors sur l'Internet, ce n'est pas seulement des informations, mais des instructions exécutoires.

Sans aucune resaisie intermédiaire, les mensurations qu'il aura choisies iront directement commander la machine à commande numérique qui usinera les panneaux dans l'usine, initiera les commandes de serrurerie, lancera la production chez les sous-traitants concernés, organisera la logistique pour la livraison, transmettra les ordres de paiement relatifs à chacune de ces opérations, entrainera la passation de l'ensemble des opérations comptables...

La valeur ajoutée des différents opérateurs change alors profondément de nature. Elle se situera en particulier dans la définition préalable de l'ensemble des process: ceux-ci devront faire l'objet d'une programmation afin de pouvoir être déclenchés automatiquement par les choix du client (programmation de la machine-outil, processus comptable, organisation de la logistique,...)

L'action des acteurs se situe dorénavant au niveau du contrôle de ce process (notamment de la gestion des anomalies qui permet d'en améliorer l'efficacité) et non plus de son exécution qui est automatisée

On comprend ainsi comment cette nouvelle organisation, permise par les technologies de l'Internet, peut écraser les délais et éviter d'avoir à constituer les stocks de produits aujourd'hui nécessaires pour être en mesure de répondre dans des délais courts au client (et cela avec des produits qui correspondent seulement "à peu près" à ses besoins) voir l'exemple des meubles Grange page 29 ou de Buronomic (heberge chez Agemob www.agemob-France.com)

On voit également en passant les évolutions que cela peut entrainer en matière d'urbanisme et de compétences des commerciaux : aujourd'hui les magasins sont immenses, plutot en périphérie à cause des impératifs de stocks et de parking. Demain ils pourraient être plus petits, réduits à des boutiques d'exposition en centre ville (il sera encore longtemps demandé par le client la possibilité d'évaluer la qualité du meuble en le touchant) avec des vendeurs-conseillers-décorateurs

Animation ppt accessible à www.yolin.net/process.ppt

Mutatis mutandis, avec une organisation industrielle infiniment plus complexe ( voir page 140) l'industrie automobile bascule dans cette nouvelle organisation avec pour objectif

de fournir aux clients exactement la voiture qu'il désire (et non le modèle en stocks qu'un "bon" garagiste arrivera à lui "fourguer" éventuellement avec une remise) : Renault estime

"Cela va nécessiter une adaptation de l'outil industriel et la formation de 28000 personnespour être capable de produire une voiture avec un préavis de 5 jours ...internet va booster la diversité des modèles ... jusqu'à présent nos voitures neuves attendaient les clients qui devaient se rabattre sur les modèles disponibles" (André Bodis, Renault aux Echos

Bien entendu, tout au long de cette chaîne, le produit et ses composants seront très précisément localisés avec un suivi qualité continu

Derrière cette digression d'apparence très technique se cache une profonde révolution :

2.3 L'Internet au service tant de la compétitivité que de l'expansion

2.3.1.1 Les technologies de l'Internet et la compétitivité

Internet, outil de transactions, permet de réduire les coûts de télécommunications (téléphone, fax, transmissions de données) d'informatique (en échappant aux logiciels "propriétaires" ).

Cisco, une des entreprises les plus engagées dans Internet (CA sur Internet 7,9 milliards de dollars en 1999) considère qu'elle économise chaque année 70 millions de dollars de téléphone.

Mais il permet également de gagner en flexibilité, coûts de gestion, de stocks, de logistique en coût des approvisionnements, de SAV, de financement.

