From patrick.schouller@inria.fr Fri Jul 3 10:44 MET 1998 Date: Fri, 3 Jul 1998 10:19:15 +0200 (CEST) Message-Id: <199807030819.KAA10507@alexis.industrie.gouv.fr> To: (Recipient list suppressed) From: Patrick SchoullerSubject: BUG DE L AN 2000 DGSI-SERICS-SDPI-PS-1988-0391 Passage informatique à l'an 2000 : 1° premiers éléments d'évaluation de la situation française Les systèmes en cause Tous les systèmes informatiques ou électroniques équipés de microprocesseurs sont concernés par le passage informatique à l'an 2000, dès lors que ces microprocesseurs gèrent une horloge et que des dates interviennent dans un processus de traitement informatique ou de gestion de production. Les systèmes en cause sont : - Les systèmes informatiques : matériels : PC, serveurs, grands systèmes, réseaux ; logiciels : près de 90% d'entre eux utilisent des dates ; - Les systèmes techniques dont le fonctionnement est géré par des microprocesseurs : bâtiments, autocommutateurs d'entreprise et réseaux internes de télécommunication, systèmes de sécurité (incendie...), transports ; systèmes industriels : machine outils, automate divers ; produits manufacturés divers : télécopieurs, magnétoscopes, automates de paiement par carte bancaire... Ces systèmes sont présents dans tous les domaines de la vie économique (énergie, télécommunications, systèmes industriels, transports, bâtiments, santé, etc.) et de la vie quotidienne de chacun. Les nécessaires adaptations des systèmes dans la perspective de l'an 2000 Le plus souvent, le codage de l'année dans ces systèmes est limité à 2 chiffres (par exemple 98 pour 1998). L'année 2000 sera donc désignée par les chiffres 00 qui, dans certains systèmes, seront interprétés comme l'année 1900. Une incertitude fondamentale existe donc quant à la réaction de ces systèmes lors du passage à l'an 2000 : que se passera-t-il si les systèmes n'ont pas été adaptés et considèrent qu'on est en 1900 et non en 2000, faisant un saut en arrière d'un siècle ? Les programmes informatiques se bloqueront-ils du fait d'incohérences dans la gestion des dates ? Les systèmes informatiques effaceront-ils des données instantanément considérées comme très anciennes ? Les systèmes de gestion des stocks décideront-ils de détruire des produits dont la date de péremption sera dépassée depuis 99 ans ? Si aucune action de mise à niveau n'est entreprise, les pannes relatives à ces systèmes pourraient affecter gravement, non seulement le fonctionnement normal de l'économie et la vie de tous les jours mais aussi la sécurité des personnes. Doit également être pris en compte un risque systémique, du fait des inter-relations fortes entre tous les systèmes électroniques : il ne sert à rien pour un acteur économique d'être prêt si les acteurs dans son environnement proche ne le sont pas. Les quatre phases d'adaptation La mise à niveau des systèmes électroniques concerne pratiquement tous les acteurs économiques : les entreprises, des plus importantes aux plus petites, les artisans et commerçants, les administrations et les organismes publics, les collectivités locales. De façon générale, les travaux d'adaptation de chaque agent économique incluent 4 phases principales : 1) un inventaire détaillé de tous les systèmes et sous-systèmes devant faire l'objet d'une mise à niveau L'inventaire doit couvrir à la fois les systèmes internes et ceux des partenaires essentiels. 2) un programme d'adaptation ou de remplacement des systèmes Ce programme doit être hiérarchisé : les systèmes les plus vitaux pour l'entreprise ou les plus importants pour la sécurité des personnes doivent être traités en priorité. 3) une phase de tests sur les adaptations ou changements programmés Compte tenu de la complexité des adaptations qui peuvent se révéler nécessaires, les tests de validation peuvent mobiliser un temps important. 