Dell www.Gigabuys.com qui vend 50M$ par jour en 2000, arrive ainsi a faire tourner son stock 61 fois par an!, c'est un atout majeur dans sa compétition avec Compaq. On peut même considérer que son stock est négatif puisqu'il vend son ordinateur avant même que la plupart des pièces pour le fabriquer ne soit approvisionnées de ses sous-traitants

Heineken www.heineken.com a fait passer son délai de livraison aux US de 12 à 6 semaines grâce à son extranet Hops (Heineken Operational Planning System) qui le relie avec ses 400 distributeurs

2.3.1.2 Les technologies de l'Internet et le développement

L'ouverture sur le monde qu'offre le World Wide Web et ses outils de publication et de navigation permettent d'accéder à des nouveaux clients, de nouveaux marchés, à de nouveaux partenaires, à de nouveaux collaborateurs, ou à de nouveaux fournisseurs.

2.3.1.3 Internet et la création d'entreprises :

Pour les nouveaux créneaux de marché, qu'il offre, le développement de nouveaux outils qu'il suscite, Internet est également un gigantesque réservoir de création de nouvelles entreprises voir page 175

Certaines entreprises prisonnières de leurs structures ne sauront pas s'adapter et disparaîtront, d'autres ne prendront conscience de ce défi que trop tard : il faut que de nouvelles entreprises s'apprêtent à prendre la relève

Il peut s'agir

Aol 350 milliards $, Yahoo! 115 milliards $, Cisco 580 milliards $, soit plus quela valorisation cumulée de Ford, General Motors, DaimlerChrysler et Fiat), Dell 109 milliards $, Amazon.com 34 milliards $, e-bay 24 milliards $, E-trade 12 milliards $, sans parler de Microsoft qui a atteint un sommet de 600 milliards de dollars:

Les 10 premières start-up, toutes américaines, toutes (sauf une en 7ème position dans les biotechnologies) sont dans le domaine de l'Internet et ont une capitalisation qui approche 1.000 milliards de dollars.

Rappelons pour fixer les idées quelques capitalisation de grands groupe traditionnels en milliards de $: Bayer 31 Unilever 30, Saint Gobain 12, walt Disney 72, Michelin 5, Fiat 10, Usinor 3, Accor 8, Peugeot-Citrën 10, Air Liquide 12, Carrefour 56

Certes la plupart des gens sérieux prévoient pour bientôt un séisme boursier et ils auront nécessairement raison un jour, mais notons toutefois que cette prévision de catastrophe imminente était déjà faite mi-96 et que depuis cette époque les capitalisations ont été multipliées par plus de 10: la chute des cours de 57% d'amazon.com entre avril et août 1999...limite sa progression à 267% sur 1 an !!

Il faut avoir les nerfs solides pour ce type d'investissement et certains traders embauchent des psychanalystes pour leurs clients: l'actualité montre que ce n'est pas toujours suffisant (13 morts à Atlanta en juin 1999 à la suite de la déprime d'un épargnant déçu)

Un financier aussi avisé que George Soros a perdu au premier semestre 700M$ en pariant sur la baisse des cours depuis longtemps imminente des valeurs internet...

Les Echos citent la prévision d'un magazine spécialisé dans les hautes technologies, le célèbre Red Herring, qui, en septembre 1996, pariant sur l'" éclatement prochain de la bulle spéculative " illustrait son propos par le cas du moteur Excite, indiquant "la société est aujourd'hui valorisée à 177 millions de dollars mais son futur ne semble pas aussi brillant que son présent" : elle vaut aujourd'hui 8 milliards de dollars.

2.3.1.4 Faire une distinction entre PME et PMI n'apparaît pas pertinent

Il ne serait donc sans doute pas judicieux de s'en tenir pour cette réflexion à une définition trop restrictive de la PMI: le champ pertinent ici semble être la PME, avec une attention toute particulière pour celles qui sont directement ou indirectement confrontées à la concurrence internationale (services à l'industrie, plate formes commerciales, tourisme, industries culturelles, agroalimentaire,...)