4) la phase de mise en service des adaptations Un plan de secours doit être conçu pour faire face aux imprévus. Les adaptations liées à l'euro ont facilité la sensibilisation au passage informatique à l'an 2000 Le plan de passage à l'euro, engagé depuis 30 mois, a fait l'objet d'une priorité absolue, permettant aux acteurs économiques d'être sensibilisés très tôt aux adaptations nécessaires au passage informatique à l'an 2000. Globalement, l'alerte sur l'an 2000 a donc été déclenchée plus tôt dans les pays qui passent à l'euro que dans les autres. Les deux opérations s'enchaînent logiquement et s'intègrent dans les décisions stratégiques des mêmes acteurs : - elles constituent une occasion exceptionnelle et de grande ampleur, de refondation et de modernisation de systèmes anciens, - les deux impératifs euro et an 2000 ont très souvent été intégrés simultanément par les équipes de développement. Les acteurs français ont conscience des enjeux et n'ignorent pas les risques informatiques liés à l'an 2000. Ils ont engagé avec sérénité les efforts de mise à niveau de leurs systèmes d'informations. Ce mode de gestion est d'ailleurs globalement partagé par les grands pays d'Europe continentale (Allemagne, Espagne, Italie). En Allemagne, le patronat (BDI, Bundesverband der Deutschen Industrie), chargé de l'information et de la sensibilisation par l'intermédiaire de son réseau régional, semble ainsi garder une relative sérénité sur les perspectives de passage à l'an 2000 des entreprises d'outre-Rhin. De ce fait, dans l'ensemble du pays, les programmes de mise à niveau sont lancés : - le secteur bancaire et financier est bien mobilisé. La dynamique de l'euro a joué à plein, de sorte que les adaptations à l'an 2000 sont évidemment intégrées dans les travaux en cours, avec un an supplémentaire de délai ; - pour les grandes entreprises industrielles, les programmes d'adaptation sont également lancés ; là encore, le phénomène euro a été un facteur positif ; - pour les administrations, l'adaptation des systèmes informatiques des administrations financières est dans une phase d'avancement très satisfaisante, les autres administrations progressent à des rythmes divers ; - les grands services publics, tout particulièrement dans le secteur de l'énergie, ont engagé les travaux d'adaptation de leurs systèmes informatiques et électroniques dans le perspective du passage à l'an 2000. - l'identification des difficultés, des obstacles et des retards, est plus malaisée pour les PME-PMI et les petites collectivités locales. Le niveau de sensibilisation en France Aucune analyse exhaustive et rigoureuse ne permet aujourd'hui d'apprécier de façon parfaitement objective le niveau de sensibilisation au passage informatique à l'an 2000, en France comme dans les autres pays. Au-delà des multiples actions de sensibilisation entreprises par de nombreux acteurs économiques, un sondage récent IFOP/APSAD (assemblée plénière des sociétés d'assurance dommage) fournit des informations précieuses sur le niveau de préparation des PME, pour lesquelles le diagnostic est assez préoccupant. De multiples initiatives françaises en matière de sensibilisation Les initiatives de sensibilisation en vue du passage informatique à l'an 2000 se sont récemment multipliées en France. En voici quelques exemples : - la COB a demandé, en mars dernier, aux entreprises cotées à la Bourse de Paris d'informer leurs actionnaires de façon précise et complète sur l'évaluation des risques informatiques liés à l'an 2000, au plus tard dans le rapport de gestion sur les comptes de 1998 ; - la communauté financière s'est très largement mobilisée : édition du dépliant "le passage à l'an 2000 : serez-vous prêt ?" , recueil des bonnes pratiques pour le passage à l'an 2000 , réalisé par l'ensemble des associations professionnelles et des organismes de contrôle ; les principaux acteurs de la Place de Paris se réunissent régulièrement sur le sujet ; - le centre de documentation et d'information de l'assurance a engagé une campagne de sensibilisation à destination de ses clients (dépliant pédagogique) ; - une plaquette sur le passage informatique à l'an 2000 a été réalisée par le CNPF, la CGMPE, l'ACFCI, le SYNTEC, le SFIB, l'ordre des experts comptables et les professionnels de l'assurance. La Mission " Passage informatique à l'an 2000 ", qui n'a pas vocation à se substituer aux autres responsables économiques, se félicite de toutes ces initiatives et les