De même il convient de souligner, comme le rappelle Christophe Lambrecht que les TPE (Très Petites Entreprises) sont particulièrement bien placées pour saisir ces opportunités et bénéficient de mécanismes décisionnels particulièrement bien adaptés à la réactivité nécessaire dans ce domaine (et nous avons pu constater au cours de cette mission, comme de nombreux exemples l'illustreront plus loin de très remarquables réalisations de micro-entreprises)

Il convient néanmoins de distinguer différentes catégories d'entreprises selon leur positionnement dans le champ de l'information

2.4 Les entreprises directement concernées par le fonctionnement d'Internet: nous n'avons sans doute rien à leur apporter mais beaucoup à apprendre d'elles

Quelques exemples :

Certaines d'entre-elles (fabricants de cartes, de terminaux, ... ou de tapis de souris comme NOVA Mouse Pad à Novalaise en Savoie ( www.novasmic.com) sont confrontées à des problèmes sensiblement identiques aux PME travaillant dans des secteurs traditionnels: Il serait sans doute instructif de voir comment elles exploitent l'atout que représente pour elles l'immersion dans le contexte Internet (en particulier pour le fonctionnement en réseau, l' "écoute" du client et l'organisation de communautés virtuelles).

Elles ont une vocation naturelle d'avant-garde et de défricheurs.

2.5 Les industries dont le métier consiste à produire ou à traiter de l'information : des clients naturels...mais qui vont devoir repenser leur métier

Quelques exemples :

Internet leur permet à la fois :

"le développement d'un nouveau produit nécessite la coopération de nos filiales localisées dans 9 pays pour prendre en compte cultures et sensibilités locales" Thierry Huynh d'UBISoft

Les entreprises de cette catégorie devraient donc être rapidement des clients d'Internet (si ce n'est pas déjà le cas) même sans mesures incitatives spécifiques

2.5.1.1 Les producteurs de logiciels

Ils ont bien naturellement été parmi les premiers à développer ce que l'on appelle l'ESD (Electronic Software Distribution) encore handicapé aujourd'hui par la faiblesse de la bande passante qui oblige à pratiquer la distribution mixte (commande on-line et envoi postaux)

Pour les logiciels des grands éditeurs, Beyond www.software.net et BuyDirect www.beyond.com ont été les précurseurs en 1994 aux US. En France Softgallery www.softgallery.fr a ouvert la marche en 1997

Pour les "shareware" produits par des particuliers ou de petites structures qui ne pourraient pas utiliser les circuits de vente traditionnels, une floraison de sites les proposent: Tucows www.tucows.com le plus gros répertoire de shareware a lancé eBarn www.ebarn.com , mais voir aussi Shareware.com www.shareware.com, Download.com www.download.com, ShareIt www.shareit.com, Kagi www.kagi.com , RegSoft www.regsoft.com. Yaskifo www.yaskifo.com fait de même sur le marché français

Une idée intéressante pour pallier la déficience de nos réseaux: est la distribution gratuite dans les magazines informatique de logiciels "verrouillés" et la vente des clés permettant leur décryptage sur internet, permettant d'utiliser la licence: c'est l'ELD Electronic Licence Distribution (que pratique BitSource www.bitsource.com)

2.5.1.2 Les éditeurs de journaux et magazines (papier, radio ou TV)

En 2000 nous n'avons trouvé aucun organe de presse (journal, radio, télévision) qui n'ait une activité Internet (ou tout du moins un projet annoncé) et souvent les développements dans ce domaine sont présentés comme le coeur de la stratégie (Reuter, Pearson, Reed Elsevier, Thomson Corp,...) ....et une floraison de nouveaux titres liés à la Net-économie sont apparus

Reed Elsevier qui ne réalisait que 18M$ de CA sur Internet a annoncé en 2000 sa décision d'y investir 1,2Millards de dollars et le groupe Pearson 400M$. Thomson Corp a mis en vente ses 54 titres de presse pour se recentrer sur le Net

Internet est en même temps un concurrent (en tant que média) et une opportunité de développement pour une industrie de production de rédactionnel. Concernant le premier point l'enquête réalisée en 2000 par l'Association Mondiale des Journaux montre que la Télé a plus souffert que la presse écrite : les premiers au classement mondial du taux de pénétration de la presse écrite (Norvège, Finlande, Suède) sont les mêmes que pour Internet (la France occupe le 28ème rang).

Ces dernières années l'une comme l'autre ont fortement profité de l'explosion des investissements publicitaires de entreprises "Internet"

Le risque est cependant de croire qu'il serait possible d'utiliser Internet sans repenser profondément le métier afin d'être en mesure de répondre aux attentes des clients actuels (ou futurs) et des annonceurs potentiels ainsi que de trouver le modèle économique pertinent.

"Aujourd'hui la rubrique la plus visitée de TF1 est...la caméra qui depuis le toit permet de voir la circulation sur le boulevard périphérique!" déclarait en 1999 Louis Rougier de Médiangle www.mediangles.fr)

Ils devront créer, à partir de leurs compétences (fonds documentaires, capacité de synthèse, branchement sur l'événement,...) des produits totalement nouveaux.

Cela a conduit certains, comme le Monde à filialiser l'activité (Le Monde Interactif dirigé par Alain Giraudo et animé par Michel Colonna d'Istria) pour les protéger des pesanteurs culturelles de la maison mère et permettre d'accueillir des partenaires au capital.

Les DNA, comme la plupart des titres de la PQR (Presse Quotidienne Régionale), avaient déjà franchi le pas depuis longtemps pour le minitel (SdV Plurimédia, ce qui explique peut-être qu'ils furent les premiers de la PQR à se lancer en 1995)

Il serait par exemple tout à fait absurde de mettre simplement le journal papier, tel quel, sur le Web (ce qui serait du "shovelware") en facturant le prix d'un exemplaire sous prétexte que l'on perd peut-être un lecteur

Les journaux américains l'ont bien compris en se regroupant pour créer des concepts totalement nouveaux voir le site de la "newspaper association of America" www.naa.org

le Monde www.lemonde.fr , 4 millions de pages vue par mois et Ouest-France www.France-ouest.com envisagent de suivre cette voie avec le projet ETEL mené par Christian Philibert)

Cette approche permet en outre de constituer des fichiers de clients facilement valorisables car l'éditeur connaît leurs préoccupations (et nous verrons plus loin l'importance de tels fichiers dans l'économie du Net ainsi que les problèmes déonthologiques que pose leur commercialisation)

Net2One www.net2one.fr créé par Jérémie Berrebi fournit gratuitement des revues de presse personnalisées en fonction de mots clés. Riche de 70 000 utilisateurs, elle vend des profils aux annonceurs qui peuvent ainsi mieux "cibler" les internautes

USA Today www.usatoday.com ,après un premier essai non concluant de vente sur abonnement a adopté la gratuité. Il est maintenant N°1 des sites de presse sur Internet avec 135 personnes, en majorité journalistes (seniors issus de l'édition papier et jeunes recrues), 1 million de visiteur par jour et 7 millions de pages consultées et il gagne sa vie. 33% de ses revenus proviennent des commissions sur les ventes (10 à 50%) opérées par les marchands vers qui les lecteurs ont été orientés par la pub du journal

560 journaux américains se sont regroupés pour créer un site www.adquest.com pour essayer de reprendre la main face à des nouveaux venus comme www.themonsterbooard.com qui en ont fait une spécialité et non une annexe "vache à lait" leur permettant d'être beaucoup plus compétitifs pour le client

de même 8 grands groupes de presse (140 journaux) ont fondé www.classifiedventures.com qui a créé www.cars.com, www.apartments.com et www.newhomenetwork.com

en Grande Bretagne 7 groupe de presse (560 titres, deux tiers des PA) ont fondé www.adhunter.co.uk (400.000 véhicules, 60.000 emplois par semaine) : 1 million de pages vue par mois 6 mois après son lancement en 1997

Notons l'initiative de Spir communication spécialisé dans la presse gratuite (132 titres), et qui n'a pas de ce fait à craindre une cannibalisation de son édition papier et qui avec www.petites-annonces.fr regroupe 200.000 petites annonces "la Sentinelle" vous offre la possibilité d'être alerté par mail lorsqu'une annonce concerne un centre d'intérêt que vous lui avez signalé.