encourage vivement. Les enseignements du sondage IFOP/APSAD Ce sondage réalisé en mai 1998 fournit un bon aperçu de la situation des PME de moins de 250 salariés et des attentes de leurs responsables : -70% des responsables d'entreprises se disent bien informés sur le risque an 2000 ; -ils comptent principalement sur leurs fournisseurs informatiques pour leur donner les informations nécessaires ; -une majorité d'entreprises ont lancé des plans d'action an 2000. Le sondage fait toutefois apparaître de vraies préoccupations pour une forte minorité de PME : -29% d'entre elles se disent encore mal informées sur le risque an 2000 et 44% des entreprises interrogées considèrent qu'il s'agit d'un enjeu peu important ; -27% des entreprises qui se considèrent comme affectées par l'an 2000 indiquent ne pas disposer de moyens suffisants pour se préparer à l'échéance (18%) ou considèrent qu'elles ont entrepris trop tard les adaptations nécessaires (9%) ; -39% des entreprises qui ne se considèrent pas affectées par le passage à l'an 2000 jugent que le problème est exagéré et qu'il n'existe pas de risque sérieux pour les entreprises. Dix actions pour préparer l'an 2000 à destination des responsables d'entreprise Vous avez bien sûr pris conscience des risques importants que tout retard dans l'application des systèmes informatiques et techniques à l'an 2000 fait courir à votre entreprise. Il ne s'agit pas seulement d'une mise à jour informatique, mais d'adaptations complexes qui couvrent de nombreux domaines de la vie de votre entreprise : systèmes d'information (matériels et logiciels, applications, paie des personnels, facturation, gestion des clients...), systèmes de production (bureaux d'études, bases de données techniques ou industrielles, chaînes de fabrication, machines outils, approvisionnements...), bâtiments, réseaux internes de télécommunications, sécurité, transports... Les dix actions évoquées ci-après ont pour seul objet d'identifier les principales étapes à respecter dans votre démarche an 2000 : Vous avez désigné un responsable "an 2000" animant une équipe représentative de l'ensemble des activités ou domaines de l'entreprise, sans en oublier aucun. Vous avez sensibilisé et impliqué tous les personnels de l'entreprise, à tous les niveaux, sur cet enjeu majeur, et fait en sorte que dans sa zone de compétence ou de visibilité, chaque salarié soit en mesure d'informer sa hiérarchie sur les problèmes ou les risques de dysfonctionnement qu'il perçoit. Vous avez mis en place une procédure de compte rendu régulier, mensuel de préférence, directement auprès de vous-même ou de la direction générale. Vous avez prévu d'être informé sur toute difficulté sérieuse pouvant survenir. Vous avez fait établir un inventaire détaillé des domaines d'activité, systèmes ou sous-systèmes devant faire l'objet d'une mise à niveau. Vous avez identifié les systèmes les plus critiques pour l'activité de l'entreprise (sécurité des personnes, enjeux économiques majeurs), et fixé les priorités qui en résultent. Vous avez saisi par lettre officielle tous les fournisseurs pour qu'ils garantissent la comptabilité à l'an 2000 des matériels, logiciels et systèmes fournis, ou qu'à défaut, ils vous indiquen les adaptions ou les remplacements nécessaires. Vous avez établi de manière précise le programme d'adaptation ou de remplacement des systèmes, compte tenu des priorités retenues et des délais de réalisation des tâches. Vous aveez intégré avec soin dans vos prévisions les durées nécessaires pour effectuer les tests de validation. Vous avez bien identifié, dans le budget de l'entreprise, les dépenses indispensables à la réalisation des programmes de mise à niveau, et vérifié, par le contrôle des dépenses réellement effectuées, l'avancement de ces programmes. Vous avez prévu que les activités de l'entreprise peuvent être arrêtées ou gravement compromises par d'éventuels retards de mise à niveau, malgré les précautions prises, et dans ce cas vous avez établi un plan de sauvegarde utilisant des procédures de fonctionnement dégradé. Vous avez, en toute connaissance de cause, pris le conseil de vos assureurs. Vous vous