Même démarche pour Comareg (le leader avec 165 publications, 15 millions d'exemplaires par semaine, distribués à 80% des foyers français 11 millions de PA) www.bonjour.fr, filiale d'Havas:

L'option de départ de ne pas apporter de valeur ajoutée spécifique et de faire payer les consultations limitait les visites (60.000 utilisateurs par mois). La décision prise mi-98 de passer à la gratuité tout en enrichissant le site (multiplication par 10 du coût du site) par un riche contenu éditorial (conseil techniques, actualité du secteur, informations locales, agendas,...) et des services nouveaux (offres financières, bonnes affaires, voyages, pages jaunes,...) a conduit a une explosion de la fréquentation (+30% par mois dixit Marc Duteil directeur marketing)...sans pour autant entamer l'offre payante du minitel (+15% sur 1 an)

Toutéla de Pierre Saliceti essaie de développer en France le modèle de Classified (racheté par Excite), profitant dit-il de l'absence de PA sur le web français pour produire une base de petites annonces (insertions gratuites mais vérifiées) distribuées par l'intermédiaire de partenaires (portails, médias,...)

En 1999, la CGIP est devenue l'actionnaire de référence du groupe Canadien Hebdo Mag (180 publications dans 14 pays dont La Centrale des Particuliers www.lacentrale.fr) qui a pris le nom de "trader.com" pour s'introduire en bourse début 2000. Avec 17 sites Internet il a vendu plus de 30 millions d'annonces

Pressed www.pressed.com donne accès (payant) à 8,5 millions d'articles de l'AFP et des journaux de référence de la presse française publiés depuis 1983

Libé www.liberation.com (4 millions de pages vue par mois dont 45% depuis l'étranger, précurseur de la presse nationale avec un site ouvert dès mai 1995) fournit ainsi dans l'édition électronique un véritable prolongement du journal papier

Les Echos (Philippe Jannet) www.lesechos.com La Tribune (Frédéric Filloux) www.latribune.fr ou Investir (Elisabeth Chamontin) www.investir.fr ont su créer des bases de données économiques qui deviennent des outils de référence.

Aux Echos l'Intranet a été installé en même temps que le web : il sert à récupérer l'information (Bloomberg, AFP, Reuter,..), mais aussi à la production des articles par les journalistes, à la validation par la rédaction et à la mise en page.

Trois journalistes à temps plein, sur une équipe limitée à 12 personnes grâce à une automatisation poussée, assurent le "retraitement" pour le web en ajoutant des liens vers des dossiers, des biographies ou d'autres sites: la consigne est "d'ajouter de la profondeur

Une grande partie du site est gratuite mais l'accès à l'ensemble des informations est payante, soit à la consultation soit par abonnement (1000 à 2000F/an)

Un service de presse pour Intranet se met en place cette année en association avec les principaux journaux économiques mondiaux (Wall Street, Frankfurter, Financial Times, El païs, Il Sole,..) et elle permet une diffusion personnalisée en fonction du profil d'intérêt de chacun avec une fonction d'alerte

Pourquoi pas à terme une fonction de courtage électronique?

Au niveau de la maison mère (le Groupe Pearson), ce n'est pas moins d'une centaine de journalistes qui travaillent sur le "portail économique global ft.com

La souplesse du web lui permet d'approvisionner l'information en continu (news, cours de bourse,...), - sans aller toutefois, comme Europe 1 www.EuropInfos.com jusqu'à "offrir de l'information à flux tendu disponible même sur le GSM-SFR avec service d'alerte personnalisé" (Edmond Zucchelli) - , et en même temps de pouvoir immédiatement accéder aux archives de l'entreprise ou du dossier concerné permettant ainsi une mise en perspective

Selon l'étude menée par l'école de journalisme de l'Université Columbia 60 % des journaux US possédaient un site web éditorial au début 99.

Pour des journaux locaux ce peut être l'occasion de toucher le public de la "diaspora" (pour la presse quotidienne régionale française voir www.pqr.org)

Le télégramme de Brest a ainsi, sur sa version WEB, 33 % de clients "expatriés" www.Bretagne-online.tm.fr

De même pour les Dernières Nouvelles d'Alsace (Michel Landaret) www.dna.fr.: 24% du trafic provient des USA, aucun abonnement n'a été perdu mais à l'inverse 12% des lecteurs-internautes, des jeunes pour l'essentiel, trouvent la version papier inintéressante. L'horoscope vient largement avant l'international, mais 60% des visiteurs lisent l'édito contre 5% pour la version papier.... Grâce à la pub, la seule ressource, le petit équilibre, 0,6MF,est atteint

Les sites de la télévision nationale France2 www.france2.fr est "consulté à 85% depuis l'étranger (Philippe Dumez) et la télévision régionale : "France3 www.france3.fr permet de voir les actualités en image de sa région sans y résider (Serge Blin)

A l'inverse le Parisien www.leparisien.fr qui couvre une large métropole essaie d'approfondir les déclinaisons plus locales

Internet a permis la naissance d'innombrables newsletter, souvent gratuites dans tous les domaines susceptibles d'interesser les internautes (sport, finances, informations générales, cinéma,...et bien entendu Internet). Ces lettres sont souvent couplées à des sites qui offrent des développements sur les thèmes évoqués ainsi qu'un archivage des nouvelles déjà publiées

FTPresse www.ftpresse.com spin off du CNRS, créée par François Vadrot, a maintenant lancé 8 publications(Internet, santé, collectivités locales, ressources humaines, photo,...), elle a levé 10 MF fin 2000

Des "lettres confidentielles" financées par abonnements et sans publicité commencent à se lancer sur le web

Indigo Publication www.indigo-net.com de Maurice Botbol avec une information personnalisé payée à l'article sélectionné. Les logiciels très spécifiques à ces fonctionnalités a donné naissance à une start-up créée avec 3 jeunes centraliens Aldabra.com

Certains journaux spécialisés ont fait du web leur édition principale

C'est le cas de l'éditeur de magazines informatique ZDNet www.zdnet.com (120salariés édité par Ziff-Davis filiale du japonais SoftBank et leader mondial de l'information sur les NTIC) avec près de 200 millions de pages vue par mois début 1999 et pour autant "le web renforce l'édition papier" dixit Julien Jacob. Ils proposent également

de la formation ZD University

et des jeux GameSpot www.gamespot.com leader de son secteur, 40 journalistes.

Notons chez nous l'Odyssée Interactive www.jeuxvideo.com leader francophone le l'information sur les jeux vidéo, créé en 1995 par des étudiants et installé à Aurillac dans le Cantal : 3,5 million de pages consultée par mois début 1999 (le site est hébergé aux USA pour des problèmes de coût et de bande passante 45 Megaoctet/s), il devrait s'adjoindre une boutique en 1999

Ses challengers: Overgame www.overgame.com et Gamelog www.gamelog.com

Enfin des Webzines (magazines édités uniquement sur le Web) se sont spécialisés dans l'évènementiel

World Media Live, syndication mondiale de 23 journaux créé dans le contexte de la guerre en Yougoslavie, dont la branche française www.worldmedia.fr est extrêmement active et couvre tous les grands évènements avec des sites spécifiques (tour de France, festival de Cannes, défilé d'Yves Saint Laurent,...) pour un public essentiellement américain

N'oublions pas non plus les radios maintenant que les débits et les techniques de compression permettent la diffusion de sons de qualité (Aujourd'hui 2.300 stations de radio émettent sur l'Internet)....et sans doute bientôt la télévision à la demande sur l'Internet, dès que la bande passante le permettra: là encore gageons qu'il faudra "réinventer ce média" pour le rendre plus interactif, le simple "pay per view" n'étant sans doute pas la formule gagnante

Spinner.com www.spinner.com diffuse 120 chaînes différentes...