êtes assuré, par lettre, et par questionnaire approprié, que vos partenaires, étrangers notamment, vont passer l'an 2000 sans difficulté, et seront aptes à assurer vos approvisionnements, de même que les échanges de données indispensables à votre gestion industrielle, commerciale, financière ou comptable. Equipements, logiciels et appareils divers dont le bon fonctionnement est susceptible d'être compromis par le passage à l'an 2000 (Liste non exhaustive) Sont concernés tous les appareils dont le fonctionnement est assuré par des composants électroniques supervisés par un microprocesseur associé à une horloge électronique. Par ordre d'importance, compte tenu de leur impact potentiel sur la sécurité des personnes et sur l'économie globale, les secteurs les plus sensibles sont : - la fourniture de l'énergie électrique - les télécommunications - les transactions financières et la sécurité des personnes en tous lieux - les services médicaux - la fourniture des moyens de subsistance (revenus et biens de consommation courants) - la production industrielle et des services - les échanges commerciaux Infrastructures - équipements électroniques associés à la distribution de l'énergie : - alimentation électrique (haute et basse tension), groupes électrogènes, onduleurs - alimentation en gaz et eaux, traitement des eaux usées, … - télécommunications : - centraux téléphoniques - répondeurs, messageries et boites vocales - routeurs, firewalls, modems - et logiciels associés, de supervision et d'administration des réseaux - etc. - matériels connectés aux signaux radio horaires et au GPS - systèmes de prévention et de gestion des crises (médecine d'urgence, ORSEC, etc.) - etc. Bâtiments - Gestion technique centralisée (GTB) - Chauffage, ventilation, climatisation - Système de Détection (gaz, incendie, dégâts des eaux...) - Ascenseurs, escaliers roulants - Chambres froides - Equipements de sécurité : - Pointeuses, contrôle de badge - Télémaintenance, télésurveillance - Systèmes de fermeture d'accès (portes, coffres-forts, … ) - etc. Informatique de gestion - Unités centrales (CPU) : grands ordinateurs, mini-ordinateurs et PC - Matériels de stockage de données (lecteurs de disques de bandes, unités de sauvegarde, etc.) - Dispositifs d'entrées-sorties et de télécommunication - Logiciels : - Microcode, BIOS, systèmes d'exploitation, moniteurs TP - Génie logiciel, middleware - Utilitaires (dont économiseurs d'écran) et systèmes de supervision - Bases de données, progiciels, bases de données, applications - etc. Bureautique - PC et logiciels associés - Télécopieurs et photocopieurs sophistiqués - Répondeurs - Trieuses (chèque, lettre,...) - etc. Services d'étude et industries - Informatique scientifique (ordinateurs et logiciels) - Minis et PC industriels - Automates programmables, robots, calculateurs statiques et embarqués, machines outils et à emballer, fours - Automates de mesure, actionneurs, superviseurs - etc. Transports - Signalisation routière - Contrôle aérien - Equipements des aéronefs, navires, trains, automobiles - etc. Equipements en milieu médical - Plateaux techniques - Systèmes bio médicaux - Matériels de test et de laboratoire - Dialyse - Défibrillateurs, contrôle des pacemakers - etc. Equipements à caractère financier - Automates bancaires - Terminaux de paiement - etc. Divers - Bornes interactives, panneaux d'information - Pré imprimés - Calendriers et réveils matins électroniques sophistiqués ! - Magnétoscopes - Appareils ménagers évolués - etc. Etc. pour tous renseignements complementaires http://www.industrie.gouv.fr/site/industrie/home/navi/page/industrie/f0?/pra tique/conseil/an2000/f2p_2000.htm **************************************************************** Patrick SCHOULLER MINISTERE DE L'ECONOMIE, DES FINANCES ET DE L'INDUSTRIE SECRETARIAT D'ETAT A L'INDUSTRIE Direction Generale des Strategies Industrielles 3/5 rue Barbet de Jouy 75353 PARIS 07 SP Telephone : + 33 1 43 19 34 25 Telecopie : + 33 1 43 19 35 51 http://www.evariste.org/actu/schouller/ http://www.industrie.gouv.fr. http://www.telecom.gouv.fr ****************************************************************