Imagine Radio www.imagineradio.com offre à ses auditeurs la possibilité de choisir les titres qu'ils veulent écouter et rend ainsi caduque le rôle du directeur des programmes

Reste encore à régler les problèmes juridiques des droits d'auteur des journalistes, problème qui paralyse aujourd'hui bien des initiatives, ainsi que celui des coûts d'hébergement ou de lignes spécialisées

Ils sont dans un rapport de 1 à 10 avec les Etats Unis d'après le rapport 1999 de l'Aftel, et même jusqu'à 20 fois supérieurs d'après Serge Blin de France3 qui diffuse des images nécessitant des bandes passantes conséquentes) qui inhibe bon nombre de développements

Une étude très fouillée de ce secteur a été réalisée par Pierre Lemoine dans l'édition 1999 du rapport de l'Aftel www.aftel.fr

Le problème majeur auquel sont confrontés les journaux est bien entendu celui du modèle économique:

Dans la suite de ce rapport nous serons amenés à revenir sur tous ces points mais d'ores et déjà le GFII (Groupement Français de l'Industrie de l'Information), le marché de l'information électronique atteignait 22 Milliards de Francs en 1999 et la diffusion via Internet devrait dépasser l'ensemble des autres canaux d'ici 2002

Reuter annonce réaliser en 2000 un CA plus important sur Internet qu'avec la presse traditionnelle

2.5.1.3 La formation : un marché qui explose, le "e-learning"

Avec l'émergence de "l'économie du savoir" (knowledge-based Economy), la matière grise est aujourd'hui la principale richesse d'un pays.

C'est aussi l'atout compétitif majeur des entreprises qui ont consacré 61 Milliards de $ en 1998 rien qu'aux USA à la formation continue de leurs employés (émergence du "knowledge management" depuis1998, création de nombreuse "corporate universities")

Enfin pour des parents la formation inculquée à leurs enfants constitue aujourd'hui la meilleure dot "you earn what you learn"

La formation devient un enjeu essentiel: chaque jour les technologies progressent, les métiers évoluent, l'organisation change, les méthodes de management se transforment: les besoins augmentent tant pour la formation initiale que pour la formation continue

Mais... les budgets disponibles et surtout le temps qu'il est possible de dégager ne sont pas extensibles à l'infini. c'est la raison pour laquelle les outils construits sur l'Internet émergent à très grande vitesse (notamment en Amérique du Nord). Ils offrent en effet de nombreux atouts:

Tout ceci conduit tout à la fois

Le e-learning conduit à l'éclatement des structures d'enseignement en 3 métiers profondément distincts

Internet apporte le même bouleversement que le cinéma d'un coté et la télévision d'un autre en a apporté aux théâtres de province

Les représentations "live" données chaque soir par les théatres de boulevards ont été largement remplacées par de prospères chaines de télévision qui assurent une programmation (en fonction du public visé) de films (en provenance pour l'essentiel d'Hollywood, faisant appel à des vedettes mondialement connues, mobilisant souvent d'énormes budgets rentabilisés en quelques mois) à côté de "news", d'interview, de jeux élaborés par la chaine.

Une industrie de support technique (caméras, émetteurs hertziens,...) s'est développée a côté

Il subsiste pour un public "d'élite" quelques grands Opéras et prestigieux théatres ... souvent déficitaires

Le e-learning est ainsi un enjeu pour notre balance commerciale (la Banque Merrill Lynch estime que ce marché, hors système public, pourrait croître de 3,6 Milliards de dollars en 1999 à 25 en 2003). Le Crédit Suisse l'évalue de son côté à 40 Milliards de dollars en 2005

... mais aussi pour notre balance "culturelle": imaginons que des universités comme Stanford ou Harvard offrent des formations reconnues sur le plan international sous le "label" d'un prix Nobel et qui, grâce aux économies de transport et de séjour revient finalement moins cher qu'une formation universitaire (ou continue) en France, que choisiront les étudiants (ou leurs parents) et les employeurs? ne peut-on craindre, tant pour nos étudiants que pour ceux de pays tiers où l'influence française se maintient de douloureuses conséquences?: ne risque-t-on pas d'assister à la même concentration qu'à Hollywood pour le cinéma aujourd'hui?

Ce problème ne concerne évidemment pas seulement l'enseignement supérieur

Cette mutation va entrainer de fortes évolution des métiers d'enseignant: la disparition du "professeur" délivrant son enseignement dans de grands amphithéâtres au profit d'équipes pédagogiques élaborant des cours d'une part et de tuteurs d'autre part

Evidemment une telle évolution met en exergue un certain nombre d'aberrations du système actuel: un seul exemple, des enseignants dans le supérieur payés en fonction du nombre d'heures de cours (quelqu'en soit la qualité) à un tarif horaire ne dépendant que de la qualité de la recherche (qui peut n'avoir aucun rapport avec l'enseignement), le travail de préparation des cours et le tutorat n'étant pas évalué ni rémunéré alors que ce sont les métiers qui subsisteront...

De nombreuses questions restent ouvertes: Quel modèle économique? Logiciels libres? B to B?, ASP?, quelle rémunération pour les auteurs des cours? Droit d'auteur? statut des e-professeurs?

Il est bien clair enfin qu'une telle révolution dans un domaine aussi délicat nécessiterait un accompagnement substantiel en matière de recherche en "ingénierie pédagogique" aujourd'hui quasi inexistante, notamment pour voir comment articuler le présentiel (pour souder les promotions et créer par là des réseaux indispensables dans la vie professionnelle) et le virtuel, comment concevoir des enseignement efficaces (consolider les acquis professionnels, utilisation de l'aspect ludique propres à l'efficacité des apprentissages dans toutes les espèces animales, apprentissage des savoirs faire, adaptation à la forme de l'intelligence de l'apprenant et à ses rythmes, articulation entre travail individuel et travail en équipe, éducation des sens de la curiosité de l'initiative de l'innovation et du risque, ...)

C'est également un domaine qui devrait voir naitre de nombreuses start-up: nos Grandes Ecoles, notamment celles relevant de notre ministère devraient devenir des incubateurs dans ces domaines

Dans le dossier consacré par Les Echos à ce sujet, il est recensé 250 universités virtuelles sur Internet (évaluation de Jacques Perriault de Paris-X) et il s'en ouvre tous les mois.

En raison de son immense territoire, peu peuplé et aux conditions climatiques difficiles le Canada fait partie des précurseur. L'Université d'Athabasca en Alberta a démarré sur Internet dès 1994 (elle avait auparavant une activité classique d'enseignement à distance). Avec 100 professeurs, 200 tuteurs elle compte 20.000 étudiants. Elle offre 450 programmes dans tous les domaines scientifiques et littéraires et 37 MBA

Elle reçoit168MF de financement public et facture ses cours 400$

Une dizaine d'autres Universités Canadiennes, comme Teluc au Québec, proposent de tels enseignements et 200.000 étudiants les suivent (prévisions à 5 ans : un tiers des cours sera suivi sur Internet)

Une innovation pédagogique à noter: d'ici à 2 ans l'obtention d'un diplôme universitaire nécessitera d'avoir obtenu une unité de valeur en ligne, gage du développement du e-learning ... et surtout de l'aptitude des étudiants tout au long de leu